
Un film d’action de série B prévu pour remettre en scène Silvester Stallone. Toujours le même, gros muscles et cerveau lent, y compris dans l’action (toutes ses escalades sont doublées). Sa copine Jessie est pire : asticoteuse, hystérique dans le danger, et la plupart du temps bête. Autrement dit, je n’ai pas aimé.
Tout commence par un connard de guide qui se croit le plus fort, mais est mou du genou. Hal (Michael Rooker) a emmené sa fiancée adorée Sarah, sans aucune expérience, au sommet d’un pic. Il se retrouve fort dépourvu quand ledit genou le lâche. Il n’avait pas prévu ça. Au secours, les secours ! Son ami Gabe (Sylvester Stallone), alpiniste-secouriste des Rocky Mountains comme lui, vient le chercher. L’hélico est piloté par Jessie mais, au lieu d’hélitreuiller le blessé et sa copine verticalement, elle se prend l’idée de se poser sur un à-plat à une trentaine de mètres et de lancer un câble. Les deux doivent jouer de la tyrolienne pour atteindre l’hélico. Pas de problème pour Hal, les bras, ça va. Mais plus dur pour Sarah, molle des mains. Comme elle porte une série de vêtements les uns sur les autres, l’une des boucles de son harnais commence à glisser. Pas vérifié, pas prévu – encore une erreur de débutant. Tout se détache, tiré par la pesanteur, tandis qu’elle gigote sans vraiment avancer. Gabe vient à son aide sur le câble, peu à même de supporter les poids combinés, mais ce n’est pas lui qui lâche. Une fois de plus, c’est le gant de la fille qui glisse, et elle tombe. Mille cinq cents mètres de chute, de quoi revoir toute sa vie en quelques minutes. Désespoir ! Qu’aurait-il fallu faire ? Tous un peu coupables : Hal d’avoir emmené une pétasse seul dans un lieu dangereux ; Jessie d’avoir fait sophistiqué au lieu de simple ; Gabe d’avoir aidé sans réussir.



Après cette séquence frissons, Gabe est parti et a fait autre chose. Huit mois plus tard, il revient chercher des affaires chez Jessie (Janine Turner). C’est le moment où un avion fédéral du Trésor, qui transporte trois grosses valises de billets, est pris par la bande d’Eric Qualen (John Lithgow). Les convoyeurs sont tués, sauf le chef Travers (Rex Linn) et le pilote, dans le coup. Un agent du FBI, présent à bord exceptionnellement, n’a rien pu faire, sauf mitrailler l’avion suiveur qui veut récupérer les deux hommes et les valises. Son avion explose, répandant ses débris sur des kilomètres, façon puzzle. Quant à l’avion pirate, touché, il perd de l’altitude et s’écrase dans la montagne. Presque tout l’équipage de malfrats est sauf, et la pilote appelle par radio les secours. Mais l’hélico ne peut décoller à cause d’un avis de tempête.
Hal part donc seul à pied, et Jessie réussit à convaincre Gabe de l’aider, même s’ils ne se causent plus après la mort de l’amoureuse du premier. Quand ils parviennent sur la localisation de l’équipe perdue, qui se fait passer pour des randonneurs inconscients de la tempête qui approche, ils se retrouvent sous la menace de pistolets-mitrailleurs et sommés d’aider à retrouver les trois valises, chacune localisable par une balise dont un engin électronique montre la carte en relief.





Gabe, le plus ours et le plus fortiche, part en tête sur la première valise – juste en tee-shirt par -20°. Il la trouve mais, au lieu de la donner, la lance. Les cons qui veulent le descendre en le mitraillant déclenchent une avalanche qui permet à Gabe de s’échapper incognito. Il va dès lors tenter de retrouver les deux autres valises tout seul, avant les autres, ayant repéré sur le détecteur les endroits où elles peuvent être. Fuites, escalades vertigineuses, poursuites sous le feu, cache dans les grottes, piège sous la neige, coups et encore coups sur Stallone qui semble s’en foutre, plongée sous la glace torse nu, rien ne sera épargné au héros gonflé, ni aux malfrats, qui finiront tous morts. Y compris leur chef Qualen, le plus avide, qui a réquisitionné l’hélico de sauvetage et laissé tuer son pilote qui n’avait rien demandé. Mais Gabe, s’il attache le câble de l’hélico à l’échelle de fer cramponnée dans la roche, ne pense pas à la minute d’après, où l’engin va arracher les barreaux où il se tient… Gros muscles mais cerveau lent. C’est assez désagréable à suivre parce qu’on n’y croit pas.
Il paraît que le scénario est tiré d’un projet de Michel Blanc pour les Bronzés au sommet. Las ! L’enflure yankee en a fait une histoire à grand spectacle, avec un mutique baraqué en vedette. A part la première séquence qui prend aux tripes, le reste ne vaut pas tripette. Juste pour ados qui s’ennuient, et encore. Reste la montagne, mais elle n’a rien d’américain, c’est tourné en Italie.
DVD Cliffhanger – Traque au sommet, Renny Harlin, 1993, avec Sylvester Stallone, Janine Turner, John Lithgow, Michael Rooker, Rex Linn, StudioCanal 2023, doublé anglais, français, 1h25, €9,99
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