Mexique

Retour par San Diego

Dans la périphérie d’El Rosario sur la côte Pacifique, nous refaisons des provisions pour le retour et nettoyons un peu nos équipements… et nous-mêmes. Il existe des douches (payantes) pour les routiers. Nous n’avons pris de bain que de mer durant le séjour, et le shampoing « eau de mer » lave mais ne dessale pas. Je jette là ma paire de chaussures Nike qui ont couru quelques centaines de kilomètres de semi-marathons et autres Paris-Versailles depuis quelques années ; je les ai achevées durant ces quelques jours de kayak pour marcher dans l’eau et sur les rochers – et pour éviter les épines d’oursins.

grand route Basse Californie

Deux kids blonds de dix à douze ans américains, en short, tee-shirt et tongs parlent entre eux lors d’une halte ; aucun ne daigne même jeter vers nous un regard. Nous ne parlons pas en anglais entre nous et, bien que notre van soit immatriculé à San Diego, ils ne veulent pas se commettre avec des étrangers. D’autant que nous sommes passablement bronzés.

cactus candelabre Basse Californie

A la douane, passé le double-grillage de la frontière des États-Unis, scandale ! nous avons une ou deux oranges dans la voiture. Strictement interdit ! Aucun fruit ou légume ne peut entrer sur le territoire fédéral : il y a des tas de maladies, de bactéries ou d’insectes qui n’attendent que ça pour infecter les Américains. Les fruits seront pris – avec des gants – par le douanier, et jetés dans un incinérateur. Sortis nous dégourdir les jambes dans l’attente des formalités, nous regardons une camionnette mexicaine qui a été arrêtée. Sa porte de flanc ouverte montre un gros chargement de paquets bruns : du cannabis ou de l’héroïne, je ne sais trop. Les douaniers US ne peuvent arrêter tous les véhicules, et nombreux sont ceux qui passent sans encombre, mais une fois sur dix ils en prennent un. Le chauffeur est jugé, va en prison, mais sa caution est payée par le trafiquant. Il ne risque pas grand-chose.

paysage Basse Californie

Au retour, pour nous remettre de notre périple en voiture qui fut très long, nous visitons San Diego. Elle n’est peuplée « que » d’1.3 million d’habitants, ce qui est peu par rapport à Los Angeles ou San Francisco. La marine des États-Unis y dispose de bases navales et nous reconnaissons l’une d’elle à un avion de chasse « marine » déclassé, exposé de l’autre côté de la clôture.

san diego surf

Nous n’avons pas le temps de visiter la ville entière, ni de voir évoluer les fils des 35 000 militaires de la ville, surfeurs musclés sur les plages à rouleaux, skate-boys sur les parcours bétonnés, roller-kids sur les trottoirs.

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Mais nous visitons le trois-mâts barque Star of India qui faisait la course du thé, et le parc aquatique SeaWorld où des orques apprivoisés présentent un ballet dans l’eau. J’en rapporte un sweat-shirt très robuste (qui m’a duré 25 ans !). Il est orné d’orques et d’une écume marine en relief.

san diego sea world

Je me souviens que ma première surprise fut de trouver un magasin écolo totalement inconnu en Europe, sur le modèle de ce que Nature & Découverte introduira quelques années plus tard : des parfums d’ambiance, de la musique New Age, des chants d’oiseaux ou d’insectes. J’y achète deux disques sur les bruits de vagues et les sons des forêts.

De retour à Paris en mars 1991, la guerre est oubliée, la bourse s’est envolée et le printemps revient…

FIN

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Camp sur une île déserte de la mer de Cortez

Cinglant vers les îles, nous installerons notre bivouac sur l’une d’elle, déserte. Débarquant sur la plage d’une anse, nous installons le camp en demi-cercle autour du feu de bivouac, les gros bidons d’eau et les caisses de provisions alentour.

ile deserte mer de cortez Basse Californie

Nous allons vivre de ce que nous avons apporté (il y a peu d’eau douce sur l’île) et de la pêche.

ile mer de cortez Basse Californie

L’étudiant en médecine a apporté palmes, masque et tuba, et surtout un fusil sous-marin à ressort. Il part régulièrement pêcher des poissons locaux, tel le capitaine, le mérou ou la carangue, que nous faisons griller sur la braise. Je me souviens aussi avoir réalisé des poivrons farcis au riz. On ne s’ennuyait pas, en dehors des heures de kayak.

falaise ile Basse Californie

L’île était peuplée de quelques coyotes du Mexique, plus petit que ceux du nord, et ces animaux, qui tiennent plus du renard et du chien que du loup, sont très curieux. Il n’était pas rare d’apercevoir à la nuit tombée deux yeux de braise flotter à quelques dizaines de centimètres du sol, juste à la limite du cercle de lumière.

