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Hanoï suite

Petit-déjeuner au buffet varié, bien que je cherche à éviter les premiers jours tout ce qui est cru, contrairement aux Yankees du groupe Overseas Adventure Travel qui s’en empiffrent avec gourmandise. L’amas de salades et de fruits leur donnent l’illusion de limiter leur obésité – ils feraient mieux d’arrêter le Coca-Cola et les burgers. Les femmes ont souvent l’air ahuri de qui découvre combien le monde est différent de leurs habitudes. Les hommes, cheveux ras et parler sonore, semblent venir voir ici pourquoi ils ont perdu cette guerre du Vietnam, pourtant contre l’asservissement communiste. Nous sommes les seuls Français de l’hôtel, nos compatriotes se contentent probablement d’hôtels moins onéreux, par radinerie ou sentiment de ne plus faire partie de l’élite mondiale. Le May de Ville Trendy, nom américain à consonance française, offre un « bar coucher de soleil », un spa et une salle de gym, ainsi qu’une salle de réunion en haut de ses sept étages. À mon thermomètre, il fait dans les 20° humides. Je suis entrepris devant l’ascenseur par un jeune couple de Philippins qui veulent savoir d’où je viens, combien je reste de jours, si je voyage seul, et si j’aime la cuisine (eux ne l’aiment pas). Il n’y a que le jeune homme qui parle ; il a l’air d’avoir 16 ans comme elle, mais ils sont mariés.

Nous visitons la pagode de « butane » dont je vérifierai le nom sur le plan. Il s’agit de But Thap. C’est un chef d’œuvre de l’architecture vietnamienne, construite au XIIIe siècle, à l’époque de Tran Thanh Tong, par le moine Huyen Quang. La tour du Pinceau ressemble à un stylo en pierre blanche de 13 m de haut ; elle porte quatre étages pleins de rectitude.

C’est ensuite une enfilade de dix bâtiments, de la porte à trois entrées au clocher à l’arrière, avec huit maisons centrales dans un axe face au sud. Cinq édifices successifs servent à la prière, le tout entouré d’un mur à galerie. Un moulin de prières en bois a la forme de la fleur de lotus. A l’intérieur, une grande statue du Bouddha du XVIIe siècle avec « mille » yeux et « mille » bras (c’est-à-dire beaucoup). Mille bras aussi (et mille yeux dans la paume des mains) pour la déesse de la miséricorde Kuan Yin. Sans oublier le Bouddha Triade, de Van Thu sur un lion bleu, et de Pho Hien sur un éléphant blanc. Une statue de Bouddha au buste noir et à la face dorée (signe royal) porte sur la gorge une croix gammée inversée, signe de la roue de la vie. Cela intrigue beaucoup les Occidentaux ignorants, contaminés par l’assimilation au nazisme.

Un cerisier du Japon est tout en fleur et les touristes asiatiques aiment à se faire photographier sur ce fond printanier. L’arbre est orné de fleurs artificielles rouges pour ajouter au bonheur. A l’entrée, comme je le prends en photo avec sa sœur un peu plus grande, un gamin viet de 7 ou 8 ans me fait des deux mains une parade de viet vo dao, au art martial créé en 1938 sur l’exemple du karaté japonais.

La fête du Tet lâche beaucoup de monde dans les rues et c’est très vivant. Les mères envoient leur petite fille ou leur petit garçon se faire photographier devant des étrangers. Peut-être avons-nous une aura bénéfique, propitiatoire. Nous donnons une image d’opulence et de force. C’est à ce moment-là que je remarque que presque tous les garçons jeunes portent une chaîne au cou, peut-être une mode venue des séries américaines ou sud-coréennes – ou même de Singapour : en effet, il existe pour cette parure de garçon une « maille de Singapour » large de 1,2 mm en or jaune « très tendance » dit le site de vente. On peut la porter nue ou l’orner d’une médaille ou d’une croix. C’est « un cadeau de prédilection pour un petit garçon ou une petite fille, à offrir à chaque événement ». Les parents imitent les autres parents dont les enfants imitent les ados qu’ils voient porter une chaîne. Ces fins maillons de métal doré ou argenté mettent en valeur le teint velouté et certains ouvrent pour cela un peu plus le col de leur polo ou chemise.

