
Le film comique français des années 90 par excellence, l’un des préférés d’un être qui m’est cher. Comme pour les meilleurs films, c’est une adaptation d’une pièce théâtrale de 1993. Ce genre de dîner a existé, Jean Castel en a été l’inventeur, clubard et « roi de la nuit » parisienne des cabarets, transformateur de l’île corse de Cavallo pour le tourisme de luxe ; il est mort en 1999. Évidemment, les Yankees en ont fait un « remake » à la sauce conne américaine en 2010 avec The Dinnerde Jay Roach (« déconseillé aux moins de 13 ans » aux USA). Il n’a pas eu un gros succès.
L’histoire met en scène le cynisme méchant et revanchard social de la génération Mitterrand. Un éditeur (intello) parisien (branché), Pierre Brochant (Thierry Lhermitte), organise tous les mercredis un « dîner de cons » où les copains sont sommés d’inviter un « con » rencontré par hasard ou par relation. Il s’agit de les faire parler pour qu’ils se ridiculisent (dans la veine de cour française du film Ridicule), et ainsi de se sentir plus à la page et plus intelligent qu’eux. Sauf que ni l’esprit caustique, ni la maîtrise des codes sociaux à la mode, ne montre en soi l’intelligence de ceux qui les pratiquent. Le propre d’un con est qu’il ne sait pas qu’il l’est…
Pierre se réjouit donc du prochain dîner, où la gastronomie (excellence tradi à la française) sera le prétexte de la moquerie sociale la plus éhontée (excellence de l’esprit de cour à la française). Sauf qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. En jouant au golf (comme Mitterrand, alias Tonton), le faux sportif qui veut en jeter se fait un tour de rein. Il clopine lourdement jusqu’à chez lui, où sa femme Christine (Alexandra Vandernoot) lui pose une poche de petits glaçons dans le bas du dos. Mais plus question d’aller dîner, il peut à peine se déplacer. « Son » docteur, alerté, vient lui prescrire des pilules antidouleur et une interdiction de bouger. Comme tous les bons bourgeois, Pierre a « son » docteur, « sa » femme, « son » appartement, « sa » maison d’édition, « ses » auteurs ; il est propriétaire. Tous les autres sont a priori des cons.
Il a malheureusement invité le con du jour, François Pignon (Jacky Boufroura dit Jacques Villeret) à prendre l’apéro avant d’aller dîner en compagnie choisie chez son ami. Pignon lui a été recommandé par un autre ami qui l’a rencontré dans le TGV et a apprécié en connaisseur sa connerie : maladroit, bavard, petit bourgeois fonctionnaire, obsédé par sa collection de monuments en allumettes (plus de 347 000 pour une tour Eiffel). En bref Pignon le parfait pigeon.
Christine aurait aimé qu’ils restent tous les deux, elle en avait besoin, lui dit-elle. Mais Pierre, en mari macho égoïste, préfère s’amuser… encore que son bas du dos lui rappelle qu’il n’est qu’un homme. Comme Pignon va sonner, Christine s’en va ; son mari la délaisse, elle en est amère. Elle n’apprécie pas le concept de se moquer des autres gratuitement, juste pour se faire valoir (leurs enfants après eux, à la génération Mitterrand, seront des harceleurs scolaires et des réseaux patentés). Elle annoncera à Pierre sur répondeur qu’elle ne rentrera pas de la nuit, et qu’elle n’est même pas sûre de rentrer du tout.


Pignon est là, aussi con qu’annoncé. Il s’empresse, plein de bonne volonté ; Pierre, acariâtre, le rabroue et l’autre en redemande. Il compatit à la rupture de Christine, sa propre femme l’ayant quitté deux ans auparavant pour « un con », un collègue du ministère des Finances qu’on appelle d’ailleurs « Ducon » – accessoirement contrôleur fiscal. Pignon est maladroit, brouillon, il confond les numéros de téléphone du carnet, appelant Marlène (Catherine Frot), une maîtresse nymphomane, hystérique de Pierre, au lieu du docteur Sorbier. En lui demandant qui est au bout du fil, il comprend « sa sœur » alors qu’il s’agit de Marlène Sasseur ; il lui déballe alors la détresse physique et amoureuse de Pierre, que sa femme a quitté. Brochant force Pignon à rappeler le numéro pour expliquer à Marlène que ce n’est pas la peine de venir, que sa femme est rentrée, mais rien n’y fait. En appelant lui-même, Pierre croit deviner que Christine est retournée auprès de son ancien amant Juste Leblanc, ex-ami de Pierre, à qui il lui a piquée (niques habituelles entre « amis » de la génération Mitterrand).
