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Le paradis des orages

Irlande, dont la verdeur m’attirait il y a trente ans. Monde de prés et d’océan, de moutons et de saumons, de pommes de terre et de bière. Images d’une rustique santé. J’ai emporté le roman de Patrick Grainville, Le paradis des orages, auteur normand sensuel bien oublié aujourd’hui, dont la truculence érotique me met en appétit dès l’avion. Aller en Irlande est simple, le pays n’est qu’à quelques heures d’attente et de vol. Aer Lingus au nom déjà étranger nous emmène vers Cork en ce début septembre. Nous sommes accompagnés d’un cercueil, nous nous en apercevrons à l’aéroport. Bonnes sœurs, famille, corbillard, attendent la boite : un Irlandais qui rentre dormir au pays. Mais la vie attend aussi : des enfants attendent leurs pères, frères ou cousins. C’est l’été ici, même si le ciel est gris et qu’il pleut par intermittence, les chemisettes sont ouvertes ou le tee-shirt brut, sans veste. Certains le portent mouillé, ce qui moule les jeunes poitrines et hérisse les mamelons. Une très jeune fille se montre ainsi plus nue que nature aux regards sans en avoir conscience, surprise par l’averse. Grainville a éveillé mes sens par la description de ses désirs et j’en garde l’œil aiguisé.

A la descente d’avion, Stéphane attend notre groupe pour nous conduire à Glengariff. Il a 25 ans et a accompagné tout cet été des groupes tels que le nôtre. La saison avance et ce sera le dernier. Après quelque repos commencera pour lui les colonies d’enfants de novembre, puis le monitorat de ski cet hiver. Il occupe sa jeunesse de ces « nouveaux métiers » issus du loisir. Nous sommes 15 avec lui et le chauffeur, mais je ne veux pas garder souvenir de tous, beaucoup se révéleront en effet sans intérêt. Nous descendons à l’hôtel Ecoles après deux heures de conduite lente par des routes étroites et sinueuses. Devant le bâtiment, c’est le rendez-vous « des chères vieilles choses » : vieilles motocyclettes, automobiles antiques dont deux Morgan à trois roues, petites MG décapotées et autres roadsters.

Comme il nous reste du temps avant que le soleil ne se couche, nous partons faire un tour dans l’île de Garnish en face, où a été aménagé il y a longtemps un « jardin italien ». L’île est bien protégée par la baie, que vient longer en outre une branche du Gulf Stream. Le climat permet donc la survivance de nombreuses essences végétales. Paix reposante des arbres, foison de la végétation immobile, comme tout cela apaise après l’agitation bruyante des transports ! De la fenêtre de la chambre vieillotte, j’apercevrai l’île ce soir. Du bateau qui nous ramène, nous pouvons voir deux phoques qui paressent sur les rochers. Deux grosses bêtes pareilles à des saucisses à nageoires aux longs poils raides d’un brun presque noir. Des têtes de chats sans les oreilles, yeux curieux, un peu inquiets, comme des ballons de basket sur la mer. Ils se sont demandés s’ils allaient plonger à notre approche, puis la flemme a été la plus forte et, après quelques trémoussements velléitaires, ils sont restés sur leur rocher, à se chauffer au soleil.

Pour le coucher, je fais équipe avec Denis. J’aurais préféré la jolie rousse qui est avec nous, Emmanuelle. Elle est délicieusement jeune, à peine 20 ans, des manières de chatte et une réserve bien mignonne. Elle a une grande bouche aux dents bien plantées, le nez camus, une peau trop blanche qui ne bronze pas. Elle est petite mais certainement douce à caresser. Je ne suis pas sorti de l’érotisme Grainvillais.

Le repas du soir a été rustique, de la soupe en sachet saveur champignon à la plie grillée accompagnée de pauvres rutabagas, et au fragment de tarte plate aux pommes de 3 cm sur 5 avec un soupçon de crème, battue pour la gonfler. Le petit-déjeuner est de la même dèche, imitation anglaise anémique : foin et graillon arrosé d’eau chaude (vagues corn flakes), farine et graillon arrosé de jaune (sausages and bacon with eggs), et choix d’eau chaude teintée pour faire passer (café américain ou thé dont les feuilles ont dû servir depuis la veille). Heureusement, nous partons.

