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Michael Connelly, Les dieux du verdict

C’est une affaire de Michael Haller, avocat de Los Angeles, demi-frère du détective de la LAPD Harry Bosch. Aux États-Unis, le pénal est passionnant car la défense effectue ses propres enquêtes. Elle peut donc mettre en cause la police, les agences fédérales, les procureurs. C’est ce qui arrive ici, où un mac numérique, faisant travailler plusieurs escorts sur des sites en ligne, se trouve accusé du meurtre de l’une d’elle dans un hôtel, après qu’il l’eût menacée et saisie au cou parce qu’elle ne voulait pas lui payer son pourcentage.

La fille, Gisella, a été étranglée, et Andre le mac (en outre pédé) avoue l’avoir intimidée. Mais il ne l’a pas tuée. Donc, qui l’a fait ? Et pourquoi ? Gisella est le nouveau pseudo de Gloria, une ancienne cliente de Haller huit ans auparavant, pour laquelle il avait négocié un compromis à 25 000 $. Elle s’était évanouie dans la nature pour ne pas être retrouvée par celui qu’elle avait fait tomber. Sauf qu’elle est revenue, et a repris son ancien métier qui lui manquait. Haller croyait l’avoir sauvée, remise dans le droit chemin, il se trompait. Il vient de divorcer et sa fille de 16 ans ne veut plus lui parler. Cette affaire peut lui permettre de la retrouver, tant les ados sont émotionnels et soumis à la mode morale.

Haller se lance donc dans l’aventure pour oublier tous ses déboires. Le soir de l’assassinat, il semble que Gloria ait menti ; elle a bien appelé de l’hôtel, mais son client n’existait pas. Il semble aussi, d’après la vidéo surveillance, qu’elle ait été suivie lorsqu’elle est partie. Et pas par son mac. Andre a été inculpé sans preuves, uniquement sur des présomptions. Il dit être innocent. Il l’est.

Haller, aidé de son assistante Jennifer et de son vieux mentor Legal, va actionner ses enquêteurs, Cisco et Earl le chauffeur de la limousine Lincoln dans lequel il aime à travailler. Mais il dérange, on le lui faitr bien comprendre. Non seulement il est traqué par un dispositif électronique placé sous sa voiture, mais aussi agressé jusqu’à l’accident sur l’autoroute par une grosse dépanneuse qui prend la fuite. Earl est tué, Haller blessé. On ne veut pas qu’il enquête plus avant, et les méthodes pour l’en empêcher rappellent celles des gangs mexicains.

L’avocat va s’en mettre un dans la poche, le chef de gang de narcotrafiquant La Moya qui va le faire protéger, tombé pour possession de cocaïne, mais aussi pour une arme cachée, ce qui aggrave la peine. Le dealer n’est pas un enfant de choeur. Avant 15 ans, il a déjà violé, tué, brûlé et dépecé deux femmes au Mexique. Mais il est innocent de l’accusation de détention d’arme, et tout avocat se doit de le défendre.

Recherche dans les anciens dossiers, recoupements, interrogatoires de témoins, vidéo surveillance, planque, tout est bon pour la défense. Il suffit ensuite de monter un scénario avec une stratégie amenant les témoins interrogés à faire avancer la vérité devant les jurés. Haller adore ça, et il est plutôt bon. Se lit bien, même si l’on est ignare en procédure judiciaire américaine.

Michael Connelly, Les dieux du verdict (The Gods of Gult) 2013, Livre de poche policier 2016, 539 pages, €9,90, e-book Kindle €8,99

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