kayak ile Basse Californie

Nous retrouvions parfois, au retour en fin de journée, les caisses et même les bidons mordus parce qu’ils sentaient la nourriture. Nous leur avons laissés quelques restes au départ, et ils nous suivaient la journée lorsque nous pérégrinions sur les rochers. L’un d’entre nous raconte même avoir vu un coyote regarder fixement, assis sur son train, un autre garçon se laver au filet d’eau qui coulait d’un rocher. Ils nous évitaient mais n’étaient pas peureux. Une distance minimum d’une vingtaine de mètres entre eux et nous leur suffisait.

iles mer de cortez Basse Californie

Les quatre jours écoulés, nous quitterons l’île pour rallier la péninsule, affaire de 5 ou 6 milles, puis redémonterons définitivement les kayaks, ce qui demande à chaque fois une bonne heure, pour tout ranger dans le van et reprendre la route de Tijuana.

plage ile Basse Californie

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Sur la mer de Cortez

Nous camperons dans plusieurs endroits côté Pacifique. Dans l’un, une dune entre la mer et le camp nous protège du vent presque constant qui vient du large, et en partie de l’humidité du matin et du soir.

barques de pecherus Basse Californie

Nous apercevons les deux îles en face.

dune pacifique Basse Californie

Des pélicans bruns plongent près de la rive pour y attraper on ne sait quelle proie facile.

pelicans bruns Basse Californie

Des cormorans, les fous à pieds bleus et les inévitables goélands – ces rats des mers – volent également ici ou là. L’espèce dite à pieds jaunes est une variété singulière à la mer de Cortez.

goelands Basse Californie

Nous lions connaissance avec des pêcheurs de crabes bleus sur trois barques, râblés comme des Indiens et tannés par le soleil. Ils habitent le village voisin, à un kilomètre ou deux de notre bivouac.

village de pecheurs Basse Californie

Ils collectent des centaines de gros crabes aux longues pinces, apparemment bien nourris, dans des casiers plastiques bleus.

pecheurs de crabes Basse Californie

Mon espagnol peut se déployer, bien que certains mots soient locaux.

peche Basse Californie

Nous mangeons le dernier soir avec eux un barbecue de crabes grillés tandis que nous offrons quelques bouteilles d’alcool fort. Ce sont des hommes.

barbecue pecheurs Basse Californie

Même si certains n’ont pas encore 16 ans, on devient hombre tôt en ces contrées.

crabes bleus Basse Californie

Nous reprenons le van pour une étape qui remonte vers le nord, la baie de Los Angeles, cette fois sur la mer de Cortez. Rien que ces noms sur la langue paraissent exotiques.

dune Basse Californie

La sierra descend sur la mer et forme de beaux promontoires. Nous explorerons la baie en kayak, apercevant de temps à autre une baleine au loin. Mais il est rare que nous ayons la chance d’en voir une de près. Ces bêtes n’aiment pas la compagnie et, même si nous n’avons pas de moteur pour les effrayer, elles ne voient pas vraiment qui nous sommes et s’empressent de filer à plus de 5km/h, qui est notre vitesse maximum à la pagaie. Pagayer à deux ne suffit pas à les suivre… et la mer est vaste ! Nous sommes vite fatigués de pagayer et pagayer sans trêve, car les distances sur la mer sont grandes ; 8 à 12 milles par jour nous suffisent ! Les photos que nous pouvons prendre, au détriment de la vitesse pour avancer car il faut quitter les pagaies, montreront le plus souvent une fourmi dans un désert, la baleine au loin, minuscule, dans l’étendue marine. Ce programme écolo est un peu une arnaque. Nous pouvons voir d’assez près cependant des dauphins et même un éléphant de mer.

C’est en fait l’étrangeté de ce paysage isolé du Mexique qui fait le charme de ce périple, son aspect sauvage, encore préservé, très nature.

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En kayak de mer pour les baleines…

Les baleines grises de 12 à 14 m de long sont censées séjourner de décembre à mars dans la mer de Cortez, cette mer intérieure entre le continent mexicain et la péninsule de Basse-Californie. L’eau, plus chaude et moins agitée que dans l’océan Pacifique, fortement garnie de plancton et autres débris organiques, est propice à la mise-bas des baleineaux et à leurs premiers coups de nageoires. Elles retourneront dans l’Arctique avec leur petit, 15 000 km plus au nord.

kayaks nautiraid Basse Californie

À San Carlos, grosse ville face aux îles Magdalena et Santa Margarita du Pacifique, entre lesquelles nous allons évoluer en kayak, nous faisons provisions de nourriture pour le séjour. Nous y passerons les quatre jours suivants. Nous laissons le van, montons les kayaks et y entassons dedans nos bagages personnels, les tentes, l’eau potable et la nourriture pour les quelques jours que nous allons passer en autonomie sur l’eau.

