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Tombeau de Khaï Dinh et Pagode Tu Dam

Le monument funéraire de Khaï Dinh nous force à monter 127 marches, plus hautes au début et se réduisant à mesure que l’on monte. C’est l’inverse en descente, donc de plus en plus difficile. A noter que 127 est un nombre premier car il n’a que deux diviseurs distincts : 1 et lui-même. Il faut être en forme pour ce faire. Nous avons une vue sur la plaine environnante.

Le monument lui-même est de style facteur Cheval, construit entre 1920 et 1931. Il enferme la tombe de l’avant-dernier empereur du Vietnam, décédé en 1925. Les travaux ont duré onze ans, achevés en 1931 seulement. Il se compose de terrasses reliées par des escaliers. Il a été financé par une augmentation des impôts locaux avant la mort du roi, qui n’avait qu’un rôle de représentation, et ce monument n’a jamais été populaire. Il rapporte désormais grâce au tourisme.

L’intérieur du temple de Thien Dinh a un plafond aux neuf dragons dans les nuages (« Cuu Long an van »). Des motifs et des mosaïques de porcelaine et de cristal tapissent tous les murs dans un style kitsch qui n’est pas à notre goût. Le tombeau lui-même est un monument au mauvais goût, trop chargé, chantourné, les dragons et une horloge arrêtée à huit heures moins dix en fragments de mosaïques collées au mur, la statue d’or du souverain trônant avec orgueil sur tout ce luxe sans intérêt pour l’au-delà. Il y a même, conservés sous vitrine, deux vases de porcelaine de Sèvres représentant la Vierge Marie !

Une pagode est un lieu de culte qui abrite une relique bouddhique. C’est le cas de la pagode Tu Dam, une tour de plusieurs étages, ici huit. Pourquoi huit, qui n’est pas un chiffre symbolique ? Parce que huit plus le tout, font neuf, multiple de trois, le chiffre parfait. Le mot pagode vient du portugais, dérivé du sanskrit baghavat qui signifie saint.

A 2 km du centre-ville, la pagode a été fondée vers 1695 par le Grand bonze Minh Hoang Tu Dung, un Chinois appartenant à l’ordre de Thien, de la secte de Lam Te. En 1936, Madame Karpeies, présidente de la Société des études bouddhiques de France, y a rapporté une branche de figuier prélevée sur l’arbre sous lequel Bouddha a atteint le Nirvana. Des fresques décrivant la vie de Bouddha sont visibles sous le toit et, sur les colonnes du temple antérieur sont inscrites des sentences tandis que des tours à tambours et à cloches s’élèvent de chaque côté.

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