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Bogota, capitale de Colombie

Nous quittons très tôt une Lima obscure et déserte. Le départ est à 4h30 pour le vol de 7 h. Adieu à Choisik devant les barrières des passeports. Nous devons faire escale à Quito, Cali, et Bogota en Colombie.

A Bogota, nous devons attendre cinq heures. Comme les voyageurs semblent entrer et sortir comme dans un moulin de cet aéroport « international », nous sommes neuf à laisser nos précieux bagages à main en consigne et à prendre un taxi jusqu’au centre-ville. La consigne est tenue par un étudiant aimable et nonchalant qui entasse nos sacs dans des casiers métalliques, les ferme au cadenas, et nous confie les clés, le tout pour 3 $ (US). Le taxi, un gros minibus américain climatisé à transmission automatique dans lequel nous tenons à l’aise à dix, nous revient chacun à 4 $ aller et retour.

Bogota s’étend au pied d’une gigantesque saillie de granit. Au sommet, un Christ veille. Pour la modernité, un téléphérique y mène depuis le bas. Nous n’avons pas le temps d’aller contempler la cité de si haut, aussi nous optons pour que le taxi nous dépose devant le Parlement, dans la ville basse. Il est convenu qu’il vienne nous reprendre au même endroit deux heures plus tard. Nous visitons les alentours. L’impression est que ce pays ouvert sur l’Atlantique diffère profondément des pays andins. La population y est moins indienne, l’économie semble plus développée, la ville est plus industrielle. On rencontre plus de clochards dans les rues et nombre de gamins dépenaillés lavent les vitres es voitures aux feux rouges, ou vendent des oranges et des bonbons. Il fait assez frais, surtout humide, de gros nuages planent haut dans le ciel. Les gens sont habillés en bourgeois ternes, comme dans l’Espagne des années 60, les élèves sont en uniformes. Seuls les étudiants bénéficient d’une liberté d’expression vestimentaire tolérée dont ils profitent largement pour se mettre à la mode américaine.

Nous arpentons à pied le quartier de la Canderaria. Les rues qui montent au-delà du palais Présidentiel vers l’église penchée de Monserate ont le charme désuet de l’époque coloniale. Les murs sont chaulés de blanc, volets, portes et balcons peints de couleurs vives comme dans les îles Caraïbes. Certains toits ou certains murs accueillent des statues de plâtre ou de résine, couleur bronze, qui semblent réfléchir ou grimper. C’est un peu surréaliste, chaud à l’œil. Au sud du palais s’ouvrent les rues commerçantes qui rassemblent les compétences dans un même périmètre : la rue aux chapeaux, celle aux chaussures, aux costumes, le marché aux meubles. Nombreuses boutiques de bondieuseries. Elles présentent des statues sulpiciennes en plâtre peint en brillant comme du sucre. Gisbert : « on en mangerait volontiers ! » L’emprise de la religion catholique paraît ici nettement plus forte qu’au Pérou. J’ai vu un gamin laveur de vitres se signer rapidement trois fois après avoir reçu une pièce. Plusieurs écoles portent des noms comme « Notre-Dame du Rosaire » ou « Saint-quelque chose ».

Nous avions des préjugés dus aux films et à la presse – mais nous n’avons pas vus les fameux « gamins de Bogota ». L’armée est omniprésente au centre-ville, en armes dans les rues. Le Palais de justice a été refait depuis qu’à la fin des années quatre-vingt la guérilla l’avait infiltré et retenu les magistrats en otage. L’armée avait dû reprendre d’assaut le bâtiment en le pilonnant au canon, ce qui avait causé une centaine de morts. Devant le Palais, sous les arcades qui bordent la place, sont gravés dans le marbre des textes remémorant les principaux événements de l’histoire du pays, dont cet épisode terroriste. C’est une façon imagée et efficace de célébrer les étapes d’une libération aboutissant en démocratie. Nous sommes les seuls touristes à déambuler sur les trottoirs ; aucun Américain ne l’oserait de peur de se faire agresser ou enlever, paraît-il. Mais comment reconnaît-on un Français d’un Américain lorsqu’il ne dit rien ? Le palais de Justice tristement célèbre, où la guérilla a pris des otages en 1985, obligeant l’armée à intervenir au canon et causant une centaine de morts, est aujourd’hui bien gardé. Dans les rues, les gens du pays nous regardent un peu, mais nul ne nous adresse la parole. On entend bien, cependant, que nous ne parlons pas avec l’accent typique des Américains.