plage pacifique Basse Californie

Un kayak de mer à deux places du genre Nautiraid, long de 5m20 et large de 90cm contient beaucoup de matériel, plus qu’on ne le pense au premier abord ! Le poids ajoute à la stabilité, d’autant que l’engin est équipé de flotteurs latéraux.

kayaks grand nord grand large Basse Californie

Nous nous mettons en bras pour quelques heures avant de bivouaquer à nouveau au bord de la plage, dans un lieu où un rio vient se jeter dans l’océan. Des buissons ras fixent le sable tandis que les bords du petit estuaire font mangrove, colonisés de plantes vertes et vivaces avides d’eau douce. Feu de camp, conserves, montage des tentes, cela fait plus aventurier que scout car il n’y a personne alentour. Le Mexique est grand, la Basse-Californie très longue et presque déserte.

bivouac Basse Californie

Il fait autour de 25° la journée et nous vivons en short et tee-shirt lorsque le soleil tape trop, sans tee-shirt le plus souvent, sauf le soir à la fraîche ou sur l’eau – mais toujours avec des chaussures de type Nike car scorpions et serpents sont tapis dans les creux – notamment le crotale… annoncé par sa sonnette quand il est en colère. Nous leur avons fait peur – ou nous n’en avons pas surpris – car nous n’en avons pas vu. En revanche, nous avons vu courir nombre de scorpions, même le poilu, géant du désert, impressionnant. Ils se nichent volontiers dans les trous des cactus morts, que nous utilisons pour faire du feu. Ne prendre ces bois morts qu’avec les précautions qui s’imposent, être piqué dans le désert serait inconfortable, le premier hôpital étant à plusieurs heures de routes. Quelques vautours, perchés sur les grands cactus, surveillent la scène comme des croque-morts.

torse nu Basse Californie

Nous voyons sortir de multiples petites bêtes et nombre de scorpions de ces troncs, lorsqu’ils sont attaqués par la flamme. Il faut fermer la tente lorsque la chaleur tombe, pour éviter qu’ils ne se mettent dans les sacs de couchage – dont le mieux est de les laisser serrés dans leur enveloppe jusqu’au coucher. Il faut aussi secouer ses chaussures avant de les mettre le matin, et si possible pas sur son duvet mais en ouvrant la tente, au cas où.

camp pacifique Basse Californie

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Dans le Pacifique

Le bain dans le Pacifique était pour moi une grande première.

mousse vagues Basse Californie

L’eau y est relativement froide, un courant remonte vers le nord, mais mousseuse à souhait sur la plage en pente douce où vient s’écraser la longue houle arrivée directement d’Asie sans presque rien rencontrer sur sa route.

vagues sur la greve Basse Californie

Le mouvement des vagues dessine de gracieuses ondulations sur le sable de l’estran.

ondulation plage Basse Californie

D’innombrables coquillages apportés par le flot, ramassés par personne, jonchent le sable.

plage coquillages Basse Californie

Je rapporte deux gros bigorneaux, dont l’un trône toujours dans ma bibliothèque. Ils sont de taille à écouter la mer dedans, parfaitement blanchis par les crabes et par l’eau.

vague Basse Californie

Le jour suivant, nous manœuvrerons les kayaks sur la mer pour bien les prendre en mains. Pour beaucoup d’entre nous, c’est une première fois et nous devons nous y habituer.

guide Basse Californie

Ce n’est pas compliqué, le barreur est à l’arrière, confortablement assis, les pieds sur deux pédales qui commandent grâce à des câbles le safran à l’arrière. Pied droit pour aller à droite, pied gauche pour aller à gauche. Il pagaie lui aussi mais son centre de gravité décalé le rend moins efficace que le pagayeur avant, sur un siège à dossier lui aussi, dont l’impulsion fait avancer principalement le bateau. Bien sûr, cela mouille un peu, l’avant recevant les embruns et l’arrière les gouttes des coups de pelle du premier.

kayak nautiraid Basse Californie

Mais il fait chaud et la peau nue aime bien ce frais régulier, d’autant que les gilets de sauvetage engoncent, même portés directement sur la peau.

