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Ermitage et monastère de la steppe

Nous remontons sur nos petits chevaux pour aller voir des tombes « scythes » aux stèles gravées comme hier.

Puis nous devons grimper sur une montagne escarpée pour établir le camp de base vers 2800 m au lieu-dit Sanj. Les chevaux sont dessellés, leur mors est enlevé et chacun place le tout sous l’auvent de sa tente. Les Mongols mettent les montures nues à la longe pour brouter l’herbe drue d’altitude, attachées à un piquet planté dans le sol. Le temps d’installer les tentes et de faire la cuisine, il est déjà 16h30 pour déjeuner.

Nous allons alors voir l’ermitage de Zanabazar en effectuant une nouvelle trotte, principalement dans la forêt. Il est indispensable de savoir guider son cheval car celui-ci passe où il peut, sans se soucier des branches basses pour le cavalier qui dépasse. Aujourd’hui a lieu au monastère Tövkhön une fête spéciale qui dure quatre jours tous les quatre ans. Nombre de moines sont venus d’un peu partout dans cette province d’Övörkhangaï pour officier et discuter. Nous croisons plusieurs dignitaires d’un certain âge tout comme des moinillons dont certains, ayant trop chaud tout le jour à la flamme des lampes à beurre, ne portent qu’une chasuble ouverte jusqu’au ventre et laissant les bras dégagés jusqu’en haut des épaules. Deux adolescents sont ainsi, tétons roses offerts aux regards concupiscents de certains vieux moines ; les autres portent une sorte de tee-shirt sous leur chasuble bordeaux, ou même un pull pour les plus pudiques ou les plus frileux. Tous, jeunes comme vieux, psalmodient d’une voix monocorde les textes sacrés, tout en guignant du coin de l’œil les visiteurs qui passent. Rares sont les étrangers à parvenir si loin dans ces montagnes – surtout à cheval.

Nous visitons le monastère avec Togo et Tserendorj. Biture cuve déjà au pied des pins, en « surveillant les chevaux ». Le sentier s’élève jusqu’au temple empli de psalmodies, puis court le long de la falaise vers « l’empreinte du pied de Zanabazar » dans la roche (il chaussait au moins du 47 !) et revient vers l’ermitage. C’est un trou dans la roche où, après le Grand Zanabazar, un moine aurait résidé près de trente ans incognito durant l’ère soviétique, ravitaillé par les habitants complices.

Suit la « grotte de l’utérus » où le fait de ramper dans la pierre, de s’y retourner dans la minuscule caverne du fond, puis de ressortir, vous fait renaître spirituellement – à la condition que vous soyez déjà imbibés d’esprit bouddhiste. Tserendorj s’y essaie mais cela ne le change en rien, selon toutes apparences.

En haut de la falaise s’élève un obo, dérisoirement « interdit aux femmes ». Qu’iraient–elles faire sur cette plate-forme désolée grande comme une salle à manger où le seul décor est ce tas de pierres informes orné de chiffons dont la couleur veut imiter le ciel ? De là-haut, nous avons une vue sur le parking en lisière de forêt où sont alignés les 4 x 4 japonais des dignitaires religieux et, sur la taïga environnante, le moutonnement de la forêt s’interrompant sur les premières pentes des monts en face. Joli jeu de lumière du soleil descendant. Aucun signe de Biture qui doit faire la sieste sous les arbres. Nous redescendons par un temple jouet, une maison de poupée en bois fraîchement repeinte, où réside un serpent de plâtre très réaliste. Plus bas se dresse au-dessus du vide un arbre « sacré », un mélèze centenaire, orné d’écharpes bleu turquoise.

Nous reprenons nos bonnes bêtes pour regagner le camp, entourés par une horde de moinillons en récréation, la chasuble en bataille et les yeux brillants d’excitation. Ils brûlent de curiosité pour nos montures et notre allure. Malgré nos efforts, la conversation ne peut qu’être très limitée, notre savoir en mongol étant au plus bas. Peut-être fils de la steppe, ils n’ont pas eu l’occasion de se frotter au vaste monde et de voir ces « longs nez » que nous sommes autrement qu’à la télévision russe.

