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Jean-Louis Etienne, Clipperton

jean louis etienne clipperton
Jean-Louis Etienne, tout le monde le connaît après L’expédition médiatique Transantartica, mais Clipperton, qui connaît ? J’ai déjà parlé de cet atoll de moins de 4 km de diamètre perdu à 400 km des Marquises, à 6000 km de Tahiti et à 1300 km du Mexique. Clipperton, alias l’île de la Passion, est appelée ainsi en souvenir du jour de Pâques 1711 où elle fut découverte par les Français Mathieu Martin de Chassiron et Michel Dubocage.

Fasciné par la planète, le médecin Jean-Louis Etienne, sa famille et toute une équipe d’explorateurs sponsorisés par GDF, Unilever, Canal+ et quelques autres, dont EADS pour la liaison satellite à haut débit, décident de s’installer sur cette île déserte et sans eau potable, de décembre 2004 à mars 2005. Ils accueillent par roulement régulier des chercheurs scientifiques français, espagnols, américains et mexicains. Ils appartiennent pour la France, au CNRS, au Muséum national d’histoire naturelle, à l’IRD, l’EPHE ou l’INRA.

Leur objectif ? Réaliser un inventaire complété de la faune et de la flore sur ce lieu préservé des routes maritimes. Ils ont voulu créer une base de données pour l’évolution de la biosphère et du climat, à partir des changements observés dans ce lieu clos.

carte clipperton expedition jl etienne

Dans ce livre grand public disponible en poche, Jean-Louis Etienne, avec le talent pédagogique qu’on lui connaît, raconte les aléas de l’organisation, combien les douanes mexicaines sont réticentes et bureaucratiques, voire corrompues ; combien l’époque, plus qu’avant, exige multiples sécurités et assurances en tous genres ; combien faire cohabiter des chercheurs à l’ego bien dimensionné n’est pas toujours aisé ; combien aussi l’histoire de cet atoll perdu a donné lieu à des bagarres diplomatiques entre Français, Américains et Mexicains, allant jusqu’à l’arbitrage international du roi d’Italie ; combien les fous sont ici chez eux, formant la plus grosse colonie de tout le Pacifique et combien les rats, tombés d’un navire échoué il y a quelques dizaines d’années sont des prédateurs redoutables. Mais combien aussi il est plaisant de constater l’adaptation à un milieu hostile du lézard, d’explorer le « trou sans fond » du lagon et de chercher « le trésor de Clipperton ».

Sans parler des gigantesques thoniers mexicains, équipés de sonars dérivants et d’hélicoptères, qui viennent traquer le thon au point d’assécher la nourriture des oiseaux. Les fous et frégates doivent chercher leurs proies jusqu’à 300 km pour nourrir leurs petits. Pas grand-chose à manger pour les humains non plus, qui dépendent des rotations de bateaux, tant les rares cocotiers de l’île sont exposés aux ouragans, et puisqu’aucune source d’eau potable ne surgit.

cabane etienne sur clipperton

En revanche, quelle belle expérience de la nature, loin du monde et entouré d’eau sans cesse en mouvement ! Quelle riche expérience humaine, en couple où chacun a sa tâche, avec les chercheurs tous passionnés de leur domaine, mais aussi avec les bébés, les deux petits garçons Etienne et Eliott 3 ans – et le bébé Ulysse qui fera ses premiers pas sur l’île. Ces matins solitaires où Jean-Louis s’éveille très tôt, comme son dernier fils, et part marcher sur la grève dans l’aube naissante, l’enfant curieux de tout contre sa poitrine, sont des moments magiques.

Tout comme le jour où un plongeur a remonté le couvercle d’un très vieux coffre de mer, arraché par 52 m de fond. Ou encore lorsqu’un autre a ramassé un paquet suspect (comme on dit volontiers à la SNCF)… qui se révélera bourré de cocaïne ! En quatre mois, ce ne seront pas moins de 25 kg de cocaïne qui seront ainsi récupérées, échouées après largage en mer de trafiquants de drogue probablement surpris par la police. Le fait est régulier, l’équipage du Prairial, la frégate de surveillance maritime sur zone, a découvert le 14 avril 1.2 kg de cocaïne sur l’atoll de Clipperton, alors qu’une mission de recherches passait quelques jours sur l’atoll à la suite de l’expédition Etienne.

eliot et ulysse jouent sur clipperton

L’auteur raconte bien, il instruit par petites touches sans jamais ennuyer, mêle les anecdotes personnelles aux réflexions sur le climat et sur la faune, regarde grandir ses fils. Eliott doit aujourd’hui avoir 14 ans et Ulysse 12… Il a tenu un Journal des enfants, destiné à l’école d’Eliott et à l’Éducation nationale, durant tout le séjour, préoccupé de transmettre le savoir et la sensibilité à la nature.

Jean-Louis Etienne, Clipperton – l’atoll du bout du monde, 2005, Points aventure 2015, 287 pages, €6.60

Expédition Clipperton sur le site de Jean-Louis Etienne
Tout savoir sur le site dédié à Clipperton : http://clipperton.fr/

La question au Ministère des Affaires étrangères posée le 29 mai 2014 par le sénateur Christian Cointat concernant l’accord de pêche franco-mexicain dans la ZEE de Clipperton – et son application semble-t-il « laxiste » – n’a reçu aucune réponse : « la question a été retirée pour cause de fin de mandat »… Notre « démocratie » représentative fonctionne si bien, n’est-ce pas ?

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Bernard Moitessier, La longue route – seul entre mers et ciels

bernard moitessier la longue route j ai lu
Presqu’un demi-siècle après son tour du monde en solitaire, je ne suis pas prêt d’oublier Bernard Moitessier. Les navigateurs d’aujourd’hui sont de bons ouvriers de la mer, efficaces petits soldats du système sponsors-medias-industrie. Moitessier, vaguement hippie et écologiste avant les idéologues, en dédaignant le système fit rêver toute une génération. Heureux qui, comme Ulysse, vécut une Odyssée moderne ! Il a chanté l’homme libre, livré à lui-même, en harmonie avec les matériaux, les éléments et les bêtes. Le Vendée Globe est une compétition technique ; le Golden Globe était une aventure humaine.

Avec la crise de civilisation que nous vivons, des attentats inouïs du 11-Septembre et du 7-janvier à l’escroquerie des subprimes et autres pyramides Madoff, de l’échec impérial US au réchauffement climatique, on ne peut que mesurer combien la Longue Route 1968 diffère des courses aux voiles d’aujourd’hui.

Bernard Moitessier était un hippie, élevé en Indochine et sensible aux bruits de la forêt comme aux mouvements de la mer, commerçant sur jonque avant de construire ses propres bateaux pour errer au gré du vent, marié avec une passionnée qui lui donne des enfants. Éternel nomade en quête de soi, Moitessier était l’homme de la Route, celle de Kérouac, celle de Katmandou, celle d’une génération déboussolée – déjà – par les contradictions anti-droits-de-l’homme des guerres coloniales ou impérialistes (Algérie, Vietnam, Hongrie, Tchécosclovaquie), par la robotisation de la modernité (le film ‘Mon oncle’ de Tati) et le maternage d’État-Providence technocratique (mai 68 venait d’avoir lieu). Cette génération cherchait la Voie, pas à gagner une coupe, ni une masse de fric, ni à parader dans l’imm-média. Elle cherchait une harmonie avec le monde, pas l’aliénation consumériste. Deux de mes amis les plus chers ont tenté leur Odyssée sur les traces de Moitessier avant de se ranger pour élever leurs enfants. Ils n’ont plus jamais été dupes de l’infantilisme politique ou marchand.

Moitessier La longue route Arthaud

The Sunday Times’ organisait alors un défi comme au 19ème siècle, sans enjeu médiatique ni industriel, juste pour le ‘beau geste’ (en français oublié dans le texte), avec une récompense symbolique. L’exploit consistait à tester les limites humaines comme dans leTour du monde en 80 jours de Jules Verne. Il s’agissait de partir d’un port quelconque d’Angleterre pour boucler un tour du monde en solitaire et sans escale, en passant par les trois caps. Il n’y avait alors ni liaison GPS, ni PC météo, ni vacations quotidiennes aux média, ni balise Argos, ni assurances tous risques obligatoires, ni matériel dûment estampillé Sécurité.

Moitessier embarque sans moteur, fait le point au sextant, consulte les Pilot charts et sent le vent en observant un vieux torchon raidi de sel qui s’amollit quand monte l’humidité d’une dépression ; il communique avec le monde en lançant des messages au lance-pierre sur le pont des cargos, par des bouteilles fixées sur des maquettes lancées à la mer ou en balançant ses pellicules photos dans un sac étanche à des pêcheurs qui passent.

Moitessier La longue route ketch 12m Joshua

Sur 9 partant, 1 seul reviendra au port, Robert Knox-Johnson, 1 disparaîtra corps et bien, tous les autres abandonneront pour avaries graves… et 1 seul – Bernard Moitessier – poursuivra un demi-tour du monde supplémentaire avant de débarquer à Tahiti. Il passera seul dix mois de mer, parcourra 37 455 milles marins sur ‘Joshua’, son ketch de 12 m à coque acier et quille automatique. Parti le 22 août 1968 de Plymouth, il ralliera Tahiti le 21 juin 1969, trop distant de la société marchande des années 60 pour revenir en Europe toucher ses 5000£, comme si de rien n’était.

Moitessier La longue route carte tour du monde et demi

« Le destin bat les cartes, mais c’est nous qui jouons » (p.63) dit volontiers ce hippie marin. Pas question de se laisser aller à un mol engourdissement à l’Herbe, pour cause de mal-être. Mieux vaut vivre intensément le moment présent : voir p.87.

Égoïsme ? Que nenni ! Cette génération voulait se sentir en harmonie avec le monde, donc avec les autres, matériaux, plantes, bêtes et humains. « Tu es seul, pourtant tu n’es pas seul, les autres ont besoin de toi et tu as besoin d’eux. Sans eux, tu n’arriverais nulle part et rien ne serait vrai » p.66. Ses propres enfants sont des êtres particuliers, non sa propriété : « Les photos de mes enfants sur la cloison de la couchette sont floues devant mes yeux, Dieu sait pourtant que je les aime. Mais tous les enfants du monde sont devenus mes enfants, c’est tellement merveilleux que je voudrais qu’ils puissent le sentir comme je le sens » p.216. C’était l’époque où l’on vivait nu (sans que cela ait des connotations sexuelles, contrairement aux yeux sales des puritains d’aujourd’hui). C’était pour mieux sentir le soleil, l’air, l’eau, les bêtes, les autres, leurs caresses par toute la peau – réveiller le sens du toucher, frileusement atrophié et englué de morale insane du Livre chez nos contemporains.

Mousses a l orphie

La vie en mer n’est jamais monotone, elle a « cette dimension particulière, faite de contemplations et de reliefs très simples. Mer, vents, calmes, soleil, nuages, oiseaux, dauphins. Paix et joie de vivre en harmonie avec l’univers » p.99. Il lit des livres : Romain Gary, John Steinbeck, Jean Dorst – naturaliste et président de la Société des explorateurs – il est un vrai écologiste avant les politicards. Il pratique le yoga, observe en solitaire mais ouvert, écrit un journal de bord littéraire.

Deux des plus beaux passages évoquent cette harmonie simple avec les bêtes, cet accord profond de l’être avec ce qui l’entoure.

Une nuit de pleine lune par calme plat, avec ces oiseaux qu’il appelle les corneilles du Cap, à qui il a lancé auparavant des morceaux de dorade, puis de fromage : « Je me suis approché de l’arrière et leur ai parlé, comme ça, tout doucement. Alors elles sont venues tout contre le bord. (…) Et elles levaient la tête vers moi, la tournant sur le côté, de droite et de gauche, avec de temps en temps un tout petit cri, à peine audible, pour me répondre, comme si elles essayaient elles aussi de me dire qu’elles m’aimaient bien. Peut-être ajoutaient-elles qu’elles aimaient le fromage, mais je pouvais sentir, d’une manière presque charnelle, qu’il y avait autre chose que des histoires de nourriture dans cette conversation à mi-voix, quelque chose de très émouvant : l’amitié qu’elles me rendaient. (…) Je me suis allongé sur le pont pour qu’elles puissent prendre le fromage dans ma main. Elles le prenaient, sans se disputer. Et j’avais l’impression, une impression presque charnelle encore, que ma main les attirait plus que le fromage » p.120.

Moitessier La longue route oiseaux

Quelques semaines plus tard : « Une ligne serrée de 25 dauphins nageant de front passe de l’arrière à l’avant du bateau, sur tribord, en trois respirations, puis tout le groupe vire sur la droite et fonce à 90°, toutes les dorsales coupant l’eau ensemble dans une même respiration à la volée. Plus de dix fois ils répètent la même chose. (…) Ils obéissent à un commandement précis, c’est sûr. (…) Ils ont l’air nerveux. Je ne comprends pas. (…) Quelque chose me tire, quelque chose me pousse, je regarde le compas… ‘Joshua’ court vent arrière à 7 nœuds, en plein sur l’île Stewart cachée dans les stratus. Le vent d’ouest, bien établi, a tourné au sud sans que je m’en sois rendu compte » p.148. Moitessier, averti par les dauphins qu’il court au naufrage, rectifie la direction puis descend enfiler son ciré. Lorsqu’il remonte sur le pont, les dauphins « sont aussi nombreux que tout à l’heure. Mais maintenant ils jouent avec ‘Joshua’, en éventail sur l’avant, en file sur les côtés, avec les mouvements très souples et très gais que j’ai toujours connus aux dauphins. Et c’est là que je connaîtrai la chose fantastique : un grand dauphin noir et blanc bondit à 3 ou 4 m de hauteur dans un formidable saut périlleux, avec deux tonneaux complets. Et il retombe à plat, la queue avers l’avant. Trois fois de suite il répète son double tonneau, dans lequel éclate une joie énorme » p.149

Toute la bande reste deux heures près du bateau, pour être sûre que tout va bien ; deux dauphins resteront trois heures de plus après le départ des autres, pour parer tout changement de route… Je l’avoue, lorsque j’ai lu la première fois le livre, à 16 ans, j’ai pleuré à ce passage. Tant de beauté, de communion avec la nature, une sorte d’état de grâce.

Il y aura encore cette merveille d’aurore australe qui drape le ciel de faisceaux magnétiques « rose et bleu au sommet » p.178 ; ces phoques qui dorment sur dos, pattes croisées (p.139) ; le surf magique sur les lames, à la limite du « trop » (p.186) dont j’ai vécu plus tard une version légère ; les goélettes blanches aux yeux immenses (p.238).

À côté de ces moments de la Route, comment l’exploit technique des sympathiques marins techniques de nos jours, leurs clips radio matérialistes de 40 secondes d’un ton convenu de copain, leur mini-vidéos pour poster vite, leurs Tweets clins d’œil, pourraient-il nous faire rêver ? « Qu’est-ce que le tour du monde puisque l’horizon est éternel. Le tour du monde va plus loin que le bout du monde, aussi loin que la vie, plus loin encore, peut-être » p.211. Les marins à voile d’aujourd’hui font bien leur boulot ; Bernard était un nouvel Ulysse – c’est là la différence, que l’inculture ambiante risque de ne jamais comprendre…

Bernard Moitessier, La longue route – seul entre mers et ciels, 1971, J’ai lu 2012, 440 pages, €7.60
Édition originale 1971 avec 3 photos de l’auteur, occasion €10.00

La pagination citée dans la note se réfère à l’édition originale 1971.

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Victor Segalen, Essai sur l’exotisme

victor segalen essai sur l exotisme
Victor Segalen, mort en 1919 à 41 ans, était médecin de marine et a beaucoup voyagé. Mais ce qui l’intéressait dans « l’exotisme », n’étaient ni les impressions ni les images colorées, « cocotiers et ciels torrides ». Le lointain est comme le passé, une expérience du Divers. Il s’agit donc de sortir de soi. Cet Essai n’a été publié que bien après la mort de l’auteur, trop prématurée. Il est resté à l’état de notes, avec un plan clairement formulé. Mais le lecteur tirera profit de cet inachèvement, lisant mieux le squelette sans sa chair.

