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My Son

Le petit-déjeuner en extérieur au Royal Riverside, est rafraîchi par la fontaine qui coule sur une grande jarre, et un petit vent du matin. Le coq crie alentour et deux enfants s’ébattent dans la piscine, deux petits Chinois qui font chorus et que l’on voit passer à moitiés nus sous la serviette d’hôtel pour regagner leur chambre. Un groupe anglophone d’Américains, d’Anglais et d’Allemands voyage par la même agence. Je rencontre l’un des spécimens dans l’ascenseur, un grand adolescent qui m’interpelle pour savoir de quelle nationalité je suis – décidément, partout ça les travaille de « situer » de quelle identité l’on est.

Au pays des Champas, le sanctuaire de My Son est le plus important. Il est inscrit au patrimoine culturel de l’humanité par l’Unesco. Géographiquement, le pays est constitué de petites vallées coulant vers la mer. Il est peuplé d’Austronésiens de Java et leur civilisation est peu connue. Depuis les premiers siècles de notre ère, le royaume du Champa était une fédération de cités-États au centre du Vietnam actuel. Il faisait commerce. Autour des villes, les rois cham ont pu construire et embellir des temples où étaient vénérés les dieux indiens. Le shivaïsme était le culte essentiel du pouvoir royal ; le vishnouïsme jouait un rôle secondaire ; le bouddhisme du Grand Véhicule (Mahayana) occupait une place privilégiée aux VIIIe et IXe siècles. Puis l’empire Cham de la cité-état a été pris entre la poussée viet vers le sud, civilisation fondée sur la riziculture, de société villageoise et d’administration centralisée, et les Khmers de l’Ouest. La prise de Vijaya, dernière capitale du Champa, par le roi vietnamien Le Thanh Tong en 1471, marqua la fin du royaume en tant que tel.

My Son se prononce mi et pas maille. Le sanctuaire est dédié à Shiva. My Son est en usage du IVe au XIIIe siècle. L’année 1831 verra le dernier souverain Cham. La population est devenue musulmane pour le commerce. Les atouts militaires du peuple Cham ont été les éléphants, qui terrorisaient les Viets, et la marine qui concurrençait celle des Chinois. Le sanctuaire avait une importance stratégique puisque c’était une place forte facile à défendre. Les tours-sanctuaires ont été construites sur dix siècles de développement continu. Ces tours symbolisant le Mont Méru, la montagne sacrée mythique, berceau des dieux hindous au centre de l’univers. Les temples sont construits en brique cuite et en piliers de pierre décorés de bas-reliefs en grès représentant des scènes de la mythologie hindoue. Les danseurs sur grès ont des positions très gracieuses, étirées comme au yoga. Ils sont de pur art cham.

La particularité des Chams est leur brique : elle est anti-mousse. Une analyse chimique a montré qu’elle était constituée d’argile amalgamée avec de la sève d’un certain arbre. Elle était à la fois autoadhésive et empêchait la mousse de pousser. Le sanctuaire est un lingam, sexe mâle enserré dans un amphithéâtre naturel de collines de symbolique féminine. Le site représente le tout. Shiva est le dieu du contact entre le monde des hommes et le monde cosmique.

Le site a été redécouvert en 1889 par Henri Parmentier. Les kalans ou sanctuaires en forme de tour sont précédés d’un corridor et flanqués d’annexes au toit en forme de selle, et de tours-portail ou gopuras. Les kalans ont leur entrée à l’ouest et sont composés de trois toits superposés décroissants, avec des templions à chaque angle. La sculpture cham raffinée est surtout conservée au musée Cham de Da Nong, que nous verrons ; il ne reste sur le site que quelques éléments brisés de moindres importance : linga ornés, morceaux de Shiva, trompe de Ganesh, garuda ou naga, danseurs et danseuses célestes (apsaras), le tout en grès rose.

Le J termine la visite du site en eau, épaules basses à la Néandertal, et en traînant les pieds.