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Bivouac dans le désert californien

Le premier soir nous bivouaquons dans le désert, un peu à l’écart de la route, sous des tentes canadiennes pour deux.

tente Basse Californie

Non qu’il fasse froid ou même humide, mais les scorpions et autres lézards ou serpents sont nombreux dans les herbes…

bivouac Basse Californie

Nous sommes au milieu des buissons secs et des cactus candélabres qui s’élèvent comme des doigts dressés vers le ciel où se meurt, au loin, le soleil Pacifique.

cactus Basse Californie

On dit qu’il existe 120 espèces de cactus en Basse-Californie.

cactus candelabre Basse Californie

Le cactus-cardère (cardón) est encore plus grand que le candélabre, il peut atteindre 20 m de haut ! A la première pluie, il emmagasine de l’eau qu’il consommera durant une période sèche, pouvant perdre jusqu’à 60% de son volume. Ses fleurs s’ouvrent dès la tombée du jour, pour éviter la déperdition d’eau durant les grosses chaleurs, et se referment au petit matin. Les abeilles et les oiseaux viennent à ces heures polliniser la plante.

cactus cardon Basse Californie

L’arbre loup-garou (cirio) est surprenant : son tronc imperméable garni d’épines peut atteindre 70 cm de diamètre et s’amincit à mesure qu’il monte, comme une carotte plantée à l’envers ; il ne se réveille que lorsqu’il pleut, se couvre de feuilles en quelques heures et fleurit.

paysage de cactus Basse Californie

Ce serait un vrai décor de western, n’était la plaine rase. Le feu est alimenté de cactus morts, notamment des cactus orgue dont la structure cellulaire aérée brûle très bien.

ocotillo Basse Californie

L’ocotillo est un arbuste aux fleurs en grappes dont le nectar est très énergétique, une aubaine pour les colibris migrateurs. Sur les lignes téléphoniques des bords de route ou même sur les cactus, le Ball Moss (la « mousse en boule » ou tilandsia) est typique des décors westerns : c’est une broméliacée épiphyte qui se nourrit de brouillard. Le courant froid de Californie lui en fournit sa ration chaque matin.

 

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Basse Californie mexicaine

Nous prenons place dans un gros van General Motors au moteur V8 qui avale la route (et suce du carburant). Passage au Mexique à Tijuana, sur la route de la côte. La ville est dense, peuplée, sordide.

san-diego tijuana frontiere

Nous nous empressons de poursuivre le long de la côte Pacifique pour emprunter la longue route vers l’extrémité de la péninsule de Baja California, divisée en deux États (le Mexique est un État fédéral).

plage Basse Californie

La ville de La Paz est à environ 1200 km de là en Baja California Sur mais nous n’irons pas jusque-là, nous arrêtant d’abord aux deux-tiers à San Carlos côté Pacifique, puis remontant vers le nord pour nous arrêter dans la Bahia de Los Angeles, côté mer de Cortez.

baies a kayak Basse Californie

La mer de Cortez a un lien avec la fameuse faille de San Andreas qui a fait 700 morts à San Francisco en 1906. La plaque Nord-américaine et la plaque Pacifique coulissent l’une sur l’autre, faisant naître la faille… et ouvrant la mer de Cortez au sud. Cette séparation de la Basse-Californie du reste du Mexique fait que toute la péninsule s’éloigne vers le large à la vitesse de 2.5 cm par an ; dans 5 millions d’années, dit-on, elle sera devenue une île.

goelands Basse Californie

Dans ses paysages, nous n’avons pas l’impression d’être au Mexique, du moins pas dans le Mexique de légende, celui des monuments Aztèques et des forêts tropicales. Nous sommes plutôt dans un « désert » d’herbes sèches en buissons, de cactus plantés comme des colonnes, de sierras dont les sommets peuvent atteindre 2500 m au-dessus du Pacifique. La faune et la flore y sont particulières, non reliées au reste du Mexique, plus « continental ». La population, métisse, n’est que d’environ 3 millions de personnes.

Nous traversons en deux jours plaines, villes et villages. Des Américains en vacances roulent en convois de longs camping-cars. On dit qu’ils apportent tout des États-Unis, méfiants sur la nourriture, sur l’eau potables et sur les relations avec les commerçants indigènes.

route Basse Californie

La route n’est pas très différente des routes américaines, filant tout droit et bordée parfois de bourgades installées pour elle tout autour : des restaurants rapides où l’on mange gras et trop cuit, des hôtels bungalows un peu miteux, des fils électriques et téléphoniques courant sur les bords et en travers. Nous sommes dans le tiers-monde.

trucks Basse Californie

De gigantesques trucks américains, immatriculés au Mexique, passent dans un grondement de tonnerre. La route est droite… sauf un virage assez serré à la bifurcation vers Santa Rosalillita, au premier tiers vers le nord. Il arrive que, de nuit, des chauffeurs loupent le virage, à moitié endormis ou pris de boisson. Nombre de carcasses jonchent le contrebas.

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Où partir pendant la guerre du Golfe ?

