Polynésie

Des soins au cimetière à Tahiti

L’huile de tamanu est une huile appelée autrefois « huile sacrée », c’est dire ! Utilisée depuis toujours dans la médecine traditionnelle des Polynésiens et encore de nos jours les bébés polynésiens sont oints de la tête aux pieds pour empêcher les piqûres de moustiques, les rougeurs des fesses, ou tout simplement les masser. Quelle chance ont les bébés polynésiens !

Côté thérapeutique, l’huile de tamanu est utilisée pour soigner les infections de la peau, même pour les ulcères et les escarres, dans le traitement des brûlures, des plaies atones et post-opératoires. En cosmétique, elle est utilisée pour son pouvoir régénérateur sur la peau et les cellules (préparation de produits anti-âge, crèmes apaisantes et réparation des dégâts produits par le soleil).

Au marché de Papeete, vous trouverez de quoi lutter et soigner psoriasis, eczéma, rosacea, bobos dus aux staphylocoques, plaies infectées, varicelle, acné, herpès et champignons. Feuilles et écorces séchées sous forme émiettées y sont vendues. Verser dans l’eau bouillante et laisser infuser 10 minutes. Verser cette infusion dans un bain tiède et trempez votre corps entier ou seulement une partie. On peut aussi faire des applications locales. Le tamanu en tisane peut servir comme anti-inflammatoire sur les œdèmes, les douleurs articulaires, musculaires et même osseuses. On prête aussi au tamanu des activités immuno-modulatrices, anticancéreuses, anti-inflammatoires, antibactériennes et antifongiques prouvées. Le tamanu a également des propriétés anti-oxydantes très fortes. Merci Seigneur, comme disent les Tahitiens.

CIMETIERE PAPEARI TOUSSAINT 2014

Le chikungunya s’installe en Polynésie, Papeari a débuté l’épidémie. Ça fonctionne bien car il a fait des émules dans d’autres districts. On a pulvérisé à Papeari quelques quartiers, puis on l’aurait vu (le moustique) à Punaauia, à Taiarapu-Est, à Faaone, maintenant partout sur Tahiti ; il s’est même exporté aux Raromatai (Iles sous le Vent) à la faveur de la course de va ’a Hawaiki Nui. Les médecins ne chôment pas. La fièvre est élevée, les douleurs articulaires invalidantes aux poignets, genoux, hanches, avec une éruption cutanée plus ou moins forte. De 400 à 500 personnes touchées, on a dépassé (si j’en crois les nouvelles) les 3 000 à Tahiti.

LA course, la course mythique, la 23e édition, 128,5 km en trois étapes est la course de va ’a (pirogues) Hawaiki Nui. Tous les Polynésiens sont rivés qui à la télé, qui à la radio, qui à l’Internet. Cette année quelques équipes étrangères sont venues participer à cette grande épreuve. Il faut mobiliser les avions d’Air Tahiti pour conduire les équipes à Huahine, expédier les va’a par bateau où elles seront pesées avant de prendre part à la course. La 1ère étape part de Huahine pour rallier Raiatea soit 44,5 km. La seconde étape se déroule dans le lagon de Taha’a, l’île vanille, sur 26 km. Le vendredi, pour la dernière étape, partis de Patio à Taha’a il faut rallier Bora Bora soit 58,2 km à la rame sur les va’a V6. EDT Va’a A a gagné les 3 étapes, bravo. Pour vous, juste un petit conseil, commencez votre entraînement dès aujourd’hui pour avoir une toute petite chance de figurer !

PAPEARI TOUSSAINT 2014

A la Toussaint, les marchands de sable étaient à pied d’œuvre. Non, non, pas le marchand de sable de Nounours et Pimprenelle, mais du vrai sable à répandre sur les tombes, surtout blanc en provenance des îles. Un sac de 20 kilos ? 1 200 XPF S.V.P. Le sable blanc vient principalement de Taha’a ou Bora Bora (Iles sous le vent), le sable rose de Tikehau (Tuamotu). Tous ces efforts pour embellir les tombes et se faire, pour les revendeurs, un peu de moni (pépettes) ! Les fleurs déposées là aussi sont de plus en plus des fleurs artificielles. Celles-là n’attireront peut-être pas les voleurs. Sous le soleil, le cimetière est magnifique, non ?

Hiata de Tahiti

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1914 jusqu’à Tahiti !

On a commémoré les cent ans du bombardement de Papeete le 22 septembre 1914 par des croiseurs cuirassés allemands qui voulaient faire main basse sur un stock de charbon.

papeete bombardee 1914

A l’époque, Papeete comptait moins de 4 000 habitants, le tiers de la population de Tahiti. Les constructions étaient en bois, les communications très lentes, le canal de Panama venait d’être ouvert trois semaines plus tôt, il n’y avait pas de station de radio.

En ce matin du 22 septembre 1914, les croiseurs de bataille de la Kriegsmarine Scharnhorst et Gneisenau, flanqués de leurs navires ravitailleurs, s’approchent de la passe de Papeete. N’arborant aucune couleur, on doute encore de leur nationalité.

SMS_Scharnhorst

gneisenau

Vers 8 heures, un coup de semonce est tiré depuis les collines de Papeete où Destremau, le commandant de La Zélée, a fait installer les canons. Les pavillons allemands sont hissés sur les deux croiseurs de la marine impériale commandée par l’amiral von Spee. Le commandant Destremau ordonne le dynamitage de la passe de Papeete et la destruction de 2 000 tonnes de charbon stocké sur les quais, convoitise des ennemis.

Réplique immédiate, les Allemands bombardent Papeete, La Zélée est coulée dans le port, les dégâts matériels sont considérables, la mairie et le quartier du commerce brûlent, des maisons sont rasées jusqu’à Sainte-Amélie, la cathédrale n’est pas touchée. On déplore trois morts.

La-Zélée

Huit ans plus tôt, en 1906, Papeete avait été rasée par un cyclone et un tsunami. Moins de deux mois après le déclenchement des hostilités en Europe, Papeete était l’une des premières victimes de la Première guerre mondiale.

Pour les Tahitiens, Maxime Destremau est un héros, on l’appellera le Tamota api (le nouveau chef). A l’occasion du bombardement de Papeete, un documentaire Destremau, un destin polynésien de Pascale Berlin Salmon (52 minutes) et un livre de Didier Destremau, petit-fils du commandant Destremau : Tahiti sous les bombes – Papeete 22 septembre 1914  Jours de guerre à Tahiti (Les fausses notes du clairon aux Éditions du Pacifique), sont consacrés au commandant Destremau.

Dans les plus hautes sphères du pouvoir à Tahiti, Destremau n’est pas en odeur de sainteté. Le gouverneur de l’époque Fawtier, représentant l’autorité civile, en a fait son ennemi personnel et n’a eu de cesse qu’il parte. C’est lui qui fera tout pour obtenir la chute de Destremau. Le gouverneur, garant de la paix sociale et économique souhaitait que tout continue comme avant c’est-à-dire que les Comptoirs commerciaux soient essentiellement tenus par de grands familles allemandes et que tout continue comme avant, sans entrave. Le militaire ne l’entendait pas de cette oreille. C’est l’histoire de deux hommes rigides, stricts, mais à cette époque l’armée devait s’incliner face au pouvoir civil. Le civil aura raison du militaire, on renverra Destremau en France où il mourra d’une maladie mal diagnostiquée, à 40 ans.

Le lycée Tuianu-Le Gayic de Papara a établi « le menu du Poilu » pour le déjeuner des lycéens, un clin d’œil remarqué. Voyez donc ce menu du Poilu :

  • Entrées : sardines à l’huile et biscuits de guerre (Sao est une marque de biscuits secs très populaire à Tahiti) ou pâté et biscuits de guerre (Sao).
  • Plats de résistance : pommes de terre et lentilles accompagnées de corned-beef (Puatoro).
  • Dessert du combattant : carrés de chocolat et fromage.
  • Dessert de l’arrière : yaourt et fruit.
  • Sans oublier le traditionnel « quart de rouge » (jus de raison… euh, de raisin).

Hiata de Tahiti

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Nacre de Tahiti

Une intéressante exposition au Musée de Tahiti et des îles, « L’épopée de la nacre polynésienne 1000 ans d’histoire ».

EXPOSITION NACRE

Quatre grands temps forts :

  1. la première salle est dédiée à la biologie et au biotope de « Pinctada margaritifera cumingii » (variété typique des eaux polynésiennes)
  2. la seconde salle est consacrée à la nacre et ses usages entre 1600-1800, les mythes et légendes, les usages quotidiens de la nacre

EXPOSITION NACRE

AHU PARAU  PLASTRON DE DEUILLEUR  SOCIETE  XVIII S

  1. l’histoire de la plonge aux nacres dans les Tuamotu et Gambier entre 1801-1950, une épopée qui rassembla la quasi-totalité des hommes des Tuamotu en âge de plonger.
  2. la dernière salle est consacrée aux objets faits en nacre, transformés dans les manufactures de l’Oise et des exemples de réalisations prêtées par le Musée National de la nacre de Méru.

EXPOSITION NACRE

Une exposition très enrichissante. Quelques photos pour illustrer mes quelques lignes.

COFFRE AVEC PLAN CATHEDRALE DE RIKITEA

Puisque le fiu local figure dorénavant dans le dictionnaire français national je me réjouis de ne plus avoir à le traduire à chaque fois que je l’emploierai, moins de fatigue pour moi ! Il paraît que maere également est en bonne place dans le Larousse. Mais d’autres mots tahitiens avaient déjà rejoint le dico national : tiaré, monoï, paréo, faré, affublés d’un accent qui n’existe pas en tahitien.

Hiata de Tahiti

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Produire à Tahiti ? Ah, il faudrait travailler…

Les Américains recherchent… avec deux navires qui scrutent l’océan et les récifs. Ils ont perdu quelque chose ? Une montre-bracelet ? Une rame ? Quoi d’autre ? « Nous analysons en premier lieu le relief, puis la nature des sols. A aucun moment nous ne prospectons et encore moins ramenons à la surface des éléments pris des profondeurs ». Ce serait vrai ce « pieux mensonge » ?

08/14 LA CALDERA

Actuellement le kilo de tomates de production locale (pas très belles) se paie 620 XPF (5,20€) dans les magasins. On nous annonce que la production de tomates serait menacée car le virus des feuilles jaunes en cuillère sévit dans les plantations sous serres. Le virus se nomme TYLCV. La consommation mensuelle de la tomate en Polynésie avoisine les 100 tonnes, soit une production annuelle de 1 200 tonnes précise le ministère de l’agriculture (!) essentiellement concentrée sur Tahiti pour fournir les grandes surfaces !

Selon les producteurs, Tahiti exporte 20 tonnes de « vanille de Tahiti » par an quand la Papouasie-Nouvelle Guinée en exporte 100… elle s’est lancée dans la production il y a seulement quelques années, avec la même vanille la Tahitensis. La qualité n’y est pas encore mais (allo la Polynésie ?) il faudrait se bouger un peu ! La production a chuté en Polynésie car les plants vieillissent, ils sont moins productifs, il faudrait les renouveler. Allo ? Il y a quelqu’un ? Mais nous sommes en Polynésie et ceci explique cela !

Peut-être une fin de crise ? La piste traversière s’étend sur 38 km, 23 du côté de Papenoo, 15 côté Mataiea. Depuis plusieurs années, elle est fermée car une famille bloque l’accès côté Mataiea en refusant depuis des années un échange de terre proposé par le gouvernement. Auparavant, l’entretien de cette piste était effectué par l’armée ; cette convention est arrivée à terme depuis plusieurs années et c’est le Pays qui doit en assurer l’entretien. Les touristes sont privés de lieux magnifiques et doivent s’arrêter au tunnel avant de rebrousser chemin, ils ne voient le lac Vaihiria que de loin. Alors croisons les doigts afin que ce litige soit réglé au plus vite à la satisfaction de tous.

08/14 COTE EST DEPUIS PUNUI

La flottille administrative c’était, il y a encore quelque temps, marins à terre, bateaux rouillant dans le port, le décapsuleur pour seul outil de travail… Ça change, ça change. La gestion est repris en main par le ministère des transports, les bateaux ont été repeints et reprennent leurs vacations. 2006 marquait la fin du Groupe d’intervention de Polynésie, les fameux GIP du Président Flosse. Le ministre expliquait : « en 2012, 36 voyages pour 146 jours en mer ; en 2013, 32 voyages pour 140 jours en mer ; en ce début 2014, déjà 22 voyages pour 118 jours en mer, et l’année n’est pas finie ! Les Tahiti Nui I, VI, VIII, et IX sont régulièrement en mer qui pour assistance, qui pour secours, qui pour assurer le ravitaillement par desserte commerciale et subvenir aux besoins des services et établissements publics ». Plus de Maupiti express II, il a fallu envoyer le Tahiti Nui I, 1 000 tonnes, pour transporter quelques dizaines de tonnes de matériaux et du carburant à la population ; cela coûte une fortune au Pays à cause d’une gestion des stocks pas assurée par l’île ; une ligne privée qui ne dessert pas une autre île et ce sont les bateaux de la flottille administrative qui sont envoyés pour quelques boîtes de conserve et caisses de Hinano, ce n’est pas rationnel !

Hiata de Tahiti

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Histoires de bêtes à Tahiti

Je tire mes rideaux, appelle Grisette, qui répond d’ordinaire avec un miaou charmeur, ou impératif, mais ce matin je l’entends miauler plaintivement d’une voix rauque. Que se passe-t-il ? Un visiteur inopportun ? Un coq affamé ? J’ouvre la porte, personne ! Bizarre ! J’appelle encore, toujours ce miaulement inhabituel. Cela vient du garage. Je m’y précipite, ouvre la porte mais Grisette n’en sort pas ! Je l’appelle… toujours ces miaulements et toujours pas de Grisette, pourtant les sons viennent du garage. Il est 5 h 30, il fait encore nuit noire, je pars chercher mon mori pata (lampe de poche). Où est cachée Grisette et pourquoi ne sort elle point ? Soudain, en balayant le garage avec mon mori pata je la découvre perchée tout en haut du rideau métallique de la porte voiture ! Mais que fais-tu là, chatte, perchée dans une situation aussi inconfortable ? Elle est juchée, cramponnée au rideau métallique, collée contre ce qui reste de mur. Vite, un escabeau. V. se perche sur l’escabeau, puis dans le bac de la Land-Rover et tend les bras pour se saisir de sa chatte qui heureusement a rétracté ses griffes quand elle s’est sentie en sécurité. Quel début de journée !

