Castel–Merle

Il nous faut monter encore rudement sur la route, puis dans la forêt où retentissent déjà les coups de fusil des chasseurs de sangliers. Suit alors une longue descente dans le chemin caillouteux raviné du sous-bois vers Castel-Merle. Cet effort me raidit les tendons des genoux.

Après m’être assis un moment, je teste le propulseur, comme David. Je sais enfin comment fonctionne et à quoi sert le propulseur à sagaie préhistorique. Il multiplie la force par un mouvement des bras et des hanches qui est l’inverse du swing au golf. Il produit un effet de levier qui projette la sagaie bien plus loin qu’avec le seul bras. Je touche également de la peau de renne traitée, bien plus épaisse que celle de vache. Nous visitons l’abri avec la petite-fille (adulte) du découvreur, c’est un site privé. Malgré les bisons gravés en ronde bosse, très abîmés par la calcite, le site est bouleversé par les fouilles du XIXe siècle et présente au fond peu d’intérêt pour les non-spécialistes. La fille est cependant très sympathique et donne beaucoup d’explications.

Nous suivons un chemin le long de la Vézère qui nous ramène jusqu’à Saint-Léon-sur-Vézère, un village typique de la région bien restauré où, à part le tourisme en été, il ne doit pas se passer grand-chose. L’église de Saint-Léon des XIe et XIIe siècle, que nous visitons, est bâtie sur une villa gallo-romaine. Elle était initialement un prieuré bénédictin qui dépendait de l’abbaye de Sarlat. Le toit est couvert de lauzes calcaires très lourdes qui ont obligé à construire une charpente très pentue en chêne. Le clocher carré, solide, est égayé par deux étages d’arcatures à trois et deux ouvertures. Sur la base, des traits rappellent la hauteur des crues de la Vézère, fort fréquentes dans l’histoire.

Nous rentrons au gîte à 18 heures. Nous avons fait 19 km avec un dénivelé en cumulé de 384 m, selon le GPS de Daniel. Au dîner, tourin à l’ail, enchaud froid de porc et pommes de terre sarladaises peu grillées, brownie au chocolat et aux noix. L’enchaud est de l’échine ou de la côte filet mijotée longuement avec de la graisse de canard, du gros sel, de l’ail, du thym et du laurier, et laissé refroidir. Il se garde longtemps et peut être servi froid avec de la moutarde ou réchauffé avec des pommes de terre cuites à la graisse d’oie, du chou cru ou des cèpes.

Il pleut en soirée, avec des éclairs.

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