Du 23 février au 9 mars 1991, j’effectue un raid en kayak de mer « pour observer les baleines grises » en Baja California au Mexique, avec l’agence “ Grand nord / Grand large ”.

carte Basse Californie

Il faut dire qu’il y a peu de possibilités de voyager à l’époque, la première guerre du Golfe est imminente pour faire reculer le dictateur irakien Saddam Hussein qui a envahi le Koweït. Tous les vols sont annulés, sauf les liaisons transatlantiques car les missiles Scud lancés d’Irak pleuvent sur l’Arabie Saoudite, Israël, Bahreïn, le Qatar et menacent la Turquie. Ce périple pour « voir les baleines » est donc un peu contraint et forcé : y serais-je allé si j’avais eu un autre choix ? Probablement pas, puisque j’irai au Népal les mois suivants, lorsque la guerre aura eu lieu, que Saddam Hussein aura été vaincu en quelques semaines et que les craintes d’attentats aériens auront diminué, notamment à Roissy. L’inquiétude était forte en ce temps-là chez les Américains comme chez les Français, du fait de l’importante communauté arabe en France. C’est dire si les contrôles étaient multipliés à Roissy même.

Ogre Saddam Hussein et Stephen 23août1990

Après une préparation aérienne de la coalition internationale de 34 pays, qui a commencé le 16 janvier, la mise en route des troupes terrestres n’a pas encore eu lieu mais la date de l’ultimatum à l’Irak expire cette nuit. Le commandant de bord du Boeing nous déclare au micro qu’il nous informera du déclenchement de l’offensive dès qu’il en aura connaissance. Rien ne se passera durant le vol. De fait, mais nous ne le saurons qu’au retour car nous étions avant l’Internet et les mobiles… les troupes terrestres américaines, saoudiennes et koweïtiennes foncent vers Koweït-City dès le 24 février. http://guerredugolfe.free.fr/fevrier.htm Environ 250 chars américains vont combattre les 200 chars soviétiques de la Garde républicaine, élite du régime qu’ils vaincront très vite, les Britanniques s’enfoncent vers Bassorah pour prendre les Irakiens à revers tandis que les Français se dirigent vers As-Salman pour prendre l’aéroport.

Explosion de joie patriotique au retour aux États-Unis, le 8 mars, la guerre terrestre s’est terminée en quelques jours, le 27 février Saddam Hussein s’est retiré du Koweït, a accepté sans conditions les résolutions de l’ONU et réclamé un cessez-le-feu immédiat. Nous n’avons rien suivi de cette guerre éclair médiatique.

cactus Basse Californie

Nous débarquons à Chicago en fin de soirée du 23 février et le fonctionnaire des douanes est méfiant. Bien que disposant d’un visa de 5 ans obtenu à Paris et d’un tampon d’entrée-sortie à Anchorage (Alaska) deux ans avant, il avise mon passeport sur lequel figure en plus d’un visa pour le Mexique un tampon marocain et un algérien ; c’est ce dernier qui l’intrigue. Conversation en anglais : « Pourquoi avez-vous été en Algérie ? – Pour faire du tourisme au Sahara. – Pourquoi aller au Sahara ? – C’est comme pour vous le Mexique, un lieu mythique et de vacances avec randonnée en chameau. » Peut-être mon accent en anglais, pas si marqué : « – Vous êtes sûr que vous êtes français ? Chantez-moi une chanson… » Je commence Au clair de la lune. Pas simple de me souvenir d’une chanson, il y a belle lurette que les Français ne chantent plus, n’apprenant même plus à l’école primaire, n’allant plus ni aux scouts, ni à la messe. Après quelques mesures : « Bon, ça va, passez ! ».

Parce que nous ne sommes pas seulement en transit pour le Mexique, nous prenons un vol intérieur aux États-Unis pour joindre San Diego, y passer la nuit pour partir la journée suivante. Nous louons un van pour sept, y entassons nos bagages – dont les quatre kayaks de mer démontés dans leurs gros sacs – et passons la frontière. Il serait plus sûr pour tout un tas de raisons (de mécanique, d’assurance, etc.), me dit-on, de louer aux États-Unis et pas au Mexique.

mer Basse Californie

Celui qui nous guide est un étudiant en médecine en cinquième année à Paris, dont je n’ai pas jugé utile de me souvenir du nom. Il était très centré sur lui-même et un brin autoritaire. Abordant la randonnée en kayak pour la première fois, je me suis dit (à tort) que mon carnet prendrait l’eau, et je n’ai pris aucune note. Seules les photos (à l’époque argentiques et avec un appareil étanche, donc en faible nombre) et la documentation de l’agence subsistent comme traces, hormis les souvenirs. Je reconstitue donc ce séjour de mémoire ; elle est faillible, mais des images gravées sur la rétine me restent parfois, isolées, je ne sais pourquoi. Ce ne sont en tout cas pas de « faux souvenirs ».

