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Théâtre de marionnettes sur l’eau à Hanoï

De retour à Hanoï, nous assistons à une représentation du théâtre de marionnettes sur l’eau Thang Long, rue Dinh Tieng Hong, connu internationalement. C’est assez agréable, joli à voir, et ne dure pas trop longtemps. Il s’agit d’un art très ancien avec bouffons, dragon, gardiens de buffle, paysans cultivant la rizière, chasse au renard qui attrape les canards, pêche des poissons, enfants jouant dans l’eau, danse du Phénix, excursion en bateau de l’empereur Lê Loi, danse de la licorne, et ainsi de suite. En tout une heure, avec vue dégagée, orchestre d’un côté de la scène et chanteurs chanteuses de l’autre côté. La scène est une piscine ou s’ébattent les marionnettes, tirées par des fils depuis le dessus. La musique est pour nous criarde, les voix en vietnamien discordantes, mais le spectacle des bouffonneries est virtuose.

Ce théâtre est pour moi à l’image du pays, lourd, ironique, coloré et populaire. Beaucoup d’étrangers sont parmi les spectateurs. Nous avions les 19 fauteuils tout en haut.

Nous allons ensuite dîner au restaurant Ann Hoa Legend. Il se situe dans un quartier pas fini qui se boboïse. Mais, de nuit, nous avons l’impression de pénétrer dans des ruelles de banlieue. Nous sommes au troisième étage, sans ascenseur car tout le monde veut le prendre et nous ne sommes pas seuls dans ce restaurant. Le menu est de qualité avec notamment des morceaux de poisson à la vapeur accompagnés d’une purée de mangues mûres. Les autres plats sont classiques.

Notre avion prévu demain à 16 heures est annulé et le vol reporté à 22h30. Le programme est à adapter. Ce sera un Airbus A320 de Vietjet. Selon Tom, cette compagnie de charters intérieure du Vietnam est toujours en retard ou connaît toujours des problèmes. Ce n’est ni la première fois, ni la dernière fois qu’un vol est fortement retardé ou carrément annulé. Évidemment, le billet ne coûte que la moitié que celui de la compagnie nationale classique Vietnam Airlines.

Étant donné le changement d’heure du vol, le départ est fixé seulement à 10 heures de l’hôtel pour respecter les huit heures réglementaires continues du chauffeur de bus. Mais je me réveille toujours aussi tôt à cause du décalage horaire. Cela laisse le temps de bavarder au petit-déjeuner, au milieu d’une horde de Yankees bruyants et impérieux, la même qui était déjà là il y a deux jours. À côté des grands mâles aux cheveux ras et au ventre imposant, et des matrones fessues et tétonnantes, les jeunes serveurs vietnamiens au cou nu dans le triangle du polo qui laisse voir leur fine chaîne d’or ont l’air d’enfants. Passent des Allemands, dont une grande jument coiffée en brosse à la Grace Jones grisonnante, et qui semble toujours en représentation comme si elle était un travelo. Elle garde un sempiternel sourire figé dans les rides d’expression, une taille qui ondule, et une voix rauque. Mais son âge et ses cheveux gris la rendent un brin ridicule. Je retrouve l’odeur de punaises écrasées de ma chambre dans le « thé » au gingembre du petit-déjeuner. S’il y a certes du gingembre, l’infusion est colorée par une autre plante où je reconnais l’odeur de la périlla de Nankin qui parfume les poissons crus japonais.

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