Ce Népal qu’il faut connaître

Le Népal a connu cette année 2015 une série de tremblements de terre historiques, rares, dont la violence ne s’était pas manifestée depuis 1934. Le 25 avril 2015 est resté en profondeur mais le 26 et les jours suivants, près de cinquante répliques ont eu lieu. La saison touristique 2015 est morte, les touristes et trekkeurs, effrayés, ne reviendront pas avant d’avoir oublié. C’est dommage, car ce pays est très beau et mérite d’être visité.

panorama himalaya nepal

Je suis allé quelques six ou sept fois au Népal, depuis trente ans. La première fois était il y a 27 ans, fin 1988 – Elle, ma compagne d’alors, insistait pour y aller. « Elle » est l’abréviation commode du prénom qui commence par Hel ou El comme vous voulez. C’était la première fois que j’abordais l’Asie. Je n’étais pas contre le Népal, mais ce n’était pas le premier pays que j’aurais choisi. Et quitte à aller à cet endroit, autant marcher « utile » en abordant les contreforts des Annapurnas ! Mais non, Elle craignait l’altitude, la fatigue ; elle préférait la vallée de Katmandou. Un nouveau circuit de randonnée venait de naître, tout juste annoncé dans le catalogue Terre d’Aventures que seuls, en cette fin d’année, les Parisiens avaient reçu. Ce circuit existe toujours, même s’il ne part pas cette année ; il a été amélioré et reste une bonne approche du Népal.

Et nous voilà partis.

gamins nepalais

Les photos que je vous présenterai sont désormais uniques, la plupart des temples et des bâtiments aux bois sculptés ont été détruits ; ils sont en cours de reconstruction, mais ne seront comme neufs que dans quelques années. Le numérique n’existait pas encore. La dégradation de l’argentique, malgré la bonne conservation à l’abri de la lumière, est patente. Le scan et la rebalance des couleurs et du contraste avec un logiciel ne permet pas de revenir aux tons initiaux. Mais c’est déjà mieux que rien. Revoyager, au travers du carnet et des diapositives, permet de se replonger dans un Népal d’hier, celui d’il y a trente ans seulement – presque deux générations pour le pays…

temple sakhu nepal

Auto, puis RER, puis avion. L’envol sur Lufthansa est pour Francfort, dans un Roissy désert. Personne ne vole en ce jour de Noël. Nous sommes le samedi 24 décembre et les familles ne songent qu’à la dinde et au caviar, ou aux jouets des enfants. Pas nous : des enfants, nous n’en avons pas encore, nous nous contentons d’aimer ceux des autres et la fête de Noël n’est pas accueillante aux « pièces rapportées ». Quant à la dinde…

À Francfort, l’aéroport est un labyrinthe où le personnel se déplace en petit vélo. Nous transitons quatre heures durant. Rien à voir, la ville est fermée, loin de là, la nuit tombe encore plus tôt qu’à Paris. Je me contente de parler un peu et de lire beaucoup. J’ai emporté Parias de Pascal Bruckner, un livre sur l’Inde loin des niaiseries empire comme des rêves baba cool. Décapant, et que je relirai. Elle tente de lire un ouvrage sur les sherpas du Népal. C’est bien sérieux pour accrocher une attention qui divague. Elle n’a lu que 92 pages seulement en neuf heures, je crois ! Parias est si passionnant que, malgré son épais nombre de pages, je le finirai avant de reprendre l’avion.

nepal nomobuddha

Pour Katmandou, l’arnaque est à l’heure. C’est ce que j’avais compris quand on me l’annonça. Il s’agit en fait de la RNAC, Royal Népal Air Company ! L’avion contient deux enfants seulement, accompagnés de leurs parents, deux gras Allemands tout blond avec des boucles à l’oreille gauche. Bizarre pour des enfants… mais ils précèdent la mode qui vient. Noël survient quelque part au-dessus de la terre. Elle et moi échangeons de petits cadeaux utiles : un livre, une mini-lampe torche. Pas de champagne, ni de caviar.

Six heures quinze de vol à l’époque, de Francfort à Dubaï, dans les Émirats Arabes Unis. Nous arrivons alors que le soleil se lève. Les terminaux pétroliers paraissent de véritables cathédrales de lumières dans la nuit. La ville que nous survolons est vaste, aux artères rectilignes ponctuées de réverbères. L’aéroport est immense – et vide. Nous traversons en flânant le plus grand duty-free du monde. Rien n’est cher – même l’alcool. Nous sommes pourtant en plein pays musulman, juste en face de La Mecque. Mais l’argent n’a pas de religion, même en pays intégriste.

kathmandou Tintin au Tibet 1960

Il nous reste quatre heures quinze de vol jusqu’à Katmandou dans le petit Boeing 757 dans lequel nous remontons pour nous sustenter une fois de plus. Trois repas déjà depuis le départ. Vertu du décalage horaire : il est toujours midi quelque part.

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