Nous sommes loin des récits de voyageurs où les choses vues sont un moyen de juger d’après sa propre culture et d’exprimer les sensations sur soi du paysage et des gens. Eux sont les touristes, « les proxénètes de la sensation du Divers » 46.

Être « exote », c’est avoir le sens de la nature « ex-humaine », la connaissance de ces forces indifférentes à l’humain, des lois immuables et sans dessein humanisé. « L’Exotisme n’est donc pas une adaptation ; n’est donc pas la compréhension parfaite d’un hors soi-même qu’on étreindrait en soi, mais la perspective aiguë et immédiate d’une incompréhensibilité éternelle ».

L’exotisme se ressent dans les paysages, mais pas seulement. Dans les êtres également. « La jeune fille est distante de nous à l’extrême, donc précieuse incomparablement à tous les fervents du divers » 62. Surtout la fille de Tahiti, belle, libre et puissante telle que Gauguin l’a peinte et aimée. Un exotisme non pas d’égalité mais de complément, une impossible fusion du même – qui fait tout l’attrait de la découverte, de l’exploration et de l’amour de l’autre.

Comme l’a montré Tocqueville, le régime démocratique pousse la société à vouloir de plus en plus d’égalité entre tous les membres de la société. Égalité qui va jusqu’à prendre des formes absurdes, comme le déni des sexes donnés par la nature (« on ne nait pas femme, on le devient » pousse à revendiquer le clitoris comme pénis), le déni des différences de degré dans la culture (le tag grafouillé vaut autant que la peinture de Léonard ou de Matisse), le déni de l’effort personnel et du travail (plus vous œuvrez, plus on vous impose pour donner à ceux qui ne font rien, victimes, forcément victimes).

Segalen était à l’opposé de cette tendance, dans laquelle il voyait le principe physique d’entropie envahir la société humaine. « L’Entropie : c’est la somme de toutes les forces internes, non différenciées, toutes les forces statiques, toutes les forces basses de l’énergie » 65. Autrement dit le magma informe où tout le monde est pareil, tout le monde rabaissé au plus petit commun dénominateur, tout le monde normalisé, « l’Entropie comme un plus terrible monstre que le néant » 65.

« Si je place l’Exotisme au centre de ma vision du monde, (… c’est) comme la Loi fondamentale de l’Intensité et de la Sensation, de l’exaltation du Sentir ; donc de vivre » 77. C’est par la différence que s’exalte l’existence, on se façonne en sortant de soi, de ses paresses, de ses habitudes. Le goût – personnel – est une création qui devient au contact du divers.

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Être femme aussi est un devenir – mais avec le sexe biologique pour base, ce que les féministes extrémistes, aussi agressives qu’incultes n’ont pas compris. Il est vrai que les États-Unis, où ce féminisme-là est né, sont ce pays où 54% croient que c’est Dieu qui a créé l’homme, où un tiers croit que la Bible a raison plus que la science sur l’évolution, où un quart croit encore que la terre tourne autour du soleil – pays où le diplôme universitaire tient plus aux performances sportives qu’aux réalisations intellectuelles.

« Le Divers décroît. Là est le grand danger terrestre. C’est donc contre cette déchéance qu’il faut lutter, se battre… » 79. Comme Gauguin contre l’évêque Martin aux Marquises, contre le vêtement victorien inadapté au climat, contre l’enseignement catéchiste contraire aux légendes et à la culture polynésienne, contre les interdits moraux qui visaient plus à la domination coloniale qu’au bien-être spirituel des populations.

L’universel catholique ou républicain, les missionnaires religieux ou laïcs, les clercs ou les fonctionnaires qui savent mieux que vous ce qu’il vous faut – sont une expression de l’impérialisme occidental qui fait de sa puissance technique une preuve d’élection divine. Il y a un siècle, au temps du machinisme triomphant et de l’expansion maximale de l’esprit colonial, Victor Segalen retrouvait l’autre voie de la culture d’Occident, celle de Thucydide et de Montaigne, où le Divers n’est pas à dominer mais à accueillir. Non pas pour s’y convertir mais pour s’enrichir des différences – surtout pas les nier !

Victor Segalen, Essai sur l’exotisme – suivi de textes sur Gauguin et l’Océanie, 1904-1919, Livre de poche biblio 1999, 165 pages, €5.10

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Petite fable tahitienne

Le chemin, le carrosse et la guêpe

land rover tahiti
Dans ce chemin montant, caillouteux, malaisé,
Et de tout côté exposé aux critiques,
Cinq cent cinquante chevaux vapeur tiraient un coche.
Femme, chiens, vieillard, tous étaient descendus.
L’attelage cahotait, peinait,
Une guêpe survint et du 4×4 s’approche,
Prétend l’animer par ses susurrements,
Pique, pique, à tout moment clame et déclame
Qu’elle fait presque chavirer la voiture,
S’empare du volant sous le nez du cocher.
Aussitôt le char avance
Et elle voit les roues souffrir mais vaincre
Elle s’en attribue aussitôt la gloire,
Va, vient, fait l’empressée ; il semble que ce soit
Une impératrice courant en tout endroit
Faire avancer ses obligés et hâter la progression.
La guêpe en ce commun besoin
Se plaint qu’elle agit seule et qu’elle doit tout faire,
Qu’aucun n’aide sa Majesté.
Les voisins pourtant utilisent son chemin
La folle rejette des cailloux ayant roulé sur ses terres.
Dame guêpe s’en va de ce pas hurler aux oreilles
Ses insultes toujours prêtes.
La guêpe avait en son temps dénoncé en mairie
Les cailloux trop pointus qui grignotent les pneus.
Je ne puis tolérer
D’être spoliée de la gloire qui m’est due,
J’annexe, commande, exige dit la guêpe.
Ce chemin est mien et demeurera mien.

Ainsi certaines guêpes, toujours empressées,
S’introduisent dans toutes les affaires,
Elles jouent partout les nécessaires
Et, toujours importunes, souhaiteraient être encensées.

jean de la fontaine

J’espère que Monsieur Jean de la Fontaine voudra bien excuser le mauvais plagiat de sa fable « Le coche et la mouche ». Mais c’est tellement adapté à la vie de Tahiti…

Portez-vous bien les amis, nana !

Hiata de Tahiti.

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150 ans d’immigration chinoise à Tahiti

Il y a 150 ans que le premier Chinois a foulé le sol de Tahiti : un anniversaire. Le 25 mars, les Polynésiens d’origine chinoise se sont donné rendez-vous à Atimaono à Papara, là où tout a commencé. Le 8 décembre 1865, 342 coolies chinois descendent du Spray of the Ocean, et le 6 janvier 1866 c’est au tour de 339 coolies de débarquer de l’Albertine.

spray of the ocean 1854

La date d’arrivée de ces premiers immigrants peut différer selon les sources, certains avancent le 28 février, d’autres le 25 mars 1865, mais ce dont on est sûr c’est que c’est à Hong Kong que leur périple a commencé sur le trois-mâts prussien Ferdinand Brumm.

ferdinand brumm trois mats prussien 1865

La plupart étaient des paysans chassés par la famine, ces hommes ont quitté la région de Canton (Guangdong). Les Punti étaient les premiers occupants et les Hakka venus de Mandchourie n’étaient pas les bienvenus. La Chine d’alors a un régime impérial en pleine décadence, une guerre de l’opium savamment orchestrée par les puissances occidentales, enfin une démographie explosive. Ces coolies appartiennent aux groupes ethniques Hakka (famille d’accueil) et Punti (terre d’origine), beaucoup embarquent pour Tahiti sans femmes ni enfants.

residence de william stuart tahiti

A Tahiti, la société Tahiti Cotton and Coffee Plantation Cy Ltd de William Stewart a besoin de bras pour cultiver les 1 000 hectares de coton, les 150 hectares de caféiers et les 50 de canne à sucre à Atimaono. Les autorités voulaient faire venir des travailleurs indiens, ce seront des Chinois ! En 1865 et 1866, deux autres bateaux accostent à Tahiti, en tout ils seront 1 000 Chinois enregistrés par les autorités. A Atimaono, les coolies travailleront sans relâche 12 à 15 heures par jour. Des morts parmi cette population jeune : en 1865 24 décès sur 337 Chinois, en 1866, 67 sur 949 (Gérald Coppenrath, Les Chinois de Tahiti).

coolies chinois tahiti 1865

Des rixes éclatent aussi entre Chinois, on en déporte à Anaa (Tuamotu) et aux Marquises. Une rixe fait un mort à Tahiti, quatre hommes sont arrêtés et condamnés à la peine capitale. L’un d’entre eux se dénonce, les trois autres sont graciés. De ce Chinois on connait seulement son nom, Chim Soo Kung, et son matricule, 471. L’île ne possède pas de guillotine, on en construit une, sommaire, dans la plantation et on l’essaie sur des bananiers et des chiens… Une partie des Chinois de Tahiti considère Chim Soo Kung comme un martyr, et certains se recueillent toujours devant son mausolée au cimetière chinois d’Arue.

coolie chinois tahiti Chim Soo Kung avant son execution

La première vague de Chinois devait retourner en Chine aux frais de l’employeur. La plantation d’Atimaono fait faillite en 1873, ils sont rapatriés d’office mais 320 d’entre eux restent dans la clandestinité. Une nouvelle vague d’immigration de plus de 2 000 personnes, dont des femmes, débarquent entre 1904 et 1914, ces immigrants ont été refoulés d’Australie ou des États-Unis. Ils seront dockers le temps d’amasser un pécule pour ouvrir un restaurant, un commerce. Ils prospèrent, font venir femmes et enfants, ils fondent les familles de commerçants que l’on trouve toujours à Tahiti.

Puis entre 1918 et 1928 ce sont des Punti qui arrivent avec des objectifs commerciaux préétablis avec les grandes maisons de commerce de Canton. La notion de retour en Chine demeurera très présente dans cette communauté jusqu’en 1949, quand la Chine bascule dans le communisme de Mao Tse Toung. Dans les années 1950 débute alors un processus de naturalisation et d’intégration. En 1973, la loi du 9 janvier accorde la nationalité française aux Chinois de Tahiti avec francisation du nom… souvent de manière fantaisiste, dans une même fratrie, les frères n’ont pas le même patronyme !

Hiata de Tahiti

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Exposition de tapa au Musée des îles de Tahiti

Le tapa est une étoffe végétale fabriquée par battage de la partie interne de l’écorce de certains arbres et qui trouve son origine il y a 7 000 ou 8 000 ans en Asie du Sud-Est, berceau reconnu aujourd’hui du peuplement des îles du Pacifique. Le Musée des Iles de Tahiti y consacre une exposition avec la participation notamment d’Hawaï, Rapa Nui, Samoa, Tonga, Wallis et Futuna, Pitcairn, Cook, Vanuatu, Nouvelle-Calédonie, Fidji, Papouasie Nouvelle-Guinée. Les pièces exposées proviennent des musées et des collections privées, des fonds du Musée de Tahiti. Un voyage dans le temps qui permet de voir l’évolution des battoirs traditionnels servant à frapper les écorces de aute, uru, et ora, des motifs qui ornent ces tapa, leur usage précis, des matrices et les pièces sélectionnées pour cette exposition.

tapa danseuse tahitiActuellement seuls quelques artisans aux Marquises continuent de pratiquer cet art. Les écorces battues à partir des aute (Broussonetia Papyrifera) donneront un tapa brun, celles des uru (arbre à pain) un tapa blanc, celui du ora (banian ou Ficus Marquesensis) un tapa brun clair et celui du mûrier à papier un tapa blanc et fin. Paul Pétard dans son livre « Plantes utiles de Polynésie » indique que « l’écorce des jeunes branches était employée pour la confection des tapa.

tapa sur male tahiti

Les plus beaux tissus étaient fabriqués avec celles de la variété puupuu pour le uru. Ils étaient de couleur blanche et rivalisaient avec les tapa préparés avec le aute (Broussonetia papyrifera). » Le mati (Ficus tinctorial) était utilisé pour teindre les tapa en rouge. Les tapa, étoffes indigènes non tissées obtenues en soudant ensemble les fragments d’écorce par battage prolongé, étaient imperméables ; leur abandon vers 1840 au profit des cotonnades européennes, auraient contribué à la propagation de la tuberculose.

La disparition de l’industrie du tapa remonte au début de notre siècle. Elle est toujours florissante à Fidji, aux Tonga, à Wallis. Dans l’exposition, outre les tapa, on peut voir trois superbes battoirs ayant appartenu à la Reine Marau (1839-1891), un autre battoir mis à jour à Huahine en 1977 par le Professeur Sinoto. La technique de la fabrication s’est au cours des siècles affinée et les rudimentaires battoirs en pierre ont cédé la place à de jolis battoirs en bois dur finement rainurés.

On peut y admirer également une matrice kupesi créée avec du kere (base des palmes de cocotier). Des nervures des folioles des palmes de cocotier (celles dont on fait les balais « niau ») permettaient à Fidji et à Samoa la reproduction à l’identique par estampage d’un motif décoratif. Le balai niau est bien connu des enfants tahitiens, c’est le martinet local (ouille !).

Sur les murs de l’exposition, de grands tapa vierges des Marquises côtoient les larges tapa anciens ou plus récents des Samoa, de Tonga aux motifs royaux, un gigantesque tapa de Wallis de 38 mètres de long, des tapa de Pitcairn dont on ignorait l’existence il y a peu. Les motifs qui ornent les tapa n’ont pas qu’un rôle de décor ! Ce lautafuhi de Wallis (mot wallisien qui désigne un tapa géant) a été confectionné en 2 jours à partir de mûriers à papier par 20 femmes du village de Fafaleu à Wallis. 200 pièces de tapa ont été nécessaires car chaque étoffe pré-battue fait à peu près de 3 à 4 m de long. On les double pour avoir un tapa assez épais qui ne se déchire pas. On colle les étoffes bout à bout avec de l’amidon préparé ou du manioc précuit. Sur l’étoffe nue, encore blanche, on procède à l’estampage avec un kupesi (matrice). On pose l’étoffe dessus et on frotte avec de la teinture rouge végétale. On dessine au fur et à mesure, à main levée, les motifs avant de laisser sécher au soleil. On rassemble pour ce travail collectif la population d’un village afin de gagner en unité.

tapa tahiti

A Wallis toute femme se doit d’avoir un lautefuhi chez elle. Le tapa est encore utilisé pour les naissances, mariages, décès, cérémonies coutumières. Il faut être prête à offrir un bout d’étoffe que l’on coupera de son tapa géant, mais pas n’importe comment. Il existe des codes pour le découpage, ce sera par 5, 10 ou 20 coudées. Chaque fragment porte un nom spécial : un de 5 coudées porte le nom de folaosi, celui de 10 coudées de lauhogofuleu, et celui de 20 coudées uafulu. De la personne à qui il va être offert dépendra la taille. Plus la place dans la hiérarchie est importante, plus le morceau sera grand. Ainsi la personne qui le reçoit sait l’importance qu’on lui accorde !

Hiata de Tahiti

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Allez la classe 15 !

vahine nue tahiti voeux

15 ans : le bel âge pour 2015.

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Pannes en Polynésie

Vous n’avez qu’à bien vous tenir ou éviter la Polynésie des tsunamis, car le laboratoire de géophysique de Pamatai s’est doté d’un supercalculateur (10 millions de XPF) et pourra prédire les impacts des tsunamis sur nos îles. Atation, atation les tsunamis ! La gestion de l’alerte est assurée par la direction de la Défense et la protection civile. En Polynésie tous les archipels ne seraient pas touchés de la même manière. A Tahiti la côte Est est la plus vulnérable car elle ne possède pas de barrière de corail. L’archipel des Tuamotu (atolls) ne risque presque rien en cas de tsunami, ce sont les Marquises qui sont les plus vulnérables. Les probabilités parlent de deux tsunamis par siècle avec une montée des eaux supérieure à 3 mètres. En 1946, un séisme dans les Iles Aléoutiennes a provoqué une montée des eaux de 15 mètres aux Marquises, déplaçant des blocs de coraux de plusieurs tonnes. Rappel, en cas d’alerte, s’éloigner du rivage et gagner un point en hauteur.

vahine 2014

Touristes, on vous attend, la conférence annuelle du GIE Tahiti Tourisme est ouverte et le nouveau ministre en charge du tourisme (Jean-Christophe Bouissou) a prévu « d’atteindre les 300 000 touristes d’ici 2018 ». C’est demain 2018 ? je vais changer de calculette car la mienne doit être défaillante. Il faudra 3 ans au gouvernement Fritch pour construire le Mahana Beach, peut-être même quatre ans MAIS, « on va certainement terminer l’année avec 180 000 touristes en Polynésie ; cela fait longtemps que l’on n’a pas atteint ces chiffres ». Chapeau bas Mossieu le Ministre.