Le soir, nous passons devant la cathédrale de Hanoï.

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Hanoï balade

Retour au lac où, tout autour, se trouvent des édifices dédiés à la culture de l’ancien Vietnam : Thap But (la Tour de stylo), Dai Nghien (L’Encrier), le pont The Huc (pont du Soleil Levant), le pavillon Dac Nguyet (la Lune atteinte), la maison communale Tran Ba (Contre les vagues – ou contre l’invasion des cultures nocives au sens figuré). Nous visitons la pagode de la montagne de jade. Nous y entrons par une porte avec un lion jusqu’à la porte de la Lune avec dragon et tortue, tous animaux symboliques. La chauve-souris est ici à l’animal bénéfique malgré le Covid…

Les gens sont venus saluer les ancêtres et leur porter des offrandes d’eau, de fruits ou d’argent. Les billets sont de très petites coupures, ou des liasses de faux billets qu’il est de bon ton de brûler devant les autels avec les bâtons d’encens – toujours par trois, chiffre bénéfique. Malgré son bon sens et son apparente logique, la pensée de Confucius laisse la place à beaucoup de superstition. Les autels sont colorés, ornés de statues hétéroclites. Toutes les couleurs sont représentées, pour leur symbolique chinoise : vert signifie le bois, rouge le feu, jaune la terre, blanc le métal et noir l’eau. Ainsi des bananes vertes, des mandarines oranges et des pommes rouges alternent en offrandes avec des pamplemousses jaunes sur des assiettes blanches. Il s’agit d’un culte populaire synthétique, ou plutôt assimilateur du confucianisme.

Un vieux lettré à longue barbe, en tunique noire du sérieux professoral, calligraphie des sentences au pinceau sur du papier rouge qu’on lui achète en guise de bonne année. Au-dessus de lui, les toits de l’édifice s’envolent en une courbe gracieuse, avec des extrémités recourbées pour désorienter les démons. Des vendeurs de saucisses, de brochettes, de pastèques et de fruits œuvrent alentour, attendant le chaland. Une marchande de ballons de couleurs promène son bouquet comme un parasol. Des lanternes jaunes pendent des branches des arbres.

Des enfants jolis des deux sexes font des selfies avec maman ou papa, ou le frère ou la sœur. J’aime ces visages asiatiques très doux où les traits sont estompés, sans aucun angle. Je prends avec leur propre téléphone un petit garçon avec une maman. C’est ma façon de participer au culte, à la fête de nouvel an et des ancêtres de cette jolie race. Je dois secréter plus que d’autres l’hormone de l’attachement, l’ocytocine qui régule le lien et l’affectif : elle donne un sentiment de sécurité et favorise le rapprochement. Tom en profite pour rappeler qu’en Asie, on ne caresse pas la tête des enfants, ce serait maléfique, une façon d’en prendre possession. En général, depuis quelques années, vue l’hystérie occidentale, il est de bon ton de s’abstenir de toucher les enfants où qu’on soit dans le monde et de quelque façon que ce soit. Les femmes sont graciles, de leur puberté à la trentaine. C’est un peuple doré et gazouillant, très famille. Les enfants y sont choyés. J’ai de l’empathie pour cette humanité. Un adolescent me souhaite en anglais « a Happy New Year ». Il discute un peu laborieusement avec moi pour savoir d’où je viens, me présente sa mère, tout fier de parler étranger avec un étranger. Les jeunes n’hésitent jamais à m’aborder pour me poser une question, ici plus qu’ailleurs.

