La visite du président Hollande en Polynésie

Le Président Hollande qui est venu faire un petit tour en Polynésie a distillé des bonnes nouvelles, distribué des millions (les as-t-il ?) et est reparti. Des sous, des promesses, quelques mots sur le nucléaire, mais pas de demande de pardon… Les manifestants anti-nucléaires étaient bien présents. Dans la Loi Morin, pas de nouveautés donc déception pour ceux qui se battent depuis des années. Il y aurait plus de 1 000 demandes d’indemnisations et seule une vingtaine a reçu une proposition. La DGA (dotation globale d’autonomie) – qu’on appelle la dette nucléaire – sera sanctuarisée dans le statut de la Polynésie et son niveau sera de 30 millions d’euros dès 2017. Pour la dépollution de Hao, l’atoll où les Chinois veulent construire un élevage de poissons, rien de bien neuf non plus. Il resterait du plutonium disséminé sous la piste d’aviation. Hao était la base arrière de Moruroa. Hollande a reconnu des impacts aux essais nucléaires. Quant à la surveillance de Mururoa et de Fangataufa, elle existe déjà mais les informations n’arriveraient que deux, trois ans plus tard. La seule vraie bonne nouvelle semble être la promesse que l’État va apporter 700 millions de XPF pour aider au développement du service oncologie et mettre à disposition trois médecins internes au Centre hospitalier de Tahiti.

hollande sur la tombe de pouvanaa

Le Président était arrivé avec le soleil, mais est reparti avec ! Hollande est certainement allergique aux colliers de fleurs, dès qu’il en recevait il s’en débarrassait aussitôt. Mais il n’a pas échappé pas aux selfies, on dirait même qu’il y prend goût. Un marchand de perles lui offre un collier de perles POUR HOMME, il le met rapidement dans sa poche… Le programme est chargé. Arrivé à 22h46 sur le tarmac de Faa’a, à 23h10 il déclare : « je suis ici en France« , aïe, cela n’a pas dû faire plaisir à toutes les oreilles ! Le lendemain, à 6h38, il dépose une gerbe, se recueille sur la tombe de Pouvanaa a Oopa – selfies. À 7h30, il débarque au marché de Papeete dans un joyeux tumulte. Musique, tambours, les officiels, les petites gens. Hollande serre des mains, goûte des tas de produits, embrasse, sourit ; certaines marchandes de poisson (du frais, hein !) avouent « avoir fait tous les présidents : Giscard, Mitterrand, Chirac. » Quelques centaine de mètres à pied dans la cohue pour se rendre à la mairie de Papeete. On est à Tahiti et il fait chaud. De l’eau de l’eau.

Photo de famille, il rencontre en privé Michel Buillard, le tavana (maire) de Papeete et se change. Le président est en costume sombre, chemise blanche, cravate. Je pose une question à mon ami le Colonel Alain : « Colonel, le nœud de cravate était-il réglementaire ? Les poignets de chemise sortaient-ils comme il se doit ? » Merci Colonel de vos commentaires. Et bien sûr, dans une autre bafouille, je vous tiendrai au courant des notes d’habillement obtenues par le Président Hollande ! Certainement rafraichi, le président va assister aux spectacles de danses des groupes des cinq archipels où il dit « être parfaitement en France ». Direction la Présidence, le Versailles de la Polynésie. Il est 11 heures et il est attendu par un millier de personnes : invités, élus, chefs d’entreprise, fonctionnaires, militaires. Il faudra encore que ce public patiente, Président se refait une beauté, il a dû mouiller la chemise ! Fritch, président de la Polynésie enlève en 13 minutes son discours, 30 minutes pour le chef de l’État, tous les sujets sont abordés.

Enfin le déjeuner au Haut-Commissariat. Le menu ? Crevettes, mahi mahi sauce vanille, des frites d’uru et purée de taro et un café gourmand. Il apparaît détendu, il a même tombé la veste parait-il ! Colonel Alain, serait-ce bien dans les règles vestimentaires ce dépôt de veste ? La journée n’est pas finie. En route, il faut 40 minutes au Falcon pour déposer ces messieurs sur la piste d’Uturoa (Raiatea Iles sous le vent). 14h39, il monte à bord de l’une des deux pirogues à moteur qui emmène la délégation sur le site du marae de Taputapuatea.

À 15h40, Président débarque à Taputapuatea, 3 000 personnes l’accueillent, l’ambiance est joyeuse et conviviale. Sur le marae, Hollande reste à l’extérieur, seul Édouard Fritch se déchausse pour porter l’offrande. Il rend hommage à la culture polynésienne et annonce la création d’un musée, les sous sont toujours les bienvenus ! Un petit tour au buffet, un aller-retour à la plantation de vanille Hotu Vanilla. Le voyage officiel est terminé. Il lui reste un dernier rendez-vous « amical » à Faa’a chez Oscar Temaru où (d’après Oscar) ils n’auraient parlé d’aucun sujet qui fâche. Zont parlé de quoi alors ?

aides de la france a tahiti

Il semble que l’on ait parlé beaucoup de sous avec en plus. Pour exemple : un prêt pour l’hôpital de 1,7 milliards de XPF ; des terrains gratuits pour le logement social ; la défiscalisation jusqu’en 2025 même pour les projets chinois du Mahana Beach et la ferme aquacole ; une amélioration de l’aéroport de Faa’a ; un nouveau bâtiment multi-missions pour la Marine ; le soutien de l’État à l’énergie thermique des mers ; pour Taputapuatea un accord technique de l’État et une coopération pour le développement culturel avec l’ouverture d’un musée ; un investissement massif dans l’économie bleue. L’État aurait-il des revenus non déclarés ? Sinon des miracles devront se produire… Amen.

Hiata de Tahiti

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