Nous débarquons à San Diego pour y découvrir une ville basse, très étendue, longeant la mer. Nous aurons une journée au retour pour visiter la ville.

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Croisière au Mexique

Nous partons pour le Mexique, Cabo San Lucas à 748 milles nautiques. Et déjà, on nous invite à visiter les boutiques de luxe, le casino, à tester le porto, les liqueurs, en faisant chauffer la carte bleue… Oh ! Juste une signature sur le bon de commande avec présentation du sea-pass. Olé ! Wifi partout sur le bateau connectez-vous, c’est facile, vous créez un compte et vous passez bien entendu d’abord par la case départ « caisse » (59 $ pour 90 minutes, ou 109 $ pour 240 minutes, ou encore 429 $ pour 1680 minutes), ce n’est pas cher (vous ne paierez qu’en fin de croisière !) et ça peut rapporter gros.

Durant la nuit nous avons vieilli d’une heure. Ce premier jour en mer on propose du blabla sur les deux escales au Mexique, une présentation des émeraudes colombiennes, un cours de tango, du bingo, des bijoux en vente avec une réduc de 10 $, du fitness, etc. Et ce soir, pour aller casser la croûte au resto, grand tralala Formal (tenue de gala) !

cabo san lucas

A 11 heures, l’Infinity arrive à Cabo San Lucas, Mexique. Cette petite ville est située dans le sud de la péninsule de la Basse-Californie. Assez peu de sites touristiques dans cette agglomération de 56 000 habitants, des formations rocheuses, dont El Arco à Lands End constitue une particularité : une roche de granit dotée d’une voûte.

cabo san lucas arche

Baja (ancien nom de Cabo San Lucas) a été aperçue en 1537 par le pilote de Herman Cortes, Francisco de Ulloa, après la conquête de l’Empire Aztèque. Cette découverte ne valait que peu car sans or, ni argent, et un très faible potentiel agricole. Toujours la même bouffe ennuyeuse et fade aussi bien au buffet qu’au restaurant Treillis, dont le chef aurait été « gagneur du prix Emmy Bravo ». Bof ! Ce ne serait pas un truc qu’on trouve dans les pochettes-surprises ? Une attraction sur le pont : un sculpteur de fruits et légumes, très spectaculaire. Ce soir au théâtre, Gary Arbuthnot, flûtiste irlandais aussi à l’aise dans le répertoire classique, pop, jazz. Mais attention, attention ! Le Norovirus est à bord avec ses maux d’estomac, sa diarrhée, ses vomissements, si vous avez ces symptômes filez chez le médecin.

puerto vallarta statues

Nous avons encore avancé nos montres d’une heure et sommes en vue de Puerto Vallarta, toujours au Mexique. Ici on peut « magasiner ». La ville est un grand port et une destination touristique importante. Une ville de 165 800 habitants lieu de tournages de la Nuit de l’iguane (1964), le Magnifique (1973), Predator (1987), Vengeance (1990) et le Chihuahua (2008). Départ du bateau direction Puerto Quetzal au Guatemala, distant de 1042 milles nautiques.

puerto vallarta acrobatie

Un événement bien apprécié, le concert ce soir par le pianiste Brooks Aehron. Sinon, expo d’art, blackjack, vente de diamants, dégustation de Jameson (des frais s’appliquent). En mer, il faut s’occuper ! Alors au programme de ce jour on apprendra comment acheter une émeraude, découvrir l’Europe sur Celebrity, tournoyer au blackjack, nourriture et vins comment apprendre à les marier, il y a toujours des forfaits boissons à vendre, Kerastase pour les cheveux, lavez-vous souvent les mains, familiarisez-vous avec les lignes directives sur le bateau, fitness, et au théâtre Colleen Williamson. C’est quand même une rude journée, surtout quand on n’a rien à faire !

En mer, et ce soir tenue de gala obligatoire dans tous les restaurants. Pour ceux qui ne peuvent pas quitter leur pantalon ou leur jupe chiffonnés et leur tennis de marque…, direction l’Ocean View Cafe, le resto-self pas snob du tout. Mais il y a d’autres distractions durant la journée, comme par exemple un tournoi de machines à sous, l’histoire des œufs de Fabergé, comment préparer un steak (j’en tremble d’avance !), danser avec les officiers, préparer la traversée du Canal de Panama, basket. Après la guitare et voix de Charlie Butler, il y aura au théâtre Colleen Williamson (chanteuse) et Gary Arbuthnot (flutiste), ensuite du karaoké, et une dégustation (payante) du vin de porto à 22 heures… histoire de bien dormir ?

