Michael Connelly, Echo Park

Michael Connelly Echo Park

Nous sommes à Los Angeles et l’inspecteur Hiéronymus Bosch, dit Harry enquête. Sévissent comme d’habitude les maniaques sexuels, les arrogants du fric, les corrompus de la politique et du service d’Etat. Le sigle FBI ouvre toutes les portes avec une autorité tranquille, légale ou pas. Le travail d’enquête est semé d’obstacles juridiques, politiciens, bureaucratiques. Bref, nous sommes en Amérique, au 21ème siècle.

Echo Park est un quartier de Los Angeles. C’est autour de lui que tout tourne. Une disparition féminine 13 ans plus tôt, les affaires de la fille retrouvées soigneusement pliées dans sa voiture avec ses clés, ses papiers, ses derniers achats au supermarché, le tout dans un garage laissé vide par un locataire ayant déménagé. Un ANE (Affaire Non Élucidée). Comme nous sommes en Amérique, il y a tout un service pour ça. Et l’inspecteur Bosch s’y colle, lui qui en avait assez de la retraite. Ce dossier le turlupine ; son suspect de prédilection va d’échappatoire en échappatoire, sans qu’aucune preuve ne puisse être retenue contre lui. Il n’y a que l’intuition. Pas même un cadavre à confier aux investigations de la police scientifique.

Pour une fois, la politique va donner un grand coup de pied pour propulser le dossier. Un suspect, arrêté par hasard pour « comportement suspect » (on est en Amérique où tout le monde doit faire comme tout le monde), avoue une bonne dizaine de meurtres. Tous de filles. Qu’il dépèce et ensache pour les faire disparaître. Justement, ce soir-là, il évoluait dans le quartier d’Echo Park (où il n’avait rien à y faire) avec le van d’une entreprise de nettoyage (à 2 h du matin !). Comportement éminemment suspect pour que deux policiers zélés l’arrêtent, lui demandent ses papiers, et avisent deux sacs plastiques desquelles coulait quelque chose qui n’avait rien à voir avec les produits industriels.

On ressort le dossier ; Bosch est associé ; l’avocat propose un marché. Nous sommes en Amérique où l’on peut échapper à l’aiguille mortelle si l’on plaide coupable avec négociation. On avoue, on élucide ainsi quelques affaires pendantes, le procureur vous colle au trou pour la vie, et tout le monde est content. Sauf que… Rien n’est simple, surtout à Los Angeles, surtout avec Bosch qui prend à cœur toutes ses affaires par empathie avec les victimes – voire avec leur bourreau.

L’intrigue est compliquée, bien menée, documentée. Ce ne sont que progressions logiques et coups de théâtre, soupçons qui s’avèrent et dévient. La fin est sur trois coups comme dans le finale d’une symphonie romantique. Le premier est haletant et le dernier étonnant !

Un bon cru Connelly pour les vacances. D’autant que le chef Pratt, à quelques semaines de la retraite, compulse des catalogues sur les Caraïbes, les Antilles, tous endroits où il rêve de se retirer malgré son divorce, sa pension alimentaire et sa maîtresse. On peut rêver, non ?

Michael Connelly, Echo Park (Echo Park), 2006, Points poche policier 2014, 428 pages, €7.90

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