Sauf qu’Air Tahiti a des douleurs ! C’est que les finances souffrent car la fréquentation des résidents a baissé de 26%. Aïe ! Il était question de supprimer des lignes aériennes, mais devant le tollé, marche arrière toute. On va modifier les fréquentations à destination des îles déficitaires ! Je prends en exemple l’atoll de Kauehi que je vous ai fait visiter, ce sera au lieu de deux vols par semaine, un seul vol en basse saison. Rimatara, que vous avez aussi visité, on supprime le vol du mercredi en très basse saison (6 semaines par an) et l’on passe de trois vols par semaine à deux. OK, vous avez pris acte ? Vous ferez donc des économies, Youpi !

Fermé depuis le 31 décembre 2013, le Belvédère (le restaurant panoramique de Pirae) a été vendu. Les nouveaux propriétaires, tombés amoureux du fenua, comptent investir 90 millions de XPF pour le réhabiliter, il pourrait ainsi accueillir ses premiers clients en juillet 2015.

Le Haut Conseil : quèsaco ? C’est un machin imaginé par Président Flosse. Y a eu des fuites sur le salaire du président du Haut Conseil. Polémiques, règlements de comptes internes au Tahoera’a. Ce Haut Conseil « contribue à la sécurité juridique des actes du président et du gouvernement de la Polynésie française. » Alors, il paraît que le salaire du Président de ce Haut Conseil serait de 2,3 millions de XPF par mois (19 274 €). Un grain de sable dans l’eau de l’océan Pacifique !

OCT 2014

Un pays aussi grand que l’Europe comme aime à le rappeler sans cesse Oscar Temaru (tiens, au fait il a retrouvé son bureau aux Nations Unies), des communes dispersées, des confettis à la surface du Grand Océan, quelques atolls avec un aérodrome, d’autres sans. Un exemple la commune de Makemo (Tuamotu) comprend 11 atolls dispersés dans l’océan dont Katiu, Taenga, Raroia. Les élus pour se déplacer utilisent des speedboats, comme les écoliers pour les rencontres sportives, pour les concours d’Orero, les agents communaux pour suivre des formations. Ces speedboats sont devenus les engins de transport indispensables pour la liaison des communes associées.

Comment se déplacer lorsqu’on habite un confetti au milieu d’un océan grand comme l’Europe (dixit O.Temaru) ? Hein ? Pardon ? Je n’ai pas compris ! Oui, oui, il n’y a que de l’eau autour de ce bout de terre ! Alors les habitants voyagent en kau, poti marara, barge. Depuis quelques temps, la série de pannes récurrentes sur les moteurs inquiètent les usagers. Les particuliers, les perliculteurs sont obligés d’expédier leurs moteurs pour révision à Tahiti mais, dans les atolls éloignés il leur faut utiliser la goélette qui les ravitaille ; pour les mieux desservis, la goélette vient une fois par mois… Renvoyer le moteur défaillant coûte entre 6 000 (50 €) et 19 000 XPF (159 €). Un moteur neuf allège le portefeuille de 600 000 (5 028€) à 1 500 000 XPF (12 570 €). Que le fût d’essence soit de telle compagnie ou de l’autre le problème demeure le même : accumulation des pannes. Ces utilisateurs souhaitent être mieux informés sur la qualité de l’essence livrée et vendue. C’est la goélette qui livre aussi les fûts de carburant, un fût vendu avec la consigne coûte 38 500 XPF (323 €). Allo Tahiti, il y a quelqu’un ? Ah ! Il n’y a pas de réseau !

Hiata de Tahiti

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Tahiti est riche… si elle se bouge

L’ISPF indique que 71% des ménages sont propriétaire du sol et logement. Ces propriétaires sont en grande majorité natifs de la Polynésie française (86%). Trois personnes se partagent un logement constitué de 3 pièces en moyenne (35% des résidences principales). Pas mal, non ?

Il paraît que le fenua possède des richesses minières sous-marines. Sans recherches, il est des individus qui savent déjà qu’il y en a des milliards, propriétés du fenua. Oscar Temaru le clame partout, mais il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, non ? Chez les voisins de Papouasie-Nouvelle Guinée une première exploitation des nodules polymétalliques a démarré. Dans la ZEE du fenua, il y aurait les encroûtements les plus concentrés en cobalt… Quant à voir arriver tout de suite les pépettes, c’est autre affaire. Il y a de tout au fond de l’océan, tant mieux mais il faudrait faire un état des lieux, une feuille de route, etc.

vahine nue profil

On relance la vanille ! D’abord il faut bien la nourrir car la belle a besoin d’azote, de phosphore, de calcium et de potassium. On vise un production de 100 tonnes de vanille pour l’année 2016, avec un prix plancher proche de 4 000 XPF dès la production stabilisée et en hausse. Actuellement le prix au kilo est proche de 6 500 XPF faute de vanille mûre ! Allez ! Au régime, la vanille !

Le pito (nombril) déjà surdimensionné chez les Mao’hi leur est monté au niveau de la bouche. Des excès en tout genre, on parle, on parle, on tient des propos incendiaires, on dépose plainte à la Police, au Conseil d’Etat, etc. Ils sont devenus fous. Quand cette mascarade se terminera –t-elle ? Nul ne le sait. On pond des projets pharaoniques, qui paiera, mais la première question n’est-elle pas comment faire venir pour un prix raisonnable des touristes au milieu de nulle part, car la Polynésie « grande comme l’Europe », dixit Oscar Temaru est bien au milieu de nulle part ! A quand des billets d’avion d’un prix raisonnable ?

Il y a pourtant de quoi se divertir. Le concours de lever de pierre est un moment très attendu aux Australes pendant les fêtes de juillet. Ce sont les champions de Polynésie. A cette occasion, deux nouvelles pierres ont été baptisées et intronisées par le pasteur et l’orateur : Totena (65 kg) pour les femmes et Ario’e (150 kg) pour les hommes. Totena a reçu ce nom en souvenir du lieu où, à Peva, les anciens enseignaient aux plus jeunes tous les arts de la guerre et les formaient aux sports traditionnels. Ario’e porte le nom de la terre où chaque année, le Heiva se déroule. Ce nom rappelle aussi que c’est à cet endroit que la bonne parole est arrivée. 12 femmes ont tenté de porter Totena et une n’a pas réussi. La plus rapide a porté la pierre à son épaule en 1’81’’ et la plus lente en 7’ 51 ‘’. 6 concurrents pour Auti, pierre de 100 kg, 3 ont réussi et 3 n’ont pas pu la porter à l’épaule, les temps s’échelonnent entre 2’ 09’’ à 5’ 26’’. Evera, pierre de 125 kg n’a attiré que 2 amateurs pour des temps de 5’ 69 ‘’ et 11’ 99’’. Ario’e de 150 kg a attiré 4 concurrents. Bravo.

avion

L’institut Porinetia ananahi est un think-tank qui vient de publier un rapport après avoir travaillé 3 ans sur la situation de l’économie touristique en Polynésie… il y aurait plus de 1 000 milliards de manque à gagner.

Ce chiffre donne le tournis ! Si le tourisme mondial se porte bien et progresse, ce n’est pas le cas en Polynésie ! Carences. Incapacité à identifier les raisons de ces carences. Tahiti et ses îles ont donc perdu 14 ans de revenus. Hébergement insuffisant, trop cher, distractif inexistant. Dans le Pacifique, Fidji, Cook, Nouvelle-Calédonie, Tonga, Vanuatu, Samoa, Seychelles, Réunion, Maldives et Maurice ont connu une progression entre 37% et 82% au cours de cette même période ! Les gouvernants successifs du Territoire ont été incapables d’identifier les raisons des carences, n’ont pas trouvé de solutions innovantes, ont perdu 14 ans de revenus. Voyez les hébergements : insuffisants et trop chers, etc. Inutile de se voiler la face, de tout mettre sur le dos de la crise, de faire du copier-coller avec la métropole. Les investisseurs chinois pourraient aider le Peï, mais attention de ne pas abandonner le secteur du tourisme aux seuls Chinois, car ils ne représentent que 10% du volume du tourisme mondial ! Il faut se battre mais ne pas reproduire les erreurs du passé. Il semble que le gouvernement l’ait compris, alors formulons des vœux pour une réussite de ce renouveau.

Hiata de Tahiti

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Qui a tué à Tahiti ?

Qui a tué les parapeue ? L’IFREMER a détecté un taux de mortalité important sur des poissons d’élevage comme les parapeue (Platax orbicularis). D’après les études menées, la coupable serait une bactérie tueuse qui « exploserait » suite au stress causé par la remise en milieu naturel après leur grossissement en bassins expérimentaux destinés à la reproduction artificielle. Une chercheuse en thèse au Criobe teste des plantes locales connues pour leurs propriétés antibactériennes et antiparasitaires. Les plantes actuellement testées par la chercheuse sont le tamanu avec son huile (ati ou Calophyllum inophyllum), le gingembre, le noni (Morinda citrifolia), le rea Tahiti (safran des Indes ou Curcuma longa) et l’ail (cette dernière étant la seule plante étrangère). Les chercheurs estiment qu’il leur faudra un an avant d’obtenir des résultats sérieux sur les données de la survie des poissons testés et sur le type de plantes le plus favorable pour la croissance immunitaire des poissons.

Le upe a failli disparaitre aux iles Marquises. Le upe ou Ducula galeata est une sorte de pigeon sauvage qui demeure la plupart du temps dans les montagnes. La population locale a cessé le braconnage depuis quelque temps déjà. Le upe fait partie intégrante du patrimoine culturel marquisien. Il apparait dans les légendes de l’archipel. Bien qu’interdite la chasse de l’oiseau continuait à être pratiquée. Grâce à Manu, la Société d’ornithologie de Polynésie, des upe ont été réintroduits sur l’île d’Ua Huka, réintroduction réussie d’après les constats faits sur place. Le upe peut enfin voler à sa guise, sans être inquiété par l’homme depuis que les Marquisiens ont pris conscience de l’importance de repeupler les vallées de cet oiseau unique.

taharaa

Un jour, Tahiti ressemblera à Bora Bora, puis à Maupiti, puis à Rangiroa disent les scientifiques. Une seule certitude, nous ne serons pas là pour le constater, ce sera dans 2 ou 3 millions d’années. Maintenant l’île s’enfonce sous son propre poids, ses reliefs sont victimes d’une formidable érosion. De plus, elle dérive vers le nord-ouest de 7 cm par an en direction du Japon et des Philippines, alors accrochez vos ceintures ! Elle serait née à 100 km au sud-est de sa position actuelle. Tahiti est née d’un point chaud.

En Polynésie toutes les îles sont nées suite à la remontée de matériaux venus de l’intérieur de la Terre. Les scientifiques comptent 15 000 édifices de ce type dans tout le Pacifique dont 2 000 sont émergés, les autres étant sous le niveau de la mer. Tahiti aurait commencé à naître il y a 6 millions d’années. Pendant 4,5 millions les éruptions volcaniques ont eu lieu sous l’eau. Tahiti a émergé il y a 1,5 millions d’années. Entre 1,5 et 0,9 millions d’années les coulées de lave se sont accumulées et ont donné naissance à un premier volcan de 3200 m de haut. Il y a 870 000 ans, deux flancs de ce premier volcan se sont effondrés, ce qui donna naissance à un second volcan de 2700 m. La formation s’est arrêtée à 200 000 ans.

Aujourd’hui, le point culminant de Tahiti est de 2240 m. L’érosion est causée par la pluie, des records de pluviométrie, jusqu’à 8 et 10 m, sont enregistrés sur quelques reliefs. La vitesse d’érosion ? entre 0,5 et 1 mm par an. A l’échelle des temps géologiques, Tahiti peut perdre 1 km d’altitude, en un million d’années. Tahiti s’enfonce. Le point chaud qui donna naissance à Tahiti est actuellement en train de donner naissance à Mehetia (déjà évoqué ici). La dernière éruption de Mehetia date de 1981. L’atoll de Makatea a été « soulevé » par Tahiti. Le Tahara’a est un petit cône volcanique « parasite ». Le relief du « Diadème » est du à des roches dures qui résistent mieux que les roches qui l’entourent, plus fragiles et sensibles à l’érosion. Tahiti iti et Tahiti nui sont deux volcans distincts, nés à deux époques différentes (précisions du GePaSud).

En attendant la fin, les voyageurs affluent en Polynésie ! Il paraît qu’on n’avait pas fait mieux depuis 2008. Pensez-donc, 12 422 voyageurs en janvier, cela fait une nette progression de + 11,2%. Mais cette hausse ne s’explique que par l’accroissement du nombre de croisiéristes et la présence d’un navire de croisière supplémentaire. La croisière booste les chiffres. Les principaux marchés se définissent ainsi : Amérique du Nord : 46,6% de part de marché soit une augmentation de 3,1 points ; France 12,5% de part de marché soit – 1,5 point ; Le Pacifique 11,8% de part de marché soit – 1,6 point ; Asie 12,5% de part de marché soit + 3,9 points. Les Autorités auraient-elles enfin compris que les touristes ont d’autres demandes qu’il y a vingt au trente ans ? Qu’ils demandent autre chose ? Wait and see !

Hiata de Tahiti

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Petizoiseaux de Polynésie

Le hao (Héron strié ou Butorides striata) long de 46 cm est présent sur l’île de Tahiti. Son bec est long et puissant. Il aime fréquenter les rivages des mangroves, les estuaires des rivières, il se dissimule parmi les branches de purau (Hibiscus tiliaceus). Son repas ? Des petits poissons, des mollusques, des crustacés qu’il pêche en eau peu profonde. Si l’occasion se présente, il y ajoute des insectes, des lézards. Le couple est monogame ; ils construisent un nid dans les purau, une plate-forme de branchettes. Madame y déposera un seul œuf, couvé par le couple pendant 25 jours. L’urbanisation menace les hérons. Les effectifs sont en net recul. Pas menacée au plan mondial, cette espèce l’est à Tahiti.

heron strie

Voici deux autres espèces qui menacent la biodiversité : les bulbuls à ventre rouge et les martins tristes (merles des Moluques). Ces oiseaux envahissants, classés nuisibles ont pris pieds, depuis peu, à Bora Bora, la Perle du Pacifique. Ils sont connus à Tahiti pour piller les récoltes de fruits et sont des voleurs de nourriture. Ils attaquent également les autres oiseaux. Certains hôtels de Moorea et Tahiti voient ainsi leurs buffets visités par ces volatiles qui engendrent des problèmes d’hygiène et des nuisances sonores. Pour Bora Bora il s’agirait de mettre en place un réseau de veille avec l’aide de l’association Manu et des bénévoles.

Bulbul à ventre rouge Pycnonotus cafer Red-vented Bulbul

Le bulbul à ventre rouge : 20 cm, mâle et femelle identiques d’apparence avec un corps marron-noir, une tête plus sombre avec une crête noire dressée en cas d’excitation, bec et pattes noires, sous-caudales rouge vif. L’espèce originaire d’Asie fut introduite à Tahiti dans les années 1970. Elle est  présente à Tahiti, Moorea, Huahine et Raiatea.  Cette espèce est responsable de la destruction des vergers, se montre très agressive avec les oiseaux endémiques et notamment le Monarque de Tahiti. Classée nuisible en Polynésie française, sa destruction est autorisée et souhaitable. A n’introduire dans une île nouvelle sous aucun prétexte et à éliminer sous peine de dégâts irrémédiables dans les vergers et pour l’avifaune.

