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Croisière en Colombie

Pendant qu’une bonne partie des touristes étaient sur les ponts pour vivre de visu la traversée du canal de Panama, certains avaient envahi la piste d’hélicoptère ouverte pour l’occasion, d’autres avaient très tôt le matin monté « leurs tentes en serviettes de bain» afin de privatiser les lieux, d’autres n’hésitaient pas à grimper sur les fauteuils en rotin, enfin chacun faisait à sa guise et comme à la maison ! On pouvait aussi aller se restaurer (payant) au Qsine dont quelques bribes du menu tentaient d’allécher le chaland : « sucettes sushi, crevettes disco, escargots saveur homard, crabe lave et pop-corn Fish’n’Chips » n’aurait été qu’une petite sélection. J’en frissonne encore !

INDIENS DU PANAMA

Colon, Panama, arrivée à 6h00. Tous à bord 15h45, départ à 16h pour Carthagène en Colombie à 270 milles nautiques. Colon, c’est le port de mer sur la côte des Caraïbes du Panama. La ville est fondée par les Américains en 1850, terminus du chemin de fer alors que le canal n’existe pas encore. Un petit groupe d’indiens jouent de la musique tandis que leurs femmes s’empressent auprès des touristes pour vendre des objets, de vannerie surtout.

colon maisons

Sur le bateau, on parle encore et surtout carte de crédit car la croisière se termine bientôt. On peut vérifier la douloureuse sur la télévision de la chambre. Classe de tango. Un comédien en spectacle dans le théâtre. Toujours le casino, encore une dégustation de porto à 22 h. Et une exposition de « perles de la Mer du Sud ». Alors nous les Polynésiennes nous rendons à cette exposition en curieuses. Ce ne sont pas des perles noires de Polynésie mais un petit bracelet de perles blanches et un pendentif avec une seule perle de couleur. M. ayant apporté son collier de perles noires de Tahiti est priée de suspendre à son cou l’orgueil de Tahiti. La présentatrice remarque vite le collier de M. mais n’en souffle mot. Elle avait la chance de pouvoir montrer aux dames intéressées la perle noire, elle n’en a pas profité !

colombie glaces

Carthagène des Indes, Colombie. Arrivée 9h, tous à bord 15h45 départ 16h. Ville portuaire au bord de la mer des Caraïbes, a été fondée le 1er juin 1533 par le conquistador Pedro de Heredia. Pendant 3 siècles elle fut un bastion du royaume d’Espagne en Amérique du Sud. La ville possède d’importantes fortifications militaires. Elle fut également un important centre de traite des esclaves et de transit de l’or issu des pillages des empires aztèque et inca, destiné au royaume d’Espagne.

carthagene des indes colombie

Et, pour la petite histoire, en 1697 une attaque de Carthagène par la marine française commandée par le chef d’escadre Jean-Bernard de Pointis est un succès. Le port caribéen est pris, pillé pour un butin estimé entre 10 et 20 millions de livres. Cette expédition était ordonnée par le roi de France Louis XIV qui recherchait un succès sur les mers afin de pouvoir signer le traité de Rijswick qui mettra fin à la guerre de la Ligue d’Augsbourg, en position de force. Il obtint ainsi de l’Espagne la partie ouest de l’île de Saint-Domingue qui devint colonie française.

carthagene des indes

Direction la vieille ville où la statue de la India Catalina trône. La forteresse San Felipe de Barajas et ses douze kilomètres de remparts protégeaient la ville des pirates mais rappelle aussi que l’or et les émeraudes raflés par les conquistadors transitaient par Carthagène des Indes. En arrivant sur la Plaza Santa Teresa nous changeons de monture avec une calèche tirée par un cheval pour visiter les rues étroites bordées de magnifiques balcons. Le quartier du centre San Pedro abrite la cathédrale et de nombreux palais, la tour de l’Horloge, le théâtre Heredia.

carthagene des indes rue

Au retour sur le bateau : fitness, casino, vente de tanzanite, la deuxième pierre précieuse la plus rare du monde, danse, guitare, tango ; au théâtre, un chanteur-musicien. Direction Fort Lauderdale pour 1 149 milles nautiques !