Brochant veut donc savoir si Christine est chez lui et invente un stratagème pour que Pignon se fasse passer pour un producteur de film « belge » cherchant à acquérir les droits du roman écrit par Juste et Christine, et que Pierre a publié. Dans la conversation, il s’agira d’obtenir l’information où contacter Christine. Le con prend alors l’accent belge, joue le jeu, mais oublie évidemment de demander ce pour quoi il téléphonait. Il doit rappeler et Juste lui demande où il peut le joindre – et le con donne le numéro de Pierre. Leblanc comprend alors que c’est une blague, dit que Christine ne l’a pas appelé, qu’elle n’est pas chez lui, mais qu’il arrive auprès de son ex-ami pour le réconforter. Excédé, Pierre congédie Pignon. A la porte, le con croise Christine, revenue à la maison. Il la prend pour Marlène et lui déballe que son mari n’est pas affecté par son départ, mais plutôt joyeux, et qu’il l’attend, elle sa maîtresse, pour s’occuper de lui. Au lieu d’entrer, Christine repart, ulcérée. Pignon revient auprès de Pierre pour lui dire qu’il a viré Marlène, et Juste survient (Francis Huster).



Il soupçonne que Christine est peut-être chez un publicitaire, obsédé sexuel notoire, Meneaux, qui lui a déjà fait des avances, comme à toutes les femmes (la génération disait « toutes des putes »). Pignon se révèle ; il connaît le nom de Meneaux par son collègue Cheval (Daniel Prévost), contrôleur fiscal en train de le contrôler. Mais « Ducon » adore regarder les match de foot à la télé, ce soir OM contre Auxerre ; pas question de le déranger en plein match et de le mettre de mauvaise humeur. Il faut attendre la mi-temps. Cheval est invité à aller prendre le dossier Meneaux au ministère, puis de rejoindre « dîner » Pignon et Brochant chez lui, qui ne peut pas bouger. Il n’aura qu’une simple omelette aux herbes et d’un vin piqué de vinaigre pour masquer son grand cru, tandis que les tableaux et bibelots de valeur sont planqués dans une chambre. Frauder le fisc est un sport national, surtout aux époques socialistes de la mitraillette fiscale : taxataxatax ! – sans effet ni sur le rééquilibrage du Budget, ni sur le bien-être des citoyens, puisque tous les « services » publics ne cessent de se dégrader malgré les années Mitterand, Rocard, Jospin, Hollande…
Une fois obtenue, non sans peine, l’adresse de la garçonnière de Meneaux, Pignon est chargé de l’appeler au téléphone pour lui dire que Brochant (qu’il connaît) va débarquer chez lui et tout casser, pour récupérer Christine. Le con fait cette fois un sans faute sur le texte qu’on lui a fait répéter (comme quoi les vieilles méthodes de la récitation ont du bon). Mais Meneaux, essoufflé au bout du fil, n’était pas en train de sauter Christine mais la femme de son contrôleur fiscal. Gloups ! Celui-ci, sonné, avale d’un trait le verre de vin frelaté et demande aussitôt les toilettes. Mais Pignon le con prend à droite au lieu de à gauche et fait découvrir la chambre aux signes extérieurs de richesse entassés. Cheval promet de revenir effectuer un contrôle fiscal. Juste retour immanent de se moquer des autres, Brochant a perdu son dîner, sa femme, sa maîtresse et son impunité fiscale !


Pire, la police appelle pour dire que Christine a eu un accident de voiture (étant passée à l’orange, petite fraude habituelle à la génération Mitterrand) ; elle est à l’hôpital, même si c’est sans gravité. Pierre veut s’y rendre, malgré son tour de rein, mais le téléphone sonne à nouveau : c’est Marlène, désespérée. Pignon, qui prend l’appel parce que plus proche de l’appareil, la convainc de ne pas se jeter tout de suite par la fenêtre ; elle l’écoute, lui dit qu’il la conforte, lui apprend combien Pierre est méchant, qu’il organise chaque semaine un dîner de cons. Pignon comprend qu’il est le con promis.
Mais le con n’est pas un méchant con (comme l’autre, ex-socialiste devenu pire : insoumis). Christine ne veut pas voir Pierre, mais Pignon se fait passer pour le « professeur » Sorbier pour que l’hôpital la lui passe. Il lui raconte combien Pierre a été affecté par sa rupture, qu’il se repent, qu’il s’est même réconcilié avec son ami Juste, qu’il va subir un contrôle fiscal. Lui-même, François Pignon, a été dévasté lorsque sa femme est partie deux ans auparavant, il s’est réfugié dans les maquettes en allumettes… Christine, touchée, demande si Brochant est près de Pignon et lui dicte tout cela puis, en apprenant (par petit mensonge entre amis typique de la génération Mitterrand) qu’il appelle d’une cabine, déclare qu’elle va réfléchir. Alors que Pierre s’excuse devant François de l’avoir pris pour un con, Christine rappelle. Et c’est le con qui décroche, provoquant son étonnement, puis sa rage : il était donc bien auprès de Pierre lorsqu’il lui a débité toutes ces âneries sentimentales ! Nouvelle bourde, irréparable. Un con reste toujours un con.
