Villa Mulini, Napoléon à l’île d’Elbe

Du phare, nous apercevons la villa Mulini – qui porte le nom des moulins dont elle était jadis flanquée – que Napoléon 1er occupa lors de son premier exil de trois-cents jours, du 3 mai 1814 au 26 février 1815. Il fit rajouter deux ailes pour loger les siens, et aménager le jardin.

La façade est peinte en jaune citron et les volets en vert feuille. Il disposait d’une résidence d’été à la campagne, à San Martino, mais c’est d’ici qu’il organisa l’île, lui donna son drapeau, encouragea l’agriculture, fit construire des routes.

Elbe était en effet sa propriété  de 27 sur 18 km, ainsi que les petites îles au nord et au sud de Palmaiola et Pianosa, selon les conditions de son abdication. Elle était partie de la province de Toscane qui, à l’époque, était française.

Le 14 juillet 1802, les représentants des villages de l’île d’Elbe avaient prêté serment à la République française et un décret du 20 août l’ajoutèrent à la France. Ce sont les Cent jours qui réduiront l’Hexagone à sa forme actuelle…

Si Napoléon a tenté de revenir, c’est bien sûr par goût du pouvoir et ressentiments immédiats de la population envers le gros arriéré de Louis XVIII, mais aussi parce qu’il craignait déjà de se voir exilé par les Anglais à Sainte-Hélène, et enfin parce que le roi, aussi bête que borné, ne lui payait rien de la pension qui devait lui être allouée par le traité d’abdication.

Nous passons devant la façade de la villa, aujourd’hui musée, que nous ne visitons pas car il est trop tard. Des familles remontent de la mer, nues et bronzées.

En nous rendant vers le Forte Falcone, nous pouvons voir la petite plage de galets à une cinquantaine de mètres en contrebas des remparts où la chaloupe est venue chercher l’ex-empereur pour l’amener à la goélette qui l’emportera en France, à Golfe Juan.

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2 réflexions sur “Villa Mulini, Napoléon à l’île d’Elbe

  1. Vous avez sans doute raison de nuancer. Je n’ai lu des biographies de rois que jusqu’à Louis XVI, les suivants me paraissant dépassés. Sur Louis XVIII j’en suis resté à mon maître René Raymond qui parle, en 1914 « d’ultracisme » pour désigner les revanchards de 89, les anti-modernes qui voulaient revenir au bon vieux temps éternel fixé par Dieu. « Vive le roi quand même », dit encore Chateaubriand. Les élections de 1815 fournissent aux ultras une chambre « introuvable » (350 sur 392 députés !) qui leur font devoir d’être impitoyables en politique et d’être intégristes en catholicisme… (chap.1 1815-1830 L’ultracisme, 1 – L’opposition de sa majesté, in La droite en France, 1968).

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  2. Florian78

    Les motifs de retour du Grand Empereur sont exacts : le non-versement de la pension de 2 millions par la France, le projet anglais de déportation (déjà !), outre les erreurs du gouvernement royal -, mais vous êtes bien sévère avec Louis XVIII, qui n’était ni bête, ni borné, ni arriéré : le portrait correspondrait plutôt à son frère Charles X, du moins sous l’angle politique.
    Succéder à un géant tel que Napoléon après 23 ans d’exil n’était pas une sinécure. Régner sur cette France de 1814-1815 qu’il connaissait mal, flanqué de partisans revanchards (qu’il s’efforçait de ne pas écouter), sans commettre une faute, aurait été un tour de force. Il s’est tiré plutôt habilement d’une situation autrement plus délicate après les Cent-Jours, sur fond de violences inouïes et d’occupation étrangère.

    Comme vous aimez lire, voyez l’excellente « Histoire de la Restauration » de deux historiens que je connais personnellement, Benoît Yvert et Emmanuel de Waresquiel. Le premier dirige les éditions Perrin, le second vient d’écrire aussi sur Fouché et Talleyrand, experts en double jeu et redoutés même de Napoléon; On trouve tous ces livres d’occasion, et aussi chez Tempus.
    Plus ancien mais aussi agréable, « Histoire de la Restauration » de Guillaume de Bertier de Sauvigny (aujourd’hui décédé), édité chez Flammarion.
    Un très bon bouquin, moins « scientifique » et plus délassant, en « format italien », de René Reymond paru en 1985, « La route Napoléon » aux éditions La Manufacture, collection « archives du Dauphiné ».
    Et puis vous avez aussi les travaux de Jean Tulard et de Thierry Lentz.

    Bonne lecture et bon voyage, merci de nous emmener dans cette paradisiaque Italie, merci pour vos superbes photos (entre autres, j’ai beaucoup aimé la jeune fille de Pise en robe rose et la chatte négligemment couchée sur le muret de Portoferraio) !

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