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Jane Austen maison de Chawton

Nous allons dans le Wessex, le Devon, et les Cornouailles, sur les pas de Daphné du Maurier, Agatha Christie, Jane Austen, Thomas Hardy, Samuel Taylor Coleridge et John Milton. A l’arrivée à la gare de St-Pancras à Londres, le car nous attend, conduit par Patrick. Ce premier voyage est (bien) organisé par l’agence Intermèdes avec Anne-Cécile Véron, diplômée d’histoire de l’art, enseignante à l’Ecole du Louvre.

Direction Chawton, pour voir la maison où habitait Jane Austen. Nous commençons par déjeuner au pub en face, le Greyfriar – le frère gris, probablement de l’ordre cistercien. Le pub est bondé à l’intérieur de tous les touristes anglais qui viennent visiter la maison.

La maison de Jane Austen, où elle a habité de 1809 à 1817, est en briques rouges de plain-pied sur la rue. Elle est flanquée d’un petit jardin avec quelques arbres, et de dépendances qui servent aujourd’hui de boutique. Une plaque sur la façade indique que Thomas Edward Carpenter en a fait dont en 1949 à la mémoire de son fils le lieutenant Philip John Carpenter du East Surrey Regiment mort dans l’action en 1944 au lac Trasimène. C’est une maison de campagne où le chauffage n’est assuré que par des cheminées au bois en briques rouges, et où les pièces sont réduites pour garder la chaleur. Le climat réchauffé d’aujourd’hui ne doit pas faire illusion sur celui sévissait hier. Deux kids en short et T-shirt qui baguenaudent parmi les touristes auraient été habillés de gilets et de vestes ainsi que de pantalons et de bonnets, à l’époque.

Nous parcourons la cuisine, la salle à manger, le coin où Jane écrivait sur son mini guéridon dodécagonal, le piano-forte où elle jouait tous les matins sous des gravures de paysage et un tableau de petites filles (peut-être elle et sa sœur Cassandra). Elle était une tante aimée d’une trentaine de neveux et de nièces.

Dans la cuisine, de la porcelaine bleue et un cahier de recettes de ménage écrites à la main, ouvert sur la recette du blanc-manger. Dans la salle à manger, toujours de la porcelaine bleue et une soupe de poireaux pommes de terre. Jane débutait sa matinée par jouer du piano avant de préparer le petit-déjeuner ; elle veillait aussi sur les stocks de thé, de sucre et de vin. Le reste des tâches ménagères était dévolu à sa sœur Cassandra pour permettre à Jane d’avoir du temps pour son œuvre littéraire. Le guéridon est bien petit pour l’écriture, même si l’écrivaine rédigeait à la plume d’oie sur des papiers de petit format. Elle y voyait mal et pouvait transporter aisément ce guéridon vers la fenêtre, ou dehors s’il faisait beau. La fenêtre lui donnait vue sur la rue et les activités du village. Il a été donné en 1957 à la Jane Austen Society par la famille Knight, les descendants de son frère Edward Austen.

Il y a deux pièces en bas en plus de la cuisine, et trois chambres en haut. La chambre de Jane donne sur le jardin et comprend un lit double à baldaquin, un coin toilette dans un renfoncement à gauche de la cheminée, avec bassin de porcelaine bleue, une table de nuit et une chaise. Un portrait de Jane est dans un recoin au bout du couloir, il faut vraiment tout explorer. Il est au crayon et la montre jeune, souriante, dans une robe à col fermé et une coiffe sur la tête. C’est ce portrait, dont l’original est à la National Gallery, qui a servi au billet de 10 £ émis en 2017 pour les deux cents ans de la mort de Jane Austen. Dans une autre chambre, des lettres de Jane Austen collées aux murs.

Il fait soleil et vent. Dans le jardin, flottent sur les fils à linge des robes légères victoriennes, fleuries. Dans une dépendance, des chapeaux de paille pour se déguiser en fille du XIXe. Pour les gamins qui lanternent en attendant leurs parents, et que la culture des vieilleries ennuie, c’est déjà l’été et la mince veste de sweat tourneboulée sur les épaules ne servira que lorsque le soleil sera couché. Grêles jambes nues et torse filiforme de 10 ans, les garçons anglais sont moins sportifs et moins nourris que les nôtres. Celui que j’interroge ne sait même pas le nom du village qu’il visite. Il se contente de suivre ses parents.

Jane Austen était grande randonneuse et elle faisait de nombreuses promenades autour de son cottage. Selon Anne Cécile, le personnage d’Élisabeth Bennett dans Orgueil et préjugés est peut-être le plus proche d’elle.

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