C’est drôle, mais moins qu’à l’époque car la génération Mitterrand a vieilli, le socialisme s’est effondré, les idées de repli ont monté. Et puis les téléphones mobiles ne permettent plus de comprendre le jeu du téléphone fixe, inaccessible au bout de son fil à qui ne peut guère bouger, ou des cabines téléphoniques (presque toutes disparues). Jacques Villeret et Thierry Lhermitte sont excellents dans leurs rôles, le premier prenant toutes les formes, le second froid et rigide avec ses yeux glacés. Catherine Prot en femelle sous emprise et Daniel Prévost en inquisiteur fiscal aux yeux fureteurs et petit sourire en coin sont de très bons seconds rôles. Et Georges Brassens, au générique, de conclure en chanson avec Le temps ne fait rien à l’affaire : « quand on est con, on est con. »
DVD Le dîner de cons, Francis Verber, 1998, avec Alexandra Vandernoot, Daniel Prévost, Francis Huster, Jacques Villeret, Thierry Lhermitte, Gaumont 2008, français, 1h17,€6,99
(mon commentaire est libre, seuls les liens sont sponsorisés par amazon.fr)




















































20 ans de blog !
Le mercredi 08 décembre 2004, j’ai ouvert pour la première fois mon blog. Il s’intitulait Fugues et fougue et était hébergé par lemonde.fr. Ce quotidien parisien avait en effet décidé d’offrir gratuitement à ses abonnés la possibilité de créer un blog, hébergé par ses services, en développement avec la plateforme WordPress. L’exemple de l’élection présidentielle de George W. Bush avait montré l’intérêt démocratique de cette nouvelle forme d’expression (avant Facebook et Twitter), et la perspective des élections présidentielles 2007 en France alléchait tout Le Monde. L’anonymat du pseudo était au départ la règle du jeu, demandé par lemonde.fr – d’où « Argoul ». Il a servi ensuite à ne pas mêler la vie professionnelle et l’expression privée dans les métiers sensibles que j’ai pu exercer.
Genèse du blog
J’écrivais dans ma première note (j’étais un brin idéaliste) « J’ai la conviction profonde que tout ce qui est authentiquement ressenti par un être atteint à l’universel. Nous allons parler de tout, montrer beaucoup. Je suis curieux, attentif et grand voyageur. J’aime l’espace, celui des étendues comme celui de l’esprit ou du cœur. Explorons-le. Retenons ce qui fait vivre. »
J’en appelais au dialogue, aux commentaires, aux échanges. Et c’est bien ce qui est advenu un long moment. Surtout que les blogueurs du monde.fr étaient un peu l’élite intellectuelle du pays, aptes à se servir d’un ordinateur, bien avant le mouvement de masse entraîné par les smartphones.
J’écrivais donc : « Je ne conçois pas un blog comme un texte gravé dans le marbre, définitif comme une pierre tombale. Même pas comme un livre. Je ferai des erreurs, je me tromperai, mon expression ne sera pas toujours le reflet exact de ma pensée. Ce pour quoi le blog se doit d’être interactif pour corriger, nuancer, apprécier, compléter. »
Las ! L’euphorie n’a eu qu’un temps. Très vite, comme d’autres, je suis revenu des « commentaires ». Ce sont rarement des enrichissements sur l’agora, plutôt des interjections personnelles. Nous avons affaire plus à des réactionnaires qui « réagissent » (en général par l’indignation), qu’à des lecteurs éclairés qui apportent des arguments pour ou contre. Giuliano di Empoli l’a bien montré !
Je croyais toute opinion recevable, j’ai désormais changé d’avis. Comme responsable (juridiquement « directeur de la publication« ), je dois être attentif à tout ce qui peut passer outre à la loi (insultes nominales, invites sexuelles, propos racistes, spam et physing etc.). Les seuls « commentaires » recevables sont ceux qui sont posés et argumentés, je le dis dans « A propos ».
J’ai été repris sur Agoravox, Naturavox, Medium4You, Paperblog et quelques autres. J’ai surtout fait, grâce aux blogs, plusieurs belles rencontres. Qui ont commencé par le texte et qui se sont poursuivies dans la vie. Certaines (pas toutes) durent encore. La plateforme du monde.fr a déçu : plantage intégral de tous les blogs deux jours entiers sans informations en 2010, perte des photos et illustrations, dérive gaucho-écolo-bobo devenue de moins en moins supportable, avec censure implicite par mots-clés, avertissements par mél de retirer une illustration ou un propos – en bref de la dérive autoritaire idéologique. Exit Le Monde, ses blogs et son journal. WordPress restait, facile d’usage, avec abonnement très abordable.