Nous allons voir les deux tortues à carapace molle du lac, momifiées après leur mort en 1967 et 1991. Un gamin français de 9 ou 10 ans porte les cheveux longs, ce qui lui donne du charme ; il est fasciné par la grosse tortue et se demande à voix haute si elle est vraie – elle l’est. Elle a été conservée selon les mêmes procédés mis au point par les soviétiques pour conserver Lénine et les tester entre-temps sur Ho Chi Minh. Ce dirigeant communiste pur et dur n’a pas trop « dérivé » selon Tom l’historien. Il n’a pas fait l’objet d’un culte de la personnalité, n’a pas eu l’orgueil de déclarer « le parti c’est moi », ne s’est pas obstiné dans les erreurs qu’il a pu commettre. Il n’a pas voulu non plus être momifié, mais incinéré. Ce sont ses successeurs qui ont décidé d’agir comme pour Lénine, le corps du dirigeant vainqueur du Vietnam réunifié pouvant servir d’exemple à la partie sud qui ne l’avait pas connu.

Nous dînons au restaurant Downtown avec le menu spécial Têt, un concentré de la cuisine vietnamienne : gâteau de riz gluant salé, rouleaux de printemps, salade de mangue verte aux crevettes et au porc, beignets de poisson sauce tamarin, poulet grillé en petits morceaux sauce piment et cacahuètes, porc émincé bouilli, légumes sautés à l’ail au wok. Nous revenons à l’hôtel vers 19h30. La nuit est tombée.

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Hanoï fête du Têt

Nous avons deux heures de vol de Singapour à Hanoï et nous arrivons vers 13h30, heure locale. La queue est très longue pour tamponner les passeports. Il n’y a pas de visa requis pour les Français en moins de 45 jours. Un bus nous attend mais les chambres ne sont pas prêtes. Au lieu de manger tout de suite, car un petit-déjeuner consistant nous a été servi dans l’avion pour Hanoï, nous faisons une heure de promenade commentée (abondamment) par notre guide Tom, 31 ans.

Nous sommes tombés en pleine fête du Têt, le nouvel an lunaire chinois qui célèbre la nouvelle année du dragon, qui succède à celle du lapin. Le cycle des ans chinois met dans l’ordre, le rat, le bœuf, le tigre, le lapin, le dragon, le serpent, le cheval. la chèvre, le singe, le coq, le chien et le cochon (ou le chat). Le Nouvel An lunaire ou Fête du Printemps en Chine continentale, est le premier jour du premier mois du calendrier lunaire – le plus solennel de l’année. Des drapeaux rouges partout, ceux à étoile jaune à cinq branches du Vietnam, ceux avec la faucille et le marteau du communisme. Quoi qu’il en soit, le rouge est couleur de fête en Asie, de joie en Chine et de chance au Vietnam. Ainsi, trois rejetons se font clicher en tunique rouge pour la nouvelle année du Dragon. L’aîné, jeune adolescent, porte lunettes, la cadette fait le signe en V de la mode occidentale.

Il y a beaucoup de monde dans les rues et les enfants sont en vacances. Ils s’agitent dans tous les sens, très habillés et capuche sur la tête comme les racailles à la mode dans les films, parfois déguisés. Ils jouent avec les voiturettes électriques (et même un char d’assaut à l’étoile rouge) mises à disposition dans le parc devant la statue de Ly Thai To (974-1028). Il fut roi du Vietnam durant 19 ans, de 1009 à 1028. C’est lui qui chassera l’envahisseur chinois et installera la capitale à Hanoï.

Les familles se font prendre en photo pour la fête du nouvel an devant ce héros de la création du Vietnam, appelé alors Dai Cô Viet. Beaucoup de monde en habits traditionnels, surtout les femmes et les petits. Les autos télécommandées ou électriques font la joie des plus jeunes, mais aussi celle de deux ados patauds pas beaux, évidemment occidentaux et probablement yankees. Les gamins arborent toute une série de gadgets chinois tels des mitraillettes à bulles pour les garçonnets, des doudous roses pour les fillettes, des drapeaux rouges frappés de l’étoile jaune à cinq branches, ou lèchent une glace aux couleurs flashy.

