Retour du Cambodge

Nous sommes à l’aéroport bien trop tôt. Nous avons trop transpiré au-dehors ce matin et nous sommes enfin au frais. Nous avons le temps de changer de haut dans les toilettes. Nous avons un premier vol jusqu’à Singapour en Boeing 737-8 avant un transit de quelques heures pour le vol de retour vers Paris en Boeing 777-300. Quatre compagnies affrètent le même avion depuis Phnom-Penh jusqu’à Singapour, tant il y a peu de clients internationaux. Ce sont la Lufthansa, Virgin Australie, Air New Zealand et évidemment Singapore Airlines.

Un papa a mis son gamin sur une valise électrique à quatre roues qui avance comme une trottinette. Le guidon est composé de la barre transversale faite pour la tirer. C’est assez amusant et deux petits Chinois l’enfourchent pour virevolter entre les passagers. Nous reconnaissons plusieurs familles vues à l’aller, aux jolis enfants franco-asiatiques.

A l’étape de Singapour, alors que nous attendons dans la salle d’embarquement, une femme m’interpelle. C’est la mère des deux garçons déjà vus à l’aller, un 14 ans tirant vers les 15, costaud brun comme elle, qui remplit bien son tee-shirt et doit faire de la lutte ou du judo, et un petit blond fluet de 12 ans tirant plutôt vers les 11, qui avait une chaîne à gros maillons qu’il a ôtée ; elle devait lui donner trop chaud au soleil d’Asie lorsqu’il tape en plein midi. Elle me demande l’arrivée prévue du vol à Paris (7h15) car leur vol a été annulé et ils ont été reportés sur celui-ci. Le père, crâne ras comme un militaire mais toujours vêtu fantaisie à la punk, vaque loin de la famille. Ce n’est pas lui qui dirige le ménage, et la mère a même réussi l’exploit de faire de son aîné sa copie conforme, alors que ce n’est que le second qui ressemble à son père (c’est souvent l’inverse). Les enfants sont hâlés, en doré pour l’aîné, en rose terni pour le cadet, signe qu’ils sont allés en bord de mer. Peut-être en Thaïlande ? Singapour est un hub pour les destinations. En tout cas, ils n’étaient pas sur notre vol vers Hanoï.

Le Boeing 777-300 est plein comme à l’aller. C’est le retour des vacances scolaires en France et des familles mixtes reviennent pour l’école. Un joli 10 ans au papa d’apparence malaisienne ou indonésienne est très vif, affectif, joli comme un page avec ses cheveux noirs drus brillants coiffés à la Jeanne d’Arc. Sa grande sœur de quelques années est plus quelconque. Quant à la mère, c’est une grande sèche aux cheveux relevés sur le crâne qui lui dégagent un visage anguleux peu avenant.

Un repas complet nous est servi après l’envol, et un autre avant l’arrivée. Nous dînons donc deux fois, cela occupe. Le reste du temps, je dors à peu près, le cou retenu par le coussin gonflable en U qui est si pratique. L’arrivée est à l’heure, il y a la queue pour le contrôle automatique des passeports, seulement quatre postes pour trois avions internationaux en même temps. Celui de Saudi Airlines est remplis d’Arabes voilées et d’hommes en djellabas, tous nonchalants et ayant l’habitude du désordre, occupant les passages de leurs chariots bourrés de bagages sans se préoccuper de déranger.

La famille aux deux ados attend pour sortir de l’avion en dernier, de toutes façon les bagages se feront attendre, ce qui montre qu’ils ont l’habitude de voyager. Les adieux sont brefs, même si le groupe était sympathique. Il fait 6° et gris à Paris pour plus de 30° ensoleillés hier à Phnom Pen. Le décalage horaire dans ce sens ne perturbe pas trop.

F I N


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