Hiata de Tahiti

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Canal de Panama

Le pilote du Canal de Panama a apporté avec lui des souvenirs de Panama, des vrais, il n’y en aura pas pour tout le monde ! Ce sont des souvenirs « authentiques » de Panama, précipitez-vous sur le pont 10 de 7h30 à 14h. La station de contrôle du Canal avisera le Celebrity Infinity par radio de l’heure à laquelle nous entrerons dans le canal, en fonction du nombre de navires en instance. Le pilote est arrivé depuis 5h45. Et voilà le programme des réjouissances. Pour l’écluse Miraflores 7h45-9h05 ; pour l’écluse Pedro Miguel 9h35-10h25 ; navigation en Gamboa 11h25 ; écluse Gatun 13h50-16h05. Temps variables, distance jusqu’à Colon, 80 miles nautiques. La traversée totale du canal prend 9 heures.

CANAL DE PANAMA

Un peu d’histoire sur ce canal. Son concept date du début du 16ème siècle quand le roi Charles d’Espagne avait commandé une étude pour trouver un chemin maritime plus rapide avec le Pérou et l’Équateur. Les Européens étaient fort intéressés à découvrir des routes commerciales plus courtes et plus rapides. Le chemin de fer du Panama a été ouvert dans les années 1850. En 1880, le creusement du canal commença sous l’impulsion du Français Ferdinand de Lesseps grâce à une levée de fonds géante à la Bourse de Paris. Les maladies, paludisme, fièvre jaune ont eu raison des premiers travaux. On estime à 27 500 le nombre d’ouvriers qui périrent pendant cette construction. Le travail fut terminé, après l’échec de cette tentative, par les États-Unis sous la direction de G.W. Goethals et le canal ouvrit en 1914. Les Américains pensaient à un canal au Nicaragua, projet actuellement mis en œuvre par les… Chinois ! En 1903, Panama indépendant accorda aux USA un contrôle controversé de 99 ans pour construire et administrer le canal. En 1977, un accord rendit le canal au Panama à la fin de 1999.

panama canal ecluses

Les écluses sont spectaculaires, larges de 33,53m et comportent une longueur utilisable de 304,8m. La profondeur varie mais est de 12,55m minimum dans la partie sud des écluses Pedro Miguel. Les écluses vont par paires. Chaque chambre est remplie avec 101 000 m3 d’eau qui entre par un réseau de conduites sous chaque chambre. Les navires sont tractés par les « mulas » petites locomotives sur rails circulant sur les murs des écluses. Les bateaux ayant la plus grande taille admise dans le canal sont désignés par l’appellation « Panamax » mais un nombre croissant de navires dépassent cette taille et sont appelés « post-Panamax ». L’avenir passe par des travaux d’élargissement lancés en 2007. Ce seront deux nouveaux jeux d’écluses : une à l’est des écluses de Gatún en place, l’autre au sud-ouest des écluses de Miraflorès, chacune desservie par un canal d’approche.

panama canal les mules

Actuellement, si l’on vient du Pacifique, à partir des bouées qui marquent l’entrée du golfe de Panama, les navires parcourent 13,2 km jusqu’aux écluses de Miraflores en passant sous le pont des Amériques. Le système des écluses de Miraflores fait 1,7 km de long avec un dénivelé de 16,5m à mi-marée. Ensuite le navire entre dans le lac artificiel de Miraflores qui fait 1,7km et se trouve à 16,5m au-dessus du niveau de la mer. L’écluse de Pedro Miguel est la dernière partie de la montée sur 1,4 km avec un dénivelé de 9,5m. La coupe Gaillard fait 12,6km de long à une altitude de 26m et passe sous le pont du Centenaire. Le Rio Chagres, cours d’eau naturel est amélioré par un barrage sur le lac Gatún, il parcourt 8,5km vers l’ouest pour se jeter dans le lac Gatún. Le lac Gatún est un lac artificiel formé par le barrage Gatún, emprunté par les navires sur 24,2km. Les écluses de Gatun comportent 3 étapes sur 1,9km de longueur et ramènent les navires au niveau de la mer. Un canal de 3,2km mène côté Atlantique. Le Bahia Limon (la baie citron) est un immense port naturel qui procure un mouillage pour les navires en attente de transit et fait 8,7km jusqu’à la digue extérieure. Le transit total est de 76,9km.

