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Étape en forêt sur le chemin de saint Michel

Nous commençons notre randonnée du jour par les escaliers en marbre de la Casa del Pellegrino. Nous descendons en effet les six niveaux jusqu’au parking. En face, de l’autre côté de la route qui quitte la ville, s’ouvre le sentier des pèlerins SM (saint Michel et sado-maso) que nous emprunterons à la suite de milliers d’autres. C’est la voie sacrée des Lombards qui va d’Espagne à Jérusalem en passant par le Monte Sacro et son abbaye bénédictine dédiée à la Sainte Trinité.

Des vaches ont déposé des bouses en plein milieu du sentier. Nous dévalons 500 m de dénivelée sur les blocs d’immeuble laids et serrés du Monte aux pentes pelées avant une marche dans le vallon, le plus souvent à l’ombre. Le chemin pierreux est, comme hier, vite ennuyeux. Nous avons trois heures de marche jusqu’au pique-nique, à l’orée d’une forêt de chênes verts.

Le guide sort sa gamelle et des sacs. Il prépare une salade à tout, comme il en a le secret. Il mélange aujourd’hui roquette, lentilles, fromage, menthe séchée, carottes râpées, fenouil émincé, haricots rouges – du frais et du bocal. En antipasti, une tartine de bon pain agrémentée d’une préparation à la truffe appelée crema di tartuffo. Du vin rouge Nero di Troia de Puglia 2017, du fromage de brebis, deux prunes. Tel est le déjeuner, copieux.

Après la sieste, une longue côte qui monte sur la route et sous le soleil, et nous arrivons au bout des gourdes comme au bout du chemin. Le gîte rural de l’Agroturismo nous attend, ses bungalows, sa piscine (fermée la semaine dernière) et son restaurant sous pergola avec la cuisine de la nonna. Il est 17 heures. Le guide veut encore nous faire grimper, selon le programme, le Monte sacro en face, 1h30 aller-retour et 300 m de dénivelée supplémentaire. Cela finira d’achever les puristes du pédestre sous le prétexte aller voir des ruines d’une abbaye bénédictine à la Sainte Trinité, détruite au XIIe siècle, établie sur un ancien temple à Jupiter.

Quatre sur quatorze du groupe montent la dernière étape. C’était intéressant, sans plus ; cela valait-il le détour ? Ceux qui ont fait effort disent évidemment que oui, mais dans leur for intérieur ils sont plus mitigés, ils l’avouent en aparté. Les filles se murgent aux limoncello maison, je les entends rire de ma fenêtre. Je suis dans un studio avec lit matrimonial, lits superposés pour les enfants, une salle de bain et la cuisine aménagée séparée.

Le dîner est à 19h45. C’est le nonno qui est le chef. La nonna (qui se prénomme Libera) et leur fille (Immacolata) font le service. Antipasti de bruschetta, fromage, aubergines et poivrons grillés de leur production, orecchiette sauce poivron, câpres, fromage râpé de chèvre et basilic ciselé, ragoût de bœuf-carottes accompagné de vert de bettes, tarte à la ricotta mi-vache mi-chèvre. Nous terminons par le limoncello de la nonna. Je l’ai à peine goûté, il contient trop d’alcool et de sucre pour mon goût. Après mes trois verres d’eau à l’arrivée, je bois encore plusieurs verres d’eau frizzante le soir.

Histoire à table : un météo en Terre-Adélie est parti pour une mission de six mois. Il raconte que le cuisinier de la base s’isole tous les soirs avec un livre. Il ne participe pas aux réjouissances de ses camarades. C’est en fait un catalogue des poils pubiens de toutes les femmes qu’il a baisées depuis sa plus tendre puberté. Cette histoire macho a l’heur de faire rire même les filles.

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