Nous nous rendons ensuite au tombeau de Tu Duc, quatrième empereur de la dynastie Nguyen, qui a régné 36 ans, de 1848 à 1883. Il est situé dans un grand parc planté de pins. C’était tout d’abord une maison de campagne de 12 hectares avant de devenir la dernière demeure. Entouré d’une muraille de 1500 m de longueur, il comprend un petit lac, un îlot au milieu, trois ponts, deux pavillons de chaque côté. L’aire rituelle comprend un complexe de construction dont le temple Hoa Khiem pour le roi et son épouse, le temple Luong Khiem pour la reine mère, un théâtre royal et un pavillon de repos. Le tombeau du roi est « modeste » ainsi que celui de la reine et de l’empereur Kien Phuc, neveu et fils adoptif de Tu Duc, qui ne régna que sept mois à l’âge de quinze ans. Dans le hall, des peintures du roi Thieu Tri lui-même. De jolies bonzesses passent nonchalamment en uniforme religieux. Tu Duc avait une centaine d’épouses et concubines mais aucun enfant ; il était stérile et a dû adopter son neveu.
Un tout petit blond américain adorable, aux cheveux bouclés, court partout sans souci de la chaleur. Sa mère le ramène en le tenant par une oreille, ce qui fait crier de réprobation la prof d’anglais. Le petit obéit et ne pleure pas, cela n’a pas dû lui faire très mal. Il est tellement touchant de voir un petit blond en ces contrées lointaines, l’espèce étant mondialement en voie de disparition.
Dans le palais, une bande de déguisés a loué des costumes royaux et s’en donne à cœur joie pour se faire clicher en mandarins de cour ou empereur lui-même. Nous profitons de leurs jeux pour accumuler aussi quelques images de cette illusion.
La journée est chargée, « beaucoup de marches » avait dit Tom et nous avions compris de marche à marcher, pas à monter.
Nous devons encore visiter le tombeau de Minh Mang de 15 hectares sur le mont Cam Ke, bâti de 1840 à 1843. La chaleur est moite, nous sommes fatigués, mais il fait très beau. Le second monarque de la dynastie Nguyen a érigé un site clair à comprendre, un parc qui mène de pavillon en pavillon (40 constructions) jusqu’au mausolée conçu comme un lingam collinaire dans le yoni de l’étang en croissant de lune – intégré dans la nature. Palais, pavillons, temples, sont disposés symétriquement sur un axe allant de la Porte Dai Hong jusqu’au pied du mur d’enceinte La Thanh, derrière le tombeau royal. Nous croisons de jolis gamins viets, vifs mais peu turbulents passé trois ans. Une harmonie avec la nature.
Nous sommes de retour à l’hôtel comme le soleil se couche. Phap a proposé de réserver un restaurant, le DMZ Café pas très loin de l’hôtel, mais seuls les deux dames sorties d’Agatha Christie ont levé la main. Les couples veulent se retrouver entre eux, flâner, dîner ensemble. C’est un bon groupe mais l’esprit collectif a bien baissé depuis vingt ans.


















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