08/14 GRISETTE PERCHEE DANS GARAGE

On n’a pas d’eau à Papeari MAIS on a deux tortues, originaires des Galápagos, don de M. Nordhoff quand il quitta Tahiti. Souvenez-vous, en 2009, elles (un mâle et une femelle âgées d’environ 200 ans) avaient été attaquées par des chiens dans l’enceinte du Jardin botanique de Papeari. Elles ont été soignées à titre bénévole par un vétérinaire de la place mais l’une d’elles présente encore des séquelles de l’attaque. Elle avait été mordue jusqu’à l’os des pattes et reçu des soins à la carapace avec de la résine, l’autre est quasiment guérie. C’est la Direction de l’environnement qui « reprend les tortues en main ». Elles pèsent environ 200 kg, mesurent 1,5 m. Il serait question de lancer une campagne de collecte de médicaments, aussi de fruits, de légumes pour varier leur alimentation. A votre bon cœur.

08/14 SAUVETAGE DE GRISETTE

Le cochon a grillé, enfin pas vraiment, ce sont les locaux de la Charcuterie du Pacifique qui ont été victimes d’un incendie spectaculaire à Mahina. Il a détruit le stock des produits secs. 100 millions de cochonnerie partis en fumée. La production pourrait redémarrer dans un mois, les travaux de réhabilitation ont démarré hier sans conséquence sur l’emploi.

Il fend le crâne de son fils de 11 ans avec un outil à décortiquer le coco. Un père et son fils abusaient de deux fillettes en détresse ; ces deux fillettes étaient placées dans cette « famille d’accueil ». On aurait pu juger cette affaire en cours d’assises, non ?

gamin torse nu et cuisine

Une bagarre éclate, il le mord et lui arrache la lèvre. Heureusement la police a retrouvé le bout de viande et l’affaire se passait en face de l’hôpital du Taaone, les chirurgiens ont fait une couture. Le recousu réclame 500 000 XPF. Les juges ne l’entendent pas ainsi, c’est le mordu qui écope de 4 mois de prison ferme, c’est lui qui avait commencé la provocation et la bagarre le premier.

C’étaient les nouvelles d’une expatriée, portez-vous bien. Ia Orana

Hiata de Tahiti

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Amender le jardin à Tahiti

Une grande cour à entretenir, quelques arbres manguier, abiu, ramboutan, avocatier, vi Tahiti, cocotiers, carambolier, longane, ça donne des feuilles à ramasser, mais aussi de succulentes assiettes de fruits au petit-déjeuner.

PAPEARI JUILLET 2014

Constatez par vous-même le travail que cela donne !

PAPEARI JUILLET 2014

Une idée a germé dans la tête de J. toujours en quête de nouveauté malgré ses maux physiques affreusement douloureux. De l’abattoir il ramène des fûts de déchets cuits à 2 000°.

PAPEARI JUILLET 2014

Il creuse des trous avec un engin relié à son tracteur, y verse le presque « cinq de chez C. »

PAPEARI JUILLET 2014

Puis il arrose et comble le trou car chiens, poulets, sont à l’affût de ce succulent ma’a.

PAPEARI JUILLET 2014

Ensuite il faudra planter de nouveaux arbres fruitiers, et attendre (pourvu que Dieu nous prête vie).

PAPEARI JUILLET 2014

C’est la période des vacances ici aussi, et Hiata fait roue libre, pardonnez-la !

PAPEARI JUILLET 2014

Profitez bien de vos vacances afin d’entamer une rentrée en pleine forme.

PAPEARI JUILLET 2014

Hiata de Tahiti

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Monarque et bénitier

Parmi les huit espèces existant dans le monde, le bénitier est la seule officiellement recensée en Polynésie française. Le pahua est traditionnellement utilisé dans l’alimentation polynésienne. C’est une espèce encore abondante dans les lagons. Il faut toutefois relativiser son abondance ! Certes dans certaines îles des Australes comme Raivavae et Tubuai et surtout dans les atolls fermés des Tuamotu de l’Est comme Fangatau, Fakahina, Tatakoto, Pukarua, Reao, Napuka, Vahitahi, le koeha (appellation paumotu du bénitier), est l’espèce dominante du lagon. Dans d’autres îles on constate une raréfaction des populations de pahua soit pour des raisons d’ordre naturel (mortalités massives à Takapoto en 1998) soit par une augmentation de la pression de pêche (pression démographique, habitude de pêches intensives à certaines périodes des tama’ara’a (repas, festins), des moni me (collectes de mai des églises protestantes) , etc. Le bénitier n’est pas répertorié aux Marquises, ni à Rapa (Australes).

benitier

Les parties consommées sont le pito ou kopiti (muscle adducteur), le vere ou kueke ou verevere (manteau coloré), les huero ou ‘a’o ou havene ou touo ou riaria (gonades) ce qui représente environ 12% du poids total du bénitier, apu ou pakana (coquille) comprise. Il faut donc, en général, environ 8 kg de bénitiers vivants pour obtenir 1 kg de chair comestible, mais cela varie en fonction de la qualité des gonades plus ou moins grasses des bénitiers pêchés. La coquille en calcite est lourde et épaisse, le pahua est reconnaissable à l’asymétrie de sa coquille et à ses rangées d’écailles externes. Le pahua se fixe sur le fond dur du lagon grâce à son tari (byssus). C’est un mollusque bivalve qui vit en symbiose avec des microalgues. Il est hermaphrodite protandre. Les périodes principales de ponte se situent principalement durant les périodes chaudes de l’été austral. Il faudra attendre 4 à 5 ans en élevage et entre 5 et 10 ans dans le milieu naturel pour qu’un bénitier obtienne la taille réglementaire de 12 cm. Les prédateurs des pahua sont les zooplanctonophages : pati ou ava (poissons-lait) ; les crabes et gastéropodes perforants comme le Cymatium muricinum, les jeunes poissons à bec poou, paiti, kukina (labres, perroquets) ; les fee (poulpes), oiri (balistes), oeo (becs de cane), mu (dorades), huehue (tétrodons) qui profitent de la fragilité de la coquilles des juvéniles !

On considère que les bénitiers constituent depuis toujours une espèce prisée sur le marché tahitien : 50 tonnes de chair commercialisée actuellement à Tahiti et ce qui a permis à certaines îles des Tuamotu de l’Est et des Australes de diversifier leurs activités pour répondre à cette demande offrant ainsi un revenu non négligeable à certaines populations. Certaines espèces de petite taille de la Tridacna maxima recherchée pour ses couleurs concerne essentiellement le marché de l’aquariophilie.

monarque de tahiti

Il faut sauver le pati’oti’o (monarque pie) et le pihiti (Vini ultramarina ou Lori des Marquises) deux espèces menacées par le rat noir. Le pihiti est une espèce peu farouche vivant à Ua Huka, au plumage de bleus déclinés. Tous contre le rat noir, équipages des goélettes, de l’Aranui III, de la population d’Ua Huka, de l’association Manu, du Port autonome de Papeete, de l’huilerie de Tahiti. Ua Huka voudrait acheter un chien en Nouvelle-Zélande spécialement dressé pour détecter les rats. Seules deux îles seraient exemptes de rats noirs Rimatara (Australes) célèbre pour son Lori de Kuhl et Ua Huka avec son Lori des Marquises. Une surveillance accrue des ports, aéroports, l’entretien de stations de dératisation, l’inspection systématique des marchandises qui arrivent sur ces deux îles et un projet de quarantaine des marchandises pouvant cacher des rats, telles sont les mesures pour sauver les oiseaux emblématiques de ces îles.

La Polynésie française possède 29 oiseaux terrestres endémiques dont 21 sont menacés de disparition. Visibles nulle par ailleurs, ils pourraient drainer des touristes. Les calculs sont faits, la Polynésie française pourrait envisager d’intéresser 7 260 touristes étrangers sur Tahiti chaque année et 1 494 sur Rimatara (Australes), Ua Huka et Fatu Hiva (Marquises). Question moni (oseille), il faut 2,5 millions de XPF (20 950 €) pour acheter un chien, et le faire venir avec son dresseur de Nouvelle-Zélande pour mettre en place cette lutte. La municipalité d’Ua Huka a montré l’exemple en votant une subvention de 1 million de XPF, il faut trouver le reste !

Hiata de Tahiti

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Comment faire fuir les touristes en Polynésie française

On veut faire venir des touristes mais les touristes sont souvent malmenés et ne reviennent pas ! Règlement inexistant à Bora Bora, la Perle du Pacifique, une touriste décède dans cette île « paradisiaque » après qu’un bateau lui soit passé dessus alors qu’elle nageait dans le lagon face à son hôtel. Pas une bonne publicité ! Et encore et toujours à Bora Bora, une touriste gravement mordue par une meute de chiens… On aime les touristes ici, un peu trop, non ? Les réglementations c’est pour les touristes, même pas pour les chiens et leurs propriétaires ?

pistil

Incivisme, même dans les jardinières ! Les lampadaires de Papeete sur le front de mer ont été repeints en blanc, les jardinières construites et plantées, les ronds- points sont fleuris, c’est magnifique, non, ce serait magnifique… mais c’est sans compter les vols ! Des durante (Duranta repens, famille des Verbenaceae) ont été volés, 100 pieds qui venaient d’être plantés. Les Ma’ohi prennent les fleurs pour les revendre, pour faire des couronnes. Les fleurs les plus volées sont les ixoras (Ixora coccinea famille des Rubiaceae) et les bougainvillées (famille des Nyctaginaceae). Les mamas (mamans) viennent avec leurs sacs cueillirent, même sur les ronds-points, où l’on a vu récemment une mama à scooter à trois heures du matin ramasser des fleurs.

Toujours pas d’eau, les lettres de réclamation, les visites à la mairie, rien n’y fait, nous ne bénéficions toujours pas d’eau au robinet, je parle de l’eau pas encore de l’eau potable. Pas de douche, pas de lessive, pas de vaisselle, l’enfer continue. Un filet miraculeux peut parfois apparaître vers 23 heures, il disparaît vers 6 heures les meilleurs jours c’est-à-dire les jours où il a plu ! Malgré tout la mairie de Teva I Uta a encore augmenté ses redevances. De temps à autre, un employé de la mairie passe en voiture 4×4 constater de visu que nous ne mentons pas, que nous n’avons vraiment pas d’eau… et que nous n’arrosons pas le jardin. On pourrait la stocker et la revendre à prix d’or et devenir immensément riches ! Depuis le 15 août, la situation s’est encore dégradée. L’eau n’arrive que durant la nuit, minuit et demi ou plus tard et « disparaît » vers 4 heures. Des amis nous permettent d’aller nous doucher dans leur entrepôt sis beaucoup plus bas que notre demeure, qui bénéficie de ce fait d’une meilleure distribution d’eau mais attention pas de quoi alimenter une baignoire ou un spa ! Tearii Alpha, le maire de Teva I Uta (Mataiea et Papeari) dit : « La commune de Teva I Uta vit un grave paradoxe. Elle dispose de beaucoup d’eau, mais elle coule pas au robinet. Il y a tout à faire. Le nouveau conseil municipal aura besoin de toute une mandature pour donner de l’eau potable aux 9 400 habitants ». Et selon les pronostics des têtes pensantes, l’eau potable pas avant… je n’arrive pas à déchiffrer la date, excusez-moi. Je viens de lire que l’Onema a été sollicitée par la mairie de Mahina pour recevoir une subvention de 81,9 millions de XPF. L’Onema serait donc un robinet d’où coulent les subventions ? Ça fleure bon le moni (fric).

Vahine nue dans l eau Tahiti

La directrice du Centre d’hygiène et de salubrité publique est revenue sur les conclusions du Forum sur les plans de sécurité sanitaire des eaux de consommation : « Certaines communes ne connaissent pas du tout leur réseau d’eau ». Je dois me pincer fortement pour comprendre, j’ai du rater plusieurs épisodes. A mon âge, j’ai de plus en plus d’absences… Et puis Gaston Tong Sang, le maire de Bora Bora « la Perle du Pacifique » veut l’eau au même prix dans toute la Polynésie. Chez lui l’eau est dessalée par des osmoseurs et c’est beaucoup plus cher. Les 48 communes polynésiennes devraient mutualiser leurs moyens. Normalement, fin 2015, de l’eau – potable – sortira de tous les robinets polynésiens. Je ne miserai pas un centime !

Le Pays tente de séduire les étudiants en médecine. Après une première année à l’Université de Polynésie, les étudiants sont obligés de s’expatrier en métropole pour de longues études, et ils ne reviennent pas forcément au pays leurs études terminées. Comment les attirer ? Comment les faire revenir ? Les archipels éloignés n’attirent pas les nouveaux médecins, les difficultés de transport des malades (Evasan) nécessitent de gros moyens – onéreux. Pour les Marquises, par exemple, il faudrait un hélicoptère pour transporter ces malades des îles où il n’y a pas de piste d’aviation. On transporte alors ces malades sur un bateau, par une mer souvent houleuse, car l’heure d’hélicoptère coûte très chère. Le gouvernement aurait reçu des propositions (du privé). Des médecins urgentistes sont recherchés pour ces postes car ils possèdent une certaine polyvalence et savent réagir très vite. Encore faut-il que ces postes soient attractifs car isolés et éloignés !

Hiata de Tahiti

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Nordhoff et Hall, Panne sèche

charles nordhoff james norman hall panne seche
Auteurs américains célèbres en leur temps des Révoltés de la Bounty, Nordhoff et Hall donnent ici une description pittoresque et réaliste du tempérament des Tahitiens. La famille Tuttle, à l’arrière grand-père américain austère, entreprenant et économe, s’est diluée dans le sang polynésien jouisseur, hédoniste et imprévoyant.

Jonas, le pater familias de la cinquantaine, est respecté lorsqu’il décide – mais il est trop nonchalant pour le faire, la procrastination étant chez lui une seconde nature. Ses quatre fils en fin d’adolescence sont vigoureux et travailleurs mais pas souvent, et pas futés pour un sous sauf le dernier, Ru, 16 ans, qui répare admirablement les moteurs.

Heureusement, car le vieux cotre Zimba, rapiécé de toutes parts, en a fréquemment besoin. Mais les frères préfèrent rogner sur la gazoline pour s’acheter du tabac – c’est rageant quand le moteur tombe en panne sèche à trois minutes d’un banc de thons particulièrement fourni dont la pêche aurait pu rapporter des milliers de francs. Ou bien oublient de prendre le bidon de réserve – qui oblige à rejeter à la mer toute une pêche inespérée loin de Tahiti, faute de moteur et faute de vent pour rentrer avant que les poissons soient pourris…

Tout est à l’avenant, et la blague qui revient régulièrement est celle du docteur, à qui Jonas a emprunté sur promesse – toujours renouvelée – de le rembourser, et qu’un événement de dernière minute empêche toujours de le faire. Même quand une véritable fortune de mer échoit au clan, sous la forme d’une épave remplie de matériaux ramenée par eux à bon port. Ils ne manquent pas de se faire rouler sur le prix, trop impatients de palper les billets pour les dépenser aussitôt, trop stupides (ils l’avouent – mais après) pour prévoir et compter. En deux mois de fiestas, ripailles et autres largesses sans compter, ils se retrouvent sur la paille, plus pauvres qu’avant puisque leur domaine ancestral – hypothéqué – doit être vendu aux enchères.