Nous passons devant le lac Hoan Kiem de l’Épée restituée, aux abords bien plus aménagés qu’il y a 28 ans. Je reconnais la petite pagode sur son île et les canards qui nagent en rond. Mais la tortue a disparu, elle est morte. Sur cet ancien bras du fleuve Rouge, le roi Ly Thanh Tong a fait construire la pagode Sung Khanh, symbolisant l’espoir de la paix. La légende de l’épée remonte au XVe siècle. Lors d’une excursion en barque après avoir vaincu les envahisseurs chinois Ming, le roi Lê Thai Tô aperçoit la tortue qui lui avait fait don de l’épée victorieuse émerger du lac. Elle reprend l’épée dans sa bouche avant de plonger dans l’eau. La dernière grande tortue vivante s’est éteinte à Hoan Kiem en janvier 2016. Son corps a été conservé et est désormais exposé au Musée national de la nature du Vietnam.

Autour du lac, le vieux quartier est le quartier colonial. Au carrefour se trouvent par exemple les ex–grands magasins Godard, l’équivalent des Galeries Lafayette de Hanoï dans les années 30. Aujourd’hui, le bâtiment est reconverti après avoir menacé ruine. La poste, au style mêlé, se trouve non loin de là. Au bout de la rue commerçante noire de monde et de deux-roues – où l’on continue de monter à trois ou quatre – est situé l’opéra. Construit dans le style Garnier « choux à la crème », il porte le jaune éteint de Hanoï mis en valeur par les liserés blancs en neige des façades et des clochetons.

Le groupe est majoritairement composé de couples, plus deux amies aux mœurs prudentes sorties tout droit d’un roman d’Agatha Christie. Il fait 21° mais le pull et le châle sont chez elles de rigueur, en plus du masque dans l’avion. Nous sommes 18 plus le guide. Quelques-uns sont encore actifs mais la majorité est à la retraite. Une nouvelle balade est prévue de 16 à 18 heures avant de dîner et de nous coucher tôt.

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Baie de Halong et Hué

Pagode au petit-déjeuner, pagodes à midi, pagodes le soir, un peu indigeste tout cela. Alors prenons le bateau et laissons-nous voguer dans la baie de Ha Long ou baie d’Along (chez les francophones).

Sur une étendue d’eau d’environ 1 500 km2 située dans le golfe du Tonkin on trouve 1 969 îles et îlots rocheux, avec des criques pour certains. D’autres sont creusés de grottes. C’est le plus grand karst marin du monde. Peu de végétation vu la faible épaisseur d’humus. Si l’on écoute les géologues, la formation de ce relief karstique se serait produite au Paléozoïque (entre 543 et 250 millions d’années), ce site était en haute mer. Une épaisse couche de sédiments s’était formée, les mouvements de la croûte terrestre l’ont ensuite fracturée, le retrait de la mer l’a alors exposé à l’érosion. La pluie, les rivières souterraines ont alors creusé de nombreuses grottes. La légende de Ha Long (descente du dragon) raconte que « ce paysage extraordinaire est dû à un dragon, être merveilleux et bénéfique au Viêt Nam, qui serait descendu dans la mer pour domestiquer les courants marins. Il aurait en se débattant entaillé la montagne avec sa queue. Le niveau de la mer serait monté et seuls les sommets les plus élevés auraient émergé ».

VIETNAM BAIE D HALONG

Les cavernes des îles sont habitées depuis 4 000 ans avant notre ère. Un tel labyrinthe est bénéfique à l’armée pour stopper les envahisseurs. Telle l’histoire du général Tran Hung Dao qui stoppa les Mongols en 1288 en coulant leur flotte. Des pieux ayant servi alors ont été retrouvés dans la grotte « des bouts de bois », à l’île des Merveilles et sont exposés au musée de Haiphong. La baie a abrité des pirates à la fin du 18e siècle.