Martin triste Acridotheres tristis Common Myna

Le martin triste : 23-25 cm, mâle et femelle identiques d’apparence, tête cou et gorge noirs chez l’adulte et bruns chez le juvénile, le corps marron à l’exception du bas-ventre, du dessous et de l’extrémité de la queue, blancs ; ailes noires avec une large zone blanche ovale sous chaque aile, le pourtour des yeux, le bec et les pattes jaunes. L’espèce est originaire d’Inde, introduite en Polynésie française en 1920-22 pour lutter contre la guêpe de feu, elle s’est en fait attaquer aux vergers. L’espèce a été classée nuisible en Polynésie française, sa destruction est autorisée et souhaitable car l’espèce s’attaque aux espèces endémiques de la Polynésie française. Le soir,  ces Merles des Moluques se rassemblent dans les grands arbres à  plusieurs centaines d’oiseaux et causent de terribles nuisances sonores.

Hiata de Tahiti

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E aha te parau ‘api ? (Quoi de neuf ?)

Le Haut-Commissaire a dressé le bilan sécurité 2013. Pas très réjouissant. La délinquance générale est en hausse de 10% sur l’année !  Les cambriolages sont en augmentation significative tout comme la délinquance liée aux stupéfiants et malgré une campagne d’arrachage record (75 811 pieds arrachés en 2013) l’usage du pakalolo (cannabis) se banalise. L’économie souterraine du pakalolo a été « privée » de 1,7 milliard de XPF. Le GIR (Groupe d’intervention régional) a pour mission la détection et la confiscation des avoirs criminels, a saisi l’an passé près de 95 millions de XPF dans 33 dossiers judiciaires.

Athanase Teiri roi de hau pakumotu

Les Pakumotu, milice du roi fantoche Athanase Teiri font feu sur la police. Le souverain et trois de ses gardes du corps ont été interpellés pour avoir accueilli les armes à la main les forces de l’ordre qui venaient chercher le « roi » chez lui. D’après la police un « stock considérable de munitions de différents calibres dont un 38 spécial » a été découvert chez les Pakumotu. Sa « majesté » est en détention provisoire. Cela ne fait plus rire du tout les Autorités, ni même sourire. La justice met le turbo, aïe, aïe, aïe ! La sécurité est du ressort de l’Etat et le Peï « condamne » les agissements des Pakumotu.

cannabis

Après des mois d’enquête à Tahiti, à Huahine, 16 trafiquants de paka sous les verrous. Bien rôdé, le trafic durait depuis plusieurs années, trois ans dit-on, une famille, et quelques 250 millions de XPF de gains estimés. Il est apparu au cours de l’enquête que des fûts de 50 kg de drogue (pakalolo de premier choix puisqu’essentiellement des têtes de la plante) venant de Huahine (Iles sous le Vent) étaient transportés dans des poti marara (les poti marara ne servent donc pas exclusivement à la pêche ?) Tout était bien organisé, les trafiquants avaient compartimenté leurs ateliers de culture, de séchage, de conditionnement, de telle sorte que l’on ne puisse pas remonter jusqu’à eux ! En garde à vue l’un des protagonistes du dossier se serait vanté d’avoir écoulé à lui seul 20 000 pieds de pakalolo.

Huahine (Iles sous le Vent) : sous l’ombrière, pas de paka mais une distillerie de boisson alcoolisée appelée komo puaka. Facile à fabriquer ! Un tura (fût) de 200 litres en plastique, de l’eau, des fruits frais, du sucre blanc et de la levure sèche. Quelques jours voire semaine de brassage, le tour est joué. Filtrer pour éliminer les résidus de fruits (ananas, banane, fruit de la passion, litchi), la boisson est prête à être vendue et consommée. C’est très fort paraît-il ! Du tord-boyaux ? Je n’ai pas encore eu l’opportunité d’y goûter !

Fermeture du Legends Resort à Moorea. Touché lui aussi par la crise, l’hôtel résidence passe la main et deviendra « villas en location saisonnière ». Il avait ouvert en août 2008. Au suivant !

legend resort tahiti

La rénovation du matete (marché) de Papeete se poursuit. L’étage (oui il n’y en a qu’un !) est plus sûr et plus propre. Il vient d’être inauguré par le maire et le gouvernement. Y a des contents et des mécontents comme toujours : « L’architecte a mal fait son travail, mon espace est plus petit qu’avant, les affaires marchent mal, il y a trop de concurrence, ils ont mélangé l’artisanat et les bijouteries, il y a plein de locaux dehors pour les bijoutiers, regardez il y a Wan, Hiro Ou Wen, Mihiari Pearls, (des grosses pointures des nacres et perles) ils ne paient pas grand-chose comme loyer, ils ont les moyens, normalement le marché c’est pour les petites gens ». C’est dur de n’être que des petites gens, des petits Tetuanui (Dupond ou Durand tahitien).

Papa Flosse déclare à l’arrivée de deux délégations chinoises : «Nous Polynésiens sommes d’origine chinoise (c’est nouveau). Aujourd’hui, nous avons la certitude d’avoir des investisseurs ». Il semble tellement sûr de lui… Il ajoute : « Lorsqu’ils (les Chinois investisseurs potentiels) se seront remboursés leur investissement, les installations reviendront au Pays, et nous n’aurons pas un sou à débourser ». Une lettre au Père Noël ? Une prière ? Un rêve ? Quand le journaliste lui demande des précisions : « le projet Mahana Beach Tahiti est de l’ordre de 150 à 180 milliards de XPF. Pour l’aquaculture, c’est sûr c’est un investissement de 150 milliards sur 15 ans. Pour le photovoltaïque, il n’y a pas encore de coût ». C’est pas beau tout ça ! Sur un petit nuage…

C’est fait, la convention est signée avec les investisseurs pour les fermes aquacoles de Makemo (Tuamotu). 150 milliards de XPF seront investis en 15 ans ; à terme entre 1 000 et 1 500 emplois pourraient être créés. Des avantages fiscaux très importants sont consentis aux investisseurs chinois : le matériel et les marchandises importés dans ce projet seront détaxés ; les entreprises n’auront pas à payer d’impôts sur les bénéfices, de taxe foncière ou de TVA. Au fait, quelle sorte de poissons dans le filet ? LE MEROU !

D’autres Chinois débarquent. Les avions se succèdent à un rythme effréné sur le tarmac de Tahiti-Faa’a, des associations d’amitié Chine-Océanie, des ingénieurs, des…, des…, enfin du beau monde, tous Chinois.

Parahi iho ! (Au revoir) Fa’aitoito (Bonne continuation)

Hiata de Tahiti

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Atoll de Kauehi aux Tuamotu

Le rendez-vous était fixé à 6 heures à l’aéroport de Tahiti-Faa ’a. Il avait fallu se lever à l’aurore, prendre la voiture à 4h45 pour rejoindre l’aéroport des lignes intérieures – et déjà ceux qui partaient vers Papeete étaient nombreux sur la seule route de l’île. Bien arrivées, bien enregistrées, le départ ne saurait tarder.

ATOLL ATIU

Tiens, c’est un ATR-42, et il y a deux escales avant d’arriver à destination ! La flotte d’Air Tahiti se chiffre à : 7 ATR 72-500 + 2 ATR 42-500 + 1 Beechcraft affecté à Air Archipels et 1 Twin-otter, propriété de la Polynésie française exploitée par Air Tahiti. Air Tahiti est la compagnie aérienne qui dessert régulièrement 47 îles en Polynésie française ; Air Archipels est spécialisée dans les vols à la demande et les évacuations sanitaires (evasan). Elle assure également pour le compte d’Air Tahiti la desserte de certaines îles en Twin-otter et en Beechcraft. La Polynésie vient de faire l’acquisition d’un ATR 600.

Pour poser un ATR 42 il faut disposer d’une piste d’une longueur minimale de 900 m, qui passe à 1 100 m minimum pour un ATR 72. En fonction des caractéristiques de la piste, des performances de l’avion on calcule la charge maximum qui peut être offerte au décollage et à l’atterrissage. En cas de pluie, la distance est augmentée. L’ATR 42 ne pourra embarquer que 36 places sur les 48 proposées. L’avion est déclaré plein par la Compagnie, à la grande surprise des passagers qui découvrent des rangées de sièges vides ! Un défi perpétuel.

Ce matin, l’avion n’est pas rempli ! A l’escale de Fakarava tous les passagers sont priés de descendre même ceux en transit car l’avion fera le plein. Quelques passagers sont accueillis par les pensions de famille. On repart direction Kaukura où descendent quatre passagers, mais les sièges libres sont destinés à recevoir du fret dans une toile bleue conçue à cet effet. Heureusement qu’il y a un passager qui se trouve être une personne de l’escale de Kauehi et qui aide ses deux collègues bien empêtrés. On repart, on atterrit à Kauehi, nous sommes quatre à descendre : deux touristes pour le Kauehi Lodge et deux locaux. Nous sommes accueillies avec chacune un énorme collier de tiare Tahiti. En route pour la pension à environ deux kilomètres de l’aéroport en Land-Rover !

KAUEHI LODGE

Le lieu est superbe, pieds dans l’eau du lagon, palette de couleurs à disposition et un coco à siroter.

KAUEHI LODGE

Kauehi, appelée Noka Noka par les anciens, puis Cavahi à sa découverte par Fitzroy, ensuite Vincennes par Wilkes est un atoll de l’archipel des Tuamotu dépendant administrativement de la commune de Fakarava.

FAKARAVA

Son nom peut être traduit par « s’arrêter pour pêcher ». Stevenson, au cours de son voyage dans les mers du Sud, l’a trouvée inhabitée. « Elle était toute de brousse verte et sable blanc, sertie d’une eau bleue et transparente ; les cocotiers étaient rares, mais quelques-uns pourtant complétaient la brillante harmonie de couleurs en laissant pendre un éventail d’or jaune ». Cet atoll est situé à 17 km au nord-ouest de Raraka, l’île la plus proche qui ne dispose pas d’un aérodrome. Les passagers à destination de Raraka descendent à Kauehi et prennent un speed-boat pour rejoindre l’île.

KAUEHI

Kauehi est à 45 km au nord-est de Fakarava et à 462 km au nord-est de Tahiti. Kauehi, de forme ovale, s’étend sur 24 km de longueur et 18 km de largeur maximales pour une surface de terres émergées d’environ 15 km2 et un lagon de 320 km2 accessible par la passe Arikitamiro. Celle-ci fait 200 m de large et 9 m de profondeur, elle est navigable. Un chenal de 15 km, balisé à travers le lagon, permet l’accès jusqu’à quelques centaines de mètres du village. La goélette reste au large car elle ne peut accéder au quai à cause des grands bancs de sable à proximité. D’un point de vue géologique, l’atoll est l’excroissance corallienne de 95 m du sommet d’un petit mont volcanique sous-marin homonyme qui mesure 1 535 m depuis le plancher océanique. Il s’est formé entre 52,5 et 58,1 millions d’années.

D’après le dernier recensement de 2012, il y aurait 531 habitants sur l’atoll, regroupés dans le village de Tearavero mais, en parlant avec les locaux, nous apprendrons qu’il n’y en aurait qu’une centaine. Alors qui croire ? Ceux qui y habitent ? Ou ceux qui font des statistiques ?

KAUEHI VILLAGE DE TEARAVERO

On pense que l’atoll était connu depuis fort longtemps des marchands de perles mais officiellement c’est l’Anglais Robert Fitzroy qui, le 13 novembre 1835, a posé le premier pied blanc sur l’atoll. Mais l’endroit fut certainement peuplé par les Polynésiens venant de Fidji, Tonga et Samoa autour de l’an 1 000 (+ ou – 200 ans). Imaginez les grandes pirogues à balancier, sans instruments de navigation « modernes », réalisant cet exploit tandis qu’aujourd’hui l’ATR 42 nous y dépose sans aucune difficulté ! Kauehi fut néanmoins l’une des dernières  îles découvertes par les Européens en 1835 alors que Magellan au cours de son tour du monde en 1521  avait découvert l’atoll de Puka-Puka. La colonisation de l’atoll par les Français n’interviendra qu’au milieu du 19e siècle. Coprah et pêche lagonaire sont ses ressources, les fermières perlières ont  maintenant déserté l’atoll.

L’atoll est classé comme conservatoire biologique de très haute importance par l’UNESCO, programme MAB « Réserve de la biosphère » créé en 1977. Sept atolls composent la réserve : Aratika + Fakarava + Kauehi + Raraka + Toau + Niau + Taiaro. C’est Taiaro qui avait été classé le premier en réserve intégrale depuis 1972 à la demande de son propriétaire W.A.Robinson. La réserve s’est étendue en 1973 à la totalité de l’atoll et à une zone de 1 000 m au large. Les autres atolls l’ont rejoint comme «réserve de la biosphère » en 1977.

Trois grandes directives pour une réserve de biosphère :

  1. conservation de la biodiversité et des écosystèmes ;
  2. développement économique et social de la population ;
  3. appui logistique du réseau international de recherche d’observation et de formation.

Hiata de Tahiti

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Mes 12 notes favorites de la gamme 2013

Ces notes sont parues sur le blog tout au long de l’année qui s’est achevée hier. Il y en a bien d’autres… mais celles-ci forment un panel des différentes facettes d’Argoul.com.

Vous trouverez de la philo, appliquée au bien vivre aujourd’hui, dans la société que nous connaissons ; des critiques économiques et politiques ; quelques thèmes géopolitiques car il faut aller voir ailleurs comment le monde s’agence, en-dehors de notre nombril ; des lectures littéraires marquantes – et des voyages, à chaque fois une aventure, une découverte emplie de curiosité pour l’autre.

Douze notes sur 365, c’est peu, mais vous pourrez piocher ici ou là selon les catégories rappelées dans la colonne de droite du blog. Vous pouvez aussi taper n’importe quel mot-clé dans la case ‘recherche’. Bonne lecture… pour bonne réflexion !

  1. Albert Camus extrémiste de la mesure (L’homme révolté)
  2. Tartuffe ou l’esprit français
  3. Maître et esclave chez Nietzsche
  4. Évasion fiscale et secret bancaire
  5. Pourquoi voter Marine Le Pen serait une aventure ?
  6. Pour l’Europe
  7. Libertés en Chine
  8. La charia a bon dos
  9. Ian McEwan, Expiation
  10. Yasunari Kawabata, Pays de neige
  11. Sein
  12. Ma vie sous les tropiques (par Hiata de Tahiti)
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Embarquement pour Ahe Tuamotu

Tahiti Faa’a en cette fin de matinée. Il fait beau et chaud. Nous allons embarquer pour l’atoll d’Ahe situé à 470 km au nord-est de Tahiti et à 15 km à l’ouest de Manihi. Il faut un peu plus d’une heure en avion pour rejoindre l’atoll après une escale de 15 minutes pour faire descendre et monter les passagers à Manihi. L’envol est scabreux ! L’avion a des difficultés à décoller, nous sommes très  secouées pendant quelques minutes qui paraissent une éternité et – enfin – on semble partis pour de bon, mais pas encore arrivées ! Iaorana (au revoir) la pointe Vénus, puis le grand bleu. Les nuages nous accompagnent.

TAHITI  POINTE VENUS

Kura ura (bonjour en paumotu) ! Les Tuamotu-Gambier sont situés entre les 137e et 151e degrés de longitude Ouest et  les 14e et 23e degrés de latitude Sud. Ces atolls s’étendent donc  sur 14 degrés de longitude soit 1540 km et 10 degrés de latitude soit sur 916 km ; ils sont disséminés sur 1 410 640 km2 soit plus de deux fois la superficie de la France. Ce sont 81 îles dont 43 sont habitées de façon constante par environ 6944 habitants (il serait bon de vérifier le chiffre !)