Les auteurs, par la voix du trop bon docteur, ne mâchent pas leurs mots sur ces cigales inconséquentes : « avec ta tribu vous battez tous les records de gaspillage, de je-m’en-foutisme et d’imprévoyance de toute l’île, toute ! Que diable faites-vous de tout l’argent que vous gagnez, ne serait-ce que de la pêche ? (…) Il disparaît dans la mangeaille et les bringues, les fameuses bringues de chez Tuttle ! » p.50.

tahiti danse

Tant de bêtise est cependant rachetée par les sentiments. La tête toujours ailleurs mais le cœur sur la main, les poches vides mais les muscles tout prêts (jusqu’à Riki, le petit-fils de 8 ans athlétique et à l’œil perçant pour découvrir les bancs de poissons), la famille reste soudée, prête à rire même dans le désespoir. Il suffit de musique, de danse et d’une dame-jeanne de vin.

Tous les Tahitiens ne sont pas aussi futiles et le roman a été écrit dans les années 1930. La vallée de Vaipopo, domaine des Tuttle, est devenue une Zone industrielle. L’éducation et la discipline du travail ont probablement amélioré les habitudes. Mais quand même, il semble en rester quelque-chose… que ce roman plein d’humour et d’humanité décrit avec bonheur.

Pour tous ceux qui veulent pénétrer un peu mieux le tempérament tahitien, avant d’y aller en touriste ou s’y installer un temps pour travailler, rien de tel qu’un détour par la fiction de deux romanciers américains du monde d’hier pour y voir clair !

Charles Nordhoff et James Norman Hall, Panne sèche (No More Gas), 1939, éditions Ura-Tahiti 2012, 287 pages, €22.00

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Tahiti est riche… si elle se bouge

L’ISPF indique que 71% des ménages sont propriétaire du sol et logement. Ces propriétaires sont en grande majorité natifs de la Polynésie française (86%). Trois personnes se partagent un logement constitué de 3 pièces en moyenne (35% des résidences principales). Pas mal, non ?

Il paraît que le fenua possède des richesses minières sous-marines. Sans recherches, il est des individus qui savent déjà qu’il y en a des milliards, propriétés du fenua. Oscar Temaru le clame partout, mais il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, non ? Chez les voisins de Papouasie-Nouvelle Guinée une première exploitation des nodules polymétalliques a démarré. Dans la ZEE du fenua, il y aurait les encroûtements les plus concentrés en cobalt… Quant à voir arriver tout de suite les pépettes, c’est autre affaire. Il y a de tout au fond de l’océan, tant mieux mais il faudrait faire un état des lieux, une feuille de route, etc.

vahine nue profil

On relance la vanille ! D’abord il faut bien la nourrir car la belle a besoin d’azote, de phosphore, de calcium et de potassium. On vise un production de 100 tonnes de vanille pour l’année 2016, avec un prix plancher proche de 4 000 XPF dès la production stabilisée et en hausse. Actuellement le prix au kilo est proche de 6 500 XPF faute de vanille mûre ! Allez ! Au régime, la vanille !

Le pito (nombril) déjà surdimensionné chez les Mao’hi leur est monté au niveau de la bouche. Des excès en tout genre, on parle, on parle, on tient des propos incendiaires, on dépose plainte à la Police, au Conseil d’Etat, etc. Ils sont devenus fous. Quand cette mascarade se terminera –t-elle ? Nul ne le sait. On pond des projets pharaoniques, qui paiera, mais la première question n’est-elle pas comment faire venir pour un prix raisonnable des touristes au milieu de nulle part, car la Polynésie « grande comme l’Europe », dixit Oscar Temaru est bien au milieu de nulle part ! A quand des billets d’avion d’un prix raisonnable ?

Il y a pourtant de quoi se divertir. Le concours de lever de pierre est un moment très attendu aux Australes pendant les fêtes de juillet. Ce sont les champions de Polynésie. A cette occasion, deux nouvelles pierres ont été baptisées et intronisées par le pasteur et l’orateur : Totena (65 kg) pour les femmes et Ario’e (150 kg) pour les hommes. Totena a reçu ce nom en souvenir du lieu où, à Peva, les anciens enseignaient aux plus jeunes tous les arts de la guerre et les formaient aux sports traditionnels. Ario’e porte le nom de la terre où chaque année, le Heiva se déroule. Ce nom rappelle aussi que c’est à cet endroit que la bonne parole est arrivée. 12 femmes ont tenté de porter Totena et une n’a pas réussi. La plus rapide a porté la pierre à son épaule en 1’81’’ et la plus lente en 7’ 51 ‘’. 6 concurrents pour Auti, pierre de 100 kg, 3 ont réussi et 3 n’ont pas pu la porter à l’épaule, les temps s’échelonnent entre 2’ 09’’ à 5’ 26’’. Evera, pierre de 125 kg n’a attiré que 2 amateurs pour des temps de 5’ 69 ‘’ et 11’ 99’’. Ario’e de 150 kg a attiré 4 concurrents. Bravo.

avion

L’institut Porinetia ananahi est un think-tank qui vient de publier un rapport après avoir travaillé 3 ans sur la situation de l’économie touristique en Polynésie… il y aurait plus de 1 000 milliards de manque à gagner.

Ce chiffre donne le tournis ! Si le tourisme mondial se porte bien et progresse, ce n’est pas le cas en Polynésie ! Carences. Incapacité à identifier les raisons de ces carences. Tahiti et ses îles ont donc perdu 14 ans de revenus. Hébergement insuffisant, trop cher, distractif inexistant. Dans le Pacifique, Fidji, Cook, Nouvelle-Calédonie, Tonga, Vanuatu, Samoa, Seychelles, Réunion, Maldives et Maurice ont connu une progression entre 37% et 82% au cours de cette même période ! Les gouvernants successifs du Territoire ont été incapables d’identifier les raisons des carences, n’ont pas trouvé de solutions innovantes, ont perdu 14 ans de revenus. Voyez les hébergements : insuffisants et trop chers, etc. Inutile de se voiler la face, de tout mettre sur le dos de la crise, de faire du copier-coller avec la métropole. Les investisseurs chinois pourraient aider le Peï, mais attention de ne pas abandonner le secteur du tourisme aux seuls Chinois, car ils ne représentent que 10% du volume du tourisme mondial ! Il faut se battre mais ne pas reproduire les erreurs du passé. Il semble que le gouvernement l’ait compris, alors formulons des vœux pour une réussite de ce renouveau.

Hiata de Tahiti

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En prison sur une île à Tahiti

La geôle sera bientôt prête à Papeari, 150 travailleurs y travaillent actuellement. Un cinquième girafon (grue) a été installé sur le chantier. Accoudée à la balustrade, je vois les murs pousser. A la fin juin, les Autorités sont venues : le Haut-Commissaire de la République, la directrice générale de l’Agence pour l’immobilier de la Justice, le tavana (maire) de Teva I Uta, etc. guidés par le responsable des travaux de la Société Léon Grosse. Nous n’avons pas été invités et pourtant nous sommes les seuls gênés par cette construction. La salle cultuelle ne serait pas assez vaste d’après un des représentants des églises qui réclame en plus une salle de repos (pour se reposer de quoi ?) et une salle d’entretien (physique ou …). L’an prochain il y aura un concours pour le recrutement de 150 à 160 personnes. Ce concours sera délocalisé en Polynésie. Le Haut-Commissaire, d’ajouter « pour le concours de l’administration pénitentiaire, dans un premier temps, il faut être candidat si on veut être recruté. Dans un deuxième temps, il s’agit d’un concours. Il faut donc se préparer pour se donner des chances de réussir. Dans un troisième temps, il faut se présenter à l’examen … » Et ne pas être fiu ! (Cela c’est moi qui le dit !)

2013 PAPEARI AVANT LA PRISON
L’autonomie date de 1984. Gaston Flosse a dévoilé une stèle dédiée à cette date dans le parc de Paofai. Malheureusement, la célébration a été arrosée… par la pluie. Un petit quatorze juillet avant l’heure. Dans une interview récente, Gaston Flosse dit « Il faut demander le transfert des compétences que nous sommes capables de mettre en exercice ». Sagesse ?

C’est la guerre ! Le 11 juin dernier, le conseil des ministres annulait l’autorisation d’occupation temporaire du domaine public accordée à l’association Moruroa e Tatou à côté des jardins de Paofai… Sacrilège. Et le 25 juin, pire ! L’assemblée de Polynésie rebaptisait la place du 2 juillet 1966 place Jacques Chirac ! Quel conflit ! C’est totalement stérile et inutile car l’association Moruroa e Tatou avait installé un « mémorial » avec des pierres d’Algérie, de Russie, du Japon, et voilà que ces jours-ci un pasteur japonais en charge des liaisons œcuméniques de Miyagi a apporté de nouvelles pierres du Japon venant de Fukushima… (Elles ne seraient pas radioactives celles-là ?).

2014 PAPEARI
Dans cette nuit du 11 au 12 juillet, alerte au tsunami dans le Pacifique suite au séisme au large du Japon, sirènes. D’après le pasteur japonais, ces pierres représentent la voix des sans-voix. Il a écrit au président du fenua lui demandant d’abandonner le projet de déplacer la stèle dédiée aux essais nucléaires. L’église protestante ma’ohi est elle aussi montée au créneau, pas de déplacement de la stèle !

Et pendant ce temps Oscar (Temaru) est à New-York à l’ONU. Il a annoncé que les portes de l’ONU lui sont grandes ouverts et qu’il n’a plus besoin de téléphoner avant d’y aller. Lui aurait-on donné un passe-partout ? Oscar Temaru, indépendantiste, devant le comité des 24 à New York (il serait grand temps que le pays ma’ohi devienne « le 25ème pays à siéger à l’ONU », mais que 24 pays à l’ONU, je pensais qu’il y en avait davantage ?) Oscar Temaru a expliqué que « la puissance administrative encourageait l’immigration française, réduisant ainsi le nombre de personnes favorables à l’indépendance. Et d’ajouter que « les chômeurs français vont affluer sur nos îles pour prendre la place de nos enfants ». A noter que l’ISPF soulignait en janvier dernier le « ralentissement des arrivées » et constatait que sur une période de 5 ans, la Polynésie française a connu un déficit migratoire de 7 750 personnes.

Mais alors qui croire ?

Hiata de Tahiti

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Il était une fois un vieux Lion de Polynésie

Il fut démissionné d’office après que sa demande de relèvement de peine fût rejetée par la Cour d’Appel de Papeete. Gaston Flosse, Président du gouvernement de la Polynésie française a donc été avisé par le Haussaire lui-même que la grâce présidentielle ne lui a pas été accordée et qu’il avait signé l’arrêté de démission d’office de Gaston Flosse dans l’après-midi du 5 septembre 2014. Bruno Sandras, le maire de Papara a « subit » le même sort.

gaston flosse

Les paruru (avocats) des deux élus annoncent leur volonté de former un pourvoi en cassation. Le metua (Père) continue de se déclarer innocent, ira jusqu’au bout, continuera le combat (il a 83 ans). On peut le croire car après 50 ans de politique, il en connait toutes les ficelles. Malgré tous les procès ce sera donc celui des emplois fictifs (affaire débutée en 1995) qui l’aura coulé.

Son ennemi intime, Oscar Temaru applaudit à tout rompre. Enfin une éclaircie au bout du chemin pour apercevoir le trône si convoité. Il remercie saint François de ne pas avoir accordé la grâce présidentielle à son ennemi de toujours ! A voir son sourire et son interview en excellent français (langue qu’il parle très bien) on devine sa jubilation, mais il s’inquiétait quand même « qui va payer les sommes distribuées et quand ? »

Mais qui paye les avocats-vedettes des politiciens ? J’ai trouvé la réponse dans Tahiti-Pacifique Magazine n° 276 d’août 2014. L’ami ADP (Alex Du Prel) est bien renseigné. Vous voulez le savoir aussi ? Loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004, titre IV les Institutions, chapitre VI Dispositions communes au président de la Polynésie française, aux membres du gouvernement de la Polynésie française et aux représentants à l’assemblée de la Polynésie française, article 162 en vigueur depuis le 2 mars 2004 : « La Polynésie française est tenue d’accorder sa protection au président de la Polynésie française, aux ministres et au président de l’assemblée de la Polynésie française, ou à toute personne ayant cessé d’exercer l’une de ces fonctions, lorsqu’ils font l’objet de poursuites pénales à l’occasion de faits qui n’ont pas le caractère de faute détachable de l’exercice de leurs fonctions. » Donc aucun souci de ce côté-là. L’avocat Me François Quinquis défend bec et ongles son client. Le Tahoera’a huiraatira (parti de Gaston) avait fait un amalgame entre décision de justice et décision par les urnes pour défendre Gaston Flosse, il reste uni et solidaire, mais pour combien de temps encore ? Il lui renouvelle sa confiance indéfectible…

requin polynesie

Le Vieux Lion n’est donc plus président de la Polynésie française. Mais il a assuré ses arrières en imposant Marcel Tuihani au perchoir et son ex-gendre à sa place (élection à l’assemblée le 12 septembre, le 11 étant maudit). Il n’exclut pas de se présenter aux élections de 2017 et pourquoi pas de reprendre son fauteuil présidentiel – après 50 ans de politique et 30 ans de règne – même s’il aura alors 86 ans !

Hiata de Tahiti

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Protester et quémander à Tahiti

En ce lendemain de Fête Nat, on a marché dans les rues de Papeete contre l’imam. Ce seraient 1 200 personnes qui auraient défilé entre le stade Bambridge et l’assemblée, ils ont demandé l’expulsion de l’imam à l’aide de pancartes, de chants, de slogans. Une Politique ouvrait la marche !