panama canal pousseurs

Je ne possède pas de données récentes pour vous parler argent. Sachez cependant que les plus petits navires en fonction de leur longueur paient des taxes qui, en 2006, allaient de 500 $ (longueur inférieure à 15m) à 1500 $ (supérieure à 30m). Pour les porte-conteneurs, les droits dépendent du nombre d’EVP. Par exemple, au 1er mai 2007, 54 $ par conteneur, en sachant qu’un porte-conteneur Panamax peut en transporter jusqu’à 4 000. La taxe la plus élevée aurait été payée le 30 mai 2006 par le porte-conteneur Maersk Dellys pour 249 165 $ ; la moins élevée par l’aventurier américain Richard Halliburton parcourant le canal à la nage en 1928 pour 36 cents. La moyenne est de 54 000 $.

panama canal pont du centenaire

Un nouveau projet d’envergure est entamé. On apercevait du bateau les engins de chantier, les grues au travail. Deux nouveaux jeux d’écluses : une à l’est des écluses de Gatun en place, l’autre au sud-ouest des écluses de Miraflores, chacune desservie par un canal d’approche. Les nouvelles écluses comporteront des portes coulissantes, doublées par sécurité, et seront longues de 427m, larges de 55m et profondes de 18m, permettant le transit de navires larges de 49m, d’une longueur de 386m et d’un tirant d’eau de 15m, ce qui correspond à un porte-conteneurs de 12 000 EVP.

panama canal travaux agrandissement

Les Chinois sont au Nicaragua pour construire un canal encore plus gigantesque afin d’y faire passer des bateaux « Valemax » de 18 000 EVP et jusqu’à 400 000 tonnes. Le Nicaragua a lancé les travaux de son canal controversé avec l’ambition de concurrencer celui de Panama. Le pays persiste dans son choix, malgré les doutes sur ce projet mené par un groupe chinois et critiqué par la population pour son impact écologique. Ce chantier pharaonique, est estimé à 50 milliards de dollars (cinq fois le PIB du pays) est le projet le plus ambitieux d’Amérique latine. Longueur du canal : 278 km (trois fois plus que celui de Panama), profondeur : 30 m, largeur : entre 200 et 500 m, nombre d’écluses : 12, durée de la construction : 5 ans, nombre de travailleurs : 50 000. Les risques environnementaux : proximité du volcan Conception, le lac Cocibolca (8 264 km2) est la principale réserve d’eau douce d’Amérique centrale. Il y aurait une possible salinisation et détérioration de la qualité de l’eau, 80 000 personnes boivent l’eau du lac et c’est aussi l’habitat naturel de 40 espèces de poissons…

Hiata de Tahiti

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Géopolitique du thon à Clipperton

Clipperton est un anneau corallien fermé de 1,7 km² de terres émergées. L’île relève du domaine public et est propriété domaniale directe de l’État. L’autorité est déléguée au Haut-commissaire de la République en Polynésie française, représentant de l’État depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 : « La loi détermine le régime législatif et l’organisation particulière des Terres australes et antarctiques françaises et de Clipperton ». Contrairement aux DOM et COM (département et collectivités), les lois et règlements de la République s’y appliquent de plein droit et « les juridictions de l’ordre judiciaire ayant leur siège à Paris » sont « territorialement compétentes ».

Clipperton carte de situation

L’île a été découverte le Vendredi saint 3 avril 1711, d’où son nom initial d’île de la Passion, par Martin Chassiron et Michel du Bocage. Elle est considérée comme possession française depuis le 17 novembre 1858 suite à sa prise de possession par le lieutenant de vaisseau Le Coët de Kerveguen au nom de Napoléon III. La raison de cette exploration de 1858 était surtout le guano (la fiente d’oiseau , phosphate utilisé dans les fertilisants), à plus long terme le percement de l’isthme de Panama envisagé par la France dans la ligne de la politique d’influence « latine » de Napoléon III aux Amériques. Le Coet de Kerveguen n’a pas pu débarquer. Un marin est allé à terre à la nage en dépit des requins et des vagues et a ramené des échantillons de guano. Une carte a été levée depuis le haut du mât et l’annexion de l’île rapportée a Hawaï. La redécouverte, l’occupation et l’exploitation de cette île à guano par les Américains incita le Mexique plus proche à la revendiquer et à l’occuper dès 1898. Une garnison mexicaine s’installe en 1906 et y construit un phare. Mais cette colonie fut abandonnée en 1914 par le Mexique à cause de la révolution, et ses derniers survivants livrés à la famine. Ils ont été découverts par accident et évacués par un navire de la marine américaine en 1917.

