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Santé tahitienne

L’arbre à pain ou uru est arrivé dans les îles polynésiennes avec les premiers navigateurs. Artocarpus altilis a été longtemps le composant principal de l’alimentation avant d’être détrôné par le riz et la pomme de terre. L’arbre donne normalement ses fruits de novembre à la fin mars. 2011 est une année exceptionnelle en raison du phénomène de La Ninã. Cette année, les arbres à pain ne cessent de produire. Le temps est plus sec et plus frais ou La Ninã leur a tourné la tête ! Avec ce fruit vous pouvez confectionner le popo uru confit (friandise enfantine), du popoi, du kaaku, des frites. A tous, bon appétit !

Le pourpier, Portulaca oleracea, est appelé aturi, patoa totonoa à Tahiti et aux Australes, tatahi aux Marquises, pokea aux Tuamotu. C’est une plante herbacée sauvage aux étonnantes vertus. Plante comestible, cosmopolite, répandue sur tous types de sols, peu de gens la consomment hélas. Ses feuilles sont riches en sels minéraux, oligo-éléments : potassium, magnésium, calcium, vitamines A, B, C et E, carotène, acides gras essentiels. Elle contient aussi des composés phénoliques antioxydants, des acides gras omégas 3. Elle est laxative et diurétique. Le pourpier a été une source importante de vitamine C pour les navigateurs souffrant du scorbut et pour les populations isolées des Tuamotu. Elle est présente en abondance dans toutes les îles de la Polynésie.

Ahutoru était le premier Tahitien à être allé en Europe. Embarqué « volontaire » à bord de l’un des navires de l’expédition française qui découvrit Tahiti en avril 1768, un an après l’Anglais Wallis. Originaire de Raiatea, ce jeune Ari ‘i (roi) vit à Hitia’a o te ra quand apparaissent le 6 avril 1768 L’Etoile et La Boussole arrivant du détroit de Magellan. Un an plus tard, le 16 mars 1769, les deux navires reviennent à St-Malo. Le 30 avril, le Tahitien est présenté à Louis XV et à sa cour. En février 1770, il est à bord d’un navire en route pour l’océan Indien. La variole sévit à l’île Maurice, Ahutoru ne reverra pas ses îles, il s’éteignit le 6 novembre 1771. Son corps fut immergé chrétiennement avec les honneurs de la Marine royale à Port Dauphin.

D’après les résultats de 25 années de recherches des docteurs B. Rio et G. Soubiran, il existe un taux anormalement élevé de cas de leucémie aiguë myéloïde en Polynésie française. Ce type de leucémie serait le plus fréquemment observé après une irradiation nucléaire. Il y aurait chaque année moins d’une dizaine de nouveaux cas de leucémie aigüe en Polynésie française. Les traitements sont lourds, l’évacuation sanitaire vers la métropole s’avère indispensable. Auparavant les malades étaient envoyés à l’Hôtel-Dieu à Paris dans le service hématologie, et depuis quelques mois ce pôle a été transféré à l’hôpital Saint-Antoine.

Avis aux gens mal intentionnés, le tunnel du trou du souffleur à la Pointe Anahoho sur la côte Est est maintenant sous surveillance. Sitôt les dégâts réparés, les services du ministère de l’équipement, dirigés par le Ministre James Salmon, ont souhaité mettre sous protection le tunnel et le panneau, afin que ce genre d’incivisme ne se reproduise pas : le graffitage de l’hommage à Oscar. Le vigile est rémunéré par le ministère de l’Équipement !

Hiata de Tahiti

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Se soigner par les plantes polynésiennes

Une gamme de boissons façon alicaments (raau Tahiti) a été créée par une jeune Polynésienne. Ce sont des boissons « bien-être » fabriquée à l’aide de plantes de la pharmacopée locale. Leurs vertus sont connues aussi bien des Polynésiens que des botanistes, qui les ont recensées dans divers ouvrages scientifiques dont celui de Paul Pétard, ‘Plantes utiles de Polynésie et Raau Tahiti’. Vous avez cinq goûts au choix :

  • Maora élimine les toxines
  • Komiri est réputée antistress
  • Mapé facilite l’élimination rénale
  • Tamaka est immuno-régulateur (?)
  • Pol’Noni est une boisson… au noni.