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Actualité de septembre en Polynésie

ptit louis la depeche

Venteux, sec tel est ce septembre 2013. Le vent souffle du sud et apporte la chaleur, les nuages sont présents mais ne déversent aucune goutte, les collines brûlent, la végétation est grillée… et toujours pas d’eau au robinet. Voici qu’enfin les nuages percent et la pluie bienfaitrice se met à tomber avec rage et violence  le 19 septembre.

« Atassion » a l’eau : t’as de l’eau, garde-la, fais atassion ! La Dépêche annonce des restrictions d’eau. C’est bien ! Mais pour ceux qui comme nous à Papeari (Commune associée de Teva I Uta) n’en avions déjà qu’un mince filet et encore pas tous les jours, pas toutes les heures ça signifie quoi ? Que l’on va continuer à empester les Autres quand ils s’approchent trop ?

Évitez le gaspillage ? OK. Mais quand durant la journée et une grande partie de la nuit on ne peut pas même se laver les dents. On fait quoi ? Cela n’a pas empêché la mairie d’augmenter les tarifs de la distribution d’eau (« propre » mais non potable). J’applaudis à tout rompre ou je fais quoi car moi et mes amis nous ne savons plus quoi faire pour attirer l’attention des Pouvoirs publics ?

Lundi 23 septembre, un épisode orageux très violent a surpris Rangiroa (Tuamotu). De fortes rafales de vent entre 110 et 120 km/h ont déracinés des arbres et arraché des toitures. On ne déplore aucun blessé. Le maire déplore que onze maisons aient vu leur toit envolé, pour huit autres il ne reste que quelques tôles, une vingtaine de petits bateaux de pêche ont coulé et un voilier s’est échoué à côté de l’hôtel Kia Ora. La pluie elle aussi a causé des dégâts.

Les Chinois ont célébré la lune le 19 septembre. On célèbre la mi-automne, couramment appelée fête de la lune, tradition chinoise qui tombe le 15e jour du neuvième mois lunaire et cette année elle a eu lieu de jeudi 19 septembre. La lune était particulièrement brillante, plus ronde et plus belle que le reste de l’année. Pour les Chinois, la pleine lune est symbole de réunion familiale, et ainsi connue aussi sous le nom de fête de la réunion.

Chaque famille chinoise dresse une table couverte de fruits, avec, au milieu, une pyramide de Yuebing (gâteau de lune) qu’un aîné divise en plusieurs parts, une pour chaque membre de la famille. Puis, chaque membre s’incline face à la lune, afin de rendre hommage à Chang’e (épouse  de Hou Yi qui avait volé l’élixir de longue vie de la Reine-Mère céleste) restée au palais lunaire. Les gâteaux de lune, bien qu’apparus sous la dynastie de Tang, ne devinrent vraiment populaires que sous le règne des Song, grâce à une légende très populaire en Chine.

Cette légende disait que durant la dynastie Yuan, la Chine était gouvernée par le peuple mongol. Les dirigeants de la précédente dynastie Song étaient mécontents de se soumettre aux lois étrangères et essayèrent de coordonner une rébellion. Les chefs des rebelles sachant que la fête de la lune approchait ordonnèrent de fabriquer des gâteaux spéciaux. Dans chacun d’eux était caché un message avec un plan d’attaque. A la nuit de la fête, les rebelles réussirent leur attaque surprise et renversèrent le gouvernement en place. Ainsi naquit la dynastie Ming.

Aujourd’hui on mange des Yuebing lors de la fête de la lune pour commémorer cette légende. De nos jours, les Yuebing varient d’une région à l’autre. Le Yuebing de Xuzhou se caractérise par son enveloppe croustillante à feuilles multiples. Il est fourré en général de cinq pépins, de purée de haricots rouge, de poivre chinois, le tout mélangé avec du sel, du sucre et de la viande de porc. Pour la prochaine fête de la lune, vous serez prêts, j’en suis certaine !

Hiata de Tahiti

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