Articles tagués : pédophilie

Maxime Chattam, Le sang du temps

Qui ne connaît pas Maxime Chattam doit probablement commencer par ce livre. C’est un très bon cru de la production, un thriller à la française avec ce qu’il faut d’intrigue psychologique et d’exotisme. Cela commence par une mise au vert d’une fille qui a vu ce qu’elle n’aurait jamais dû voir des turpitudes politiques de l’ère Chirac. Le nom du président n’est pas cité mais la scène se passe « sous la Ve République » en 2004. Devinez donc qui s’accroche au pouvoir à ce moment-là depuis des années ? Cela se poursuit par le Mont Saint-Michel en hiver, lieu resserré où ne vivent à demeure que treize personnes. Cela culmine par un vieux journal intime manuscrit d’un détective anglais de l’année 1928 au Caire, déguisé sous couverture de cuir au nom d’un roman d’Edgar Poe. Nous entrons dans le mystère et c’est bien amené.

Alternent alors le présent et le passé, la jeune fille en fuite sur le Mont et le détective au Caire, les monstres tapis dans l’ombre qui les épient l’un et l’autre. En Égypte du temps des Anglais, la superstition évoque les goules, ces fantômes terrifiants qui adorent la chair tendre et le sang neuf des jeunes enfants. Au Mont, du temps de Chirac, les éléments souvent déchaînés et l’épaisseur de l’histoire évoquent le diable, terrassé par l’archange ici même, qui ne demande qu’à ressurgir parmi les hommes en noir. L’enquête de jadis s’entremêle à la quête du présent pour faire surgir le mystère. A la fin de chaque court chapitre, le lecteur a envie d’en savoir plus.

L’auteur maîtrise la technique du thriller. Il écrit bref, direct, d’époque. Son « livre » ressemble plus à un script de cinéma qu’à un roman, dans la veine tentée par Stephen King mais en moins littéraire. L’Américain écrit bien, ses mots suffisent à ses évocations ; pas Chattam. Lui a besoin de « musique » pour augmenter le pouvoir de ses mots, il en fait même tout le chapitre préliminaire. Un roman qui a besoin d’un adjuvant musical, cela veut dire qu’il est mal écrit !

Effet d’époque : les jeunes ne lisent presque plus et ont un vocabulaire limité. Les lettres leur « prennent la tête » et ils se sentent obligé d’avoir quelque chose entre les oreilles pour faire passer, tel un calmant ou un guide parental. Maxime Chattam se croit donc obligé d’écrire dans un basic french que son éducation chaotique, constamment ballotée entre les États-Unis et la France, n’a pas dû arranger. Apparaissent quelquefois des mots savants, issus tout droit du dictionnaire ; ils sont tellement incongru dans le vivier des 2500 mots dont il use d’habitude qu’ils sautent aux yeux comme le nez au milieu de la figure… D’autres fois, le jeune Maxime ne sait même pas comment dire ce qu’il ressent en français. D’où cet étrange « derelict » (p.51). Le Mont Saint-Michel serait un « derelict »… Avez-vous vu déjà ça quelque part ? Dans une banlieue quelconque ? Chez un auteur ? – Jamais. Derelict est le mot outre-Atlantique pour nommer un lieu abandonné, un bien sans maître, une épave. Pourquoi ne pas tout bêtement traduire ?

Malgré cette démagogie langagière, il reste une histoire bien distillée où l’exotisme du Caire et celui du Mont sont des décors propices à l’imagination. Ajoutez le serial killer d’usage dans les mœurs américaines, un zeste de sexe torride, une fascination pour les pratiques homo hard et un spasme délicat de pédophilie avec enfants d’une dizaine d’années torturés avec raffinement à coup de griffes avant d’être achevés, les cheveux brusquement blanchis par la terreur. Mélangez pour le contraste quelques personnages à la psychologie des profondeurs perturbée selon les manuels – et vous aurez un cocktail réussi qui vous fera passer quelques heures stimulantes.