Le Boeing 767 d’Avianca vers Paris est bondé. Il est rempli de tous les touristes qui, comme nous, rentrent des pays andins. Je suis assis non loin d’un petit mulâtre de 4 ans, joli et vif. Il a une peau lumineuse caramel au lait, les yeux noirs, un sourire éclatant. Je lui souris, il lève le pouce ; je lui tends la main, il me la serre. Son père, attendri, échange avec moi un regard complice.

F I N du voyage au Pérou

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Ambiance délétère à Tahiti

Le journal Le Monde jette encore un pavé dans la mare ! Il y aurait une « ambiance délétère » au Palais de Justice de Papeete, un climat tendu, les juges d’instruction s’intéressant à certains de leurs collègues suspectés d’avoir entretenu des relations étroites avec l’homme d’affaires Bill Ravel… Deux clans s’affrontent au tribunal : ceux qui ont choisi de vivre au grand jour et de fréquenter le microcosme local et les autres qui s’en écartent délibérément. En tout cas cette lutte fratricide souille l’image de la Justice.

Qui a volé plusieurs centaines de caisses de bière qui ont disparu d’un conteneur situé en zone sous douane ?  Il paraît que ces caisses de bière d’une célèbre marque américaine se sont vendues  « sous le manteau » à un tarif fort intéressant. A la tienne !

RAPA (Australes)

Une famille de producteurs de vanille a été victime d’un cambriolage. Les malfrats sont repartis avec 150 kg de vanille, un butin estimé à 3,5 millions de CFP. Les deux interpellés par les gendarmes sont des proches des exploitants, l’un d’eux était leur homme de confiance. C’est que jouer au kikiri coûte cher et on ne gagne pas à tous les coups !

Le « Poresidon » a dit manger local. Il a bien raison sur le papier, mais les îles Fidji sont le fournisseur de la farine la plus consommée en Polynésie ; côté matières grasses, sucre, lait en poudre, viandes, c’est la Nouvelle-Zélande qui fait son beurre ; la Chine règne sur la sauce soja, les biscuits secs salés, les soupes de pâtes, les champignons chinois évidemment ; les USA fournissent leur beurre de cacahuètes, leur mayonnaise, les « cuisses de poulets », les boîtes de fruits cocktail, les fromages, les salades, les fenouils, les poivrons, les choux fleurs ; La Suède fait péter les allumettes ; et au pays de la noix de coco, c’est la Thaïlande qui règne sur les boîtes de conserve de lait de coco ! L’Inde livre le café ; le Danemark la viande de porc en boîtes ; le Canada les pommes ; l’Australie le sel de table et les oranges ; la métropole exporte cosmétiques, confiture, huile d’olives… Les pommes de terre de Nouvelle-Zélande sont moins chères que celles de Rurutu (Australes). Et si (par miracle !) tout allait mieux après les élections territoriales ?

Le retour des internes, originaires de Rapa (Iles Australes), au collège de Mataura à Tubuai a été encore digne d’un film folklorique ! Souvenez-vous, lors de leur retour des vacances de décembre/janvier, la baleinière qui devait les mener à terre avait  perdu l’usage de son moteur. Pour ce voyage le bateau Tahiti Nui chargé de les ramener à Tubuai (Iles Australes) avait laissé les barcasses à Papeete car, la grue du Tahiti Nui qui les descend à l’eau était « en panne ». Elle devait être réparée durant les 15 jours de vacances – mais rien n’a été fait, évidemment. Il a fallu solliciter le propriétaire de la pension Wipa Lodge  et son bateau pour assurer le débarquement des internes de Rapa, et l’embarquement des Tubuai vers Papeete, soit une douzaine de navettes. Le Tahiti Nui est l’un des bateaux de la flottille administrative.

baise gamins tahiti

A Papara, une fillette de 5 ans violée tout près de chez elle, son agresseur introuvable. Après une quinzaine de jours de recherches pour les mutoi farani (gendarmes), des prélèvements pour les recherches ADN envoyées en France, deux frères de 22 et 23 ans ont été appréhendés. Cela me donne des frissons.

Hiata de Tahiti

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