Elizabeth Peters, Le maître des démons

Aventures et mystères au menu de ce nouvel opus de la série Emerson. Cette fois, la Première guerre mondiale sévit jusqu’en Égypte puisque les Turcs veulent remettre la main sur cette province perdue tandis que les Allemands, leurs alliés, verrait bien la route du canal de Suez fermée aux Anglais. Le couple Emerson aurait pu rester à Londres car Radcliffe est trop vieux pour l’armée, mais le pillage systématique des fouilles en Égypte les retient de rentrer.

Leur fille adoptive Nefret a poursuivi ses études de médecine en Angleterre et a ouvert une clinique pour les femmes au Caire ; leur fils Ramsès est désormais un beau jeune homme de 25 ans, intelligent, athlétique et charmeur, mais doté d’un pacifisme à tout crin. Ce pourquoi les vieilles pies de la « haute » société britannique du Caire le snobent et lui déposent une plume blanche de « chicken », ce qui signifie chapon ou lâche dans le langage victorien. Ces nanties emperlousées ont beau jeu d’être nationalistes et d’envoyer les jeunes hommes se faire tuer tandis qu’elles se contentent de commenter et d’alimenter les ragots devant leur tasse de thé.

Il se trouve cependant que Ramsès n’est pas un lâche et le roman consiste à le prouver. De « frère » des démons, il devient « maître » des démons pour les Egyptiens. Son père sait la part qu’il prend dans les intrigues d’espionnage, et sa mère le découvre tandis que Nefret a peur pour lui. Sans compter que Sethos, le demi-frère d’Emerson amoureux d’Amelia Peabody, continue d’intriguer en coulisse et de jouer les agents triples entre le trafic d’antiquités et le trafic d’armes, sans compter le trafic de renseignements.

Difficile d’en dire plus sans dévoiler le sel de l’histoire mais, cette fois-ci, l’autrice n’hésite pas à remettre en cause les protagonistes habituels de ses histoires pour passer un grand coup de balai. Ramsès et Nefret se trouvent, tandis qu’Emerson découvre une belle statue enfouie dans le sable d’une tombe déjà pillée. Les Turcs et les Allemands sont contenus loin du Canal et la guerre se poursuit.

C’est une historienne qui a commenté les aventures archéologiques des Emerson dans la revue L’Histoire qui m’a donné envie de lire la série. J’y retrouve mes plaisir d’enfance qui lient l’aventure, l’exotisme et le décentrement du passé. Un délassement subtil.

Elizabeth Peters, Le maître des démons (He shall Thunder in the Sky), 2000, Livre de poche 2002, 542 pages, €4.48

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