Dons 6 ans de monde.fr plus 14 ans de WordPress, cela fait 20 ans.
Pourquoi j’aime le blog – plus que Facebook, Instagram ou X
Un blog oblige à écrire souvent, voire quotidiennement. Cet exercice a pour effet de préciser la pensée, de vérifier les sources et de choisir les mots, évitant de rester dans la généralité et le flou pour toutes ces opinions qui font notre responsabilité d’individu, de parent, de professionnel et de citoyen.
Écrire exige un autre regard sur ce qui arrive, dans l’actualité, l’humanité et les pays traversés. Mettre en mots rend attentif aux détails comme aux liens avec l’ensemble.
Un blog offre l’occasion de rencontres : littéraires (avec les livres qu’on m’envoie à chroniquer), de témoignages (serais-je allé à cette réunion ou à cet événement s’il n’y avait pas le blog ?), mais aussi personnelles (entre blogueurs et invités).
Il permet surtout de transmettre une expérience, une vision de l’existence, une perspective historique (je commence à accumuler les ans). Il vise à donner aux lecteurs ce qu’ils recherchent sur les moteurs (images, lectures, méthode, idées).
Bilan
2 446 040 visiteurs sur fugues & fougue en 6 ans + 6 138 000 visites au 7 décembre sur Argoul.com en 14 ans = 8 584 040 visites. Ce blog est multimillionnaire.
Les meilleurs jours sont le dimanche ou le lundi, les meilleures heures le soir vers 18h.
Les requêtes via les moteurs de recherche ont évolué. Les moteurs ont établi une censure des images, donc des textes qui les contiennent, les associations de profs et autres éducateurs se méfient des blogs généralistes qui débordent les programmes et les opinions admises et déréférencent facilement « au cas où », le sectarisme croissant des citoyens sur la politique inhibe tout débat constructif. Et puis les images, les vidéos, les interjections en 140 signes sont tellement plus ludiques ! Lire ennuie, surtout sur le petit écran du téléphone. Injurier, agonir, ravit l’anonyme qui déverse sa haine ou son ego en direct sur les réseaux.
Je ne vais pas changer de personnalité pour suivre la foule. Mon blog reste élitiste, réservé à ceux qui aiment lire, qui savent lire, et qui lisent avec un œil critique, faisant leur miel de ce qu’ils trouvent. Le jeu de la performance et du nombre de clics, en vogue dans les débuts, n’a plus court.
Dans les catégories de notes, les livres arrivent en premier avec 2707 chroniques, suivis des voyages avec 1925 notes, puis le cinéma avec 605 compte-rendus de films, la politique (559), la philosophie (408) avec notamment une chronique chapitre après chapitre d’Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche (111 notes) et des Essais de Montaigne (109 notes, une lecture pas encore achevée) – et des thèmes de métiers exercés : l’économie (225), la géopolitique (196) et l’archéologie (61).
Mais les désirs des lecteurs ne sont pas représentatifs des articles publiés. Les statistiques du système « depuis le premier jour » donnent comme les articles les plus « vus » :
La vie est passée, les kids sont désormais adultes et l’adolescence est un thème moins présent aujourd’hui, je n’exerce plus de métier, ayant pris – au-delà de l’âge légal – ma retraite. Sur un an, les thèmes sont donc plus diversifiés :
Parmi les pays lecteurs, la France arrive évidemment en tête de façon écrasante 4 077 968 au 1er décembre, suivie des États-Unis 331 747, puis des pays francophones Belgique 226 623, Canada 206 649, Polynésie française 125 795, Suisse 114 189, Algérie 81 283, Maroc 51 353, Tunisie 33 133, La Réunion 25 273, Nouvelle-Calédonie 19 332, Guyane française 5 134.
Chez les Européens, ce sont dans l’ordre Allemagne 86 777, Italie 41 783, Royaume-Uni 40 254 (notons le peu d’intérêt de ce grand pays), Espagne 37 917, Pays-Bas 33 903, Pologne 15 228.
Dans le reste du monde, les plus peuplés : Brésil 27 858, Russie 20 738, Mexique 11 915, Australie 11 558, Japon 10 823, Turquie 7 722, Ukraine 6 637, Inde 6 527 (seulement), R.A.S. chinoise de Hong Kong 3 450, Arabie saoudite 3 207, Corée du Sud 3 064, Chine 2 120 – le plus probablement les expatriés.
Vais-je poursuivre ?
Probablement. Peut-être pas tous les jours, prenant une semi-retraite si nécessaire.
Et si la survenue d’une moraline intolérante ou d’un gouvernement traditionaliste autoritaire ne vient pas remettre en question la liberté de s’exprimer.
Donc, pour le moment, à demain !