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Hanoï, musée d’ethnographie du Vietnam

Ouvert tous les jours « sauf le lundi et les jours du Têt », comme indiqué sur sa brochure distribuée à l’entrée, le musée a été bâti en 1989 et comporte 15 000 objets et plus de 40 000 photos. Nous n’avons le temps de visiter que les jardins car le musée ferme à 17h30. Mais le parc contient des reconstitutions de maisons des principales ethnies du pays sur les 54 recensées, dont certaines sont magnifiques, tout en bois.

Les tombes Giarai ont 27 sculptures faites à partir de troncs d’arbres qui représentent des personnages fortement sexués en pleine action. Ce ne sont que pénis érigés face aux vagins offerts, ouverts à deux mains. Le monument recouvert de vannerie en bambou est une tombe collective qui pouvait contenir jusqu’à trente morts.

Dans la maison Cham en bambou et en bois, les portes s’ouvrent vers le sud-ouest. Les murs sont faits de briques et d’un mélange de chaux et de coquillages, recouverts de tuiles ou de chaume. Les chambres sont disposées dans un ordre particulier : salon, chambre des parents, enfants et femmes mariées, cuisine, entrepôt, chambre nuptiale pour la plus jeune fille.

Selon la tradition, les aristocrates et les prêtres construisaient la maison Sang lam. Le double-toit comprend un intérieur en torchis de paille et boue qui protège de la chaleur et des incendies. Le couloir est l’endroit où les femmes tissent, la salle commune sert de réception, la réserve est une petite pièce située derrière la chambre à coucher et à laquelle seule la maîtresse de maison a accès. La cuisine est à l’extérieur, pour éviter le feu, au nord-ouest du terrain selon les usages. Elle comprend deux pièces, l’une pour cuisiner, l’autre comme réserve. Le foyer est constitué de trois pierres que les Cham considèrent comme les génies du foyer, symboles de la vie. Les femmes leur rendent hommage tous les trois mois ou quand les enfants ont la fièvre. Elles leur font offrandes de chiques de bétel, du thé, trois assiettes de riz gluant et trois bols de soupe sucrée. Le côté du foyer où l’on introduit le bois de chauffe doit être orienté vers l’entrée de la maison.

La maison Viet a un autel des ancêtres central tandis que les parties latérales sont pour les visiteurs et les membres de la famille.

La maison longue des Ede fait 85 m de long pour 6 m de large. Elle sert de salle communautaire.

La maison des Hmongs est construite en terre et pierre, moulées en coffrages. Le toit est en herbe à paillote, épais de 45 cm avec des gerbes tiges vers le bas. Elle était entourée d’un enclos familial avec une enceinte épaisse en terre. Chaque maison abrite souvent trois générations en ligne patrilinéaire. La grande chambre est celle du maître de maison, les petites chambres celles des fils ou des oncles.

La maison des Tay était en bois et bambous frais laissés dans l’eau boueuse six mois pour les rendre plus résistants aux insectes. Le plancher est sur pilotis à 1,80 m du sol et le toit en palmes. Parois et volets sont en vannerie de bambou et les fenêtres à lamelles de bambous. L’espace entre les pilotis sert aux instruments aratoires et aux animaux. Les enfants y jouent, les femmes peuvent y décortiquer le riz et les vieux se reposer à l’ombre.

La maison communale de Bana sert aux réunions des hommes, de rituels et de préparation à la guerre. Elle un un toit très haut, tout en bois, bambou, rotin et paille.

L’art de la marionnette sur l’eau est présenté dans la maison Thủy Đình.

Ces peuples ont des langues différentes : Austroasiatiques, Taï-kadaï, Austronésiens, Miao-Yao et Sino-Tibétains. Mais ils vivaient à peu près de la même façon en raison du climat et de la géographie. Ils pratiquaient l’agriculture, surtout le riz aquatique et la culture de légumes sur brûlis, avec un élevage familial en complément. Cueillette, chasse, pêche, venaient en sus. L’artisanat était traditionnel, tissage, vannerie, forge, poterie, menuiserie. Le village est la communauté de base et l’animisme la croyance la plus répandue.

La nuit tombe, le musée ferme, les motos et scooters vident le parking, souvent montés en famille, à trois ou quatre, le gamin devant, la femme derrière, la gamine entre elle et le chauffeur. Seuls les adultes portent un casque, il semble ne pas en exister de petits formats pour les enfants.

Nous reprenons le bus pour le restaurant Ann Hoi d’hier, pour un dîner aux sept plats, dont pour la première fois des aubergines frites et du canard. Nous devons être à 19h30 à l’aéroport d’Hanoï pour l’avion de 22h35 vers Danang qui embarque à 22 heures. Tom nous révèle que Danang est la Tourane du temps des Français.

C. a plus de 20 kg dans sa valise et son bagage est refusé. Il doit alléger ce qu’il met en soute pour respecter cette règle, qui était de 23 kg sur Singapore Airlines à l’aller. Quelqu’un lui prend son excédent de bagages pour mettre dans le sien ; ce sont surtout des bouquins. Pourquoi en emporter autant pour deux semaines, est-ce raisonnable ? Ma propre valise ne fait que 14 kg et mon sac de cabine moins de 4 kg. L’avion a encore du retard, ce qui fait que nous n’arrivons à l’hôtel de Hoï Han, le Royal Riverside, que sur les 2h40 du matin. Notre nouveau guide se prénomme Phap, qui veut dire « français » selon lui – un surnom.

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