Hiata de Tahiti

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J’ai visité le site d’où est partie la fin du monde

La « fin du monde » (maya) est une histoire de calendrier et de computation. Un cycle commencé en 3114 avant JC se termine et un autre commence – parce que le calendrier solaire de 365 jours et le calendrier divinatoire de 260 jours ne coïncident que rarement. Il n’existe que 13 chiffres mayas, donc tous les 13ème bak’tun un nouveau cycle commence. Les ignares ont vu sur Internet que « le calendrier » maya situait la fin du monde le 21 décembre 2012 (ou peut-être le 23). Les ignares sont donc « cru » que c’était arrivé, tout comme la finance en 2008, les millénaristes en 2000, les partisans de l’Ancien régime en 1940, les pacifistes en 1914, les anarchistes en 1871, les Lumières en 1789, les moines en l’an mille… Déjà « le monde » était né du chaos en Grèce antique, tout comme le Crépuscule des dieux allait advenir dans le monde nordique. Et alors ? La terre continue de tourner, le soleil de briller, la galaxie d’étaler sa spirale – et l’humanité est toujours vivante.

calendrier maya et bas relief

Mais les ignares ont « la croyance ». Nul ne peut rien dire contre les croyances. Aucune raison ne saurait en venir à bout. C’est au contraire prétexte à délires, comme les lycéennes immatures de Poubelle la vie, le feuilleton phare de la chaîne multiculturelle régionale. Faire « des conneries », voire « baiser pour la première fois » : les ados auraient-il besoin de prétextes ? Redécouvre-t-on l’idéologie ou l’emballage marketing avec la soi-disant « fin du monde » ? L’idéologie, chacun devrait le savoir depuis l’imbibition marxiste des profs du secondaire, est le masque des intérêts. L’emballage marketing, chacun devrait le savoir depuis l’imbibition intello-médiatique des Normaux supérieurs, est la manipulation du désir. Un prétexte pour forcer la main. Rien de tel qu’une bonne peur bleue pour que la ou le chéri(e) vienne se blottir dans vos bras – et plus encore pour oublier. Nous sommes bel et bien dans La société du spectacle.

palenque tête maya en forêt vierge

Mais le calendrier maya est réel, la date d’aujourd’hui n’apparaît qu’une seule fois sur l’ensemble des stèles mayas découvertes. Il s’agit du monument 6 de Tortuguero, lié au site de Palenque au Mexique. Je l’ai visité par une riante matinée, avant les grosses chaleurs du jour et l’afflux des touristes. Voilà un site enchanteur tel que je les rêvais dans mes lectures d’enfants, de vieilles pierres monumentales érodées, une jungle proliférante au-dessus et alentour, les mystères des rites oubliés.

Bob Morane y situait quelques-unes de ses aventures, exaltantes pour les gamins de 12 ans des années 60. Les photos de quelques têtes mayas parues en noir et blanc dans la vieille revue Archaeologia ont entretenu ma flamme d’archéologue en herbe. « Aux confins septentrionaux du pays lacandon, où la montagne couverte de forêts vient s’achever en contreforts et en gradins qui dominent la plaine marécageuse, les monuments gris et dorés de Palenque se détachent sur le moutonnement vert de la jungle », écrit Jacques Soustelle dans son livre Les Quatre Soleils.

bob morane et revue l histoireNous pénétrons dans un bois clairsemé au-delà duquel nous pouvons apercevoir une partie des 15 hectares fouillés sur une superficie évaluée à 16 km². Palenque signifie « maisons de pierres fortifiées », traduction espagnole du mot chaol Otulum. Le site aurait été occupé de -100 à +900 avec son apogée au 7ème siècle sous le roi Pacal pendant 46 ans, auquel a succédé son fils durant 18 ans. Le déclin de la cité commença quand le successeur du fils fut vaincu par le roi de Tonina et décapité selon les rites. Des peuples venus du golfe du Mexique affaibliront progressivement la ville continentale jusqu’à son abandon. Cortès ne l’a pas vue durant son périple. Le père de Solis, venus évangéliser, la découvrira en 1746, le comte aventurier français Jean Frédéric Maximilien de Waldeck y passera un an, en 1832, pour dessiner les ruines.

Palenque expédition Stephens & Catherwood

Mais ce seront Stephens et Catherwood, en 1840, qui révèleront Palenque au public en publiant leur récit de voyage. Il est vivant, sensible et imagé, illustré de gravures réalistes ; il se lit encore agréablement aujourd’hui. « Nos Indiens crièrent « el palacio ! » et nous vîmes, par les éclaircies de la forêt, la façade d’un grand édifice dont les piliers étaient ornés de personnages en stuc, aux formes curieuses et raffinées. Des arbres avaient crû tout près et leurs branches pénétraient dans ses ouvertures. Unique par son style et l’effet qu’elle produisait, cette extraordinaire structure nous frappa par sa beauté funèbre ». Les fouilles scientifiques du site n’ont débuté qu’en 1949 et se poursuivront longtemps.