TUAMOTU   AHE

Quiros les aperçut en 1606. Le Hollandais Le Maire pénétra le premier dans ces eaux le 10 avril 1616, toucha quelques îles dont Manihi. Son compatriote Roggeveen découvrit Makatea en 1722, Byron en 1765 décrit Napuka et Tepoto du Nord. En 1768 Bougainville reconnut plusieurs atolls dont Akiaki et Hao, après un voyage mouvementé et donnera pour la première fois aux Tuamotu le nom « d’archipel dangereux ». Wallis, Carteret, Cook croisèrent eux aussi dans les parages, Bellighausen découvrit Fakarava.

La description succincte d’un atoll pourrait se résumer à une pente externe abrupte sur l’océan, une crête algale, un platier, une plage, un motu (île basse, îlot), des hoa (chenaux entre océan et lagon), une ava (une ou des passes) ou pas du tout, et un roto (lagon).

D’après les scientifiques il existe quatre types d’atolls.

  1. L’atoll de type 1 possède une faible superficie totale d’environ 1900 ha, un développement important de la couronne récifale, une absence de passe. Il y aurait 31 atolls de ce type à l’Est (tels Fangatau ? Tekareka ? Puka Puka, Pinaki).
  2. L’atoll de type 2 possède une superficie plus importante environ 13 000 ha, la superficie du lagon est le double de celle de type 1, la couronne récifale est d’environ 1/5e de la superficie totale ; l’orientation dominante est soit Est/Sud-est, Ouest/Nord-Ouest ou Sud-est/Nord-ouest. Vingt atolls de ce type situés dans l’Ouest des Tuamotu (tel Reao).
  3. L’atoll de type 3 est parmi les 13 plus grands atolls comme 36 679 ha à Kauehi, 77 100 ha pour Apataki, les 3 géants Rangiroa 164 000 ha,Fakarava et Makemo. Ils sont situés au Nord-Ouest des Tuamotu.
  4. Les atolls de type 4 tels Makatea, Mataiva, Niau et Anaa sont situés à l’extrémité Nord-Ouest de l’archipel.

ahe carte lagon

Ahe, appelé autrefois Taka-Tua, reçoit le nom de Peacock par Wilkes à sa découverte en septembre 1839 ; il est orienté Nord-est/Sud-ouest et mesure 23 km dans sa plus grande longueur et 8 km dans sa plus grande largeur. Il comprend environ deux cents habitants dispersés. C’est la dernière île des Tuamotu découverte. Elle comprend 83 motus dans le plus grand est long de 10 km. La surface des terres émergées est de 12,2 km2 et la surface du lagon de 138,9 km2.

TUAMOTU AERODROME AHE

L’aérodrome a été construit par la Légion étrangère en 1998, il se situe sur le motu Pirake Keke. Une seule passe : Tiareroa. Le nouveau village se situe de l’autre côté du lagon sur le motu Tenukupara, tandis que l’ancien village, les citernes, la forêt aux oiseaux appartiennent au motu Tenihinihi. Nous avons choisi une pension pour notre séjour en espérant visiter un maximum d’endroits ! On nous a cité la forêt aux oiseaux de Tepuka, le motu Poro Poro où vécut Bernard Moitessier de 1975 à 1978, l’épave du Saint-Xavier Maris Stella, les marae des motu Tatupegiaro, Tamarahi, et Kaminihi, l’épave du Bethel II, l’étang sacré, la plage des tortues, la tombe à l’ancien village, un pique-nique sur un motu, enfin de quoi occuper nos journées !

Hiata de Tahiti

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Recherches à Tahiti

Lien vital entre Tahiti et les Marquises, l’Aranui avec ses 200 passagers et ses 17 croisières par an a soufflé la 10ème bougie et annonce pour la fin de l’année 2014 un Aranui 5 plus grand. C’est en 1984 que le cargo mixte Aranui a effectué sa première croisière dans l’archipel des Marquises avec une vingtaine de passagers. Et pour fêter ce 10ème anniversaire, en plus de la découverte de Fakarava (Tuamotu), Ua Pou, Nuku Hiva, Hiva Oa, Fatu Hiva, Tahuata, Ua Huka (Marquises) et Rangiroa (Tuamotu), une escale dans la Perle du Pacifique (Bora Bora) a été organisée. Belle fidélité.

aranui aux marquises

Les tests de sécurité ont été effectués sur le Tuhaa Pae IV, le bateau sera bientôt prêt pour accueillir des croisiéristes à destination. Ce sera donc le pendant de l’Aranui pour les Marquises. Ce cargo mixte dispose d’une capacité de 98 passagers, il devrait être autorisé dans le courant du mois à en transporter 25 contre 12 actuellement et développer le concept de croisière. Il y aura à la disposition des croisiéristes 16 cabines dont une cabine pour handicapés, un dortoir, un restaurant de 50 couverts. A suivre.

Une mission scientifique effectuée il y a un an et demi étoffera sans doute le dossier d’inscription au patrimoine mondial, la richesse des eaux marquisiennes étant enfin expliquée. Les scientifiques, après analyses, « confirment que la signature isotopique ici est très particulière, et qui peut s’expliquer par la production primaire (phytoplancton, zooplancton…) très riche dans les eaux marquisiennes. Du point de vue marin, les Marquises se caractérisent par trois particularités : absence de récif dans une zone tropicale, le sens de circulation du courant est différent de celui des autres archipels et les espèces endémiques sont très importantes et la chaîne trophique est différente de celle du reste du Pacifique Sud, ce qui permet une production animale très importante et le maintien de la ressource en place. »

Une équipe de trois chercheurs est actuellement en mission à Tahiti et aux Tuamotu pour récolter des cônes, des mollusques marins venimeux. Il pourrait y avoir des possibilités de médicaments liées aux venins, en particulier à ceux des cônes polynésiens. Exploiter les venins animaux pour découvrir de nouvelles molécules à vocation thérapeutiques dans les domaines de la douleur, des maladies cardio-vasculaires, de l’obésité. A suivre.

clipperton ile de la passion carte

Une mission de géographes de l’Université de Polynésie sur l’île de la Passion (autre nom de Clipperton) s’est déroulée en ce début d’année. C’est le plus petit territoire français, délaissé par Paris et qui pourtant est le spot mondial du thon. La ZEE de Clipperton est un cercle parfait de 435 000 km. C’est l’une des zones les plus riches en thonidés au monde. Elle est pillée par de nombreux armateurs venus de Corée, du Japon, d’Amérique centrale. Déjà en 1969, les autorités internationales estimaient à 25 000 tonnes de prises illégales dans la zone. En 2005, 10 bâtiments senneurs ont ainsi été aperçus sur l’espace d’un mois dans les eaux de Clipperton. Et l’on prétend qu’un seul de ces navires peut repartir de campagne les cales pleines de 1 000 voire 2 000 tonnes de poissons. 100 000 tonnes seraient ainsi pêchées sans payer de redevances à l’État, un manque à gagner estimé au plus bas à 25 millions d’euros. Alors Messieurs de Paris, k-do, k-do. Rappel de sa situation à 4 018 km de Nuku Hiva (îles Marquises) et à 1 280 km du Mexique. Ne dites pas que les fonds marins de ce petit bout de terre seraient riches de nodules polymétalliques, alors chut, bouche cousue ! Par ailleurs, il y a 100 000 fous masqués et le nombre de crabes terrestres est impressionnant.

Portez-vous bien

Hiata de Tahiti

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France et Christian Guillain, Le bonheur sur la mer

France et Christian Guillain Le bonheur sur la mer

Elle et lui font partie de ces couples formés par hasard autour de 1968 et qui refusaient « le système » : l’autoritarisme politique, moral, patriarcal ; le travail en miette et dans la pollution ; les relations sociales hypocrites des villes et administrations ; la société de consommation réduite au métro-boulot-dodo. Ils rêvaient de grand large, de nature, de vie au rythme ancestral. Ils l’ont fait.

Elle, créole de Tahiti élevée en pensionnat à Dole, dans le Jura ; lui neveu du correspondant du Monde au Japon Robert Guillain et descendant d’Abel, qui signa l’acte de donation de Tahiti à la France avec la reine Pomaré. Ils ont été élevés à la dure mais ne veulent plus être pris dans les rets familiaux et sociaux. Avec rien, ils accumulent de quoi acheter un petit bateau en faisant de petits boulots dans les Postes ou comme photographes polaroïd.

Fin 1967, ils partent, dans un petit sloop de 10 mètres coque acier : l’Alpha. France est tout juste mère de sa première fille, Laurence, qui a sept mois. Ils descendent la France par les canaux depuis la Hollande où a été construit le voilier. Ils traversent la Méditerranée, passent Gibraltar, entreprennent l’Atlantique depuis les Canaries, errent et se refont un moment aux Antilles avant de joindre les Galapagos via le canal de Panama. Ils abordent enfin aux Marquises, qui est un peu Tahiti, avant de revenir au bercail, à Papeete, pour se reposer un peu. Mais ils n’ont qu’une envie : repartir. Ils auront trois filles et trois bateaux. Le bonheur sur la mer raconte ce premier bateau, ce premier bébé et ce premier voyage.

C’est un récit au ras des vagues, écrit comme on parle, disant les difficultés à surmonter pour être adultes et autonomes, et les bonheurs inouïs des bains dans l’eau tiède, des couchers de soleil magiques, des requins familiers et du mérou apprivoisé, enfin des amis rencontrés ça et là, notamment Bernard Moitessier. Les Trente glorieuses ont secrété dans leur coquille trop rigide cette nacre de rebelles soixantuitards, dont certains sont devenus des perles et d’autres de vilains cailloux. Ni l’un ni l’autre pour notre couple un peu caractériel. Une expérience qui les mène un temps à la vie qu’ils aiment, rude mais nature, presque toujours à poil et macrobiotique. C’était une mode, comme tant d’autres. Le rêve d’ailleurs sur cette planète, gentille illusion des grand-père et grand-mère des écolos combinards urbains d’aujourd’hui – en plus jeunes d’esprit et nettement plus sympathiques.

Car ils se prennent en main, même si c’est avec quelque naïveté (les pouvoirs curateurs de l’eau de mer…). « La mer nous met en face de nous-mêmes. Pas de voisins, pas de gens auxquels se référer, personne à imiter, personne pour nous critiquer. Tout ce qu’on fait correspond soit à une nécessité vitale, soit à une tendance profonde. Mon comportement n’est plus conditionné par la société. Je prends conscience de ma personnalité, je découvre ce qu’est la sincérité – cette franchise envers soi-même. Cela parce que la vie est ramenée aux choses essentielles et qu’il est impossible, sinon dangereux, de s’embarrasser de fausses raisons, de fausses motivations » p.115.

Ils découvrent que la vie de couple n’est pas rose, surtout dans la promiscuité obligée du bateau, avec l’obsession de la navigation et la sécurité du bébé. La petite Laurence tète jusqu’à 13 mois. Ayant toujours ses parents auprès d’elle, elle ne s’inquiète de rien, pas même de la gite ou des tempêtes – et même un complet retournement du bateau en Méditerranée ! Elle devient autonome très vite, goûte de tout et s’entend avec tous les nouveaux. Plus tard, elle apprendra le programme scolaire par correspondance, l’école en bateau étant une école de la vie avec ses parents pour maîtres. Pensez : voir voler les poissons, nager les requins, luire les étoiles ; débarquer sur une île déserte emplie de cochons sauvages et de chèvres, traverser les océans, mais s’échouer sur un banc de sable à l’embouchure de l’Èbre sous une pluie glaciale… Tout cela forme une jeunesse !

J’ai des amis chers à qui ce voyage initiatique Marseille-Tahiti, ou la seule étape Marseille-Antilles, a profité. Ils sont aujourd’hui installés avec femme et enfants dans la société, avec ce regard critique et bienveillant à qui on ne la fait pas. Mais ils étaient bien dans leur tête au départ, l’épreuve n’a fait que les mûrir. Les autres, plus ou moins mal dans leur peau et qui rejetaient violemment la névrose du caporalisme social français d’après-guerre, ont fini plus mal. On ne rapporte des voyages que ce qu’on a emporté, en plus aigu…

France et Christian Guillain Le bonheur sur la mer photo nb

Le site Hisse et oh ! dit ce que les Guillain sont devenus. France s’en est bien sortie, moins Christian. Il est resté psychédélique et priapique, végétarien vivant nu, adepte de Wilhelm Reich et du yoga, expliquant comme suit sa philosophie : « Éros et Bacchus étaient rois… » Le couple a navigué un moment ensemble après le livre qui a eu un gros succès, invités par Philippe Bouvard, José Arthur, Jacques Chancel. Puis ils se sont séparés après dix ans pour cause de drogue, dont Christian, toujours à court d’argent pour construire l’éternel bateau de ses rêves, a fait un temps le trafic. Il a navigué 30 ans sur 6 bateaux. Il a rencontré Élise, une polynésienne avec laquelle il a eu 7 enfants de plus. Dans un geste que personne n’a compris, il a coulé volontairement son voilier au large de Papeete, un alu qui portait le nom d’Anaconda et qui était comme sa maitresse. Il voulait surtout conduire ses enfants à leur majorité en évitant la tentation du large. Il s’en occupe, préoccupé de savoir s’ils vont bien. Il est atteint d’un cancer qu’il soigne avec les plantes et les bains froids (et une ivresse à l’occasion). « Mon résumé de l’alimentation idéale : le moins possible, le plus périssable, plus sauvage, plus frais possible, le plus cru possible, le plus dissocié possible… »

France, grand-mère d’environ 70 ans, a semble-t-il navigué avec ses filles. Elle a fait paraître plusieurs livres sur les thèmes naturisme et bio ; elle vit en région parisienne.

France et Christian Guillain, Le bonheur sur la mer, 1974, J’ai Lu 1976, 381 pages, en occasion broché Robert Laffont collection Vécu 1974, €18.00

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Maladies à Tahiti

Dimanche 27 janvier était la 60ème Journée mondiale des lépreux. A cette occasion Orofara, l’ancienne léproserie sise sur la commune de Mahina (Tahiti) a été le centre des manifestations contre la lèpre. C’est une vallée, assez méconnue, autrefois réservée à l’accueil des lépreux polynésiens, en ce jour une visite guidée, et du chalala (blablabla). L’an prochain on fêtera le centenaire de cette léproserie.

Vahine Tahiti

Celle-ci fut créée pour organiser l’isolement obligatoire des personnes susceptibles de transmettre la maladie et l’internement de tout malade ayant besoin de soins. L’endroit comportait un magasin, un lavoir-séchoir, une infirmerie, deux réfectoires, des logements, un parloir, une église. Ces personnes recevaient tous les jours une gamelle de nourriture, matin, midi et soir. La léproserie en tant que telle n’existe plus depuis 1976. L’infirmerie a été rasée. Il demeure 6 anciens malades qui y résident toujours. Le plus ancien est arrivé en 1948 en provenance de Raiatea (Iles sous le Vent), deux doyens un homme de 80 ans et une femme de 79 ans.

Aujourd’hui, la vallée comporte une trentaine  de familles, la plupart composées de descendants des lépreux qui se sont succédé à Orofara. Quel avenir pour ces bâtiments, pour ce village, installés sur un terrain domanial ? La mairie de Mahina souhaiterait y installer un dépotoir – après avoir éradiqué des déchets verts et la petite fourmi de feu. La lèpre, elle, n’est pas totalement éradiquée en Polynésie mais elle est aujourd’hui très faible. Sa prévalence est de 5 à 10 malades par an. La lèpre est transmise par le biais d’une bactérie ; sur 100 malades infectés, 10 seulement développeront des symptômes. Les malades reçoivent des soins très efficaces actuellement et n’ont plus besoin d’être isolés.

Le Caillou (Nouvelle-Calédonie) subit une épidémie de dengue, la Polynésie est épargnée… pour le moment. Déjà 646 cas de dengue sur le Caillou pour le seul mois de janvier et zéro ici. L’épidémie a démarré tôt et, depuis  le 1er septembre dernier, 1119 personnes malades ont été déclarées. Nouméa détient le record, suivie par Le Mont-Dore, Dumbéa. La vigilance reste de mise.

etoile de mer sur ventre nu

Les conseils sont toujours les mêmes : se protéger la peau avec du répulsif et toutes les semaines faire la chasse aux gîtes larvaires dans jardin et maison.

