Renaud De Putter & Guy Bordin, Promenades à la rivière

La clé dans le ciel est un après-midi en Géorgie. Le surveillant de musée Shota dessine. Des corps d’homme, son obsession. Nus de préférence. Pas des corps de prolos, comme dans la propagande productiviste soviétique sous l’autorité viriliste poutinienne ; des corps d’imagination, de désirs. Il rêve d’hommes aussi libres que les chevaux, batifolant à poil dans la campagne.

Quittant le musée où il s’ennuie, il se dirige vers la rivière pour y songer un peu, auprès de ses amis Nana et Sandro. Des travaux sont en cours à l’aide des mauvais garçons du lieu et un jeune, dans les 22 ans, a ôté son tee-shirt. « Des yeux noirs profonds, des sourcils en accolade, un front bas, un torse noueux et sec comme un sarment. » Il est beau, dans le genre barbare.

De retour chez lui, Shota voit que l’on est venu, que l’on a fouillé. Mais rien n’a été volé. Toute la nuit, il s’efforce à coup d’esquisses de retrouver la forme du corps qu’il avait admiré. En vain.

Le garçon sur fond bleu est la rencontre d’un écrivain et d’un plasticien, touristes en Géorgie. Le premier est séduit. « Il était beau garçon, de sept à huit ans plus jeune que moi, la chevelure dense …), grand lecteur, curieux de mille choses, collectionneur averti. » Ils vont trouver le peintre Levan, établi dans un village de montagne, qui sculpte le papier mâché et dessine des corps d’homme – nus. Ce dessinateur est le même personnage que dans la première nouvelle, mais vu par un autre auteur, et dans une histoire prolongée.

Les jeunes de 17 à 22 ans travaillent toujours au bungalow, et le plus âgé est toujours torse nu. « S’il fallait caractériser Giorgi en quelques mots : taille moyenne, teint hâlé, cheveux coupés très courts, muscles dessinés à la perfection, corps idéal, bouche fraîche, sourire ravageur. » Bref, le désir. Le narrateur rédige en anglais et en catimini un petit billet d’invite pour le soir-même.

Surprise ! Le garçon vient à l’heure dite, se précipite tout nu dans la chambre commune et baise toute la nuit avec les deux amis. Telle est l’aventure, au coin du bois ou au bord d’une rivière.

Joli au masculin, léger comme le désir, exotique comme les confins sauvages. Deux nouvelles impressionnistes.

Les auteurs vivent en Belgique. Guy Bordin a déjà été chroniqué sur ce blog.

Renaud De Putter & Guy Bordin, Promenades à la rivière (2 nouvelles), 2026, éditions Le livre en papier, 73 pages,

(mon commentaire est libre, seuls les liens sont sponsorisés par amazon.fr)


En savoir plus sur argoul

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Catégories : Livres | Étiquettes : , , , , , , , , | Poster un commentaire

Navigation des articles

Laisser un commentaire