Avec le jour qui tombe monte un froid glaciaire, altitude oblige. Le vent soufflant toujours, j’en tremble jusqu’à ce que les premières gorgées de vodka de marque Gengis Khan titrant 38° réussissent à me réchauffer suffisamment. Le dîner suit très vite, même si nous avons peu faim pour avoir déjeuné quatre heures avant. Carottes râpées mayonnaise et beignets gras de mouton composent le principal. L’éleveur, son fils et ses aides se délectent du gras, met de choix paysan que mon grand-père affectionnait aussi. Nous, citadins ayant bien moins de besoins caloriques, préférons le maigre. Ainsi, sur la même bête, tout le monde est-il content ! Ce soir, comme d’habitude, la vodka met en verve Biture mais aussi Francis. Chacun rivalise à énumérer « les dangers de la steppe ». Ce n’est pas seulement les chutes de cheval (les petits Mongols tombent beaucoup), les rigueurs du climat, mais aussi le loup, les ours dans les forêts, les aigles, les yaks (surtout en rut) et les mecs bourrés (ce qui arrive fréquemment). Je retrouve avec plaisir mon duvet, bien armé contre le froid et les raideurs dans le bas du dos dues au trot inconfortable de ce premier jour.

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Quito, capitale de l’Equateur

La capitale, est une ville de montagne à 2800 m d’altitude, encerclée de volcans enneigés, à 24 km de la ligne d’équateur. La ville est intéressante à visiter pour le couvent Amercene, la place San Francisco. Cette église date de 1535, bâtie dès l’arrivée des Franciscains qui seront suivis par les Jésuites.

Le Palais présidentiel est gardé par des soldats en costumes de Simon Bolivar, inspiré lui-même par les soldats de Napoléon 1er.  Les grilles devant le Palais sont celles des Tuileries à Paris !

Depuis le Panecillo, la vue plonge sur Quito. A 3016 m, on domine la cité et cela permet de discerner le plan en damier de son centre ancien avec ses coupoles, tours et toits de tuile.

Poursuivons, voici le lac de San Pablo utilisé par les lavandières et les pêcheurs locaux.

Le Quito colonial est  habité par les Indiens. La plupart des Indiens vivent dans la montagne, la Sierra. Les hautes vallées et le páramo froid et sec qui s’étend en altitude entre 3 et 5000 m sont peuplés par la moitié des 8 millions d’Équatoriens.

Quittant Quito, nous pénétrons un immense patchwork. Sur les flancs de la montagne, maïs, haricot et pois poussent à 2500 m. Les nombreuses espèces de pommes de terre se bousculent entre 2200 et 4000 m d’altitude. A mesure que l’on s’élève, le sol devient plus sec et les nuits plus fraîches : le blé et l’orge remplacent alors le maïs. Plus haut, ces céréales cèdent la place au quinoa, le « riz » des Andes.

Le marché, c’est un creuset de formes et de couleurs virevoltantes. Le marché occupe huit places différentes spécialisées chacune dans une catégorie de marchandises : le marché métis avec les objets manufacturés, le marché indigène avec des produits bruts fabriqués artisanalement, les marchés réservés à l’approvisionnement et à la restauration, le marché aux animaux est le plus animé des 8 places. Sur un terrain vague, des dizaines d’hommes en poncho effectuent des transactions sérieuses : une vache et un mouton représentent souvent toute la trésorerie d’un Indien. Ce qui frappe sur un marché serranais, c’est le silence.

En Équateur, les Indiens portent leurs vêtements des grands jours en toute occasion, célébration religieuse, jour de marché, descente au village. Les indígenas d’aujourd’hui ont adopté les costumes espagnols du 16e. A l’époque, chaque hacienda avait une sorte d’uniforme. Le noir et l’indigo adoptés par les Saraguro symboliseraient le deuil perpétuel de l’Inca Atahualpa, exécuté par Pizarro en 1533. Le bleu indigo soutenu des Saraguro provient de l’indigofera,  plante tropicale à fèves ; le rouge vif des foulards et châles portés par les indigènes de Salacasa est tiré de la cochenille (dactylopus coccus) un insecte qui vit sur une cactée, l’opuntia ; les tissus Ikats, eux sont réalisés par un processus de nouage et de teinture avant le tissage. Les macanas, baluchons omniprésents, sont destinés à transporter aussi bien du petit bois qu’un bébé.

La foi catholique est profonde, mêlée au paganisme, cela donne des églises baroques, des couvents franciscains, des statues aux visages souffrants…

Hiata de Tahiti

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