Maxime Chattam, Le sang du temps, 2005, Pocket 2007, 468 pages, €7.90

Catégories : Livres, Romans policiers | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Elisabeth George, Une avalanche de conséquences

Après un précédent roman raté, Juste une mauvaise action, l’auteur reprend ses personnages fétiches de l’inspecteur Lynley, du sergent Havers et de la chef Ardery, pour composer un roman mieux dans la ligne. Lent à démarrer, avec des incidentes qui sont parfois des impasses, la mayonnaise commence à prendre vers le milieu et accélère sur la fin. Comme s’il fallait se remettre dans le bain. Mais le lecteur sent la répugnance de l’auteur : ne devrait-elle pas arrêter ?

Ses caractères bien connus sont de plus en plus la caricature d’eux-mêmes, comme si Elisabeth George l’américaine s’enfonçait, comme toute l’Amérique, dans un repli sur soi frileux qui fige chacun dans son essence. Thomas Lynley est et reste inspecteur, éternel procrastinateur en amour, le sera-t-il toute sa vie malgré ses succès d’enquêteur ? Barbara Havers est et reste le gros sergent au poil hérissé et au tee-shirt informe dont on se demande s’il n’est pas inspiré du sergent Garcia dans Zorro. Isabelle Ardery, commissaire, est et reste cette psychorigide qui ne sait que menacer de sanction et risque à tout moment de sombrer dans l’addiction alcoolique. Ces soi-disant britishs seraient-ils donc des marionnettes dans les pattes cette yankee qui les traite comme des sujets ? En a-t-elle marre de ses créatures ? Ses tentatives d’explorer d’autres voies ont semble-t-il nettement moins de succès, ce pourquoi elle se résigne à revenir au duo Lynley-Havers, mais le cœur n’y est pas.

Elle compose donc une histoire glauque à souhait, tout emplie de ces hantises à la mode que sont le viol, l’inceste, la pédophilie et le féminisme. Mettez une dose de chaque, agitez le shaker et servez très frais avec des petits garçons. Vous aurez une trame compliquée et des crimes bien empoisonnants, des aveux masqués et des faux coupables. Tout cela dans une avalanche de conséquences à partir d’un fait de famille, et incarné par des personnages qui se contentent de persister absurdement dans leur être : India la conne ne veut pas quitter Charlie le pleurard, la Barb n’en fait qu’à sa caboche obtuse de sous-fifre, l’éditrice Rory reste désespérément amoureuse de la féministe Clare qui aime s’envoyer en l’air… avec des hommes, Caroline la manipulatrice de tous se prend sans cesse les pieds dans le tapis des mensonges, et ainsi de suite.

Ce roman est meilleur que le précédent, mais pas à la hauteur des premiers. Le lecteur perçoit trop la fabrique et soupçonne le vrai coupable avant la fin. La psychologie apparaît fouillée mais laborieuse, bâtie en fiches prédéterminées. Une question intéressante : la fin est-elle morale ? Dans les Etats-Unis qui allaient élire Trump, la « morale » semble en effet bien élastique… Faut-il vraiment continuer à lire de la littérature venue des Etats-Unis ?

Elisabeth George, Une avalanche de conséquences (A Banquet of Consequences), 2015, Pocket 217, 759 pages, €8.60 e-book Kindle €13.99

Catégories : Livres, Romans policiers | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Esclavage islamique

Le sectarisme dans l’islam, promu par l’idéologie médiévale des princes saoudiens et les capitaux florissants qu’ils tirent encore du pétrole, doit être connu, dénoncé et combattu. Il subsiste encore trop de bénévolence chez les intellos « de gauche », trop de soupçon « d’islamophobie » qui inhibe toute raison, trop de déni.

Être « de gauche » signifiait (jusqu’à présent) être pour les libertés dans l’égalité progressive, la liberté individuelle ne pouvant être accomplie sans celle des autres, le processus étant un long chemin, mais obstiné. Être « de gauche » veut donc dire se méfier des races, des genres, des religions et des milieux sociaux qui enserrent les personnes et emprisonnent les identités dans une « essence » immuable.

Être blanc, breton, corse ou rifain est de naissance, mais cet état de fait ne doit pas enfermer dans une clôture qui exclut les non-blancs, bretons, corses ou rifains, ni se couper du reste du monde. Même chose si l’on est femme ou homme, lorsque l’on croit à Jéhovah, à Dieu ou à Allah, ou à rien – ou que l’on appartient à la grande bourgeoisie ou au petit peuple. Cela s’appelle xénophobie lorsque l’on se méfie jusqu’à la haine, ou racisme lorsqu’on se croit supérieur.

