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Bari, basilique Saint-Nicolas

En passant du port sous une arcade qui ouvre le mur d’enceinte, nous allons visiter évidemment la basilique saint Nicolas, « le » saint de Bari, évêque de Myre né en 270 et mort en 345 dont le corps a été enlevé par les marins en 1087 pour obtenir du prestige religieux dans les croisades en cours. Il est le patron des écoliers et des célibataires, en plus des marins et des voyageurs. Les Normands et le Pape après l’intervention de l’abbé Elie construisent la basilique de San Nicola sur les reliques volées aux Turcs en Lycie. La corporation de Saint-Nicolas allait louer ses navires et ses marins aux Croisés, pour un fructueux commerce amené par la religion.

La basilique, élevée dans la cour de l’ancien palais byzantin et dans le style roman, ne sera consacrée qu’en 1197. Mais Nicolas est un saint orthodoxe et Vladimir Poutine, apparatchik communiste des Organes de sécurité qui se veut champion de l’orthodoxie, a fait don d’une statue en bronze qui se trouve dans la ruelle juste à gauche de l’entrée. La façade sobre offre un triangle en trois parties, décoré d’arcades aveugles.

Le portail central, où les gens du cru s’assoient volontiers en famille pour papoter, est décorée d’arabesques, de lions et d’éléphants. Un tympan triangulaire s’appuie sur deux colonnes soutenues par deux massifs taureaux en saillie.

Un petit garçon, fasciné par les cheveux longs de sa grande sœur, les caresse et les tresse, assis derrière elle.

Sur le côté gauche, la porte des Lions expose dans le tympan des scènes de la vie des chevaliers normands. A l’intérieur, comme à Jumièges, alternent 12 colonnes et 2 piliers tandis qu’un plafond à caissons doré par Carlo Rosa en 1662 illumine de vie l’austérité de la pierre en racontant la vie de saint Nicolas.

Le grand ciborium qui surmonte le maître-autel est daté du XIIe siècle. Il s’élève sur 4 colonnes en brèche rouge et violette qui vont en s’amincissant. Derrière, la chaire de l’évêque Elie est du XIe. Des restes de fresques du XIVe ornent l’abside du côté droit, laissant penser que l’austérité romane de la pierre était contrebalancée par la couleur des décors peints et des tentures.

Nous descendons dans la crypte où reposent les reliques, sous l’autel. Trois rangées de colonnes séparent quatre nefs ; elles sont taillées en marbres rares, deux en marbre de Numidie, deux en brèche coralienne, une en marbre cipolin, les autres en marbre grec. Les chapiteaux romans sont sculptés de grotesques et de bêtes. Le pilier miraculeux rouge, veiné de blanc, dans la partie sud de la crypte, est protégé par une cage en fil de fer ; les pèlerins déposent des pièces ou des billets.

Un tableau présente quatre putti nus et potelés relevant le pilier devant l’évêque, attendri par tant d’enfance. Nicolas l’aurait posé de ses mains même en Lycie et il a été rapporté par les deux marchands avec les reliques. Une légende parmi d’autres dit que la colonne aurait flotté sur la mer jusqu’à Bari et que les anges eux-mêmes l’auraient placée. Sous l’autel, les restes du saint, devant lesquels viennent prier les pèlerins. A gauche, une chapelle orthodoxe dans une église catholique, pour la première fois dans l’histoire depuis le schisme de 1054.

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