Il y a pourtant beaucoup d’échanges de voyageurs aériens entre Papeete et Nouméa. En 2001 et 2007, le virus de type 1 avait frappé la Polynésie, et si c’était tous les 6 ans ? Mais la principale inquiétude du bureau de veille sanitaire concerne la leptospirose. C’est le risque épidémique actuel avec des épisodes pluvieux importants depuis décembre 2012 et tout ce mois de janvier 2013. Un décès en fin 2012 et, au 13 janvier, quatre cas confirmés.

La meilleure prévention est d’éviter les eaux boueuses ou sales si l’on présente des blessures. Le responsable de la dengue ici est l’Aedes poynesiensis, celui du Caillou l’Aedes aegypti. Deux cousins, certes mais qui ne se fréquenteraient pas.

Euh, portez-vous bien !

Hiata de Tahiti

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Maladies du paradis

Après la dengue 1, après la dengue 2, voici la dengue 3 qui elle nous vient de Guyane grâce à une voyageuse arrivée récemment de là-bas. Alors, quoi, vous n’avez pas encore éliminé tous les gîtes à moustique ? Ceux qui ont chopé la dengue, habiteraient à Moorea (quartier Haapiti) et Tahiti (Punaauia, Tipaerui et Mahina). On n’est plus chez soi, quoi ! La dengue se porte bien, merci pour elle, elle poursuit sa progression, quinze cas déclarés et toujours deux sérotypes sur le territoire et deux décès en Nouvelle-Calédonie.

La grippe est présente également – ça tousse, mouche, nez qui coule, les voies aériennes sont encombrées. Quelques six cas de grippe A (H3N2) confirmés sur les onze prélèvements.

Nous avons reçu et pris devant témoins (les POD) les comprimés de Notézine (diethylcarbamazine) et le Zentel (albendazole) afin de lutter contre la filariose. L’an passé 80,6% de la population avaient avalé les pilules. On espère faire mieux cette année.

poissons sur assiette

La ciguatera communément appelée gratte contamine certaines espèces de poissons malgré tout consommés. Tous les archipels sont touchés. Quatre espèces de poissons présentent un risque important d’intoxication : barracuda, baliste, carangue, poisson perroquet. Le risque est grand alors si vous consommez, par hasard, la murène ou tavere ; le poisson Napoléon ou mara ; le mérou ou kito ; la loche saumonée ou tonu ; les carangues surtout les grosses ou paihere ; le bec de cane ou meko ; la dorade tropicale ou mù ; le poisson perroquet ou tegatega ; le barracuda ou ono ; le baliste ou o’iri. Détournez votre regard et allez chez Picard, cela vaudra mieux pour vous les Popa’a !

Heureusement les Paumotu (habitants des Tuamotu) fabriquent et utilisent des ra’au tahiti (médicaments) pour conjurer cette gratte. Je vous indique quelques recettes ? OK alors ! comme le jus de la bourre d’un jeune coco vert au stade nia qui vous fera vomir et éliminer le poisson poison ; ou encore le fruit et les feuilles de la pomme Cythère avec de l’eau de coco verte ; une décoction de papaye verte ; des fruits verts et mûrs de nono avec de l’eau de coco.  Vous avez les recettes pour guérir de cette intoxication mais le mieux serait de ne pas consommer les poissons cités plus haut.

En attendant le décollage de votre avion pour Paris, vous prendrez bien un p’tit kawa ? C’est la mésaventure qui est arrivée à un jeune couple de métropolitains de Saint-Rémi de Provence après de merveilleuses vacances au fenua et qui ont relaté leur mésaventure dans la Dépêche de Tahiti. Le « petit noir » du bar de l’aéroport international coûte cinq (5) fois plus cher que dans les aéroports de métropole !

J’ajoute, pour la bouteille d’eau itou, même tarif. Alors qu’en Australie, en Chine, on vous fait vider le contenu de votre bouteille, et dès que vous avez satisfait aux contrôles pour pouvez remplir GRATUITEMENT votre bouteille vide dans des appareils distribuant de l’eau dans les salles d’embarquement.

Encore une petite information, au départ de Paris, sur Air Tahiti Nui, la période la moins onéreuse pour un billet se situe du 1er novembre au 31 mars. Avis aux amateurs !

Plus de 600 pieds de papayers ont été saccagés par une bande de six  jeunes. Laissés à terre, les fruits arrivaient à maturité, deux ans de travail anéantis pour deux jeunes agriculteurs de 20 et 23 ans. Ils avaient prévu de fournir 300 à 400 kg de papayes par semaine jouant sur les différents niveaux de maturité des plans. Un vandalisme gratuit. Quel contre-exemple alors que le gouvernement voudrait favoriser l’installation de jeunes dans les métiers de l’agriculture ! Trois ados ont été interpellés, ils sont originaires des quartiers environnants. Le préjudice est estimé à 600 000 CFP.

Vahine nue Tahiti

A Taha’a, un jeune homme de 24 ans écroué pour meurtre. La victime l’avait sommé d’arrêter de le frapper, il l’a achevée d’un coup de pied au visage et a continué à s’acharner sur elle au sol. Aux Assises, 25 ans de réclusion pour J.Y., reconnu coupable d’avoir assassiné sa fille. Cet homme n’était pas que le meurtrier de cette femme de 45 ans, il était aussi son amant. En Correctionnelle, le directeur d’une garderie a été condamné à 5 ans de prison ferme pour agressions sexuelles sur des enfants.

Le cambrioleur a été pris en chasse puis arrêté par ses victimes. En comparution immédiate il a été condamné à trois ans de prison dont un avec sursis. L’intervention des particuliers a été musclée. A la barre, le prévenu s’était plaint de cette situation et estimé que ses poursuivants « n’avaient pas le droit de le taper ». Les magistrats mi-amusés, mi-sidérés lui ont répondu : « ça, ce sont les risques du métier de voleur, Monsieur. Ce n’est pas un métier de tout repos. Vous n’allez quand même pas vous plaindre que les gens vous aient frappé ? » Et le procureur d’ajouter : « Vous avez eu ce que vous méritiez Monsieur. La loi donne le droit à toute personne de procéder à l’interpellation de l’auteur d’un flagrant délit. On a donc le droit d’interpeller un voleur avec la force ».

Hiata de Tahiti

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Pollution à Tahiti

Certaines communes ont un bilan assez satisfaisant sur l’eau potable, d’autres pas du tout. Les mauvais élèves sont toujours les mêmes : Teva I Uta, Hitiaa O Te Ra, Taiarapu Est et Ouest en ce qui concerne Tahiti. L’eau vient du sous-sol, elle n’est pas traitée, chlorée et même si l’eau était potable à l’origine, elle se contamine tout le long du trajet jusqu’au robinet. Seules contrôlées 27 communes sur les 48 du fenua, soit 93% de la population totale, on ne compte que 5 communes qui obtiennent un 100% « eau potable ». Et pourtant l’eau n’est pas une ressource rare en Polynésie française. L’eau 100% potable est distribuée par les commune de Papeete, Arue, et Faa’a (Tahiti), Bora Bora (Iles sous le Vent) et Tubuai (Australes). Certaines bénéficient d’un 99% à Mahina et 94% à Punaauia (Tahiti) ; Huahine 98% (Iles sous le Vent. D’ici fin 2015, tout le monde serait à l’eau potable. Un conseil, ne vous fiez surtout pas à l’eau coulant des fontaines publiques. L’assainissement des eaux usées, vous connaissez ? Sur les 242 stations d’épuration, 128 présentent au moins un dysfonctionnement ! Le constat est alarmant et entraîne de graves conséquences pour la santé. Rien n’est vraiment entrepris Mais on avertit déjà la population qu’elle doit se préparer à une tarification supplémentaire dès l’année prochaine. Et comme tout ce qui se fait au fenua on n’entretient rien alors…

FALCATA

cocotier

Phosphates ? Pas phosphates ? Certains misent sur une reprise de l’extraction du phosphate de Makatea en 2015 et qui serait prévue pour une dizaine d’années. Partisans et opposants affutent leurs arguments, mais qu’en est-il et qu’en sera-t-il de la biodiversité. L’exploitation du phosphate commencée en 1917 s’est achevée brutalement en 1967, forçant une grande partie de la population à s’exiler à Tahiti. La population actuelle atteint à peine 50 personnes. Si l’exploitation laissa des traces visibles toujours aujourd’hui, il demeure que la végétation recouvre encore 60% de l’ile, et a conservé sa flore et sa faune – exceptionnelles. Il a fallu édicter des textes réglementaires pour protéger le patrimoine de Makatea. Parmi les espèces d’oiseaux protégés : la rousserolle des Tuamotu, endémique, ou ‘àti’oti’o ; le ‘u’upa ou ptilope de Makatea (Ptilinopus chalcurus), endémique de l’île et le rupe ou carpophage de la Société (Ducula aurorae) disparu aujourd’hui de Tahiti et dont la dernière population vit à Makatea. Ces espèces figurent sur la liste rouge car menacées d’extinction. Et la végétation existante ? Une forêt naturelle avec deux grands arbres au feuillage très sombre : le mouo (Homalium Mouo) endémique de Makatea et le moto (Homalium grayana) indigène et protégé en Polynésie française ; le tavevo, un palmier endémique ; le fara (Pandanus sp.p) et ora (Ficus prolixa) dans lequel niche le rupe. Les plantes envahissantes se sont déjà installées telles le faux-acacia ou Lantana camara, le faux-pistachier, et le pitipitio.

Une étude prévisionnelle sur les conséquences du changement climatique entreprise par le Criobe laisse apparaître que le corail du Pacifique blanchira chaque année à l’horizon 2050. Une grande partie des récifs risque de subir ce phénomène, la zone Pacifique Est et Centre, dont fait partie la Polynésie serait, pour le moment, épargnée. On sait que la température limite physiologique du blanchiment du corail se situe aux alentours de 30-31°C. Près de 74% des récifs coralliens à l’échelle de la planète, subiront un blanchiment chaque année à partir de 2045. Un corail blanchi, a subi une expulsion des zooxanthelles (algues qui vivent et nourrissent en partie le corail) évènement suivi de mortalités importantes.

Le remorqueur ravitailleur Revi de la Marine nationale a appareillé le 15 mars. Il effectuera une mission de cinq semaines dans le cadre de la surveillance radiologique des anciens sites d’expérimentation du Pacifique. Cette mission « Turbo 2013 » se déroule chaque année depuis 16 ans entre mars et avril. Les prélèvements dans les milieux physiques (eaux de mer, eaux souterraines, sédiments et sols) et biologiques (plancton, mollusques, poissons, eau de coco et coprah) seront ensuite mesurés par des labos accrédités par le Cofrac (Comité français d’accréditation) et certifiés par l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) pour la mesure de la radioactivité.

On en rit ou on en pleure ? 53% des 242 stations d’épuration encore présentes en 2012 présentent au moins un dysfonctionnement. Un triste état des lieux. Mais si on était indépendant ? Tout irait-il pour le mieux et on chanterait « Tout va très bien Madame la Marquise, tout va très bien » ?

Hiata de Tahiti

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Belles et bêtes à Tahiti

Ouf ! Grâce à la campagne de piégeage des espèces envahissantes à l’entrée des trois vallées Papehue, Maruapo et Tiapa, le Monarque jouit d’une bouffée d’oxygène. Il a beaucoup de prédateurs, le bel oiseau en danger d’extinction. Les merles des Moluques et les bulbuls à ventre rouge, espèces introduites qui attaquent les nids et qui sont également des calamités agricoles car destructeurs de fruits. Ces deux espèces introduites sont classées parmi les 100 espèces les plus envahissantes de la planète et parmi celles menaçant la biodiversité en Polynésie française. Les rats noirs, les busards de Gould, les chèvres, le miconia, le tulipier du Gabon sont les autres prédateurs du Monarque. La population a été mise à contribution. 60 personnes sur 215 ont effectivement participé au piégeage. Pendant 6 mois, ils ont positionné des pièges avec des oiseaux leurres dans les jardins. Ainsi 1500 merles des Moluques et 1200 bulbuls ont été éliminés de ces zones à la grande satisfaction de la Société d’ornithologie de Polynésie et des Monarques ! Le résultat ? Sept nouveaux territoires, 4 nouveaux couples se sont fixés dans les vallées et 8 jeunes s’envolaient durant la période de reproduction.

timbre petrel de tahiti

Le noha (rien à voir avec le tennisman, mais porte l’autre nom de Pseudobulweria rostrada) est un oiseau marin protégé par une règlementation territoriale. L’espèce est considérée « quasi » menacée par l’Union internationale. Les plateaux Temehani Rahi et Temehani Uteute à Raiatea accueillent la population la plus importante de Pétrels de Tahiti et de la Polynésie française. Les actions menées pour la sauvegarde de l’espèce sont le suivi des populations, l’identification des menaces et la protection des nids.

La famille des cypraeidae, les porcelaines, (pas celles de Limoges), sont magnifiques, elles sont connues également sous les noms cauri (ou cowry). Les eaux polynésiennes en regorgent. Leurs coquilles sont brillantes. Elles ont un aspect lisse qui attire l’œil. Dans les Tuamotu elles sont utilisées pour confectionner de magnifiques parures, des colliers ; les pêcheurs confectionnent des leurres à poulpe ; on pouvait les utiliser pour remplacer l’économe (le couteau éplucheur) et ôter ainsi la peau épaisse du fruit de l’arbre à pain. Ce sont des animaux nocturnes, herbivores. Ce sont les mamas qui les ramassent sur le récif à marée basse, cachées dans les anfractuosités des coraux. Aux Tuamotu, on les consomme encore aujourd’hui, crus ou cuits, marinées dans le citron ou cuites agrémentées de lait de coco.

porcelaine cypraeidae

A Moorea et à Tahiti, le Criobe, alerté par des plongeurs est en mission. Dans certain cas, on a observé 50 vanas (oursins) morts pour un vivant. Il s’agit des oursins de la famille des diadema (oursin noir ou marron aux longues épines). Deux hypothèses envisagées à ce jour : une cause naturelle provoquée par un changement de paramètres physiques, chimiques, par un changement de la température de l’eau ou du taux de salinité – ou une cause humaine ayant entraîné une forte pollution des eaux. Le site de Temae à Moorea est le plus touché par cette mortalité, inexpliquée à ce jour.

Il était une petite fourmi qui met le « feu » à Mahina. Wasmannia auropunctata ou petite fourmi de feu, invasive, a largement proliféré à Tahiti et particulièrement sur les hauteurs de Mahina. La bestiole est originaire d’Amazonie, elle est présente sur le territoire depuis 2004. Elle est classée parmi les 10 plus néfastes au monde. Elle a plus que triplé son territoire entre 2005 et 2009, et a officiellement contaminé 650 hectares à ce jour. Elle possède la particularité d’occasionner des piqûres très douloureuses et de rendre aveugles chiens et chats. Mais plus de sous dans la cassette alors depuis 2009. On attend, quoi ? Sûrement l’indépendance ! La commune est mise en quarantaine pour ce qui concerne l’évacuation de ses encombrants et de ses déchets verts s’ils ne sont pas traités. Pour le moment, la municipalité accumule encombrants et déchets verts sur le site du futur cimetière d’Orofara, en attendant mieux.

fourmi auropunctata

La Polynésie s’enorgueillit de posséder les stocks sauvages de bénitiers les plus denses au monde [rien à voir avec l’église]. La production actuelle s’écoule sur le marché local. Un développement du marché international pourrait être profitable, consommation et aquariophilie. Encore faudrait-il évaluer les perspectives le plus rigoureusement avant de se lancer. Un développement pour la chair, séchée, fumée, ou encore vivant pour le marché de l’aquariophilie. Évaluez, évaluez ! L’Asie, les États-Unis et l’Europe attendent les conclusions d’une étude qui devraient sortir en juin.