Pour Tahiti Mahana Beach, trois projets retenus sur 14 présentés, un seul gagnant, voyons voir ! C’était d’abord aux Chinois de présenter leur projet, futuriste, 110 milliards de XPF, 2 102 chambres et 600 à Moorea, une chapelle sous-marine et deux tours de verre de 100 m de haut, le tout entièrement financé par les promoteurs chinois. Le projet français, 65 milliards de XPF, 936 chambres, villas, beaucoup plus modeste que le chinois mais faisant la part belle à la culture locale. Pas assez ambitieux pour Gaston Flosse. Ce projet n’a pas conquis le jury ! Pétons plus haut que notre c.. ! Le projet hawaiien est plus grand, plus haut (106 m la hauteur de la tour), en forme de voile de pirogue double, plus cher. 3 127 chambres, 251 milliards de XPF tout à la démesure, oui, oui, oui – mais ce serait au Pays de trouver des investisseurs ! Aïe…

yuan billet de 20

Et que se passe-t-il à Atimaono (golf). Oscar Temaru après avoir encouragé les Chinois à venir investir en terre ma’ohi s’oppose maintenant au projet chinois. Gaston Flosse et eux devaient venir à Atimaono pour concrétiser des projets de construction d’un hôtel. Oscar est arrivé le premier avec ses militants du Tavini (Parti indépendantiste) et a déployé une grande banderole en compagnie de ses collaborateurs Tony Géros et Vito Maamaatuaiahutapu où on pouvait lire « NO CHINESE HOTEL HERE, MAOHI LAND ». Cela fait déjà un certain temps qu’Oscar Temaru ne s’exprime plus qu’en anglais ! Alors le Maohiland ? pays de langue anglaise ou maorie ? Je ne comprends plus rien !

timbre marianne rouge

Le Haussaire en visite officielle à Teva I Uta : M’Sieur nous on n’a toujours pas d’eau à Papeari, quartier de l’Anse Tiopi ? Z’avez pu vous laver les mains ? Ben, vous zavez d’la chance ! Pour sa première visite dans la commune, c’est le maire de Teva I Uta qui a accueilli le Haussaire. Nous, comme on n’avait pas reçu de bristol, on est resté à la maison ! Il parait qu’ils ont parlé, visité, etc.

Il aurait été question des possibilités financières d’accompagnement des projets communautaires, la situation du projet d’adduction en eau potable, de l’intercommunalité, des travaux de reconstruction de la mairie, des écoles, de la coopérative agricole, des travaux de la prison tout ce blabla était suivi d’un déjeuner sous le fare pote’e du motu Ovini. Le Haussaire a reçu des cadeaux, comme le veut la coutume mao’hi : une pirogue qui symboliserait l’unité des deux sections de communes de Mataiea et de Papeari (ce qui reste à démontrer !) ainsi qu’un hameçon auquel le Haussaire a immédiatement trouvé une possible utilité : « Il pourra servir à la pêche aux subventions au niveau de l’échelon central ». Bien vu, bien dit !

Hiata de Tahiti

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Brioche vanille coco de Tahiti

La rentrée continentale se profile, préparez les goûters des petits (et des ados) ! Une délicieuse recette de Tahiti revisitant la brioche dorée.

brioche

550 g de farine
10 cl de crème liquide
60 g de beurre
60 g d’huile de coco vierge
90 g de sucre en poudre
10 de sucre vanillé
5 œufs
1 gousse de vanille
1 pincée de sel
1 sachet de levure de boulanger.

Dans le bol de votre robot, mélangez la farine, la levure et la crème. Ajoutez les œufs et pétrir la pâte pendant 5 minutes à vitesse assez lente.

Ajoutez le beurre coupé en dés, l’huile de coco, les sucres, les graines de la gousse de vanille et la pincée de sel. Pétrir à nouveau pendant 10 minutes jusqu’à ce que la pâte forme une boule. Si besoin ajoutez un peu de farine.

Sur un plan de travail fariné, en faire 2 ou 3 boules et les déposer dans 2 ou 3 moules. Si votre moule n’est pas en silicone, le beurrer puis le fariner au préalable.

Laissez à nouveau lever la pâte pendant 40 minutes, puis faire cuire la brioche pendant 40 minutes dans le four à 180°.

Bon appétit !

Hiata de Tahiti

Collégiens entre la plage et la classe…

collegiens vers l ecole

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Géopolitique du thon à Clipperton

Clipperton est un anneau corallien fermé de 1,7 km² de terres émergées. L’île relève du domaine public et est propriété domaniale directe de l’État. L’autorité est déléguée au Haut-commissaire de la République en Polynésie française, représentant de l’État depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 : « La loi détermine le régime législatif et l’organisation particulière des Terres australes et antarctiques françaises et de Clipperton ». Contrairement aux DOM et COM (département et collectivités), les lois et règlements de la République s’y appliquent de plein droit et « les juridictions de l’ordre judiciaire ayant leur siège à Paris » sont « territorialement compétentes ».

Clipperton carte de situation

L’île a été découverte le Vendredi saint 3 avril 1711, d’où son nom initial d’île de la Passion, par Martin Chassiron et Michel du Bocage. Elle est considérée comme possession française depuis le 17 novembre 1858 suite à sa prise de possession par le lieutenant de vaisseau Le Coët de Kerveguen au nom de Napoléon III. La raison de cette exploration de 1858 était surtout le guano (la fiente d’oiseau , phosphate utilisé dans les fertilisants), à plus long terme le percement de l’isthme de Panama envisagé par la France dans la ligne de la politique d’influence « latine » de Napoléon III aux Amériques. Le Coet de Kerveguen n’a pas pu débarquer. Un marin est allé à terre à la nage en dépit des requins et des vagues et a ramené des échantillons de guano. Une carte a été levée depuis le haut du mât et l’annexion de l’île rapportée a Hawaï. La redécouverte, l’occupation et l’exploitation de cette île à guano par les Américains incita le Mexique plus proche à la revendiquer et à l’occuper dès 1898. Une garnison mexicaine s’installe en 1906 et y construit un phare. Mais cette colonie fut abandonnée en 1914 par le Mexique à cause de la révolution, et ses derniers survivants livrés à la famine. Ils ont été découverts par accident et évacués par un navire de la marine américaine en 1917.

En 1909, le Mexique et la France se soumirent à l’arbitrage international du roi Emmanuel III d’Italie qui attribua la possession de l’atoll a la France en 1931. L’île était terra nullius lors de la prise de possession. Mais, au Mexique, on continue de revendiquer aujourd’hui la propriété de l’île dont les richesses sont le thon et les nodules polymétallique qui jonchent ses fonds marins. Selon le site de la Marine nationale, « Le contexte diplomatique et juridique » est clarifié entre la France et le Mexique concernant cette île. En effet, conformément à l’accord franco-mexicain du 29 mars 2007, entré en vigueur le 1er mai 2007, les navires de pêche mexicains peuvent bénéficier de licences de pêche pendant 10 ans dans les 200 milles marins entourant Clipperton. Sans quotas ni contrôle mais avec une obligation de déclarer les quantités pêchées et d’enregistrer les navires auprès du Haut-commissariat de la République à Papeete. La renégociation de cet accord a lieu cette année et les accords expirent en 2017. En échange, certainement un moment historique de notre diplomatie, le Mexique cesse de revendiquer une île que le droit international a pourtant reconnue française depuis 1931 !

Clipperton peche mexicaine dans les eaux territoriales

Or, très rares sont les nombreux navires américains, sud-américains et même asiatiques observés qui ont demandé une quelconque autorisation pour y pêcher, y mener des expéditions scientifiques ou y plonger avec les requins : la France et Papeete sont loin, les énarques parisiens s’en moquent, les responsables le sont à temps partiel et les politiciens n’y ont aucun électeurs. Seule l’économie pourrait faire pression sur ces Messieurs, mais l’économie en France est aux abonnés absents : qui va contrôler les pêches Mexicaines et leur faire payer les permis et une redevance a la tonne ? qui va affréter des bateaux pour le tourisme écologique ou la pêche sportive depuis que le Club Med est en vente aux étrangers ? qui va affréter (comme le Japon ou l’Espagne) des thoniers pour aller pêcher dans le Pacifique ? Les pêcheurs français sont de petits artisans collés aux côtes où ils disputent le rare poisson aux plaisanciers, pas des entrepreneurs hauturiers. Il est loin le temps des Terre-neuvas ! Et le pêcheur Polynésien, pourtant subventionné, n’a pas la volonté de partir loin de son île à la pêche « au long cours ».

De plus, l’État est impuissant à continuer l’empire. Pas de volonté, pas de moyens, à peine un renouveau national de la recherche scientifique 10 ans après l’expédition médiatique de Jean-Louis Étienne avec deux scientifiques en 2014 et une expédition prévue en 2015 (si le budget est maintenu). Eric Chevreuil, ancien officier de l’armée de terre française reconverti dans l’informatique en Californie, est soucieux de Clipperton et est scandalisé par le pillage de ses ressources par les senneurs Mexicain et par « la propagande parisienne ». Il a récemment écrit une lettre ouverte au Président parue dans la version papier de Marine & Océans (Mai 2014), et rédigé un dossier d’enquête révélateur sur les abus des navires Mexicains a Clipperton. Ce dossier est diffusé a l’aube de la renégociation de ces accords de pêche pour informer le Premier ministre, les ministres des Affaires étrangères, de l’Outre Mer, de l’écologie, au le Secrétariat général de la Mer et le Haut-commissariat de la République a Papeete, par courrier digital et normal en avril 2014. Il écrit entre autre : « La frégate de surveillance Prairial et l’Arago, en transit, ont effectué un total de trois visites en 2011. Le Prairial y est aussi allé deux fois en 2012, une fois en 2013 et aucune mission n’est prévue en 2014. Chaque visite totalise trois jours en ZEE dont une journée a Clipperton. Au total, « la Police » française a passé 6 jours à Clipperton en quatre ans ».

clipperton bateau de peche mexicain avec vedettes de rabattage

Photos d’une campagne de pêche du navire Mexicain de Pescas Aztecas 9 à Clipperton : hélicoptère, 8 vedettes de rabattage, 1 barge pour étendre des kilomètres de filets, 1200 tonnes d’emport (source Eric Chevreuil)

Or une île sans administration et où personne n’habite n’aurait, pour le droit international maritime, que 12 milles marins de zone maritime territoriale (et non les 200 milles marins de zone économique exclusive). D’après les réponses du gouvernement à des questions posées à l’Assemblée nationale, le fait de ne pas étendre la ZEE aurait permis de réaffirmer notre souveraineté auprès des instances internationales. Esquive en langue de bois ? Par la faute de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, la France n’a pas fait valoir auprès de l’ONU en 2009 ses droits de possession sur la zone de 40 000 km² de plateau continental à Clipperton, les perdant définitivement. Cela pour ne pas fâcher les autorités mexicaines et ne pas risquer de compromettre la libération de Florence Cassez, dit-on…

Mais si tous ces arguments n’étaient que prétextes ? Le flou artistique entretenu par les diplomates et les technocrates sur le sujet, comme en témoignent les « réponses » ministérielles aux questions posées à l’Assemblée nationale ou au Sénat, montre que le droit de la mer n’est ni clairement établi ni souverainement revendiqué. Les politiciens préfèrent signer des « accords » économiques ou culturels pour les Airbus ou les étudiants avec le riche Mexique que d’exercer ses droits impossibles sur la pêche au thon et la collecte de nodules si loin de la métropole. Faute de volonté, faute de moyens, faute d’électeurs. Quand la force tranquille ne peut affirmer le droit, place à la ruse diplomatique.

2014 05 accords de peche france mexique question au senat

Sous peu à Paris (en août ?), les accords de pêche Franco-Mexicains de 2007 vont être renégociés en catimini et sans débat. La souveraineté de la France sur cet atoll et ses ressources sera probablement de nouveau bradée dans un accord qui ne profite vraiment qu’au Mexique. Ce pays pille allègrement la zone jusque dans les eaux territoriales françaises de Clipperton où les requins, les dauphins et les tortues de mer tombent victimes de leurs kilomètres de filets.

A quoi nous sert donc Clipperton ? Grâce à une ZEE presque aussi grande que la France continentale, l’île de Clipperton permet à la France de disposer du deuxième domaine maritime mondial, derrière les États-Unis. Ce qui les ennuie, semble-t-il… Va-t-on la vendre au Mexique, comme Napoléon 1er fit de la Louisiane aux États-Unis ? Va-t-on la perdre comme l’indigent Louis XVI (dont le sosie règne à l’Élysée) le fit du Canada ?

En savoir plus :

Clipperton vue par le Ministère de l’Outre-mer
Clipperton selon la Marine nationale
Site Tous les territoires français
Forum Mexique sur Clipperton
Jean-Louis Etienne en expédition à Clipperton
Clipperton vue par la world encyclopédie en français pour les paidès
Les intérêts commerciaux de la diplomatie française au Mexique
Le site du Professeur Jost, université de Tahiti
Clipperton sur ce blog
Rapport de M. Chevreuil : copie sur demande à echevreuil@sbcglobal.net

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Manioc et cocotier

Originaire de l’Amérique du Sud, le manioc a été introduit en Afrique centrale par les Portugais au début du 17e siècle. Il est actuellement la base de l’alimentation de nombreux pays africains. 200 millions de tonnes produites par an, le manioc occupe le 5e rang mondial parmi les plantes alimentaires mondiales après le maïs, le riz, le blé et la pomme de terre. Tubercule d’un arbrisseau aux grandes feuilles palmées de 2 à 3 m de haut, le manioc pousse dans les régions tropicales et subtropicales. Les tubercules, de forme conique ou cylindrique, possèdent une chair blanchâtre, jaunâtre ou rougeâtre sous une écorce brune ; ils peuvent mesurer 1m de long, peser 25 kg, toutefois ils deviennent alors plus durs et plus fibreux, ils sont très périssables et voyagent mal.

manioc

Plusieurs variétés de manioc qui toutes contiennent de l’acide cyanhydrique, substance toxique disparaissant à la cuisson ou à la déshydratation. L’intérêt diététique de manioc réside en sa richesse en fécule (75% d’amidon et de sucres) mais pauvre en protéine (2%), et il est sans gluten. Avant l’arrivée des Européens, les Tahitiens n’employaient qu’une fécule, celle de pia, plante poussant spontanément sur les sables coralliens dans toutes les îles. Point de manioc en Polynésie. En 1850, l’amiral Bonnard importa d’Amérique du Sud les premiers plants. Les indigènes alors s’aperçurent que les racines de cette plante fournissaient une fécule pouvant remplacer celle du pia dans tous usages et que de plus la racine du manioc était comestible contrairement à celle du pia. Le manioc fut appelé manioka aux Marquises et maniota dans les autres archipels. Les indigènes ont réservé le pia pour préparer leurs poe (dessert traditionnel) et empeser leur linge. Deux variétés principales : le manioc amer, impropre à la consommation s’il n’est pas au préalable détoxifié et dont les racines séchées sont transformées en tapioca, en cassave ou en farine et le manioc doux dont on peut consommer les racines, attention à bien cuire celles-ci ainsi que les feuilles consommables car la toxicité est due à la présence d’acide cyanhydrique (HCN).

grimper au cocotier

Omniprésent en Polynésie française, le cocotier est considéré comme indigène ici bien qu’il ait pu avoir été introduit lors des migrations polynésiennes. Il est présent partout, même sur les atolls des Tuamotu de l’Est et à Rapa (Australes), l’île extra tropicale au climat trop frais pour lui permettre de développer des fruits, et pousse même jusqu’à plus de 300 m d’altitude. C’est un monocotylédone de la famille des palmiers à port droit ou courbe pouvant atteindre plus de 30 m de hauteur pour un diamètre d’environ 30 cm. Il est en fleurs et en fruits toute l’année, c’est l’arbre le plus précieux du Pacifique, constatez vous-même. Sa noix est recherchée pour son liquide opalescent et sucré ou « eau de coco », pour l’amande à tous les stades de maturité. L’amande mature râpée et pressée permet d’obtenir le lait de coco, base de la cuisine polynésienne. On s’en sert tel quel, avec du citron, avec de l’eau de mer, fermenté, cela donne taioro et miti hue. La sève recueillie après incision de l’inflorescence permet de produire du vin de palme, et de l’eau-de-vie après distillation.

