Colombie

Croisière en Colombie

Pendant qu’une bonne partie des touristes étaient sur les ponts pour vivre de visu la traversée du canal de Panama, certains avaient envahi la piste d’hélicoptère ouverte pour l’occasion, d’autres avaient très tôt le matin monté « leurs tentes en serviettes de bain» afin de privatiser les lieux, d’autres n’hésitaient pas à grimper sur les fauteuils en rotin, enfin chacun faisait à sa guise et comme à la maison ! On pouvait aussi aller se restaurer (payant) au Qsine dont quelques bribes du menu tentaient d’allécher le chaland : « sucettes sushi, crevettes disco, escargots saveur homard, crabe lave et pop-corn Fish’n’Chips » n’aurait été qu’une petite sélection. J’en frissonne encore !

INDIENS DU PANAMA

Colon, Panama, arrivée à 6h00. Tous à bord 15h45, départ à 16h pour Carthagène en Colombie à 270 milles nautiques. Colon, c’est le port de mer sur la côte des Caraïbes du Panama. La ville est fondée par les Américains en 1850, terminus du chemin de fer alors que le canal n’existe pas encore. Un petit groupe d’indiens jouent de la musique tandis que leurs femmes s’empressent auprès des touristes pour vendre des objets, de vannerie surtout.

colon maisons

Sur le bateau, on parle encore et surtout carte de crédit car la croisière se termine bientôt. On peut vérifier la douloureuse sur la télévision de la chambre. Classe de tango. Un comédien en spectacle dans le théâtre. Toujours le casino, encore une dégustation de porto à 22 h. Et une exposition de « perles de la Mer du Sud ». Alors nous les Polynésiennes nous rendons à cette exposition en curieuses. Ce ne sont pas des perles noires de Polynésie mais un petit bracelet de perles blanches et un pendentif avec une seule perle de couleur. M. ayant apporté son collier de perles noires de Tahiti est priée de suspendre à son cou l’orgueil de Tahiti. La présentatrice remarque vite le collier de M. mais n’en souffle mot. Elle avait la chance de pouvoir montrer aux dames intéressées la perle noire, elle n’en a pas profité !

colombie glaces

Carthagène des Indes, Colombie. Arrivée 9h, tous à bord 15h45 départ 16h. Ville portuaire au bord de la mer des Caraïbes, a été fondée le 1er juin 1533 par le conquistador Pedro de Heredia. Pendant 3 siècles elle fut un bastion du royaume d’Espagne en Amérique du Sud. La ville possède d’importantes fortifications militaires. Elle fut également un important centre de traite des esclaves et de transit de l’or issu des pillages des empires aztèque et inca, destiné au royaume d’Espagne.

carthagene des indes colombie

Et, pour la petite histoire, en 1697 une attaque de Carthagène par la marine française commandée par le chef d’escadre Jean-Bernard de Pointis est un succès. Le port caribéen est pris, pillé pour un butin estimé entre 10 et 20 millions de livres. Cette expédition était ordonnée par le roi de France Louis XIV qui recherchait un succès sur les mers afin de pouvoir signer le traité de Rijswick qui mettra fin à la guerre de la Ligue d’Augsbourg, en position de force. Il obtint ainsi de l’Espagne la partie ouest de l’île de Saint-Domingue qui devint colonie française.

carthagene des indes

Direction la vieille ville où la statue de la India Catalina trône. La forteresse San Felipe de Barajas et ses douze kilomètres de remparts protégeaient la ville des pirates mais rappelle aussi que l’or et les émeraudes raflés par les conquistadors transitaient par Carthagène des Indes. En arrivant sur la Plaza Santa Teresa nous changeons de monture avec une calèche tirée par un cheval pour visiter les rues étroites bordées de magnifiques balcons. Le quartier du centre San Pedro abrite la cathédrale et de nombreux palais, la tour de l’Horloge, le théâtre Heredia.

carthagene des indes rue

Au retour sur le bateau : fitness, casino, vente de tanzanite, la deuxième pierre précieuse la plus rare du monde, danse, guitare, tango ; au théâtre, un chanteur-musicien. Direction Fort Lauderdale pour 1 149 milles nautiques !

Hiata de Tahiti

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Gabriel Garcia Marquez, Cent ans de solitude

gabriel garcia marquez cent ans de solitude
L’auteur, colombien qui vient de disparaître, nous livre l’âme de l’Amérique latine dans ce livre qui tient du bouillon de culture, de la soupe de sorcière et de l’élixir de longue vie : irracontable, la genèse de ce petit village de Macondo ; truculente, violente, passionnée – et dérisoire – la vie ardente de la dynastie Buendia (bonjour).

Un fondateur de village, mystique, alchimiste et rêveur, un colonel de guerre civile plusieurs fois condamné, un pape manqué, une amoureuse consumée, une musicienne viveuse et d’autres encore, mâles et femelles, qui naissent comme des portées de chats et poussent comme du chiendent. La grande maison grouille d’enfants nés de passions robustes et éduqués fort librement. Les générations s’entremêlent et l’on confond les prénoms et les caractères, buissonnants et semblables. La maison est un vivier d’amour et d’extravagance, un refuge et un socle d’où essaimer et bâtir. Mais que reste-t-il, enfin, de l’énergie dissipée, de la semence prodiguée, de l’amour donné ? – Rien.

La dynastie s’éteint, le village vivote et la révolution est toujours à refaire. Il ne reste rien mais ce « rien » est la clé de ces pages qui vont comme un torrent intarissable – et qui soudain se dessèchent au seuil du désert.