Hiata de Tahiti

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Traditions encore de Tahiti

Le traditionnel tour de l’île de Tahiti s’est déroulé dans les premiers jours de janvier. Orchestré par les associations culturelles de l’île, un village est choisi pour représenter un district. Pour les habitants, chaque tere leur permet de redécouvrir leur île et s’arrête sur les sites légendaires ou historiques. Autrefois c’était à pied et dans un secteur donné que se déroulait cette coutume, puis à cheval jusqu’en 1974, et maintenant en voitures plus ou moins bien décorées avec dans les bennes des glacières et des jeunes qui font hurler la musique. Les motos sont interdites dans le cortège par peur des accidents et sont regroupées en fin de défilé. La brigade de gendarmerie, les mutoi (policiers municipaux) encadrent la procession. Les pompiers vont en tête et l’ambulance ferme le cortège. Certains parcours ont déçu les touristes et habitants par manque d’intérêt culturel avec trop peu d’arrêts et des histoires banales alors que ce parcours serait riche en vestiges du passé. Bah ! Tout fout le camp ! Buffet ouvert à tous à la mairie de chaque village et concours de porteur de pierre. Les visiteurs déçus auraient-ils trop attendu de la mise en valeur de la culture ?

tiare tahiti

Au jardin botanique Harrison Smith, inauguration d’un conservatoire du tiare. Le tiare est l’emblème de la Polynésie française. Ce conservatoire sera situé à proximité de l’enclos des tortues. Sur les 6 variétés de tiare répertoriées, 5 sont plantées au jardin botanique : le tiare Tahitenses, le tiare Brighamii (aux fleurs plus courtes avec des pétales plus larges), le tiare Moorea, le tiare Wallis et le tiare Hawaï. La sixième variété, le célèbre tiare Apetahi, est une espèce endémique qui ne pousse que sur le mont Temehani à Raiatea. Par an, 80 millions de fleurs de tiare provenant de Tahiti et Moorea sont commercialisées dont 5 millions entrent dans la composition du « Monoï de Tahiti ».

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Les habitudes alimentaires avaient changé avec les produits importés même dans les atolls des Tuamotu. La crise s’éternise et on revient aux habitudes ancestrales. Si les ancêtres consommaient les poissons, c’est maintenant « cuisses poulet » et « entrecôte-frites » qui composent l’alimentation des atolls même les plus éloignés. Les parcs à poissons abandonnés, on en reconstruit de nouveaux. On reconstruit à l’ancienne ces pièges au pied des motu, de forme ancestrale en espérant que beaucoup de prises viendront s’y loger. Il n’y aura plus qu’à ces heureux propriétaires à collecter leurs prises et les mettre sur les goélettes direction la capitale Papeete. Heureux îliens !

Hiata de Tahiti

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Déboires techniques à Tahiti

Explosion et incendie sur un vol d’Air Tahiti, une grosse frayeur. Le moteur de l’avion en partance pour l’île de Raiatea a pris feu au décollage de l’aéroport de Tahiti-Faa’a. En urgence, le pilote a coupé le moteur et fait demi-tour. Un incident majeur qui bouleverserait les plans de vols de la compagnie… Rien ne va plus à Air Tahiti. Pannes, incidents à répétition. C’est la faute à Pas de Chance ? Plusieurs incidents, dont deux graves en 14 mois. Alors, loi des séries ? défauts de construction ? défauts de maintenance ? sur les ATR 72 de la flotte locale, mais aussi pannes à répétition sur le Twin Otter desservant Ua Pou aux Marquises. Peut-être encore une histoire de tupapau ?

Air Tahiti Nui

D’abord l’incendie, ensuite le vol de cuivre sur le câble à Hawaï, pépins successifs confirmés par Hawaiian Telecom. C’est qu’ici au milieu de nulle part ce fameux câble nous arrive d’Hawaï. Ce serait un SDF qui aurait volé le câble en cuivre, may be pour le revendre aux Chinois ?

gamin testant ses muscles

« Une arrivée digne de vidéo-gag » titrait  la Dépêche de Tahiti en contant le retour des internes originaires de Rapa au collège de Tubuai (Australes). Les élèves au retour des vacances scolaires (mi-décembre, mi-janvier) dans  leur île lointaine après une nuit passé à bord du bateau administratif Tahiti Nui, et avec plusieurs heures de retard ont pu enfin mettre pied à terre. Les enfants quittent le Tahiti Nui qui peut entrer dans le lagon mais n’arrive pas jusqu’à l’épi et montent à bord d’une des baleinières, la seconde étant hors service. Mais, le moteur de la baleinière est tombé en panne à mi-chemin entre le Tahiti Nui et la rive.

Il n’y avait pas de rames sur la baleinière. Les hommes d’équipage ont emprunté celle (une seule !) d’un jeune pratiquant le vaa (pirogue polynésienne) pour pagayer chacun leur tour et tenter de guider l’embarcation jusqu’à bon port ! Les marins, à petits coups de rame, ont amené la baleinière sur le récif et l’ont faite passer tant bien que mal, puis ils l’ont tirée à la nage jusqu’à la plage, enfin au petit quai. Les jeunes étaient épuisés, somnolents, affamés et ont finalement rejoint le collège dans le truck qui était venu les attendre la veille au soir. Il est fort possible que le travail scolaire de ce lundi matin n’a guère été à la hauteur des espérances ! Imaginez la vie de ses petits pensionnaires de 11 ou 12 ans séparés de leur famille pendant un trimestre et qui ne retournent pas volontiers au collège.

Au fait, c’était qui le ou les responsables de cette farce ? Hein ? Je n’entends pas bien ! Oui, oui, c’est la faute au popaa qui a construit la baleinière et à celui qui a construit le moteur de celle-ci. Bravo ! Il faudra bientôt remplacer popaa (blanc) par tinito (chinois) puisque tout vient de Chine.

Hiata de Tahiti

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Autour de Tahiti

Rapa Nui est tentée par l’indépendance… comme Tahiti ! L’île menace de déclarer son indépendance vis-à-vis du Chili et de déposer un recours devant la Cour Internationale de justice de La Haye contre Santiago. Les Rapa Nui (1500 personnes sur les 5000 habitants) souhaitent freiner le tourisme de masse (65 000 visiteurs débarquent chaque année), contrôler l’immigration croissante des Chiliens venus du continent, obtenir des investissements dans la santé, l’éducation et le commerce. « Nous pourrions demander notre rattachement à la Polynésie, plus proche, puisque le Chili n’a pas rempli ses obligations ». Faudrait consulter Oscar Tane, spécialiste pour l’ONU.

Rapa-Nui film

Oscar Tane est en Amérique, à New York, à l’ONU, pour réclamer l’indépendance du peuple Maori et de son territoire. « Ce peuple qui se bat avec des lances de bois contre des armes à feu », qui réclame à cor et à cris l’indépendance mais – car il y a un mais ! – avec les gros sous de la France, cette puissance étrangère qui étouffe le peuple Maohi. Au fait le ministre popaa de l’outremer Victorin Lurel est arrivé le 20 janvier à Papeete et Oscar Tane n’est pas entré au fenua. Vous avez dit bizarre ? Non, c’est normal !

Victorin Lurel, ministre des Outremers n’a passé qu’une seule journée en Polynésie française, à cause du décès de sa mère. Mais le Père Noël a déposé plein de cadeaux en janvier ! Des milliards, des emplois d’avenir comme en France alors que le statut d’autonomie de Tahiti ne le permettrait pas, des contrats de projets, la défiscalisation, et même l’ouverture des robinets de 3 milliards pour le RSPF (Régime de solidarité de la P.F.). Un grand absent Temaru « parti à New-York pour rien ». Et le sénateur indépendantiste lui aussi en mission d’accompagnement auprès d’Oscar Temaru. Les élections territoriales sont fixées pour les 21 avril et 5 mai prochains. A quand le référendum pour l’indépendance ? Qui aurait peur de ce référendum ?

L’art de plumer les pigeons européens : c’est le Prosident  qui l’affirme, il faut que les Popa’a casquent et principalement les Farani : « la France nous doit ». Maintenant il existe des séminaires destinés aux maires et aux ministres pour apprendre comment mieux capter les financements de l’Union Européenne. Car si ici on est Maohi jusqu’au bout des ongles, il faut apprendre à drainer le maximum de pépètes avec des projets bidons  et là on peut espérer aussi le Nobel des mensonges !

makatea carte

Projet d’exploration des gisements de phosphate sur l’île Makatea. L’enquête d’utilité publique préalable à l’institution d’un titre minier vient à peine de commencer que déjà des querelles entre les partisans du projet et les opposants se font entendre ! Pour les uns on parle réhabilitation de l’île pour les autres, spoliation des terres. Qui croire quand on sait qu’en Polynésie le mensonge est sport national. L’extraction du phosphate s’est terminée en 1966, elle avait commencé en 1906,  plusieurs projets avancés mais aucun n’a abouti. Et le foncier en Polynésie… il y a 1200 personnes qui revendiquent à la source, certains regroupés en association. La compagnie australienne espère trouver des phosphates et si l’exploration du sous-sol se révélait propice ils l’exploiteraient. Si tout se passe comme prévu, le premier sac de phosphate serait chargé sur un cargo en janvier 2015. A suivre.

Hiata de Tahiti

[Vient de paraître chez Stock « L’homme qui voulut être roi » de Gérard Davet & Fabrice Lhomme, concernant Gaston Flosse et sa connivence avec Jacques Chirac, comme lui il aime « les femmes, les arts premiers, la boisson qui rend gai et la politique »…]

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Chine à Tahiti

Kung hi fat choy : bonne année ! L’année du serpent d’eau pour le nouvel an chinois. Le nouveau consul de Chine à Tahiti a présenté ses vœux aux membres de la Communauté chinoise. Et pourquoi les touristes chinois ne sont toujours pas là ? De la pub pour les Chinois de Chine, un voyage moins cher, et un visa plus facile à obtenir. Les hôtels qui accueilleront les touristes chinois devront faire des efforts pour les prix et la présentation des menus écrits en chinois.

annee du serpent d eau 2013

La Polynésie a importé 16 milliards de marchandises en 2012. La Chine deviendra la première puissance économique mondiale vers 2016. Les pays insulaires du Pacifique représentent un enjeu géopolitique entre la Chine et les États-Unis. Cela permet d’en savoir un peu plus sur l’installation des Chinois à Tahiti.

Le 28 juillet 1865, les premiers Chinois arrivent à Tahiti alors Établissements français de l’Océanie. Ces coolies viennent travailler le coton pour l’Écossais William Stewart à Atimaono (le golf actuel). En 1871, ils sont taxés et immatriculés, 1000 environ, après la « faillite du coton » ils ne seront plus que 300 ou 400 individus.

chinois de tahiti debut 20e

Dans les années 1903/1904, une seconde vague plus importante arrive. Ils seront la souche des Chinois de Tahiti. Numérotés, pas Français, les Chinois nés sur le sol polynésien (1907-1912) seront déclarés Français. Peu avant la Première Guerre mondiale, tout changement de lieu de résidence, voyage dans les îles, retour en Chine est signalé, fiché et enregistré par les autorités.

Dans les années 1920-1930, sur les 30 000 habitants ils sont environ 4000. 1964, le général de Gaulle reconnaît officiellement la Chine communiste. Le 9 juillet 1973, les Chinois de Polynésie sont naturalisés Français. S’il y a changement de nom pour le franciser, la demande de naturalisation est facilitée.

Aujourd’hui les Chinois sont estimés à environ 5% de la population soit environ 10 000 personnes, mais les textes de loi peuvent changer. Prévoyants, les Chinois aisés ont préféré envoyer leur femme accoucher aux États-Unis afin que leur progéniture bénéficie de la double nationalité. On ne sait jamais…

instituts confucius

Bientôt un institut Confucius s’installera à Outumaoro. L’université de Polynésie, par la main de son Président, vient de signer une convention pour ouvrir cet institut dès l’année prochaine. Les enseignants chinois seront envoyés à Tahiti par l’institut de la diplomatie de Pékin. Gratuitement, précise le président de l’UPF.

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Tous pêcheurs à Tahiti

Article repris par Medium4You.

Poisson d’eau douce importé d’Amérique du Nord et du Vietnam, faut-il interdire la consommation du panga ? Élevé en masse au Vietnam, la bête est sous les feux de la critique sur Internet. L’autre jour c’était de la part des autorités : « Manger trop de thon, c’est pas bon », donc le panga est le poisson des cantines scolaires et des sociétés de restauration. Le Président Temaru vient de signer une convention avec la société chinoise « Jinghim Invesments » pour un vaste projet d’aquaculture au pays. Pourquoi ne pas le faire avec les propres variétés de poissons d’eau de mer du fenua ? Dans une grande surface de Tahiti vous payerez 995 CFP le kilo de tranches dégelées de panga contre 1395 CFP le kilo de thon blanc. Y’a pas photo ! Et toujours dans le poisson, le gouvernement Temaru interdit la commercialisation du mako ! Ce requin dit mako ou requin-taupe bleu appartient à la même famille que les grands requins blancs. Il est de couleur bleu-nuit sur le dessus et blanc en dessous. Hydrodynamique, sa taille maximale est de 4 m quand même.

panga

Aux Tuamotu, à Anaa chaque jardin avait un cocotier qui était destiné à recevoir les queues des poissons que le pêcheur clouait à son retour. On exposait ses trophées pour informer ainsi le reste de la population. Les ancêtres remerciaient de cette façon dame Nature. Ce sont les queues des poissons du large qui sont clouées, les grosses prises, pas les poissons du lagon. Il faut respecter un sens : on les cloue par rapport à la mer et au lever du soleil, jamais du côté du tombant du soleil. Toujours vers l’Est ! Et si, en période d’abondance « matarii ni’a » on a pris beaucoup de poissons, la coutume veut que ces prises soient partagées avec la famille et les amis. Quand le pêcheur monte sur son bateau et arrive au lieu de pêche, il prie Dieu. Ne pas partir pêcher si l’on s’est disputé ! Pour la pêche à la tortue, les rituels étaient encore plus stricts et nombreux. Il ne fallait pas avoir de rapport sexuel la veille, pas de dispute, faire attention au matériel de pêche, pas de bruit dans la maison, personne ne devait enjamber le matériel. Au retour à la maison, il fallait enterrer les restes des prises dans le sable, les poissons comme les tortues, ne jamais les jeter à la mer. Autrefois on clouait la tête de la tortue les yeux face au lagon. Si l’on faisait ça, on était sûr d’en avoir tous les jours. Les jeunes d’aujourd’hui « oublient » ou n’ont cure de ces superstitions.

Un deuxième evoxymetopon poeyi a été péché au large de Tetiaroa. Et de deux ! La bestiole mesure 2m10 pour 5 kg, capturée à 190 m de profondeur. Et si l’on faisait un recensement de cette espèce dans les eaux polynésiennes, ça vaudrait peut-être un autre « prêt » en euros, non ?

troca coquillage

13 ans après la dernière campagne la pêche au troca a été rouverte à Hao durant le mois de novembre. Les quotas ? 192 kg par travailleur, payé 300 CFP le kilo. A la fin du mois on peut espérer une rémunération de 57600 CFP. La nacre extraite de ces coquilles servira à fabriquer des boutons. Les hommes plongent, les femmes nettoient. Le résultat devra être parfait, coquille vide, sans odeur, nettoyée.

Les Maoris de Nouvelle-Zélande luttent pour sauver l’anguille géante, espèce menacée d’extinction. Anguilla dieffenbachii est la plus grosse anguille d’eau douce du monde. Elle peut atteindre 2 m de long, peser 20 kg et vivre plus de 100 ans. Autrefois prospère dans les lacs et les rivières, elle est aujourd’hui au bord de l’extinction. Si cette anguille est un géant si fragile c’est qu’elle n’atteint sa maturité sexuelle qu’après des décennies de croissance. Les plus chanceuses quittent alors les lacs et les rivières, gagnent l’océan et parcourent des milliers de kilomètres pour se reproduire une seule et unique fois dans les profondeurs du Pacifique et y mourir.

anguilla dieffenbachii

La Living Oceans Foundation termine ses recherches aux Tuamotu et à la Société.  Alors docteur, quelles nouvelles ? Des différences notables entre les deux archipels. Beaucoup des récifs autour des îles de la Société ont été endommagés par l’étoile de mer épineuse, Acanthaster Planci ou dévoreuse de corail, dite Teramea tandis que ceux des Tuamotu sont en bonne santé en général. Les récifs des Tuamotu contenaient une plus grande diversité d’espèces de corail, plus âgées et plus grandes que celles trouvées dans les Iles de la Société.