Les utilisations non alimentaires sont les suivantes. Avec te râ’au (le bois de cocotier), on fabrique des piliers, soubassements et cloisons des habitations, des meubles, des objets sculptés ; avec te ni’au rara’a (palmes) tressés des toitures, des nattes, des paniers, des filets de pêche, des nasses, des éventails, des chapeaux ; avec te tie o te ni’au ( les nervures secondaires des palmes) des balais, des tiges pour enfiler les noix du bancoulier destinées à l’éclairage, des fleurs pour confectionner des couronnes, des colliers des guirlandes ; avec te a’a i ni’a i te ‘ama’a ni’au ( tissu fibreux formé à la base de chaque palme), un filtre pour les liquides, une ceinture ou une enveloppe pour divers objets ; avec te puru (la bourre), filtre pour les liquides, calfatage des pirogues, allumage du feu, des nape (cordes) pour les habitations et les pirogues ; avec te ha’ari (les noix), des récipients divers tels gourdes et inhalateurs, du charbon par carbonisation, des prothèses crâniennes après fracture. Les applications médicales emploient l’eau, l’huile, la bourre de coco et les racines de cocotier pour traiter les empoisonnements par les poissons, les hémorragies, les contusions, entorses, luxations et fracture, les ulcères cutanés, la dysenterie.

huile vierge de coco

L’huile de coco est utilisée comme purgatif. L’eau de coco, stérile, est antidiabétique et est recommandée en boisson journalière pour les maladies des reins et de la vessie. Les huiles de noix de coco : l’huile de coprah RBD (raffinée, blanchie, désodorisée) obtenue à partir de la chair de coco séchée, raffinée à l’aide de solvants et pressée à très haute température ; l’huile vierge de noix de coco, obtenue à partir de chair de coco fraîche pressée à froid. Un conseil, ayez toujours un cocotier dans votre jardin, votre serre, sur votre balcon.

Hiata de Tahiti

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Mosquée, alcool et chienne à Tahiti

Mosquée, pas mosquée ? Le jeune imam serait-il au chômage ? Le micro-trottoir dernier laisse incertain le projet de construction d’un tel édifice, les confessions religieuses restent vigilantes mais ne seraient pas défavorables à l’installation d’une mosquée. Alors peut-être ben qu’oui, peut-être ben qu’ non ? Arriverait-il le temps des Tahitiennes voilées de noir, couvertes des pieds à la tête ? En attendant, le Centre islamique de Tahiti (CIT) sis au 11 rue Gauguin à Papeete, récolte des fonds en métropole pour la construction de la « grande mosquée de Tahiti ». Le jeune imam parti en France depuis 6 mois voulait prendre l’avion de retour à Roissy, peut-être pour démarrer le ramadan à Papeete, les USA lui ont refusé le transit à Los Angeles. Qu’à cela ne tienne, il est quand même arrivé à destination en transitant par la Nouvelle-Zélande ! Quelques jours auparavant, deux individus (non identifiés) avaient déposé une tête de cochon devant le CIT.

burqa

On va enfin pouvoir picoler sans faire des kilomètres pour acheter la gnôle et le uaina (picrate) ! Le tribunal administratif a annulé l’arrêté interdisant la vente d’alcool. Ouf ! L’arrêté pris le 5 août dernier par l’ancienne mairesse est caduque. Deux sociétés avaient contesté le texte devant la juridiction, la brasserie de Tahiti et le supermarché de Papeari. N’oubliez pas que nous n’avons toujours pas d’eau au robinet… alors, Manuia (A la vôtre) ! En fait, je suis une mauvaise langue, nous n’avons de l’eau que pendant les semaines précédant les élections ! Cette année, nous avons été très gâtés avec toutes ces élections, mais depuis, la source a tari !

vahine seins nus offerte

Une chienne était retrouvée sous une voiture la gorge tranchée. Une riveraine l’a conduite chez la vétérinaire de garde. La chienne surnommée Blanc-Blanc avait été opérée durant deux heures et sauvée in extremis. Elle n’aura survécu que trois jours. Plainte ayant été déposée par la sauveteuse et la vétérinaire, la Police après enquête a retrouvé l’égorgeur. Cet individu serait un chômeur de 47 ans, originaire du Vanuatu qui aurait expliqué que sa bête lui causait des problèmes, aboyait et courait après les jeunes du quartier. Il se serait mis en tête de l’abattre et de la manger. Après quelques bières, muni d’une lame bien aiguisée, il s’est rendu près de sa chienne lui a tranché la gorge. Il l’aurait relâché en attendant qu’elle meure. Mais la chienne s’est sauvée et a pu être secourue. L’article 521-1 réprime ces faits : deux ans d’emprisonnement et 3,68 millions de XPF d’amende.

L’ouverture de l’hôtel « The Brando » fait craindre aux prestataires de services qui proposent des excursions en voilier à Tetiaroa, de ne plus y avoir accès. « Aujourd’hui nous sommes surveillés. Quand nous arrivons, ils nous demandent le nom des bateaux, le nombre de passagers » indique P. Gasparini, gérant de l’Escapade Charter Tahiti.

Le dessinateur de « l’Actu vue par P’tit louis » dans la Dépêche a été « remercié ». Le groupe Auroy (Dominique Auroy) c’est : l’Eau Royale, les vins de Rangiroa, les barrages, la Maroto, les éoliennes, Hachette Pacifique, le Royal Tahitien, etc, excusez-moi si j’en oublie, qui a acquis 66% des parts du quotidien polynésien. La Dépêche du dimanche est « en deuil », surement plus de moni (fric) pour les encres de couleur, si mince qu’elle pourrait passer entre un mur et son affiche sans la décoller avec un tout petit peu de remplissage insipide.

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Nourritures tahitiennes

Un élu de l’Assemblée de Polynésie française propose de les élever pour les consommer localement. Quoi ? Les tortues. L’élu dont il est question, Antonio Perez d’A Tia Porinetia n’oublie qu’une toute petite chose, la tortue verte, de l’espèce Chelonia midias, braconnée dans nos îles, est protégée non seulement par la convention de Washington mais aussi par une délibération de l’Assemblée territoriale en date du 13 juillet 1990. Et quand quelques hurluberlus clament d’une forte voix que le peuple ma’ohi a toujours consommé de la viande de tortue, c’est FAUX ! La viande de tortue n’était consommée que dans les circonstances exceptionnelles par les hautes castes de la société ma’ohi. L’animal était considéré par les anciens comme un symbole protecteur et sacré. Alors un « coup » politique, une provocation gratuite ?

RAMBOUTANS

Les ventes ont commencé à Huahine, Raiatea, Taha’a. La récolte est moindre que l’année passée. Conséquence ? Le prix de la vanille mûre est en hausse et ne devrait pas cesser de monter. Le prix offert ces dernières semaines ? 5 000 XPF/kg (41,90€), il n’était que de 3 000 XPF/kg l’an passé. Les pesées de juin et juillet seront les plus productives. Les préparateurs essaient de refaire leur stock.

Réception des marchandises sur le quai des goélettes à Avera, la fourgonnette de la supérette, chargée des denrées reçues, a été poussée accidentellement dans le lagon. Elle sera remontée à la surface après une nuit passée dans l’eau. Surprise ! Le véhicule a été pillé. Les pêcheurs nocturnes ont ramené des cartons de nourriture et autres chez eux ! Seules encore à bord, des boîtes de conserves pour chien. Merci Seigneur ont dû dire les pêcheurs !

RESTES DE VÏ TAHITI APRES LE PASSAGE DES POULES

Il y a maintenant quelques années mon amie B. est venue passer quelques semaines au fenua, après un périple en Australie. Je lui ai fait découvrir Tahiti. Lors d’une visite au marché de Papeete, B. s’était attardée devant les étals de fruits et légumes. De retour chez moi, elle me confia avoir trouvé et acheté des mangues. « Des mangues, mais ce n’est pas la saison lui dis-je ». Qu’à cela ne tienne elle persistait « elles ne sont pas tout à fait mûres, nous attendrons un peu avant de les déguster ». D’accord ! Vint le soir, où installées sur le balcon, l’heure de savourer les mangues arriva. La Spondias dulcis avait fière allure, jaune et B. la découpa religieusement. B. la goûta, me regarda effarée : » mais ce n’est pas une mangue ! ». Ce n’était qu’une pomme-Cythère ou vï Tahiti ! (vï = mangue pourtant !).

VÏ TAHITI

Le pommier-Cythère est originaire de l’Asie du Sud-Est. Son fruit, le vï Tahiti passe du vert au jaune lorsqu’il est mûr, la partie charnue est acidulée et comestible, qualifiée de délicieuse par les amateurs, mais la chair est pleine de filaments rattachés au noyau et qui rendent la dégustation assez déplaisante ! Grosse déception pour B.

Au sabbat, nous étions invités chez des amis adventistes où un buffet regorgeait de tout. Pour dessert, B. choisit une brochette de fruits locaux et arriva la seconde collision avec la « mangue de Tahiti ». Ce fut la dernière rencontre de B. avec la vï Tahiti. B. est retournée en France amèrement déçue par cette « mangue ». Mai est le mois des vï Tahiti, et il ne se passe pas une fois où mes amis polynésiens me taquinent : » Voici des mangues de B. pour le petit déjeuner l’arbre est couvert de mangues de B. les poules se régalent des mangues de B. » Même avec la distance, B. doit entendre ses oreilles siffler !

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L’État territorial à Tahiti

Le gouvernement « abroge l’autorisation d’occupation temporaire de l’emplacement du domaine maritime » remblayé dans la commune de Papeete et veut déplacer le marae à la mémoire des victimes du nucléaire de la place du 2 juillet (ex. place Jacques Chirac) vers un lieu moins fréquenté par les touristes. Lever de boucliers sur Facebook par un jeune inconnu. On parle d’acharnement à Moruroa et Tatou, sit-in, propos incendiaires d’Oscar Temaru… C’est curieux quand les sous arrivaient de France par « Tonton Chirac » il n’y avait pas de manifestations – ou alors j’ai raté un acte ou deux ?

papeete place du 2 juillet ou jacques chirac

Le Peï réclame « ses » aéroports à l’État au plus tôt, à savoir Tahiti-Faa’a unique aéroport international, Bora Bora, l’île phare de l’industrie touristique, Rangiroa (on vient juste de supprimer les contrôleurs aériens, ce sont les pompiers qui officient en envoyant les indications météo), et Raiatea dont la commune est la capitale administrative des îles sous le vent et aussi le point d’entrée des charters nautiques.

Certes il ne ferait plus rêver le bon vieux certif’, mais on le passe encore ici. A la presqu’île, ce sont 271 jeunes inscrits aux épreuves, des jeunes des collèges de Taravao et du Sacré-Cœur ainsi que des deux centres de jeunes adolescents (CJA) de Tautira et de Vairao. Pourquoi pas également un bon entraînement avant le DNB (Diplôme national du brevet) et le baccalauréat ?

certificat d etudes primaires

Arafenua, le bateau de la douane ne répond plus : et pour cause, il s’est planté sur le récif de Tikei aux Tuamotu. Perdue, foutue, irrécupérable ! Elle était belle la vedette de 28 m de long, qui naviguait 200 jours par an dans les eaux du fenua. Elle devait encore « durer » 5 ans étant arrivée il y a 20 ans en Polynésie. P’tit louis y était allé de son coup de crayon : « L’Arafenua est définitivement perdue, sur le récif de Tikei disait le maigre et le gros de répondre, c’était avant ou après avoir trouvé le paka ? ». Je ne connais pas la réponse. C’est que les gabelous avaient eu vent de présence de pakalolo (cannabis) sur cet atoll inhabité ! Juste pour votre gouverne, Tikei, 3,5 km² de terres émergées, avec une surface du lagon de 0 (zéro) km². C’est un atoll comblé ! L’atoll n’est pas habité en permanence, une superbe tranquillité. Pour les navigateurs 14°57 sud et 144°35 ouest, à 70 km au sud de Takapoto. Bon vent !

Le rapport de la Cour des Comptes n’est pas très élogieux… et le rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) est attendu comme le Messie ! Ici tout le monde attend le retour du financement par l’État du système de protection sociale généralisée de Polynésie, en fait aux frais des contribuables métropolitains. Mais quelle seront les contreparties à cette aide de l’État ? En raison de son autonomie, la Polynésie devrait financer elle-même son système de santé, même si l’État fournit « un accompagnement financier ponctuel, principalement pour des constructions ou des urgences en cas d’épidémie, de catastrophe. L’État a apporté 37,5 milliards de XPF à la construction du Centre hospitalier du Taone. Mais la Cour des Comptes indique « l’État a une urgente obligation : apporter une aide méthodique au pilotage du système de santé, seul moyen d’éviter les gaspillages et les erreurs. Il faut surtout bien cibler ce qui relève de la solidarité nationale et faire en sorte que cela soit pris en charge au niveau national ». Gaston Flosse n’en démord pas « obligation de continuité territoriale… » Il aura fallu 10 ans pour construire l’hôpital du Taone. Les études du coût de fonctionnement, demandées par l’État pourtant, n’ont jamais été effectuées. C’est toujours, envoyez le MONI (le fric), rien d’autre, solidarité. On sait que depuis 2 ans, le CHPF vit à crédit… pour combien de temps encore. Envoyez le moni, envoyez le moni !