VIETNAM CHARBONNIER

Les Français ont cartographié la baie durant la colonisation et baptisé certains îlots. Des gisements de houille à ciel ouvert ont été exploités par la Société française des charbonnages du Tonkin. Les barques typiques des habitants et pêcheurs de cette baie sont faites en bambou tressés. Mille six cents habitants vivent dans des maisons flottantes dans deux cents îlots de la baie. Il est temps de descendre vers le sud, nous prendrons le train de nuit.

VIETNAM BAIE D HALONG

Arrivée dans l’ancienne capitale impériale du Viet Nam, Hué (1802-1945), située au centre du pays, juste au sud du très fameux 17e parallèle, non loin de la mer. Le fleuve Sông Hu’ong (la rivière des Parfums) la traverse et sépare la ville ancienne au nord de la cité moderne au sud. Le fait d’avoir été capitale impériale du Viet Nam, appelée à l’époque empire d’Annam par les Occidentaux, lui confère un caractère particulier par la culture aristocratique des mandarins, la finesse des poésies de ses lettrés, la musique raffinée, la gastronomie, l’agilité intellectuelle de ses habitants, tout cela donne un charme particulier à cette ville. L’offensive du Têt le 29 janvier 1968 par les Nord-Vietnamiens massacra plus de 2500 habitants (« l’élite »). Puis les bombardements des Américains mirent à mal la cité. La ville ne sera reprise que le 25 mars 1975.

VIETNAM HUE

La cité impériale est construite dans l’enceinte de la citadelle royale, au bord de la rivière des parfums. On y accède grâce à dix portes fortifiées, chacune munie d’un pont au-dessus des douves. Les deux ensembles la Cité jaune impériale et la Cité pourpre interdite se trouvent à l’intérieur de l’enceinte. La Cité pourpre, où vivaient l’empereur et sa famille, a été anéantie par l’attaque américaine.

Le pont Trang Tien (ancien pont Clemenceau) enjambe la rivière des Parfums, il a été construit par Gustave Eiffel en six arches en acier de 67 m de longueur et 6 m de largeur.

Le long de la rivière, sur une colline de la rive droite se situe la pagode de la Dame céleste, tour octogonale de sept étages et 21 m de haut. Sur la rive ouest on trouve les tombeaux des empereurs Nguyen (1802-1845).

Hiata de Tahiti

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Hiata au Vietnam – Hanoï

Tout le monde sait que le Viet Nam ou Viêt-Nam ou Viêt Nam ou Vietnam ou Viêtnam est un pays d’Asie du Sud-est situé à l’Est de la péninsule indochinoise. Quelques 89 millions d’habitants sur une superficie de 331 690 km2. Il a la forme d’un S dont les extrémités sont distantes de 1650 km. Trois grandes régions : au Nord, le Tonkin avec Hanoï et Haiphong, au centre l’Annam avec Hué et Da Nang (anciennement Tourane), au Sud, la Cochinchine avec comme ville principale Hô-Chi-Minh-Ville (Saigon). Pour voisins, la Chine au Nord, le Laos, le Cambodge et le golfe de Thaïlande à l’Ouest et la mer de Chine méridionale à l’Est et au Sud. Capitale Hanoï.

VIETNAM HANOI

Hanoï (la ville au-delà du fleuve) est située au nord du pays sur le delta du fleuve Rouge qui charrie ses eaux boueuses vers le golfe du Tonkin. Elle est peuplée de plus de 3 millions d’habitants. C’est indiscutablement la plus belle capitale d’Extrême-Orient. La ville a été fondée par le roi Ly Thai To en 1010. Capitale de l’Indochine française de 1902 à 1953, puis celle de la République démocratique du Viêt Nam de 1954 à 1976 et enfin de la république socialiste du Viêt Nam depuis cette date. C’est une ville-jardin avec de nombreux lacs. Certaines rues sont entièrement spécialisées dans une seule activité comme le textile, la chaussure, l’ameublement, la ferblanterie, les lanternes. C’est un quartier au cœur même de la ville nommé le quartier des 36 guildes. Hanoï est connue pour sa gastronomie : nems, phô (soupe), beignets de crevettes et de calamars.