Ainsi les salafistes peuvent-ils être qualifiés de « racistes » et de « xénophobes » parce qu’ils considèrent non seulement tous les non-croyants à l’islam comme des chiens, mais aussi ceux qui ne sont pas de leur secte particulière comme des mécréants à capturer, violer ou décapiter à merci. On peut dire la même chose des intellos « de gauche » qui refusent tout dialogue avec ceux qui contestent leur irénisme ou leur naïveté.

Daesh Questions reponses sur les femmes captives

Lorsque les injures prennent la place des arguments, on peut être sûr que la raison n’est pas partagée et que les passions de haine et de rejet l’emportent. Être « de gauche » a toujours voulu dire (jusqu’à présent) choisir la voie de la raison, seule apte à tempérer les passions et à dompter les pulsions. Même au prix des excès bureaucratiques, techniciens et étatistes, je vous l’accorde – ce pourquoi je préfère cette variante « libérale » de la gauche, qui maintient la prééminence de l’humain dans la politique comme dans l’économie.

Mais lorsque la raison démissionne, par faiblesse personnelle ou parce que l’on préfère le nid de la communauté, le pire de l’animal humain peut se révéler. L’État islamique a des dirigeants intelligents et rationnels ; ils savent manipuler les bas instincts du tout-venant et les passions de la masse musulmane, frustrée par son retard à la modernité et par la domination militaire des Américains, Israéliens, Russes et autres Occidentaux.

Si l’État islamique se dit islamique, ce n’est pas par hasard, il reprend dans l’islam ce qui figure en toutes lettres dans les écrits théologiques accumulés depuis l’époque bédouine à l’époque de Mahomet. Sauf que l’islam a su évoluer et que le salafisme, très proche du wahhabisme saoudien, n’est qu’une secte rigoriste qui ne représente pas tout l’islam. Il réinterprète et remet au goût du jour des interprétations tombées en désuétude ou carrément faussée pour servir son dessein politique de restaurer un Califat (Allah n’est qu’un prétexte secondaire).

mathieu guidere sexe et charia

Ainsi de l’esclavage. Si tous les hommes sont des frères en théorie coranique… la pratique n’a cessé de justifier diverses formes d’esclavage. Naître en servitude vous asservit par essence, être capturé à la guerre fait de vous des choses dont votre vainqueur peut user et abuser (presque) à sa guise (l’usus, fructus et abusus du droit romain).

« Toutes les dynasties musulmanes ont été esclavagistes à des degrés divers. Malgré la stabilisation des frontières de l’Islam, les razzias sur les territoires frontaliers, puis la piraterie et la guerre de course ont permis la perpétuation et l’enracinement de l’esclavage ». Est-ce un militant du Front national qui écrit ces lignes ? Un raciste xénophobe et islamophobe selon les critères « de gauche » de certains intello-médiatiques ? Pas le moins du monde : il s’agit du professeur d’islamologie Mathieu Guidère à l’université de Toulouse 2. Il publie un article fort documenté sur Les femmes esclaves de l’État islamique dans le numéro de janvier-février de la revue Le Débat, publiée chez Gallimard.

En historien, il précise : « Dans la première moitié du XXe siècle ne reste donc que l’Arabie saoudite et le Yémen (…) comme contrées esclavagistes. En 1936 pourtant, le roi Abdelaziz promulgue un règlement interdisant l’importation d’esclaves par voie maritime au motif que la charia interdit de capturer et de réduire en esclavage les sujets des nations avec lesquelles il existe un traité. Les souverains du Yémen et du Koweït font de même peu de temps après. Mais le statut légal d’esclave n’est pas aboli ». Le statut d’esclave subsiste donc dans le droit saoudien…

Dans cet article fort intéressant, Mathieu Guidère traduit pour les non-arabisants (dont 95% des intello-médiatiques) une brochure explicative de l’État islamique intitulée Questions-Réponses sur les femmes captives, à destination des combattants et des nouvelles recrues. Ce qu’on y lit est édifiant : les femmes sont des objets, qu’on peut prendre et user à volonté parce qu’elles sont mécréantes, donc des choses. Il est permis d’avoir des rapports sexuels avec les femmes captives, soit immédiatement lorsqu’elles sont vierges, soit au bout de trois mois si elles peuvent être enceintes. D’où l’attrait pour les fillettes à peine pubère – dès 9 ans – car le combattant peut être sûr qu’elles sont vierges ! Même avant cet âge, « il est permis d’avoir des relations sexuelles avec l’esclave non pubère si elle est apte à l’accouplement. En revanche, si elle n’y est pas apte, il faut se limiter à en jouir sans rapport sexuel ». En jouir… vous avez bien lu.