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Tourisme tahitien

Une excellente nouvelle pour les touristes qui viendront en Polynésie française. Air Tahiti Nui réduit ses tarifs de 24 000 XPF (201 €) sur un billet Paris/Papeete/Paris pour les métropolitains qui séjourneront en pension de famille au moins dix jours. Qu’on se le dise ! L’actu vue par P’tit louis : « Patron d’ATN (Air Tahiti Nui) nous promet 200 000 touristes en 2016. Et l’autre de répondre : et dire qu’il y a 15 ans ils nous en annonçaient 300 000 ! »

TAHITI

Une autre bonne nouvelle, le Wind Spirit de la compagnie Windstar Cruises est arrivé le 1er mai pour six mois de croisières en Polynésie. C’est un voilier quatre-mâts qui est le sister-ship du Wind-Song, paquebot à voiles arrivé lui en 1987. On attend plein de touristes car le monde de la croisière se porte bien !

Le championnat de Tahiti 2014 des Tu’aro ma’ohi s’est déroulé sur le terrain de Vaiparoa près du Musée des Iles. Le lancer du javelot est une discipline qui demande force et précision. Les gagnants sont toujours des habitants des Tuamotu. Il s’agit d’envoyer des javelots sur un coco perché sur un mat. Le grimper au cocotier est une discipline impressionnante. Le gagnant a parcouru la distance en 4,48 secondes. Les grimpeurs portent aux pieds une lanière tressée. Ensuite le lever des pierres est une spécialité des Australes. Le poids des pierres varie de 60 kg à 140 kg. La gagnante (vahine) a soulevé une pierre de 60 kg en 1,50 seconde. Puis vint le tour des vainqueurs hommes ; pour la catégorie « léger » une pierre de 80 kg en 1,88 seconde ; pour la catégorie « moyen » une pierre de 100 kg en 1,88 seconde, à noter que les catégories « léger et moyen » ont été gagnées par le même individu ; pour la catégorie « lourd », le vainqueur a porté une pierre de 120 kg en 10,42 secondes ; la catégorie « super lourd » a vu le vainqueur soulever une pierre de 140 kg en 2,80 secondes. Il a ensuite battu le record de l’épreuve avec une pierre de 150 kg en 4,04 secondes. Qui fait mieux ?

Deux accidents dramatiques aux pirogues de Taapuna. Ces grandes pirogues de loisirs sont louées à la journée pour y faire la fête plutôt en fin de semaine. Elles sont ancrées à Taapuna dans très peu d’eau. Le même samedi un adolescent de 16 ans et un adulte de 60 ans ont été paralysés après avoir plongé dans trop peu d’eau depuis les pirogues. Les dégâts sont hélas irréversibles : tétraplégie et paraplégie. Les services de santé s’inquiètent car depuis deux ans il y aurait eu six accidents de ce type.

A BORD DE L ARANUI

Après avoir ouï les pleurs des guides de randonnées patentés, le Pei presse le pas. La concurrence est rude, grâce ou à cause d’Internet et des faux guides, alors le Pei va mettre la main au portefeuille pour réhabiliter, sécuriser et baliser NEUF sentiers de Tahiti dont Te Pari à la Presqu’île. Il y a deux ans, deux morts étaient à déplorer sur ce sentier difficile. Il paraît que pour la seule année 2014, 50 millions de XPF ont été budgétisés. On connaît 80 parcours de randonnées sur Tahiti, les 9 faisant partie du plan de réaménagement seront : l’Aorai (Pirae), la Fautaua (Papeete), Te Pari (Fenua Aihere), Vaipahi (Mataiea), Te Faaiti (Papenoo), Cité Jay (Arue), les 1 000 sources (Mahina), la vallée de Tipaerui, et la Grande randonnée de Tahiti qui pourrait mener de Mahina jusqu’à la Punaruu. Grandioses tous ces projets. On découvre, enfin, que le tourisme nature pourrait amener quelques francs supplémentaires, mais il faudra prendre conscience que la sécurité des touristes est primordiale si l’on veut les voir revenir, mais pas quitter le pei entre quatre planches.

Air Tetiaroa a réceptionné son premier avion pour transporter ses clients de Tahiti à l’hôtel The Brando. Conçu en Grande-Bretagne, le premier Britten-Norman 2T d’Air Tetiaroa est arrivé sur le territoire et avait mis plus de deux semaines pour arriver au fenua. Il a fait quelques sauts de puce en passant, non, non, pas par la Lorraine, mais par la Sardaigne, l’Arabie Saoudite, l’Inde, le Sri Lanka, l’Indonésie, Bali, l’Australie, la Nouvelle-Calédonie, Tonga, et j’en passe.

Un peu de tahitien : maita’i = bon, bien ; ve’ave’a = chaud ; ‘oa’oa = content, joyeux, gai ; hupehupe= fainéant, paresseux ; to’eto’e = froid ; poria = gros, gras ; ‘api = jeune, nouveau, neuf ; paruparu = mou ; veve = pauvre ; ‘ona = riche.
Et toujours : U prononcer ou ; E prononcer é.

Hiata de Tahiti

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Culture polynésienne

15ème édition du salon des tifaifai a lieu à la Mairie de Papeete. Le tifaifai est un élément de la tradition polynésienne. Les anciens tifaifai avaient des couleurs très vives, souvent sur fond blanc. Aujourd’hui les couleurs pastel sont plus à la mode. Il faut compter entre 15 et 80 000 XPF pour une pièce en fonction des dimensions, qualité, finition, cousu main ou machine. Cette année des motifs originaux : l’arobase, les 4 éléments, le cerisier japonais, la bringue. On sait déjà que le thème de l’an prochain sera la reproduction des anciens modèles alors que celui de cette année était la création libre.

GRISETTE AU BAR A EAU

Le kumu hei, c’est quoi ? C’est un bouquet odorant et sensuel, une composition florale marquisienne. Sans fleurs, les Marquisiennes composent ce bouquet avec des plantes aromatiques : feuilles de menthe, feuilles et branches de miri (basilic), aneth, fleurs d’ylang ylang, tiare, pitate, feuilles de hinano (pas la bière !), racines de vetiver parfois colorées au moyen du Rea tahiti (curcuma local), bois de santal râpé, quartiers d’ananas. L’assemblage des différentes plantes suit un ordre précis sur une feuille d’auti. Le kumu hei est fixé ensuite sur une queue de cheval, sur un chignon, sur une couronne de tête. Le kumu hei n’est pas éphémère, il diffuse une bonne odeur durant une bonne semaine ; séché il continuera d’embaumer les intérieurs marquisiens et l’habitacle des voitures.

« Un grand militant de la culture ma’ohi s’en est allé, décès subit de Turo ou Duro Raapoto. Linguiste et grand défenseur de reo ma’ohi et de la culture polynésienne, protestant, il avait d’après Bruno Saura « une œuvre complètement philosophique ». Un écrivain fécond, théologien, de langue ma’ohi, mais pas un élu politique, un seul texte de lui en français…

Un festival international de graffiti place To’ata, récemment relookée, un jury présidé par Christophe Lambert. Les artistes de différentes nations se sont « affrontés » sur une muraille de conteneurs empilés sur 5 m de haut et 40 m de long. A la fin de la première journée, ne restaient que dix graffeurs sélectionnés pour la finale dont deux locaux Abuz et Jops. C’est un graffeur américain qui a remporté le premier prix du concours Ono’u 2014, devant le Néo-zélandais Berst et le Français Kalouf.

Coucou, je reviens, signe El Niño. La nouvelle de la probable venue de « L’enfant Jésus » climatique s’intensifie et la probabilité du phénomène oscille entre 65% et 75%. Fin juin nous saurons si nous aurons la visite d’El Niño, sa puissance sera connue en juillet, en octobre sa maturité. Il pourrait débuter en octobre, pourrait être mature en décembre, janvier ou mars. Tels sont les pronostics de la division climatique et bureau d’étude de Météo France en Polynésie française. A suivre donc.

PAS SIMPLE GRISETTE

Notre Grisette va bien, vous constaterez qu’elle utilise la salle de bain et particulièrement le WC comme abreuvoir, et qu’elle est une véritable acrobate malgré ses ans. Cela a fait poser des questions au prof d’anglais des élèves du collège de Taravao qui avaient entrevus ces photos : c’est à qui Ma Dame, le chat ? Pourquoi elle va dans la toilette Ma Dame? etc, etc. Ma Dame a répondu que c’était une chatte spéciale qui utilise également les toilettes pour faire ses besoins et qu’automatiquement la crotte tombée, le système d’évacuation fonctionne, lave la cuvette et qu’ensuite l’eau propre peut ainsi être utilisée par la chatte comme abreuvoir… Oh ! Ma Dame t’as vraiment une chatte spéciale…

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Indépendance ou assistanat à Tahiti ?

150 militants du parti indépendantiste d’Oscar Temaru ont participé il y a quelques jours à la quatrième étape du Tavini tour, une marche en l’honneur du premier anniversaire de la réinscription de la Polynésie française sur la liste des territoires non autonomes de l’Organisation des Nations unies. Les pancartes « Pas de Justice, Pas de Démocratie » fleurissaient sur le parcours ainsi que des drapeaux des Nations Unies et on redit toujours les mêmes phrases du style : « Justice coloniale, nous voulons être libres, notre prison est remplie de petits voleurs tandis que ceux qui ont volé des milliards, etc, etc. Mais aussi : il faut continuer à profiter des fonds européens car on a encore beaucoup de travaux à réaliser, et l’Europe est aussi une opportunité pour aller porter notre message hors de l’océan Pacifique ». Le Tavini Tour s’est terminé en apothéose à Faa’a mais, sur les 5 000 sympathisants bleu ciel attendus, il n’y en avait qu’un millier. L’expert indépendant en matière de gouvernance et de développement constitutionnel auprès de l’ONU, Carlyle Corbin était présent à ce premier anniversaire. Ma vieille tête mélange un peu tout, ils veulent l’indépendance (c’est tout à fait leur droit) MAIS avec les sous de la France et de l’Europe. Ils clament pourtant partout qu’ils sont Ma’ohi et que leur pays est aussi grand que toute l’Europe. C’est à ne plus rien comprendre ou alors je ne pige rien !

Justice – coloniale bien-sûr : 28 ans de réclusion criminelle dont 18 ans de période de sûreté pour l’assassin marquisien d’un globe-trotter allemand. Une version invraisemblable où les 95 kg de muscles du charmeur des Marquises reconnaissaient avoir tué d’une balle dans la tête et brûlé le corps d’un Allemand pas trop baraqué, qui faisait le tour du monde avec sa compagne. Et cela parce que ce dernier l’aurait « violé ». A l’époque des faits, la presse internationale avait parlé de cannibalisme.

trois vahines seins nus

Loi des séries ou pas, une touriste allemande s’est fait violer à Rurutu (Australes). Pas très bon pour le tourisme tous ces faits divers au moment où Gaston Flosse et son gouvernement mettent le paquet pour les attirer – les touristes. Aux dernières nouvelles, l’agresseur a été arrêté, il était déjà connu de la justice pour des faits similaires. Il s’est suicidé en prison dès la première nuit de son enfermement.

Nouvelle tragédie conjugale, une mère de famille meurt sous les coups de son mari à Fangatau (Tuamotu). Fangatau, 5,9 km² de terres émergées, 11,1 km² de lagon, pas de passe, 135 habitants en 2002, tous catholiques, vivent du coprah. Une femme de 37 ans, mère de trois jeunes enfants, avait rejoint avec son tane (mari, homme, concubin) au village où une bringue était organisée. L’alcool, les disputes, violemment frappée par son tane, elle chute sur le sol et ne se relève pas.

A Faa’a, la communauté adventiste a organisé, en avril, des journées « vie de famille » avec le soutien de la mairie de Faa’a et la Direction des Affaires sociales. Sujets abordés : « Le rôle du père de famille auprès de son fils ; l’importance du respect de soi, des autres et de la jeune fille pour les ados ; bien-être et estime de soi pour les jeunes femmes ». Les enfants étaient pris en charge pour jouer calmement et les 34 petits jouissaient d’une nurserie afin de soulager les mamans. Un déjeuner en commun pour ces 70 familles, puis un concert avant de regagner leurs foyers avec comme cadeau un sac de vivres. La prochaine journée « Vie de famille » aura lieu en mai. Faa’a est la commune la plus peuplée de Tahiti, et un grand nombre d’habitants y vivent entassés dans des bidonvilles…

fleur 2

Le Kura Ora II est à quai à Papeete depuis plus d’une dizaine de jours pour effectuer des réparations urgentes et les atolls des Tuamotu meurent de faim. Le bureau Veritas a imposé d’effectuer des travaux indispensables sur cette goélette bloquée à Papeete. Les atolls attendent désespérément les marchandises commandées. Quant à mourir de faim cela semble très exagéré car il y a des cocos, du poisson. Evidemment les cartons de cuisses de poulet sont absents des rayons de la supérette, le lait pour les enfants manque, le fret par avion est très cher. C’est l’atoll de Raroia et celui de Takume qui crient le plus fort. Ce qui inspire P’tit Louis : « Tu t’rends compte, à Takume ils n’ont plus que du kaveu (crabe de cocotier), du poisson, du uru (fruit de l’arbre à pain), et du lait de coco ! A cause du bateau » et l’autre de répondre « Hé ! la situation est pratiquement désespérée, on se demande même s’ils vont survivre ! ». Aux dernières nouvelles, c’est le Tahiti Nui 1 (bateau de la flottille administrative) qui devrait assurer la desserte, le bateau incriminé n’étant toujours pas remis en état de naviguer.

Hiata de Tahiti

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Citoyenneté à Tahiti

Un grand nombre des administrés de la commune de Faa’a dont le maire n’est autre que Monsieur Oscar Temaru avaient pris l’habitude de ne pas payer les redevances pour l’eau et les ordures ménagères. Ces sommes importantes manquaient cruellement au bon fonctionnement de la commune, le maire a lancé un ultimatum à ses administrés par voie de presse. Il semblerait que Dépêche Cocotier ait formidablement bien fonctionné, car, en deux jours, 300 personnes se sont présentées pour payer factures d’eau et de déchets ménagers et quelques 15 millions de XPF se sont blottis dans les caisses de la mairie de Faa’a. Il se pourrait que, sur les 6 000 foyers installés dans la commune, environ 70% possèdent une boîte postale ; les seuls 30% sans boîte postale posent problèmes, certains sont de mauvaise foi, d’autres ont des soucis financiers. Bref, le coup de semonce du tavana (maire) a bien été capté ! On aurait même vu des administrés venir régler leurs factures de cantine qui traînaient depuis des mois.

fleur 1

Pour le 170e anniversaire de l’arrivée des missionnaires de l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours à Tubuai (Australes) en 1844, les fidèles du pieu de Papeari ont offert une journée de service à la commune. Une centaine de participants volontaires a procédé à l’embellissement de la cour de la mairie en compagnie du maire délégué. D’autres ont pris en charge le nettoyage de la route menant à l’école élémentaire Matairea et deux équipes de jeunes adultes ont nettoyé des bords de route de la commune de Papeari. Il faisait beau, tout allait pour le mieux. Un nouveau conseil municipal est installé depuis les élections. Pourvu que ça dure ! Teva I Uta est une commune associée composée de Mataiea et de Papeari. A la tête de Teva I Uta, Tearii Alpha ministre du gouvernement Flosse, le premier adjoint au maire Jean Sangue qui est le père du maire de Papeari. Tout ce beau monde recevait le tavana hau (administrateur) des Iles du Vent et des Iles sous le Vent, il a été question des grands projets tels le centre de détention de Papeari, la construction d’écoles, la rénovation de la mairie, la création d’emplois, la création d’une coopérative agricole pour capter les marchés des écoles et du centre de détention, l’eau avec un très gros problème de réseau alors… « Nous comptons sur les deux piliers que sont l’État et le Pays pour aider notre commune a déclaré le maire de Teva I Uta ». A v’te bon cœur M’sieurs Dames.