Palenque temple et plan generalNous commençons par le temple de la Calavera. Ce terme signifie « bambocheur » mais aussi « tête de mort », parce que l’on y a découvert un relief en stuc de crâne modelé sur un pilier de la galerie. Pour les amateurs de chiffres, la tombe contenait 670 pièces de jadéite, aujourd’hui au musée du site, un vrai trésor ! Mais le roi Pacal a sa vraie tombe dans le temple en pyramide d’à côté, dite « des Inscriptions ». Elle fut découverte en 1952 après 1269 ans de secret. Quatre hommes et une femme ont été sacrifiés en même temps que le roi et laissés là, dans le couloir funéraire, pour l’accompagner dans cet au-delà auquel la plupart des humains tentent désespérément de croire. La crypte renfermant le sarcophage de 3 m de long et pesant 20 tonnes a une voûte de 7 m de haut. De somptueux ornements de jade reposaient sur la poitrine, les poignets, les doigts et les oreilles du défunt. Un masque funéraire en mosaïque de jade recouvrait son visage, les yeux en coquille et obsidienne. Les deux têtes en stuc de Pacal à 12 ans (âge où il devint roi) et de Pacal adulte, ont été découvertes sous le sarcophage. La pyramide a, selon les datations au carbone 14, été construite après la tombe, en une vingtaine d’années.

Le fameux « palacio » se visite en groupe. 100 m de long, 80 m de large, 10 m de haut, il comprend deux cours, une tour de 15 m de hauteur et une série d’édifices dont les usages restent obscurs. Des reliefs en stuc montrent le fils de Pacal, Chan-Bahlum, dansant devant sa mère. Dans la cour de la Maison A, ce sont des captifs agenouillés qui se soumettent. Des galeries souterraines, au sud, permettent de ressortir vers le rio Otolum. Une fois passé le pont, fin de la visite commentée, la liberté commence.

Palenque bas reliefUn petit sentier mène au temple XX d’où il est aisé de photographier le temple de la Croix, celui de la Croix Foliée et d’autres temples. Elles s’élèvent à une vingtaine de mètres du sol et permettent d’accéder à une sorte de sanctuaire représentant cet inframonde qui communique avec les défunts. Le fils Pacal, qui devait bien aimer son père, les a fait bâtir pour cela. Depuis les corniches du temple de la Croix qui domine le site, je peux prendre en photo les autres temples découverts, dont le temple du Soleil en face. Le reste du site est dans la forêt, ce qui donne de l’ombre et de jolies vues. Ce qui sert aussi à réfléchir sur l’histoire et sur l’obstination de la nature à tout recycler dans le temps.

PalenqueCes pyramides, durant de longs siècles, avaient disparu du regard des hommes, recouvertes par la jungle. La nature, avec lenteur et patience, avait repris ses droits, ne laissant de traces de l’homme que cet ordre enfoui des pierres. Je pense à ce naturaliste qui déclare qu’il suffirait de « laisser faire », une fois coupée la source, pour que toute pollution se résorbe d’elle-même, tant la nature est luxuriante. Sur le long terme, le plus patient et le plus têtu gagne, comme l’eau des philosophes chinois. Souple, éminemment adaptable, l’eau se coule dans tous les moules qu’on veut lui imposer. Mais elle pèse, elle s’infiltre, elle passe par toutes les failles. Elle ne peut que gagner.

Palenque gaminLa grandeur de l’homme est justement de s’opposer un temps au courant, de bâtir un ordre éphémère au-dessus de la nature (mais pas « contre » elle, il en fait partie !). Existence tragique puisque l’homme n’a que moins d’un siècle de temps à passer alors que la nature a des millénaires devant elle… Il n’empêche que transformer le donné naturel pour l’adapter à l’homme, c’est cela même qui est « la civilisation ». Et tous ceux qui ne veulent rien changer ou, pire, revenir à une neutralité de cueillette, ceux-là sont des « barbares » puisqu’ils veulent abandonner ce qui fait l’homme même pour le ramener à sa pure condition d’animal prédateur.

Peut-être est-ce le retour de cette « barbarie » qui est pour l’homme « la fin du monde » ?

Les Mayas : la fin du monde n’aura pas lieu, dossier de la revue L’Histoire, décembre 2012, €6.20 en kiosque ou sur www.histoire.presse.fr

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