sexe avec fillette Daesh Questions reponses sur les femmes captivesEst-ce être « islamophobe », selon l’injure à la mode des intello-médiatiques « de gauche » que de s’insurger contre cette pédophilie autorisée ? Contre cette réduction à la chose des femmes de tous âges ? Contre cet asservissement des gens qui ne croient pas comme vous ? « La femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée. Cela dénote un rapport trouble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la création et à la liberté », écrivait Kamel Daoud avant d’être stigmatisé par des intello-médiatiques qui se disent « de gauche ». Signé évident que « la gauche » est bel et bien morte ! Faut-il conseiller aux prêtres amateurs d’extrême-jeunesse sous le cardinal Barbarin de se convertir à l’islam salafiste pour que les gens « de gauche » trouvent « normal » leur mauvais penchant – autorisé par leur légitime « différence »? Est-ce ce déni de réalité, ce refus de débattre, ce refuge dans la bien-pensance morale, qui signifie être « de gauche » ? La dite « gauche » crève de ces ambiguïtés de horde, son cadavre délétère bouge encore. Il sera probablement enterré dès la prochaine présidentielle.

Comme il existe des esprits stupides, lourds et pesants, qui ne VEULENT pas voir et qui refusent de croire ce qu’on leur dit, je publie quelques fac-similés de l’article – que j’incite chacun à lire.

Mathieu Guidère, Les femmes esclaves de l’Etat islamique, 2016, revue Le Débat n°188, Gallimard, pp.106-119, €20.00

Mathieu Guidère, Sexe et charia, 2014, édition du Rocher, 199 pages, €16.90

ebook format Kindle, €11.99

Islam sur ce blog

La police « de gauche » de la pensée à propos de Kamel Daoud

 

 

Catégories : Géopolitique, Livres, Religions | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Andrea Japp, Autopsie d’un petit singe

andrea japp autopsie d un petit singe
Six nouvelles dont la première est, à mes yeux, la meilleure. ‘Le passage d’un ange’ ne donne pas son titre au recueil, ce qui est dommage car il s’agit d’amour – le thème récurrent des nouvelles. Ce bref récit se tient miraculeusement entre émotion et leçon. Loin de larmoyer, comme il est trop souvent de mise aujourd’hui, l’auteur décrit sans pathos la triste humanité, mais avec pudeur aussi sa rédemption. Il est question de pauvreté et de chevaux, d’une charge d’huissier et de dettes, d’un couple qui se délite et d’une vieille solitaire…

Les autres nouvelles mettent en scène le choc permanent entre conventions et sentiments, parents aigris et mères fusionnelles. Il n’y a guère que les hommes à être mal traités par cette féministe littéraire qui arbore une vision noire du monde.

Nul lecteur ne peut dire qu’il soit ressorti joyeux de ces pages, mais elles sont prenantes. Un brin datées peut-être, de ces années post-68 (sans Internet !) où les normes bourgeoises avaient peine à mourir, surtout en province. Viols, lesbianisme, machisme, pédophilie (d’une femme avec un « enfant » de 18 ans !), meurtre du père – on a vu bien pire depuis, mais Andrea Japp déploie tous ses fantasmes.

Seules les bêtes semblent racheter les humains – parce qu’elles sont vraies. Ainsi la jument, la chatte et même la hyène – toutes des femelles, vous avez bien noté…

Il y a de la caricature mais aussi du ciselé. On sent que cela sort du ventre, ces histoires, même si aucune n’est véridique. Bizarre pour une scientifique toxicologue experte auprès de la NASA, traductrice des thrillers morbides de Patricia Cornwell et auteur elle-même de romans policiers sous pseudonyme.

Andrea Japp, Autopsie d’un petit singe, 1998, Livre de poche 2000, 187 pages, occasion €0.01

Catégories : Livres | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,