Hiata de Tahiti

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Scènes de vie tahitienne

« Pour dégraisser le mammouth, les 57 pelés de l’Assemblée, il n’y en a que 20 qui parlent. Les autres, il faut les enlever », déclare Jean-Marie Yan Tu, secrétaire général du syndicat A Tia I Mua. Occasion d’une petite rétrospective des petites phrases qui ont marqué l’année 2012.

« Pour faire bénéficier un grand nombre de familles nécessiteuses » est la réponse de la mairie de Faa’a (maire Oscar Temaru) à la Chambre territoriale des comptes qui s’interrogeait sur l’augmentation importante d’agents titulaires au sein de la commune entre 2007 et 2009.

« Avant, nous vivions bien de la perle, après, nous en vivions, ensuite, nous survivions et, aujourd’hui, nous sommes dans le coma », dit Aline Baldassari-Bernard, membre de l’Union des professionnels de la perle.

« Je ne tape pas ma race. Je frappe juste les riches, les Français et les Chinois », déclare Puna, condamné à 3 ans de prison ferme pour avoir poignardé son frère.

« Je suis devenu SDF », s’exclame Gaston Flosse, à son retour à Tahiti, après l’incendie de son domicile.

ado torse nu et cannabis

« Je ne consomme pas de paka [cannabis]. Si je plante, c’est juste pour offrir aux copains. Et puis, j’aime bien la plante, elle sent bon », avoue un jeune homme devant le Tribunal correctionnel, après la découverte de 50 pieds de paka à son domicile. A Bora Bora, le bilan 2012 du travail de partenariat gendarmerie- police municipale s’établit à 6000 pieds de paka (cannabis) détruits, 48 interpellations et 6 mutoi (flics) félicités.

Un ado condamné pour avoir forcé l’un de ses condisciples de 12 ans à se prostituer. Cet ado, 16 ans aujourd’hui, a été condamné par le tribunal pour enfants siégeant à huit clos à trois ans de prison avec sursis. Ces enfants étaient tous hébergés dans un foyer éducatif.

ado torse nu

Sa compagne arrive en retard au domicile, le tane jaloux de trois coups au visage la tue. Le couple avait trois jeunes enfants.

Teiva Manutahi de Porinetia Ora a publié un communiqué assassin des « crimes économiques » commis contre le Pays, pêle-mêle : « La pêche aux Chinois, les phosphates aux Australiens, la perliculture aux Italiens, le tourisme aux fonds de pension américains. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le gouvernement indépendantiste ne fait pas confiance à nos jeunes diplômés polynésiens. L’émancipation économique de la Polynésie est livrée pieds et mains liés à des intérêts dont la fiabilité est discutable. Porinetia Ora pense que seul le libéralisme le plus total et seule l’ouverture à la concurrence la plus libre permettront à nos industries de se relever et de prospérer ».

L’Octopus du milliardaire Paul Allen est à quai à Papeete. 126 m de long, construit en 2003, l’un des plus grands yacht privés du monde, propriété du cofondateur du géant informatique Microsoft avec Bill Gates. Ce palace flottant compte environ 41 cabines, peut accueillir trois hélicoptères, dispose de multiples hors-bord et jet-ski, d’un sous-marin de poche. L’un de ses ponts accueille bien sûr une piscine, mais également un terrain de basket. Il est estimé à plus de 250 millions $.

Le Président Temaru est golfeur. Sa Présidence a lancé un appel à projets à 7 milliards sur deux parcelles du domaine d’Atimaono à Papara. C’est que le Pei VEUT son hôtel de luxe pour attirer les riches golfeurs du monde entier.

Torrents d’eau sur le fenua et milliards de francs pacifiques pleuvent sur la Polynésie à quelques mois des élections territoriales. Connaissant le jeu polynésien, on pourrait dès à présent imaginer que ces prêts ne seraient pas remboursés, que c’est un dû au fenua. Une bouffée d’oxygène quand même qui devrait permettre de redonner de l’espoir, mais qui pourrait uniquement servir à payer les fonctionnaires du pays ! Le gouvernement local se félicite que les robinets de l’État soient à nouveau grand ouverts par le gouvernement socialiste. Qui ne demande rien n’a rien alors redemandons, redemandons encore et toujours !

Hiata de Tahiti

La France dans le Pacifique, quelle vision pour le XXIème siècle ? était le sujet d’un colloque organisé par le Sénat le 17 janvier, à Paris – loin du fenua, en métropole.

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Des bêtes à exploiter à Tahiti

La créature de 2m40 pêchée au poito le 29 juin dernier à Hitia’a par 230 m de fond est un evoxymetopon poeyi. Il appartient à la famille des Sabres. C’est un phénomène rare qui se caractérise par le filament qu’il porte sur la tête. Il aurait été observé par des Anciens qui ont réagi à la photo parue dans La Dépêche. Ce poisson a été observé à Taïwan et dans quelques îles de l’océan Indien. En revanche, il n’avait été scientifiquement observé dans les eaux du fenua. Le pêcheur est très fier car sa prise est référencée dans une base de données internationale qui porte son nom, Roméo Ly, le lieu en Polynésie française et la date de sa pêche le 29 juin 2012. Grâce à lui, l’Ifremer est désormais relié à la base internationale.

evoxymetopon poeyiL’étude d’impact sur l’environnement du nouveau centre de détention est consultable dans les deux mairies de Teva I Uta (Mataiea et Papeari). Le collectif Vaiarii nui maintient sa demande de référendum auprès de l’Etat. Il demande à la population de venir consulter les documents et de se prononcer à la mairie. Ce même collectif exprime des inquiétudes en ce qui concerne les travaux entrepris au PK 52,8 sur le site initialement prévu pour le Centre d’enfouissement technique de Papeari pour un projet d’élevage de 20 000 poules pondeuses, le collectif s’étant déjà positionné contre ce projet. Il émet également des réserves et souhaite des études plus approfondies de la nappe phréatique concernant la demande d’extension de la société Vaimato (eau de source mise en bouteille) et le projet d’exploitation de M. Lai Woa.

La maison de la perle n’a réuni que des critiques autour d’elle de la part des perliculteurs. Les idées, le gouvernement Temaru en a à revendre. Cette dernière tartuferie, le Tahiti Pearl Consortium se mettrait en place à 79 millions FCFP. Oh là, là, qu’est-ce qu’on a comme idées ici à Tahiti ! Un expert de la joaillerie aurait été nommé : M. Gaetano Cavalieri de la société Gaetano Cavalieri & Co, basée à Milan en Italie. Les producteurs de perles sont en colère contre ce projet. « Touche pas à ma perle », le slogan est créé. Affaire à suivre. Faut s’attendre au pire plus on approche des élections, chacun de dégainer. Le pays des Dalton ?

L’animal est difficile à repérer dans son milieu, c’est le poisson-feuille ou poisson scorpion feuille ou Rascasse feuille. Le Taenianotus est un petit animal d’une dizaine de cm. Il se cache sous la forme d’une feuille morte ou d’une algue qui se trouve en masse sur les formations coralliennes lagonaires des atolls des Tuamotu. Il n’a aucun intérêt culinaire.

Le « coussin de requin » est une étoile de mer singulière que l’on trouve dans les eaux de Polynésie. Cette curiosité est une étoile de mer pentagonale. Cette forme pourrait l’apparenter plus à un oursin qu’à une étoile de mer. Ses téguments rugueux comme du papier de verre évoque la peau d’un squale. Sa coloration varie du blanc, beige, gris, rouge avec des petits points rouge foncé parfois orangé, c’est une dévoreuse de corail ! Les loches et les mérous sont des poissons curieux, cette curiosité cause bien souvent leur perte. En Polynésie ils sont mouchetés, célestes, rayés, marbrés, saumonés. Ce sont des poissons robustes, trapus ; ils possèdent une grande gueule, large, pourvue de dents acérées. Les habitants des Tuamotu consomment la loche marbrée, appelé kito, commune et abondante ; elle est pourtant classée dans la catégorie des poissons à fort risque d’intoxication ciguatérique. La vente de cette loche  est interdite au marché de Papeete.

rascasse feuilleLa Rousserolle des Tuamotu ou kotiotio ou kokikokiko est un petit oiseau endémique de l’archipel. Elle ressemble à un moineau avec des plumes brun rouge ou brun clair avec un peu de jaune, de gris. Elle vit dans les cocoteraies, saute de branche en branche, se nourrit d’insectes, vers de terre, mouches, chenilles. Elle bâtit pour ses petits un nid douillet à l’aide de fibres de cocotier. Elle fouille les interstices des cocotiers pour trouver des proies. Elle est peu farouche et s’introduit volontiers dans les fare (maisons aux toits de tôle).

Aux Marquises, une bonne nouvelle pour l’association Manu, la naissance d’un oisillon chez le monarque de Fatu-Hiva. Une des membres fondateurs de l’association Manu, vétérinaire de profession stérilise les chattes domestiques de la vallée. Les minettes sont prolixes, à raison de quatre chatons chacune… plusieurs fois l’an, la famille s’agrandit vite. La venue d’une vétérinaire était la bienvenue mais elle n’était pas venue pour cela. D’autres animaux de l’île verraient d’un bon œil que des vétos patentés arrivent sur l’île pour une mission régulière, mais les habitants ne sont guère optimistes car cela fait plus d’un an qu’aucun médecin généraliste n’a posé le pied ici pour s’occuper d’eux – alors pour la venue d’un vétérinaire…

A l’avance, je vous souhaite d’agréables fêtes de fin d’année et vous présente mes vœux de santé, bonheur et réussite dans vos entreprises pour 2013.

Portez-vous bien.

Hiata de Papeete

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Survivre à Tahiti

S’il est un endroit dangereux à la Presqu’île, c’est Te Pari. Deux randonneurs français se sont perdus récemment. Grâce à une guide rencontrée quelques jours plus tôt, ils ont pu être hélitreuillés, fatigués et à court de nourriture, par la gendarmerie après s’être perdus plusieurs jours à Te Pari. Te Pari est un des lieux les plus inhospitaliers de Tahiti. Il reste une randonnée aventureuse donnant accès à plusieurs sites sauvages. Vaiote est une vallée isolée à l’extrémité orientale des falaises du Te Pari, qui abrite un ensemble de vestiges archéologiques où l’on trouve de remarquables pétroglyphes.

La grotte de Vaipoiri, au pied des falaises du Te Pari, évoque de nombreuses légendes dont la plus connue est celle de Vei, enfant du pays, qui, fou amoureux de la fille du chef de la vallée, alla affronter les monstres de la grotte. Après avoir accompli cet acte de bravoure, l’union fut acceptée. Il n’y a pas de route pour aller se frotter à Te Pari, il faut  aller à pied ou par bateau. Et attention, vous devez être bien équipés car les puissantes vagues s’écrasant sur les rochers au pied des falaises seront de redoutables pièges pour vous, les randonneurs. Enfin un dernier conseil, prenez un guide local, sinon le Haussariat devra encore faire déplacer le Dauphin. Ça coûte cher une heure d’hélico, et de plus ce sont les contribuables métropolitains qui paient, alors ce que j’en dis …

Il semble qu’il y ait plus de complémentarité entre les médecines traditionnelles et occidentale que de risques d’interaction, selon les médecins. Il faudrait distinguer la pharmacopée kanak « pour les petits maux » et la pratique de la médecine traditionnelle par le guérisseur. Le guérisseur serait plutôt consulté pour des maladies avec les ancêtres, les totems ou le mauvais sort. La maladie s’intègre dans le cadre d’un malheur, d’une malédiction, de la rupture d’un tabou, ce serait un dérèglement du cosmos. Le guérisseur va chercher à identifier ce dérèglement et y remédier par un échange matériel ou immatériel. Mais pour comprendre cette logique il faut d’abord comprendre la société kanak. « L’individu y est indivisible du cosmos. Il vit dans un univers à l’équilibre entre la terre, les ancêtres, les morts et la hiérarchie des vivants. Cette société est perçue à l’équilibre grâce à des échanges, matériels et immatériels ». Propos du Dr Salino.

L’été austral débute en décembre et se termine en mars. La saison cyclonique dans le Pacifique Sud démarre en novembre selon les météorologues. Comme pour les matchs sportifs, la météo nationale de Polynésie, Météo France, fait des pronostics sur les risques de cyclone sous nos latitudes. On semble s’orienter vers une saison plus chaude et relativement plus sèche que d’habitude. Le cumul des précipitations devrait être inférieur aux moyennes trimestrielles, les températures plus chaudes que les valeurs normales observées. El Niño est aux commandes du Pacifique…

La communauté chinoise honore ses défunts deux fois l’an à Ka-San (j’ai déjà parlé de cette fête dans d’anciennes élucubrations) et le cimetière chinois du repos éternel est arrivé à saturation. L’association Si Ni Ton gérante de ce lieu appelé aussi « Repos éternel » compte près de 10 000 tombes, dont la partie principale se trouve sur la commune d’Arue. Certaines tombes ont été laissées à l’abandon, sans aucune descendance. Dans ce cimetière chinois  y reposent aussi des Sud-Coréens, matelots ou pêcheurs et des Indonésiens. Si Ni Tong voudrait acquérir un nouveau lieu, ses recherches demeurent vaines actuellement. Les terrains sont rares et chers. Les Chinois de Tahiti gardent toutefois l’espoir de loger leurs morts décemment afin de pouvoir les honorer deux fois l’an bien que les jeunes générations ont prévenu leurs parents qu’ils ne fêteront pas Kan-San.

Hiata de Tahiti

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Qui est James Norman Hall ?

Connaissez-vous James Norman Hall, cet écrivain-aviateur américain qui a vécu à Tahiti ?

Mais oui, vous le connaissez ! Sans le savoir sans doute : Les révoltés de la Bounty, c’est lui. Il a écrit aussi d’autres livres.

Le musée qui lui est consacré est situé à Arue, sur la route de ceinture au PK 5,5 en direction de Mahina. En septembre 2011, la demeure a été classée sous le gouvernement Sarkozy, sous le label culturel et historique « des maisons des illustres ». La maison fait face à l’océan.

La demeure originelle construite en 1927, en bois de cèdre rouge a été détruite début 1998 lors de l’élargissement de la route de ceinture. Le bâtiment actuel, typique des années 1930, a été reconstruit en 1998-1999, presqu’à l’identique, sur le même terrain, quelques mètres en retrait.

La visite s’effectue au moyen de plaquettes trilingues (français, anglais, reo maohi), le mobilier est celui du couple Norman Hall. Ici on est dans le Tahiti d’antan, dans l’histoire mondiale puisque James Norman Hall a été aviateur durant la guerre 1914-1918.

Dans cette maison, a été créé l’une des œuvres de la littérature américaine rédigée sur sa machine à écrire au côté de son ami Charles Nordhof, la fameuse trilogie à quatre mains Les révoltés de la Bounty. A partir de cette histoire vraie du capitaine Bligh et du lieutenant Fletcher Christian, trois films seront réalisés, celui de Frank Lloyd en 1935 avec Clark Gable, celui de Lewis Milestone en 1962, avec Marlon Brando, et enfin, en 1983, un film réalisé par Roger Donaldson avec Mel Gibson.

Le couloir d’accès de la maison donne accès aux différentes pièces, véritables galerie de portraits, et on apprécie le mobilier de la salle à manger, du salon et ses bibliothèques, du bureau où est conservée la machine à écrire ou encore la chambre à coucher et les vestiges du pilote que fut James Norman Hall. Il vous en coûtera 800 FCP.

V., mon amie de Tahiti, a reconnu sur des photos ses grands-parents, ses oncles en culottes courtes et tantes. Les tontons aujourd’hui ont 88 et 85 ans !

Hiata de Papeete vous salue bien

Une émission de Canal Académie sur James Norman Hall par Françoise Thibaut, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques 

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