En 1909, le Mexique et la France se soumirent à l’arbitrage international du roi Emmanuel III d’Italie qui attribua la possession de l’atoll a la France en 1931. L’île était terra nullius lors de la prise de possession. Mais, au Mexique, on continue de revendiquer aujourd’hui la propriété de l’île dont les richesses sont le thon et les nodules polymétallique qui jonchent ses fonds marins. Selon le site de la Marine nationale, « Le contexte diplomatique et juridique » est clarifié entre la France et le Mexique concernant cette île. En effet, conformément à l’accord franco-mexicain du 29 mars 2007, entré en vigueur le 1er mai 2007, les navires de pêche mexicains peuvent bénéficier de licences de pêche pendant 10 ans dans les 200 milles marins entourant Clipperton. Sans quotas ni contrôle mais avec une obligation de déclarer les quantités pêchées et d’enregistrer les navires auprès du Haut-commissariat de la République à Papeete. La renégociation de cet accord a lieu cette année et les accords expirent en 2017. En échange, certainement un moment historique de notre diplomatie, le Mexique cesse de revendiquer une île que le droit international a pourtant reconnue française depuis 1931 !

Clipperton peche mexicaine dans les eaux territoriales

Or, très rares sont les nombreux navires américains, sud-américains et même asiatiques observés qui ont demandé une quelconque autorisation pour y pêcher, y mener des expéditions scientifiques ou y plonger avec les requins : la France et Papeete sont loin, les énarques parisiens s’en moquent, les responsables le sont à temps partiel et les politiciens n’y ont aucun électeurs. Seule l’économie pourrait faire pression sur ces Messieurs, mais l’économie en France est aux abonnés absents : qui va contrôler les pêches Mexicaines et leur faire payer les permis et une redevance a la tonne ? qui va affréter des bateaux pour le tourisme écologique ou la pêche sportive depuis que le Club Med est en vente aux étrangers ? qui va affréter (comme le Japon ou l’Espagne) des thoniers pour aller pêcher dans le Pacifique ? Les pêcheurs français sont de petits artisans collés aux côtes où ils disputent le rare poisson aux plaisanciers, pas des entrepreneurs hauturiers. Il est loin le temps des Terre-neuvas ! Et le pêcheur Polynésien, pourtant subventionné, n’a pas la volonté de partir loin de son île à la pêche « au long cours ».

De plus, l’État est impuissant à continuer l’empire. Pas de volonté, pas de moyens, à peine un renouveau national de la recherche scientifique 10 ans après l’expédition médiatique de Jean-Louis Étienne avec deux scientifiques en 2014 et une expédition prévue en 2015 (si le budget est maintenu). Eric Chevreuil, ancien officier de l’armée de terre française reconverti dans l’informatique en Californie, est soucieux de Clipperton et est scandalisé par le pillage de ses ressources par les senneurs Mexicain et par « la propagande parisienne ». Il a récemment écrit une lettre ouverte au Président parue dans la version papier de Marine & Océans (Mai 2014), et rédigé un dossier d’enquête révélateur sur les abus des navires Mexicains a Clipperton. Ce dossier est diffusé a l’aube de la renégociation de ces accords de pêche pour informer le Premier ministre, les ministres des Affaires étrangères, de l’Outre Mer, de l’écologie, au le Secrétariat général de la Mer et le Haut-commissariat de la République a Papeete, par courrier digital et normal en avril 2014. Il écrit entre autre : « La frégate de surveillance Prairial et l’Arago, en transit, ont effectué un total de trois visites en 2011. Le Prairial y est aussi allé deux fois en 2012, une fois en 2013 et aucune mission n’est prévue en 2014. Chaque visite totalise trois jours en ZEE dont une journée a Clipperton. Au total, « la Police » française a passé 6 jours à Clipperton en quatre ans ».

clipperton bateau de peche mexicain avec vedettes de rabattage

Photos d’une campagne de pêche du navire Mexicain de Pescas Aztecas 9 à Clipperton : hélicoptère, 8 vedettes de rabattage, 1 barge pour étendre des kilomètres de filets, 1200 tonnes d’emport (source Eric Chevreuil)