VIETNAM HANOI TEMPLE DE LA LITTERATURE

Les monuments n’y manquent pas ! Tel le Temple de la littérature ou sanctuaire du Prince propagateur des Lettres. C’est un temple confucéen situé dans l’Ouest de la ville, divisé en cinq cours. Les coloniaux l’avaient baptisé « la pagode des Corbeaux ». Fondé en 1070 par le troisième empereur de la dynastie Ly – Ly Nhât Tôn – la règle était celle de l’enseignement de Confucius du temple de Qufu. Dès 1165, les lauréats recevaient le titre de « grand lettré » et les trois premiers un titre spécifique, en plus, dès 1247. Le concours comportait au 14e siècle quatre épreuves : 1/ la transcription d’un texte appris par cœur, 2/ l’explication poétique d’un texte classique, 3/ la rédaction d’une ordonnance, d’un placet ou d’une proclamation impériale et enfin 4/ une dissertation libre. Le temple est divisé en cinq cours intérieures séparées par des murs selon l’axe chinois nord-sud. L’allée principale avec portes était réservée aux seigneurs, les petites allées sur les côtés pour les domestiques, serviteurs et soldats ! Je vous fais grâce de la description des cinq cours.

VIETNAM

La pagode Chua Môt Côt ou Pagode au Pilier unique se situe dans le nord-ouest de Hanoï. Elle fut construite par l’empereur Ly Thai Tông qui régna de 1028 à 1054. Reconstruite au 13e siècle, détruite par les Français au 20e siècle et reconstruite par le nouveau gouvernement vietnamien. Elle était, à l’origine, au centre d’un ensemble de pagodes, elle était plus grande, son pilier d’origine en teck fut remplacé par le béton… Des légendes affirment que l’empereur Ly Thai Tông l’aurait fait construire suite à un rêve qui lui annonçait la naissance d’un fils présenté par une déesse sur une fleur de lotus.

Le lac Hoan Kiem ou lac de l’Épée restituée se situe à Hanoï également. Lê Loi est un empereur (1428-1524) fondateur de la dynastie des Lê qui au début de sa lutte contre les Chinois aurait reçu d’un pêcheur une épée repêchée dans le lac. Dix ans plus tard, il avait réussi à chasser les Chinois, il traversait le lac quand une tortue l’aborda et lui réclama l’épée au nom du Roi-Dragon, ancêtre mythique du peuple Viêt. Lê Loi comprit alors que l’épée était un mandat du Ciel pour chasser les Chinois du pays.

La pagode Trân Quôc est située sur l’île du lac de l’Ouest, construite au 6e siècle, reconstruite au 17e, rénovée en 1815 ; c’est la plus ancienne pagode de Hanoï. Elle est considérée comme le centre du bouddhisme de Thang Long, et est un lieu sacré des croyants bouddhistes. Elle est construite sur la digue Thanh Nien. Le site comporte un grand stupa haut de 15 m, composé de 11 étages, érigé à la mémoire du grand dignitaire bouddhiste. Chaque étage renferme une statue du Bouddha Amitabha.

VIETNAM

Le mausolée de Hô Chi Minh est situé sur la place Ba Dinh. Il accueille la dépouille mortelle du fondateur de la République démocratique du Viêt Nam, décédé le 2 septembre 1969. C’est une copie de celui de Lénine à Moscou, 41,2 m de côtés et 21,6 m de hauteur. Granite gris pour l’extérieur, granites gris, noir et rouge et pierre polie pour l’intérieur. Le corps est préservé dans le froid, dans un sarcophage de verre, gardé par des militaires…

Hiata de Tahiti

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Temple des Nuages d’azur

Les Chinois, dans les rues, aiment à porter l’uniforme. Dans l’anonymat des masses, appartenir à l’armée, à la police, aux gardiennats divers, c’est une position sociale. Cela leur permet de se distinguer, d’afficher une fonction populaire, signe d’appartenance à un corps et à un pouvoir. Ce pays, qui a prétendu abolir les distinctions et les hiérarchies, pour ne mesurer que la seule fidélité aux idéaux (et aux consignes) du parti, les recrée spontanément, même après trois générations de communistes.