Cruelle vanité des hommes. Esprit bâtisseur, patriotisme, goût de la justice, joie de connaître, soif d’apprendre, rigorisme moral, débauche effrénée, inculture féroce : que vaut donc tout cela, puisque le temps passe et efface ? Les arbres les plus grands s’effeuillent à l’automne. Le monde est un théâtre de fous ; les êtres sont des marionnettes actionnées par des mythes en grosse ficelle. Les fils ressemblent aux pères ou aux oncles, les filles aux mères ou aux tantes. Rien ne s’apprend ni ne se retient. Les enfants répètent les erreurs des aïeuls, revivent leur folie, gaspillent de la même façon leur énergie. Aucun progrès sous le soleil, comme si le destin était, indéfiniment, de revivre ce qui fut. Symboles, les prénoms se transmettent à l’identique, d’une génération à l’autre. Le temps roule comme une balle et la mémoire embrumée de l’ancêtre ne sait plus ce qui est présent ou passé, de qui tiennent les enfants. Le souvenir se perd à mesure que la vie se déroule, sans cesse autre et toujours même.

Cent ans d’isolement font un village sans histoire, fermé, inespéré et sans espoir. Le microcosme de ces pays d’Amérique latine qui s’agitent et fermentent sans jamais éclater, et dont le devenir est si lent qu’ils restent en sempiternel sous-développement.

Mais, après tout, le changement n’est-il pas vain ? L’humeur espagnole et le fatalisme indien se heurtent en violents contrastes que le temps équilibre. Chaque fils est un nouveau conquérant, mais tout reste toujours à conquérir.

Gabriel Garcia Marquez, Cent ans de solitude, 1967, Points Seuil 1995, 460 pages, €7.60

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Bogota en Colombie

La fin du séjour équatorien est proche, les valises prêtes, nous partons pour l’aéroport, direction Bogota en Colombie. Un guide est prévu pour nous faire visiter la ville et le musée de l’or. Ce monsieur ne cessera de nous vanter le calme de la Colombie. « En Europe, vous dites beaucoup de mal de ce pays et vous nous faites du tort, le touriste ne vient plus. » C’est peut-être vrai ?

Ce fut une merveilleuse escale en Colombie, courte mais intense. En direction d’Aruba avant l’Europe, Bogota apparaissait à 2680 m d’altitude au milieu d’un plateau immense et fertile, entouré de hautes montagnes le Montserrate (3200 m) et le Guadalupe (3320 m). Elle est peuplée de 7 millions d’habitants. Le centre-ville et la Candelaria disposent d’attraits touristiques.

La Candelaria est le quartier historique situé en plein centre et préservé de la destruction. Ce sont de belles maisons à balcons, rénovées par des artistes et des monuments coloniaux historiques convertis en musées. Sur les flancs du Monserrate, le quartier est, grâce à ses rues étroites, un oasis de tranquillité.

La Plazza Bolivar est connue de tous. C’est depuis les premiers temps de la conquête la place où l’on célébrait des messes, où l’on organisait de somptueuses fêtes, des corridas, des marchés, où l’on tenait procès, où l’on fouettait et pendait les criminels. L’avenidad Jiménez est le lieu de marchandage des émeraudes. Tout est légal, surveillé par la police, les uns viennent proposer des pierres brutes (d’un vert…) et les autres viennent acheter. Tout ce commerce se fait en pleine rue.

Ah ! oui, il existe une cinquantaine de musées dans la ville, dont le Museo del Oro ! Un musée « coffre-fort » qui regroupe plus de 36 000 vestiges, des milliers d’objets en or. On y voit briller des bijoux, des masques, des statuettes, de la vaisselle, des poteries, des textiles présentés et classés suivant les différentes cultures indigènes. Fabuleux !

Le guide de cette journée colombienne n’avait de cesse de vanter la Colombie paisible, pas de voyous, pas de tueurs, que des gens calmes et souriants. Chacun peut avoir son idée. Il déplorait quand même la mauvaise réputation faite à la Colombie qui nuisait au tourisme. « Voyez-vous-même, il n’y a aucun danger. » Honni soit qui mal y pense, disent bien en français les Anglais.

Le voyage avait été agréable. B. et moi étions ravies de notre découverte. En nous repassons les images, nous rions encore des petites mésaventures équatoriennes. Nous étions six francophones dans un groupe de Vlams (Flamands). Tout de suite, ils nous ont mis à l’index. Nous ne parlions pas flamand et eux pas le français (c’est ce qu’ils ont prétendu au guide). Qu’à cela ne tienne, nous en avions vu d’autres. Toujours la vieille histoire entre Wallons et Flamands qui ressort, même à l’autre bout du monde et envers des gens qui ne sont même pas Belges !

Le soir de notre arrivée à Quito, soirée musique. L’altitude, la fatigue du voyage nous mènent rapidement au  lit. Le lendemain, personne au petit déjeuner. B. se demande s’ils ne sont pas partis sans nous ? Moi : « nous verrons bien. » Le guide (Belge habitant l’Équateur) arrive. Ses traits sont tirés ! Les autres – les Flamands – sont encore au lit. Nous commencerons la visite sans eux et reviendrons plus tard les prendre à l’hôtel. A l’heure dite, ils sont là. On dirait des zombies. Ils ont du drôlement picoler hier soir. Sur le trajet en bus, il faut sans cesse s’arrêter pour qu’ils vomissent dans le fossé. C’est la course dans le bus ! Pas de tir groupé mais une débandade. Le soir, à l’hôtel, personne que les six francophones au repas. Pour les autres ? Alka-Selzer…

En résumé, un voyage de découvertes, très enrichissant, des paysages à couper le souffle, quelques petits problèmes d’altitude en Équateur, mais c’était si dépaysant et si merveilleux !

Hiata de Tahiti

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