Or une île sans administration et où personne n’habite n’aurait, pour le droit international maritime, que 12 milles marins de zone maritime territoriale (et non les 200 milles marins de zone économique exclusive). D’après les réponses du gouvernement à des questions posées à l’Assemblée nationale, le fait de ne pas étendre la ZEE aurait permis de réaffirmer notre souveraineté auprès des instances internationales. Esquive en langue de bois ? Par la faute de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, la France n’a pas fait valoir auprès de l’ONU en 2009 ses droits de possession sur la zone de 40 000 km² de plateau continental à Clipperton, les perdant définitivement. Cela pour ne pas fâcher les autorités mexicaines et ne pas risquer de compromettre la libération de Florence Cassez, dit-on…

Mais si tous ces arguments n’étaient que prétextes ? Le flou artistique entretenu par les diplomates et les technocrates sur le sujet, comme en témoignent les « réponses » ministérielles aux questions posées à l’Assemblée nationale ou au Sénat, montre que le droit de la mer n’est ni clairement établi ni souverainement revendiqué. Les politiciens préfèrent signer des « accords » économiques ou culturels pour les Airbus ou les étudiants avec le riche Mexique que d’exercer ses droits impossibles sur la pêche au thon et la collecte de nodules si loin de la métropole. Faute de volonté, faute de moyens, faute d’électeurs. Quand la force tranquille ne peut affirmer le droit, place à la ruse diplomatique.

2014 05 accords de peche france mexique question au senat

Sous peu à Paris (en août ?), les accords de pêche Franco-Mexicains de 2007 vont être renégociés en catimini et sans débat. La souveraineté de la France sur cet atoll et ses ressources sera probablement de nouveau bradée dans un accord qui ne profite vraiment qu’au Mexique. Ce pays pille allègrement la zone jusque dans les eaux territoriales françaises de Clipperton où les requins, les dauphins et les tortues de mer tombent victimes de leurs kilomètres de filets.

A quoi nous sert donc Clipperton ? Grâce à une ZEE presque aussi grande que la France continentale, l’île de Clipperton permet à la France de disposer du deuxième domaine maritime mondial, derrière les États-Unis. Ce qui les ennuie, semble-t-il… Va-t-on la vendre au Mexique, comme Napoléon 1er fit de la Louisiane aux États-Unis ? Va-t-on la perdre comme l’indigent Louis XVI (dont le sosie règne à l’Élysée) le fit du Canada ?

En savoir plus :

Clipperton vue par le Ministère de l’Outre-mer
Clipperton selon la Marine nationale
Site Tous les territoires français
Forum Mexique sur Clipperton
Jean-Louis Etienne en expédition à Clipperton
Clipperton vue par la world encyclopédie en français pour les paidès
Les intérêts commerciaux de la diplomatie française au Mexique
Le site du Professeur Jost, université de Tahiti
Clipperton sur ce blog
Rapport de M. Chevreuil : copie sur demande à echevreuil@sbcglobal.net

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Faits divers à Tahiti

Paea, en cette après-midi du premier de l’an, un jeune cycliste de 12 ans a été tué sur la route. Erreur de trajectoire du cycliste, imprudence du conducteur ? L’enquête est en cours.

Paea, décidemment, ce début d’année est endeuillé, un père perd le contrôle de son véhicule, fait une sortie de route et  finit sa course dans une rivière, son fils meurt dans le choc.

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Un important dispositif avait été déployé la veille, soirée du réveillon, par les forces de l’ordre. Mille cinq-cents contrôles, 39 infractions relevées. En zone gendarmerie (en dehors de Papeete et Pirae), 755 dépistages, 21 infractions relevées pour conduite en état alcoolique dont 10 délictuelles. En zone police (Papeete et Pirae) 700 dépistages effectués pour 18 relevées pour conduite en état alcoolique dont 11 délictuelles.

Cet hélicoptère au-dessus d’Outumaoro, en face de Carrefour fait songer à un film américain ! Que se passe-t-il ? Des voitures de gendarmerie… On le saura après, ce déploiement de forces était une opération de repérage et d’arrachage de stupéfiants avec l’aide de l’hélicoptère des armées. Depuis les airs, la vue est meilleure pour observer les plantations. Les pakaculteurs (planteurs de cannabis) ont dû se rabattre dans les bâtiments, les cours pour cultiver, les plantations dans les montagnes avaient été repérées et détruites, mais le business continue.