Le service France Domaines propose à la vente aux enchères un terrain de 5 162 m² situé… en face de la Présidence, lieu-dit « Annexe Broche » ! Mais, pas touche dit l’État ! C’est un terrain de grande valeur de par sa situation géographique. Le Pei se déclare surpris alors qu’il comptait sur une rétrocession de ce terrain pour une valeur symbolique de 1 XPF. Mais, dit le Pei, Nous avons besoin de ce terrain idéalement situé face à la Présidence. Hum ! Hum ! Un hectare de terrain militaire à Arue a été évalué à plus de 300 millions de XPF, on comprend la déception des tavana (maires) où se situent encore des terrains militaires, et qui eux aussi avaient espéré ne « payer » qu’un franc pacifique symbolique, mais en cette période de disette économique dans le beau pays de France…

ado musique Moorea

Initialement le collège devait être construit près de la source Vaima. Puis le projet avait été abandonné à cause des levées de boucliers des associations de protection de la nature. En 2008, Valentina Cross est élue maire de Teva I Uta et a relancé le projet. L’équipe Temaru avait choisi l’emplacement du futur collège en bas de l’usine Morinda (qui traite le nono au PK 42.8). En 2013 l’équipe Flosse est revenue au pouvoir, le projet a refait surface, les travaux de terrassement lancés. Mais pour laisser la place à un hôtel chinois de 700 chambres autour du golf d’Atimaono, le collège est viré au PK 48. Et en attendant les enfants de Papeari gonflent le collège de Taravao et ceux de Mataiea celui de Papara !

Hiata de Tahiti

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Chasse au trésor à Tahiti

Pour ceux qui ont vécu en Polynésie, Anuanuraro est un nom qui leur rappelle des souvenirs… Non ?

L’atoll d’Anuanuraro dépend de l’atoll de Hao (ancienne base arrière du CEP), ses terres émergées ? 2 km2, la surface de son lagon ? 8 km2. Anuanuraro ou Anuanu-Ouest fut aussi appelé Archange puis Duke of Gloucester Island par les découvreurs. C’est un petit atoll sans passe de 5 km de long sur 3,5 km de large. Racheté par le Territoire, il était la propriété de Robert Wan qui y exploitait une ferme perlière (cela vous rappelle quelque chose, maintenant ?). L’aérodrome privé n’est plus en utilisable.

ballon plage polynesieL’île est réputée détenir un trésor… C’est là que trois hommes passionnés d’archéologie, d’histoire et de chasse au magot ont vécu une aventure rocambolesque depuis le 17 mars dernier. Ils avaient tout prévu sauf le mauvais temps. Débarqués d’un catamaran, ils auraient perdu 80% de leurs vivres dès leur débarquement mouvementé sur l’atoll. Téléphone satellitaire et panneaux solaires ne fonctionnaient pas… Et le catamaran ne devait revenir les chercher qu’entre le 3 et 6 avril !

Mais quel est ce trésor ? L’un des plus gros trésors pirate du monde ! De 3 à 23 tonnes d’or ! Caché où ? C’est un aventurier irlandais Charles Edward Howe qui a organisé de nombreuses expéditions à Pinaki (autre atoll des Tuamotu) suite à sa rencontre en Australie en 1912 avec le dernier survivant d’une équipe de quatre pirates qui auraient volé et caché, de nombreuses années auparavant, le magot, sans jamais rien trouver. Les aventuriers des temps modernes ne remettent pas en cause l’existence de ce trésor mais pensent qu’il se trouverait sur un autre atoll des Tuamotu. Lequel ? C’est bien là la question !

pirates costumes

Ils pensent également que le trésor ne proviendrait pas de la cargaison d’or d’un navire espagnol mais d’un voilier, Le Madagascar, une frégate trois-mâts britannique, mystérieusement disparue corps et biens en 1853 et que les pirates auraient drossé volontairement sur le récif d’Anuanuraro.

Pinaki, appelé également Panaki, ou Whitsunday Island par les Européens est un petit atoll circulaire de 4,5 km de diamètre, un lagon de 1 km de long et 600 m de large, relié à l’océan par un seul hoa. Loin de Tahiti (plus de 1 100 km) l’île est connue car on raconte qu’elle renferme un trésor : un butin de 10 millions de dollars représentant les biens de l’Église catholique au Pérou qui fut embarqué en 1849 sur une goélette qui appareilla de Pisco. Une mutinerie à bord, plusieurs personnes de Nukutavake en 1850 qui affirmèrent avoir vu une goélette semblable à ce navire dans les parages de Pinaki et même un pêcheur affirmait avoir vu des hommes décharger des coffres en bois ! Howe débarqua à Pinaki en 1912, creusa, fouilla l’atoll pendant 18 ans sans jamais rien trouver. D’autres creusèrent d’autres trous…

TAHITI DEPUIS LES HAUTEURS

Il parait que pendant les soirées de bringue, le trésor est toujours un sujet de conversation ! Nos aventuriers ont récolté de précieux débris. Le plus jeune des aventuriers laissé sur place (plus résistant qu’un Australien) a été recueilli par l’hélicoptère Dauphin et déposé sur l’atoll privé de Nukuteppi.

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Où habiter à Tahiti ?

En Polynésie, ils sont nombreux ceux qui ont choisi de vivre sur leur voilier, par amour de la mer ou pour des raisons financières. Par exemple à la Marina Taina (Punaauia), 70 bateaux sont habités et se trouvent au mouillage dans le lagon ou à quai. Pour un anneau dans la Marina ce sera 40 000 XPF par mois (335,20€) contre 20 000 XPF (167,20 €) au mouillage. Tous ne sont pas des marginaux, il y a là des professions libérales, des fonctionnaires, des retraités. Plusieurs catégories d’individus viennent ici sur leur bateau : il y a ceux qui ne bougent jamais et qu’on appelle les ventouses, ceux qui sortent régulièrement, enfin ceux de passage qui font le tour du monde.

gamins en bateau

L’hôtel Brando à Tetiaroa qui sera ouvert en juillet se veut écolo, et toujours plus écolo. L’électricité sera produite à moitié par des panneaux solaires photovoltaïques et moitié par le générateur à l’huile de coprah produite par l’huilerie de Tahiti. L’accord a été signé début avril. Rappel, pour une nuit à l’hôtel The Brando vous devrez déboursez 3 000 €. La climatisation utilise la technologie « Sea Water Air Conditioning » ou SWAC : l’eau de mer est pompée à plus de 900 mètres de profondeur pour rafraîchir l’air de l’hôtel, l’eau chaude étant fournie bien sûr par les panneaux solaires.

Tetiaroa, l’atoll des rois est composé de 12 îlots et tiennent une place particulière dans la tradition et l’histoire polynésienne. Les premiers habitants considéraient l’atoll comme un lieu sacré visité par les dieux. Les familles des dynasties Pomare en firent leur lieu de villégiature préféré. L’acteur Marlon Brando était tombé amoureux de l’île privée lors du tournage des Révoltés de la Bounty en 1960.

vahine seins nus sur plage

Depuis le 16 avril, un jeune dauphin à long bec est coincé dans le lagon de Punaauia. Les grosses têtes se penchent sur la méthode appropriée afin de guider ce jeune cétacé vers le large. Il a été baptisé Matatia du nom d’une vallée de Punaauia dont la rivière se jette dans le lagon. Le mammifère est séparé de son groupe et il est fortement question qu’il fasse appel à L’ONU pour devenir indépendant. A suivre.

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Que manger en ce moment à Tahiti ?

C’est la saison des mape. L’Inocarpus fagifer, ou châtaignier polynésien (ou mape, ou i’i, ou ihi), pousse aux bords des rivières. Il peut atteindre la hauteur de 30 m. Il adore les fonds de vallées des îles hautes. Reconnaissable à ses racines proéminentes, dentelées et tortueuses qui émergent du sol sur plusieurs mètres. Après sa floraison, le mape donne un fruit (drupe) qui prend des couleurs au stade de maturité : du vert au jaune, via l’orange, le mape contient une amande comestible. La récolte s’étend de mars à mai. Les femmes récoltent ces fruits qui doivent être lourds sinon c’est pourri et plein de bébêtes. Il faut casser le mape avec un couteau en plusieurs endroits pour recueillir l’amande. Il faut compter environ 5 à 6 coups de couteau pour extraire le fruit. Il faut être vigilant pour ne pas se blesser car le fruit est de petite taille. Les mape sont enduits d’une pellicule fibreuse. On les met à tremper dans l’eau durant 3 jours afin qu’ils ramollissent. Ensuite ils seront cuits plus de deux heures dans une eau sucrée/salée. Prêts, ils seront vendus par 5 pour 100 XPF. Les Polynésiens en raffolent, chauds, moi pas du tout ! Le mape entre également dans la composition de certains remèdes. Le suc des fruits verts permet de guérir des piqûres de poisson-pierre. Les feuilles sont utilisées contre la dysenterie. La sève de l’écorce et des jeunes pousses permet d’obtenir des teintures noir, bleu, vert violet ou rouge.

inocarpus fagifer

Aux Tubuai (Australes), encore trois cas de ciguatera dont un sérieux pour ceux et celles qui avaient mangé du poisson pêché à la ligne dans le port de Mataura. Il est de notoriété publique que cet endroit est connu pour ces poissons impropres à la consommation… mais qui pourrait interdire à ces Polynésiens de ne pas consommer du Tahivahiva ? L’agent responsable de l’intoxication a été découvert en 1976 aux îles Gambier. Les poissons herbivores broutent les algues et ingèrent ainsi la micro-algue responsable de ce phénomène. Une thèse est soutenue à l’Université fin avril 2014 : « Vers une valorisation industrielle d’un remède traditionnel pour le traitement des intoxications ciguatériques ». Il s’agit de plantes appartenant à la famille des Boraginacées : l’Heliotropium foertherianum. En Polynésie il faudra d’abord faire en sorte que la tête, les viscères des poissons soient pour le compost et ne demeurent pas ce délice des palais polynésiens.

PETITE PECHE TAHITI

J-P Despèriers dans Saveurs de Polynésie, donne une recette de toast tahitien : « Pour 8 personnes : 8 à 10 filets de poissons fumés : thon (ou espadon, thazard, etc.), 1 avocat, 1 botte d’oignons verts, 2 citrons, 150 g de beurre, 1 pain complet tranché, poivre, aneth. Laver les oignons verts et les tailler très finement. Mélanger le beurre avec les oignons ciselés, le jus d’un citron et le poivre. Éplucher l’avocat, le couper en deux, retirer le noyau et détailler la chair en fines lamelles, puis citronner chacune d’elles. Tartiner le pain légèrement toasté avec le beurre. Disposer sur chaque canapé une couche d’avocat et de poisson fumé. Enlever les bordures et tailler chaque tranche de pain en deux. Décorer d’un brin d’aneth et servir frais. »

Nana, mea ma ! (Au revoir à vous tous)

Hiata de Tahiti

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Tranches de vie à Tahiti

Djo Brad Ma’ohitude, Tranches de vie à Tahiti : « Sa les gènes qui frappent. Spot : Hôpital Papeete Tahiti. Patiente : L’obésité… c’est dans l’ADN. Et la nuit dernière, j’ai senti mes gènes me frapper. Alors j’ai pris un casse-croute tuna (au thon), mais j’ai retiré le pain. Mes gènes, ils veulent que je sois grosse… ils veulent pas que je sois mince et jolie comme les autres. »

« Sa la mama qui veut le internet. Spot : devant l’agence Mana, pont de l’est, Papeete Tahiti : Mama, au Vini, Ouais, ils devaient m’installer le Internet à la baraque pour que je communique avec ma fille, tu sais, en France, mais bon, apparemment, c’est tout un truc… il faut pa’i (eh bien, donc, en fait) un ordinateur ».

Vahine nue Tahiti

Le RSPF est le régime de solidarité de la Polynésie française que Gaston Flosse et son gouvernement veut mettre sur les bras de la France. La santé est inscrite dans l’autonomie mais ce serait tellement bien que l’on mette encore cette charge (30% de la population polynésienne bénéficie du RSPF) sur le dos des contribuables français ! La ministre de la Solidarité voudrait faire sortir du régime de solidarité les pêcheurs, artisans et agriculteurs qui n’ont pas lieu d’être dans ce régime, en raison d’un dépassement du plafond de revenus (87 346 XPF). La méthode retenue serait d’arriver à un croisement des fichiers des différents ressortissants pour déceler les pluriactifs qui dépassent le plafond de 87 346 XPF. Ben c’est pas gagné d’avance !

AU DESSUS DE LA VALLEE DE LA PUNAARU

Le nouveau… mais non, pas le Beaujolais ! Le nouveau code de la route est arrivé le 1er avril et ce n’est pas un poisson ! Le ton est durci et les amendes grossissent. Le grand excès de vitesse est lourdement sanctionné. Un excès de vitesse de moins de 20km/h, 8 100 XPF (67,88 €). Dépassement de 50 km/h de la vitesse autorisée 180 000 XPF (1 508,42 €) contre 16 100 XPF (134,92 €) auparavant ! Immobilisation du matériel et possibles poursuites pénales en sus. Pour les dépassements de vitesse entre 20 et 50 km/h ce sera 16 100 XPF (134,92 €). Vous téléphonez au volant ? 16 100 XPF (134,92 €) – et 44 700 XPF (374,59 €) en cas de non-paiement dans les 45 jours. Vous utilisez un écran tactile en conduisant ? ce sera 180 000 XPF (1 508,42 €), confiscation du matériel en plus. En deux-roues, les enfants de moins de 12 ans devront être casqués, habillés de pantalon, de manches longues et de chaussures fermées. Amende prévue de 16 100 XPF (134,92 €). Dans la voiture, il faut avoir un gilet jaune réfléchissant et un triangle de signalisation. T’en as pas ? c’est 16 100 XPF (134,92 €). Réjouissez-vous, pas de permis à point ni de radars fixes à l’horizon !