Nous louons ce matin un minibus pour nous rendre au Temple des Nuages d’Azur, près du Palais d’Été. Nous verrons aussi le Bouddha couché Wofosi. Il fait un beau temps froid.

temple des nuages d azur

Le Temple des Nuages d’Azur est d’une beauté simple avec sa pagode vernissée, ses multiples cours et ses pavillons de bois. Dans une forêt immobilisée par l’hiver s’élève un groupe de bâtiments vides qui entoure un étang d’eau morte. Rien, ici, ne vit plus après quarante ans de communisme militant. Reflets dans l’eau des branches engourdies et des pavillons que n’habitent désormais nulle croyance. L’étang est un miroir où se noient les mirages, dans le néant du ciel.

pagode trone du diamant 1792 bouddha

Cinq cents disciples du Bouddha, dorés, vous regardent de leurs yeux vides car ils ont été restaurés avec le kitsch de l’ignorance. Le bouddhisme s’est perdu avec la révolution et la représentation du Bouddha et de ses luohans (disciples) est devenue formelle, exercice obligé pour reconstruire, sans connaître qui il est et ce qu’il symbolise. Pourtant, Bouddha n’est pas un dieu mais un homme, un être exceptionnel qui a découvert comment se libérer de la souffrance et de l’exploitation sociale. Il a quitté son palais de prince pour se faire errant ; il a réfléchi seul ; il a enseigné à des disciples. Il a été révolutionnaire dans sa démarche lui aussi et je ne comprends pas vraiment pourquoi les prolétaires ne l’ont pas admis au même titre de Thomas Muntzer et autres révoltés de l’histoire. Bouddha serait-il trop intellectuel, trop « individualiste » pour eux ? Inciterait-il trop à réfléchir par soi-même plutôt qu’à obéir aux directives de la caste qui s’est autoproclamé « avant-garde » ? Je le soupçonne un tantinet.

bouddha pagode trone du diamant

Le temple bouddhique est ajouré et porte des sculptures blanches. Il est paisible, malgré une bande de Chinois bruyants et jacassant, criards comme des pies d’une vulgarité très prolétaire. Malgré aussi un troupeau de gras Allemands plutôt âgés qui viennent arpenter le site comme un pensum. Sur les flancs de la pagode dite « du trône du Diamant » règne un Bouddha de bas-relief en position du lotus. Il laisse errer un regard serein sur les choses et sur les êtres qui passent. Il n’est pas indifférent, mais détaché ; pas hors du monde, mais indulgent. De ses mains, il prend la terre à témoin, symbolisant ainsi sa foi et sa résolution à résoudre le principal problème de l’homme : la suppression de la souffrance. Gautama Bouddha, de par ses expériences passées, a le droit de s’asseoir sur le trône du Diamant. Ce « seigneur des pierres » signifie l’essence claire, immuable et fondamentale de la réalité. Sa transparence laisse paraître une multitude d’images, mais le sage sait voir à travers elles – ces illusions – pour retrouver le cristal, vide de tout absolu. La réalité n’est pas sans le regard sur elle.

pagode trone du diamant

Le temple du Bouddha couché est plus ramassé, joli comme une Cité interdite miniature. Le grand Bouddha de bronze laqué de cinq mètres de long est allongé sur un coude. Il est dans la posture d’entrée dans le nirvâna, cet état de délivrance et d’illumination où disparaissent souffrance, mort et renaissance et où l’on connaît – enfin – la vraie nature de l’esprit.

taxi pekin 1993

Nous revenons déjeuner, fort cher et pas très bon, à la cafétéria de l’hôtel, mais pas question pour les autres de tester les étals, pas même ces vendeurs de nouilles étirées sous vos yeux avant d’être plongés dans un bouillon où nagent des légumes, sur la place Tien An Men. La crainte du « rat » dans la cuisine est la plus forte !

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