Un trafic international de cocaïne démantelé par la police. Le voileux résidant aux Marquises allait acheter la poudre blanche à Panama et l’écoulait avec la complicité de restaurateurs à Tahiti. Un commerce juteux mais pas sans risques, le bénéfice serait de 14 moi de XPF. Mais, qui ne risque rien n’a rien !

A Faa’a, un accident insolite au cimetière Notre-Dame des Anges. Trois lycéens de 15 ans profitaient d’une pause pour discuter à l’ombre assis sur un coin d’un caveau. Seul, l’un était assis sur la plaque de marbre qui bouche le caveau et s’est retrouvé brutalement quatre mètres plus bas au fond de la tombe. Indemne après la chute il a eu le malheur de recevoir sur lui les morceaux de la pierre tombale et l’un d’eux lui a brisé la jambe. Le malheureux sera remonté à l’air libre par les pompiers et les mutoi (flics) et conduit à l’hôpital. Qui va payer les frais d’hospitalisation ? Le mort ? Le propriétaire du caveau ? Le fournisseur de la plaque ?

poisson pierre

Le jeune Rauheierii se baignait avec des amis aux Tubuai lorsqu’il a été piqué au pied à plusieurs endroits par un nohu (poisson-pierre). Cela arrive souvent au fenua. Mais le jeune a été victime d’un choc cardiotoxique dû au venin du poisson. Il en a réchappé, c’est du jamais-vu ici. Il était arrivé au dispensaire inconscient mais grâce à l’efficacité du médecin, des infirmiers, de la chaîne de solidarité (car il y avait également trois autres personnes victimes du nohu) il a pu être évasané (évacuation sanitaire) à Papeete. Après quelques jours de soins à l’hôpital du Taone regagner son île natale.  Le poisson-pierre est réputé pour être le plus venimeux du monde.

Sur Makemo (Tuamotu), il tabasse sa femme à mort pendant son sommeil. Un meurtre ultra violent d’un homme de 57 ans, déjà condamné par le passé pour des violences conjugales,  sur sa femme de 43 ans, mère de quatre enfants. Le couple était en instance de divorce.

Hiata de Tahiti

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Otavalo

L’identité otavalienne est très forte et se maintient coûte que coûte dans cette communauté fort nombreuse et pourtant de plus en plus dispersée pour des raisons commerciales à travers le pays. Mais partout où il est, l’Otavalien garde son costume.

Señor Otavaleno porte un lourd poncho bleu foncé, un pantalon d’un blanc immaculé, une longue tresse dans le dos, un feutre sur la tête, aux pieds des sandales bleues.

Señora Otavalena est vêtue d’une blouse ornée de broderies aux manches bouffantes, sur la tête et les épaules d’un châle de teinte sombre. Deux jupes de laine superposées sont nouées d’une ceinture tissée à la main. Autour du cou, plusieurs rangs de perles de verre, aux bras des bracelets de corail, des sandales noires aux pieds.

Le marché d’Otavalo est fameux, connu de toute l’Amérique du Sud. Il propose tout ce qui est nécessaire aux locaux. Les touristes peuvent empiler des photos dans leurs boîtes à images, acheter des souvenirs, un tapis, un panama. C’était le chapeau préféré d’Al Capone et des gangsters de Chicago. Il naquit sur les collines de Guayaquil. Là pousse le carludovica malmata, un palmier baptisé ainsi en l’honneur du roi Carlos V et de sa femme Luisa. Seuls les rejets qui contiennent des dizaines de palmes très fines sont utilisés pour tresser la merveille. Rien à voir avec les imitations bon marché de Chine ou de Taiwan.

 Otavalo comme communauté indigène, a toujours connu de nombreuses activités, bien avant la période coloniale, notamment comme centre d’échange entre les hautes et les basses terres. Le travail du coton et, en particulier, le tissage de la laine (mantas) pour l’habillement des habitants dépassait déjà les besoins locaux pour pouvoir être vendu jusqu’au centre de la Colombie et même au Pérou.

Cette capacité fut reprise par les Espagnols qui introduisirent en Amérique les moutons et qui imposèrent aux Indiens le travail de la filature et du tissage de la laine, activité obligatoire pour fournir à l’Espagne des draps.

Hiata de Tahiti

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