Alice Springs et les martiens

Article repris par Medium4You.

Rentrés hier soir tard après avoir assisté au coucher du soleil sur Uluru, le départ vers d’autres horizons tarde.

La route est monotone, des arbustes, quelques collines au loin, un ciel moutonneux. Les Tahitiens, au fond du bus, se paient une partie de franche rigolade. Un arrêt dans un shop aborigène nous permet de découvrir de jolies peintures toujours très caractéristiques et des objets en bois. Les Aborigènes créent, les Blancs vendent et gèrent ces magasins. Il semblerait que les Aborigènes ne sachent pas gérer… et puis ils peuvent décider subitement de partir en brousse, laissant tout en plan ! L’appel du bush ? du désert ? Je me laisse séduire par un petit tableau aux couleurs douces. La vendeuse me donne la carte de visite de l’artiste avec photo (c’est une femme) et les dessins explicatifs de son œuvre. Les objets exposés sont fort jolis et moins chers qu’à Yulara. Évidemment nous avons quitté la zone touristique du Parc ! Un arrêt dans une station où ils élèvent quelques chameaux. Les néophytes grimpent sur le dos des vaisseaux du désert pour une courte, vraiment courte, ballade. Les premiers eucalyptus fantômes, à tronc blanc, apparaissent. Et voici au loin Alice Springs.

Alice Springs, arrosée par la Todd River, est située à 23° 42’ 00’’ de latitude Sud et 133° 52’ 01’’ de longitude Est, altitude 576 m, superficie 149 km². Elle comprend 25 000 habitants dont 17% d’Aborigènes, principalement des Arrente.

The Alice est posée au milieu du massif des McDonnell Rangers. Pour voir la ville de haut, montons sur l’Anzac Hill. Cette colline en plus d’offrir un vaste panorama sur les McDonnell Ranges et le désert, porte un monument aux morts datant de 1934.

Pour entamer la journée, lessive, petit déjeuner. La ville est petite, mais ne pas oublier qu’avec les centaines de kilomètres carrés d’immensité vide qui l’entoure c’est un centre régional. Au milieu du bush, c’est une oasis, le carrefour du désert du centre, un point de passage pour les touristes se rendant à Uluru. Passé le pont sur la rivière à sec, on découvre une allée commerçante, ombragée, animée, avec des galeries d’art local, des pubs, des restaurants.

Allons à la rivière : la Todd River n’a pas d’eau… pourtant chaque année, en septembre, la célèbre course de pirogues, « The Henley on Todd Regatta » a lieu dans le lit de la rivière… asséchée. La course est annulée si l’eau atteint plus que la hauteur du mollet. Les pirogues et les costumes des « piroguiers » tiennent du carnaval. Le spectacle est hilarant, voir tout ce monde courir, porter leur pirogue, dans le sable de la rivière, les chutes, les éliminations, la bataille navale, les gagnants. Redevenons sérieux et allons nous incliner sur la tombe du pasteur John Flynn au Mont Gillen. Direction Simpson Gap, vallée encaissée, entre des falaises rouges, se termine par une brèche dans la falaise. Nous croisons des road train, certains ont de 60 à 80 roues ! Le truck fait 500, 600, voire 800 chevaux ; il consomme un litre au kilomètre, a un réservoir de 3000 litres de fuel. C’est vrai que les trucks sont de beaux bébés rutilants de chrome !

Retour à Alice Springs. La ville a été inondée totalement dans les années 80 ; elle avait totalement disparu sous les eaux. Maintenant dans la ville sont creusés des canaux qui servent de déversoir en cas de fortes pluies. Nous rendons visite au « Royal Flying Doctor Service » où l’on nous explique le fonctionnement de l’institution, le centre de radio communication, les opérations quotidiennes dans l’Outback. Un petit musée présente des maquettes d’avion, de vieux équipements, même d’anciennes radios à pédalier. Un café, un restaurant ainsi qu’un petit shop vous délestent de quelques dollars, mais pour une noble cause.

Le départ est prévu pour 6 h, le ciel est blanc, le problème est récurrent : comment faire entrer dans la remorque toutes les grosses valises des Tahitiens ? Rob grogne. Allez, en route ! Arrêt pipi à Ti Tree, le pub le plus central d’Australie. « In the middle of nowhere » c’est un panneau routier, une station-service qui fait aussi pub, parfois camping. Une rencontre est programmée avec un bus de la même compagnie qui fait le trajet inverse du nôtre. Les retraités australiens sont sympa, quelques mots échangés, le temps de prendre quelques photos, et chacun reprend la route. A 380 km au nord d’Alice Springs, nous nous arrêtons au pays des petits hommes verts à Wycliff Well, « Ufo capital of Australia ». Nous nous sommes enquis de savoir si nous aurions la visite des petits hommes verts… mais il semble qu’ils n’arrivent que le soir venu, et il n’était que 13 heures !

Direction Karlu-Karlu (Devil Marbles ou Billes du Diable) pour une découverte photos. Le site est spectaculaire, de gros rochers ronds en équilibre très instable, disposés là par un savant architecte. Chaque groupe pourrait recevoir un nom ! Une légende aborigène stipule que ces billes seraient les œufs du serpent Arc-en-ciel. Nous approchons du but après 720 km. La chambre est très confortable. Dave et Jeff sont accueillis par leurs cousins descendus de Darwin pour les saluer et demeurer quelques heures avec eux (1200 km et autant pour le retour). Ces Australiens, ils ne doutent de rien !

Hiata de Tahiti

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2 réflexions sur “Alice Springs et les martiens

  1. C’est ça l’humour australien… Plus facile pour ramer.

  2. une course de pirogues sur une rivière sans eau, en voilà une bonne idée

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