
Un roman policier qui se passe dans le Japon d’il y a 40 ans, encore traditionnel mais devenu très développé. Ce contraste aiguise le plaisir, tout en faisant connaître les particularismes comme le yucata, les geta, le zabuton, les shogi, le tokonoma, les gyoza. James Melville est le pseudo de Roy Peter Martin, né le 5 janvier 1931 à Londres et décédé en 2014 à 83 ans. Il a travaillé à Tokyo et Kyoto pour le British Council et s’est frotté à la police japonaise. Il invente alors le personnage du commissaire de police Tetsuo Otani, et le fait évoluer entre japonité et occidentalisme.
Dans cet opus, le corps d’une jeune Hollandaise venue en stage commercial au Japon est découvert dans un immeuble en feu du quartier yakuza, la pègre japonaise. Que faisait donc là, un dimanche, dans cet immeuble vide, Marianna Van Wijk. Mais surtout que faisait-elle avec la photo du commissaire Otani et de sa famille dans la poche ? Celui-ci, partie prenante, doit se retirer, mais non sans se faire tenir au courant. Ce sont ses adjoints Noguchi et Kimura qui vont mener l’enquête officielle, tandis que lui enquêtera de son côté pour savoir où son gendre Shimizu a disparu. Il a eu une liaison avec la belle Marianna à l’insu de sa femme lorsqu’il était en poste à Londres, et a renoué avec elle lorsqu’elle est venue au Japon. Aoki, sa femme et fille d’Otani, est furieuse.
Il se trouve que Marianna logeait à Kobe chez une amie anglaise, Penny Johnson, et que celle-ci a une liaison avec l’ambitieux Murata, copain de fac de Shimizu, ancien maoïste japonais comme lui, reconverti dans les affaires comme lui, et désormais à la direction de la recherche d’un grand groupe pharmaceutique. Il a inventé (en équipe) le Gynojoy, un médicament qui enlève les malaises menstruels chez la femme – un gros succès. Ce médicament n’est pas sans quelques effets euphorisants, et la recherche peut aller plus loin… Ce qui intéresse la pègre, évidemment. Ce pourquoi Murata s’est lié avec un ponte connu d’Otani et de son équipe.
Mais pour développer les recherches, il faut des financements. D’où l’incendie volontaire de l’immeuble pour toucher l’assurance, à moins que…
Un peu touffu, plein de circonvolutions et de suspense, beaucoup de personnages aux noms japonais qui sonnent un peu pareil, le lecteur se trouve un peu perdu au début. Ce n’est que dans le cours de l’histoire que la cohérence se met en place. Et le meurtrier de Marianna n’est pas celui qu’on croit.
James Melville, Le samouraï récalcitrant (The Reluctant Ronin), 1988, 10-18 Grands détectives 1997, 318 pages, occasion €3,19
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