Le noni est un arbuste endémique de 3 à 6 mètres de haut en Polynésie Française. Ses plus beaux fruits sont obtenus sur un sol coralien et volcanique, très riche en minéraux. Le fruit a la forme d’un petit ananas vert virant au jaune-blanc à maturité de 5 à 15 cm de diamètre. Le noni produit des fleurs blanches en forme d’étoile au coeur or. Cité dans la médecine ayurvédique (indienne), il apparaît comme “la mère de toutes les plantes curatives”. Les guérisseurs polynésiens (kahunas) utilisent tout du noni, les fleurs, les feuilles, l’écorce, les racines. Mais ce sont les fruits dont le jus est apprécié le plus.

Le site Vital Noni, qui commercialise la production « biologique » explique : « Découverte en 1953, par le docteur R. Heinicke à l’Institut de Recherche d’Hawaï, la pro-xéronine est une enzyme (molécule) active très fortement présent dans le Noni. Présente en faible quantité naturellement dans tous les organismes vivants, elle est stockée dans le foie, libérée dans le sang toutes les deux heures pour être acheminée aux cellules de nos organes où une enzyme, la proxéroninase, la transforme en xéronine, un alcaloïde métabolisé par nos cellules qui sert à réguler de nombreuses fonctions physiologiques dont la régulation de la conformation spatiale des protéines, leur repliement et le maintien de leur intégrité. Les protéines étant les acteurs essentiels du bon fonctionnement cellulaire, un certain nombre d’entre-elles sont incapables d’effectuer correctement leur rôle (rôles d’hormones, d’anticorps, d’enzymes….) sans un apport suffisant en xéronine. De plus, les nouvelles méthodes de cultures recourant aux pesticides, herbicides, insecticides… ont considérablement épuisé les sols privant les récoltes de certains nutriments qui nous sont essentiels (dont la proxéronine) et qui ne peuvent être apportés par des fertilisants chimiques. » Ouf ! quel jargon médico-marketing ! Anti-oxydant, régulateur et anti-âge, le noni est la panacée des îles…

Si le noni a fait une extraordinaire percée, au plan local et international, surtout aux Etats-Unis, est apparue à la même époque, dans les années 1990, l’huile de tamanu qui n’a pas connu le même succès. Le tamanu est un arbre indigène de bord de mer de la famille des clusiacées, omniprésent en Polynésie Française, originaire d’Asie du sud-est. Certains tentent de changer la donne en créant de nouveaux produits. Le succès escompté n’est pas au rendez-vous. Alors, les petites entreprises polynésiennes ont créé le lait corporel au tamanu, le gel au tamanu parfumé au gingembre, le baume de tamanu parfumé au santal, le vaporisateur d’huile de tamanu « originale et pure à 100%. »

L’odeur du tamanu, un peu déroutante, est peu appréciée, surtout des femmes. En la parfumant de nouvelles senteurs, plus attirantes, on essaie d’ouvrir de nouveaux désirs. Une entreprise projette de fabriquer de la lotion anti-moustiques à l’huile de tamanu parfumée cannelle.

J’oubliais : l’huile de tamanu est censée quand même avoir des vertus curatives. Enfin, elle serait bonne pour tout : cicatrisante, apte à régénérer les tissus, notamment après brûlures, analgésique. La noix est utilisée telle quelle dans l’artisanat marquisien pour confectionner des colliers.

Raimana Ho, nouveau docteur ès sciences spécialité chimie, a fait sa thèse sur le metua pua’a. Il s’agit d’une fougère, mais médicinale le microsorum scolopendria, populaire dans la pharmacopée traditionnelle polynésienne. Elle est présente à l’état sauvage dans les vallées des cinq archipels polynésiens. Elle comprend six espèces, dont l’une ne se développe qu’au-dessus de 1000 m d’altitude. Deux sont employées pour la préparation du raau (pharmacopée). De nombreux tahua l’utilisent depuis longtemps comme fortifiant et vermifuge. « On a trouvé une famille de molécules qui appartient à celles des stéroïdes. Ces molécules sont bien connues pour leurs bienfaits sur la santé et permettent entre autre une augmentation de la masse musculaire, d’où son utilisation dans la pharmacopée traditionnelle », explique Raimana.

 « L’arbre miracle », lui, est le cocotier. Végétal le plus répandu et le plus utile de Polynésie, il sert à l’alimentation à l’habitat, à l’artisanat… et à la santé ! Avant l’arrivée des Européens, les guérisseurs savaient réparer des fractures du crâne en se servant d’un morceau de noix de coco nia (noix avec albumen liquide). A ce stade de croissance, la noix a la même épaisseur que la boite crânienne. Ils découpaient un fragment qui venait s’insérer dans la cavité, puis replaçaient le scalp par-dessus. L’os se ressoudait au fragment et le blessé pouvait reprendre une vie normale.

Hiata de Tahiti

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