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Col des nuages, Da Nang, Hoî An, Nha Trang

Il faut franchir le Col de Hai Vân (Col des Nuages) avant que soit mis en place le tunnel, en 2005. C’est jusqu’alors un goulot d’étranglement, avec ces innombrables camions lourdement chargés. Ce col est une frontière naturelle entre la province de Thua Thien-Hué et la ville de Da Nang. Vingt et un kilomètres de long avec une vue magnifique sur la côte depuis le sommet… quand le brouillard est absent !

Da Nang (ex Tourane) proche de Hue, est une ville sise au centre du Vietnam, sur l’estuaire du fleuve Han. Port bien abrité et facile d’accès, centre de commerce, exportateur de poisson séché, de riz, de thé et de sauce de poisson ! Là, vous ne pourrez pas tromper votre nez car l’odeur du nuoc mam est tenace… Quelques belles plages raviront les amateurs d’activités aquatiques. Pendant la guerre du Vietnam, la ville fut le siège d’une importante base aérienne utilisée par les Vietnamiens du sud et l’armée américaine.

VIETNAM DANANG MUSEE CHAM

Le musée Cham est un régal pour les yeux.

VIETNAM DANANG MUSEE CHAM

Hôi An (ex Faifo) était une ville prospère, située sur les routes maritimes du commerce de la soie. Au 15e siècle, elle connut une expansion, les riches marchands y installèrent des comptoirs et construisirent de belles maisons en bois. L’ensablement de la rivière fit décliner l’activité du port au profit de Da Nang. Il n’y a plus guère que quelques sampans qui le fréquentent. Huit cent quarante-quatre bâtiments sont répertoriés pour leur intérêt historique et architectural (chinois, japonais, français). L’un des monuments les plus intéressants est le pont-pagode japonais. C’est un pont couvert construit en 1593 qui reliait les quartiers habités par les Chinois et les Japonais. Chaque extrémité est gardée par un couple de statues figurant des chiens d’un côté et des singes de l’autre. Le bois noir et très dur du jacquier a servi à la construction de nombreuses maisons. Le style yin et yang est présent sur les toitures de tuiles des maisons ainsi que sur les portes des habitations afin de protéger ses habitants.

VIETNAM TEMPLE CHAM PO NAGAR A NHA TRANG

La descente de la péninsule continue et nous arrivons à Nha Trang, ville appréciée des touristes, climat agréable, longue et belle plage. Cette ville appartenait au Royaume du Champa, habité par les Chams. Fondée en 240 après J.-C, le groupe de temples de Po Nagar (hindouiste) où l’on continue encore actuellement à pratiquer l’adoration du lingam et du yoni, fut édifié en 748. En 950, la ville fut pillée par les Khmers. En 1640, la ville fut envahie par les Giao-Chi appelés Viêts par la suite. Les Cham « disparaissent ».

dourga vietnam

Po Nagar est un temple cham fondé avant 781 ; il est dédié à la déesse Yan Po Nagar, fondatrice légendaire du Champa, plus tard identifiée aux déesses hindoues Bhâgavata et Mahisharamardini. Une stèle datée de 781 mentionne que le roi Cham Satyavaman a repris le pouvoir dans la région du « pont Ha-Ra » et qu’il a restauré le temple dévasté. D’autres stèles indiquent que le temple avait contenu un mukhalinga (linga gravé du visage de Shiva) orné de pierreries et ressemblant à la tête d’un ange. Des pillards étrangers, peut-être venus de Java en bateau, volèrent les bijoux et cassèrent le linga. Le roi restaura le linga en 784. Une stèle du roi Cham Indravarman III (918) porte l’ordre de construite une statue d’or à la déesse Bhâgavata. Les Khmers volèrent la statue en 950. En 965 le roi la remplace. Au 17e siècle, les Viêt occupèrent le Champa, s’emparèrent du temple, ils l’appelèrent tour de Thiên Y Thanh Mâu. Le complexe de Po Nagar est situé sur le Mont Cu Lao, au bord de la rivière de Nha Trang.

Hiata de Tahiti

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