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Qui a tué à Tahiti ?

Qui a tué les parapeue ? L’IFREMER a détecté un taux de mortalité important sur des poissons d’élevage comme les parapeue (Platax orbicularis). D’après les études menées, la coupable serait une bactérie tueuse qui « exploserait » suite au stress causé par la remise en milieu naturel après leur grossissement en bassins expérimentaux destinés à la reproduction artificielle. Une chercheuse en thèse au Criobe teste des plantes locales connues pour leurs propriétés antibactériennes et antiparasitaires. Les plantes actuellement testées par la chercheuse sont le tamanu avec son huile (ati ou Calophyllum inophyllum), le gingembre, le noni (Morinda citrifolia), le rea Tahiti (safran des Indes ou Curcuma longa) et l’ail (cette dernière étant la seule plante étrangère). Les chercheurs estiment qu’il leur faudra un an avant d’obtenir des résultats sérieux sur les données de la survie des poissons testés et sur le type de plantes le plus favorable pour la croissance immunitaire des poissons.

Le upe a failli disparaitre aux iles Marquises. Le upe ou Ducula galeata est une sorte de pigeon sauvage qui demeure la plupart du temps dans les montagnes. La population locale a cessé le braconnage depuis quelque temps déjà. Le upe fait partie intégrante du patrimoine culturel marquisien. Il apparait dans les légendes de l’archipel. Bien qu’interdite la chasse de l’oiseau continuait à être pratiquée. Grâce à Manu, la Société d’ornithologie de Polynésie, des upe ont été réintroduits sur l’île d’Ua Huka, réintroduction réussie d’après les constats faits sur place. Le upe peut enfin voler à sa guise, sans être inquiété par l’homme depuis que les Marquisiens ont pris conscience de l’importance de repeupler les vallées de cet oiseau unique.

taharaa

Un jour, Tahiti ressemblera à Bora Bora, puis à Maupiti, puis à Rangiroa disent les scientifiques. Une seule certitude, nous ne serons pas là pour le constater, ce sera dans 2 ou 3 millions d’années. Maintenant l’île s’enfonce sous son propre poids, ses reliefs sont victimes d’une formidable érosion. De plus, elle dérive vers le nord-ouest de 7 cm par an en direction du Japon et des Philippines, alors accrochez vos ceintures ! Elle serait née à 100 km au sud-est de sa position actuelle. Tahiti est née d’un point chaud.

En Polynésie toutes les îles sont nées suite à la remontée de matériaux venus de l’intérieur de la Terre. Les scientifiques comptent 15 000 édifices de ce type dans tout le Pacifique dont 2 000 sont émergés, les autres étant sous le niveau de la mer. Tahiti aurait commencé à naître il y a 6 millions d’années. Pendant 4,5 millions les éruptions volcaniques ont eu lieu sous l’eau. Tahiti a émergé il y a 1,5 millions d’années. Entre 1,5 et 0,9 millions d’années les coulées de lave se sont accumulées et ont donné naissance à un premier volcan de 3200 m de haut. Il y a 870 000 ans, deux flancs de ce premier volcan se sont effondrés, ce qui donna naissance à un second volcan de 2700 m. La formation s’est arrêtée à 200 000 ans.

Aujourd’hui, le point culminant de Tahiti est de 2240 m. L’érosion est causée par la pluie, des records de pluviométrie, jusqu’à 8 et 10 m, sont enregistrés sur quelques reliefs. La vitesse d’érosion ? entre 0,5 et 1 mm par an. A l’échelle des temps géologiques, Tahiti peut perdre 1 km d’altitude, en un million d’années. Tahiti s’enfonce. Le point chaud qui donna naissance à Tahiti est actuellement en train de donner naissance à Mehetia (déjà évoqué ici). La dernière éruption de Mehetia date de 1981. L’atoll de Makatea a été « soulevé » par Tahiti. Le Tahara’a est un petit cône volcanique « parasite ». Le relief du « Diadème » est du à des roches dures qui résistent mieux que les roches qui l’entourent, plus fragiles et sensibles à l’érosion. Tahiti iti et Tahiti nui sont deux volcans distincts, nés à deux époques différentes (précisions du GePaSud).

En attendant la fin, les voyageurs affluent en Polynésie ! Il paraît qu’on n’avait pas fait mieux depuis 2008. Pensez-donc, 12 422 voyageurs en janvier, cela fait une nette progression de + 11,2%. Mais cette hausse ne s’explique que par l’accroissement du nombre de croisiéristes et la présence d’un navire de croisière supplémentaire. La croisière booste les chiffres. Les principaux marchés se définissent ainsi : Amérique du Nord : 46,6% de part de marché soit une augmentation de 3,1 points ; France 12,5% de part de marché soit – 1,5 point ; Le Pacifique 11,8% de part de marché soit – 1,6 point ; Asie 12,5% de part de marché soit + 3,9 points. Les Autorités auraient-elles enfin compris que les touristes ont d’autres demandes qu’il y a vingt au trente ans ? Qu’ils demandent autre chose ? Wait and see !

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Hip, hip, hip uru à Tahiti !

On saura tout sur le uru. Le fruit de l’arbre à pain est à la mode. Le festival du uru s’est tenu il y a quelques jours à la maison de la culture, histoire de faire goûter les préparations, nouvelles à base de uru aux visiteurs. On n’attire pas les mouches avec du vinaigre, non ? L’objectif est de promouvoir le fruit de l’arbre à pain, d’envisager une alternative à l’importation massive de boîtes de céréales et peut-être d’exporter ce fruit transformé. Les visiteurs pouvaient goûter des préparations à base de uru faites par les élèves du lycée hôtelier : soupe de uru agrémentée de poireau, pain à base de uru, compote de uru, frites de uru… [Quelques idées de recettes ici]

arbre a pain frit

Le potentiel de ce fruit est énorme bien que peu exploité actuellement dont la farine est sans gluten. Le paquet de 400 g de farine de uru est vendu 400 XPF. Ici au fenua, 80% des uru ne sont pas consommés et pourrissent inexorablement. Découvertes pour les Polynésiens qui ne connaissent que le uru cuit au feu de bois ou le uru transformé en popoi, c’est-à-dire pilonné.

Ce sont les Antillais qui viennent apprendre l’exploitation du fruit alors que le fruit est parti de Polynésie pour aller aux Antilles ! Les Antillais font de la farine, des liqueurs, des glaces et autres transformations.

Il existe 89 variétés de uru. Dans le uru Huero ninamu on peut même manger les graines après cuisson ! Pour le uru Maohi il faudra cuire longtemps la pulpe blanche et très gouteuse. Le uru Puero est considéré comme l’un des meilleurs. Le uru Paea était autrefois réservé à la caste des nobles, c’est avec le uru maohi l’une des variétés médicinales les plus recherchées. Le uru Rare autia était autrefois réservé aux ari’i (roi), c’est dire ! On compte environ 30 000 pieds de uru sur les sols polynésiens, il y a de quoi faire, non ?

arbre a pain

Le uru est généreux, vous nourrit et vous soigne :

  • Contre les brûlures de la peau, on fait des emplâtres avec le fruit mûr et bien cuit.
  • Contre l’hypertension sous forme de décoction, bouilli dans un litre d’eau, sucré et consommé rapidement.
  • Le latex de l’arbre est utilisé sur les blessures ouvertes et les démangeaisons. Le latex est utilisé aussi comme colle pour l’étanchéité de certaines embarcations. Le tronc servait à la fabrication de pirogues et l’écorce pour fabriquer le tapa.
  • La décoction des racines est utilisée comme antiasthmatique et contre certains troubles gastro-intestinaux de la grossesse certaines douleurs buccales et dentaires et certaines maladie de la peau.

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Tombes et marae de Rimatara

Le lendemain, c’est l’horreur, on ne peut mettre le nez dehors… un vrai désastre. Heureusement nous avons de quoi nous occuper. Le dîner sera encore aux chandelles !

Le surlendemain est le jour de notre départ. Nous espérons une éclaircie qui nous permettrait d’aller visiter les sites que nous n’avons pu voir à cause des intempéries. Nous négocions une sortie en voiture avec K. le fils de la pension.

RIMATARA

D’abord la tombe de Simon Lenoir. Le marin Simon Lenoir, catholique français, né en 1837 a échoué à Rimatara. Nul ne sait si son bateau avait fait naufrage, s’il était déserteur d’un navire baleinier, de toute façon il aborde l’île de Rimatara avec quelques compagnons d’infortune vers 1871, s’y fixe comme colon et marchand et épouse une fille de l’île Tapairu a lopu dont il aura 14 enfants. Sa nombreuse postérité influera jusqu’à nos jours sur le devenir de l’île. Ses descendants sont fort nombreux en Polynésie, à Rimatara, Raivavae et Tahiti. Il décède à Rimatara le 14 juillet 1916, sa tombe est au cimetière d’Amaru-Tuaporo. Certains descendants de Simon Lenoir présentent une maladie héréditaire appelée « syndrome d’Alport». C’est une maladie rare de l’ordre de « 250 cas » environ dans le monde entier. Des études récentes et plus approfondies ont démontré que cette lourde hérédité venait de son épouse, originaire des Iles Cook, où des cas similaires ont été retrouvés dans sa famille.

RIMATARA AMARU DERNIER VESTIGE DE L ANCIEN MARAE TONOHA'E

Puis le marae de Mutuaura – qui n’existe plus puisque les dalles qui le constituaient ont servi à la construction du temple protestant du même village !

Taorovea, lieu d’activité ancestrale, était un lieu de réunion du roi et de ses envoyés en mission ou en expédition guerrière. C’était une vaste propriété appartenant jadis au roi. C’était en ce lieu que se tenaient les réunions secrètes, où ses envoyés prenaient connaissance de ses désirs de roi et partaient « espionner » la population. Cette propriété a été offerte par la dernière reine Temaeva V à la France pour des raisons précises : la santé et l’éducation de sa population. Les constructions de l’infirmerie, des écoles et des bâtiments des travaux publics ont été élevées à cet endroit du village d’Amaru.

rimatara gisement de fer

Il y a encore le gisement de fer d’Amaru. La goethite affleurait en surface à je ne sais pas à quelle époque, ni si elle était exploitée, mais ce que j’ai vu ce sont deux blocs de ciment. Le lieu est loin d’être pittoresque ! Notre guide ne sait rien non plus.

Irirua ou temple du soleil est un amas de pierres actuellement. Au temps anciens, le soleil était l’un des dieux honorés, les habitants avaient choisi ce site Irirua, près de la mer, à l’est de Rimatara comme endroit idéal pour observer la boule de feu qui éclaire la terre. Il semble que le lever du soleil était le signal de départ pour « rejoindre les chefs appelés Araia qui vivaient dans un lieu sacré « Harema ». Une cérémonie aurait eu lieu chaque matin avec les habitants qui auraient reçu alors une autorisation de puiser de l’eau à la source appelée Vaimea, gardée par une anguille qui se rendait chaque jour à la mer. Je peux préciser que K. nous a indiqué la source Vaimea, remblayée maintenant, où poussent des purau derrière la demeure de P. et qui se jette dans la mer au lieu-dit Irirua.

Une question avait été posée par Maco Tevane, récemment décédé : quel était le plus grand marae de Polynésie ? et une seule personne, originaire de Rimatara, avait été capable de répondre c’était Maco Lenoir. C’était le grand marae de Rimatara dont il ne reste rien mais où furent construits l’infirmerie, la poste, la mairie entre autre.

Le marae Tonohae, le marais des rois, se situe à Amaru. Il n’en reste qu’une dalle de corail ce marae avait été rasé intentionnellement pendant l’évangélisation de l’île. Il paraîtrait que les premières tombes royales de l’île auraient même été bâties avec les pierres de ce marae. Une légende est attachée à ce site : « Hiro est venu de Havaï-i-te-po pour Raivavae où il construit le marae Tamahara. Il est venu à Tubuai, où il a habité quelques temps et a construit le marae Tonohae, utilisant une pierre prise sur le marae Temahara pour sa construction. Puis il partit pour Rurutu, où il construisit le marae Ahotea, utilisant une pierre du marae Tonohae et de Rurutu pour Rimatara où il construisit le marae Tonoha’e utilisant une pierre du marae Ahotea pour sa construction ».

Le marae Amaru se situe au pied de la falaise, au nord du village, à une centaine de mètres de la mer. Ce lieu sacré est constitué de dalles posées debout de 1m à 1m50 de hauteur, espacées les unes des autres. Cette disposition est une variante des marae de type Australes, très proches des marae que l’on peut rencontrer aux Iles Cook.

RIMATARA   VIEIL HOTU  ANAPOTO

Le vieil hotu d’Anapoto, dont le nom scientifique est Barringtonia, est un arbre appartenant à la famille des lécythidacées. Il est originaire du sous-continent indien. Il est très répandu dans les îles polynésiennes, sur les plages et dans les vallées. Sa fleur a une forme de blaireau et, à peine ouverte, tombe au sol au moindre coup de vent. Le fruit du hotu a la forme d’un cœur à quatre côtés, le bonnet d’évêque. Son amande est riche en saponine et était utilisée pour narcotiser le poisson. Il suffit de jeter dans l’eau l’amande râpée pour neutraliser poissons et chevrettes à l’exception des murènes qui au contact de la substance sont plutôt excitées.

Il serait très intéressant de lire Le voyage de la Manureva aux îles Australes du 28 septembre au 4 novembre 1938 par Yvonne de Harven, paru dans le n° 322 du bulletin de la SEO. Cette narration est d’un très grand intérêt « d’aventures touristiques » très rares à l’époque. Elle a 35 ans, son compagnon 27. Une mission protestante va entreprendre une tournée d’un mois aux Australes, ils en sont avertis, ils s’embarquent ! Car l’occasion est trop belle et Yvonne de Harven va tout noter. Ce périple est une succession de cultes, de tamaaraa, mais ils garderont un souvenir des paysages, des relations humaines nouées pendant ce voyage. Un vrai délice lorsqu’elle évoque les repas, le monoï, les difficultés pour entrer ou sortir de Rimatara qui ne possède pas de passe …

Retour à la pension, descente des sacs, prendre la voiture et deux minutes après nous sommes à l’aéroport. Quelques instants plus tard l’avion s’annonce. On nous couronne d’odorants colliers de tiare, de colliers de coquillages. Merci les amis de Rimatara et à la prochaine !

Portez-vous bien !

Hiata de Tahiti

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