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Plage de San Josecito ou plongée au masque

Les grondements se sont calmés cette nuit et le temps au matin est plus riant mais les vagues se brisent encore dans un bruit assez fort. Eff passe le temps dans le cocon du hamac sur la terrasse du bungalow, une première expérience pour ce grand nerveux.

Deux groupes se forment, le premier reprend une fois de plus un bateau vers l’île del Caño à 8 km au large pour aller plonger en masque et tuba – rebaptisé snorkeling dans le globish à la mode. Parti à huit heures avec les masques et les palmes du lodge, plus les gilets de sauvetage rouges pour faire balises flottantes, ils comptent voir des baleines et des dauphins. Ils en observeront en effet une plonger assez près de leur bateau ; elle a émergé et soufflé comme au premier jour. Certains ont vu un requin, mais peut-être l’ont-ils imaginé ; d’autres n’ont vu que des barracudas plus communs. Avec le masque, ils ont reconnu quelques poissons dont le perroquet et la carange mais la visibilité était trop faible. En bref, je ne regrette pas. L’orage de ces jours derniers à remué les fonds marins et l’eau n’est guère transparente ; ils sont assez déçus.

L’autre groupe, dont je suis, ne part qu’à 10 heures et restera sur la plage prévue pour le pique-nique vers 13 heures, lorsque le premier groupe reviendra avec tous les autres bateaux de touristes. La femme bien portante au sourire en calandre de Cadillac nous accompagne « pour la sécurité » alors que nous connaissons parfaitement le chemin : il suffit de longer la plage. Oui, mais s’il y a un serpent ?

Nous marchons sur le sable vingt-cinq minutes après avoir médité face aux vagues au bord du lodge pendant une heure. Deux aras colorés et gais consentent à s’envoler sous nos yeux. Des sortes de merles au chant mélodieux nous attendent près du sable, sous les arbres. Ils savent qu’il y aura des miettes après le pique-nique.

La plage est protégée par une barrière de rocher et un îlot où se dressent un palmier ainsi qu’un feuillu en parasol, peut-être un guanaste. La houle ne parvient pas jusqu’à la plage, il n’y a pas de rouleaux. L’eau est peu profonde à marée descendante et permet une baignade sans risque d’autant que le fond est sableux ; l’eau est bien à 28° centigrades. Nous sommes seuls sur la plage déserte de sable gris bordé de cocotiers.

Le soleil est voilé mais les UV sont puissants. Eff, parti se promener trop longtemps torse nu en subira les conséquences sur sa peau trop blanche d’enfant très protégé. Les rouleaux soupirent au-delà de l’îlot tandis que les merles se rappellent à notre souvenir et qu’une cigale ou deux saluent le soleil presque revenu. Les nuages cumulés dessinent des moutons tandis que la mer est d’un gris-vert tout à fait Pacifique.

J’alterne les bains et les siestes à l’ombre, torse nu, en attendant les explorateurs échoués sur l’île en face. Un peu à l’écart des autres, je ressens une impression de bout du monde. La conversation s’est éteinte, le magistrat est loin, explorant les anfractuosités de la côte, l’avocate et l’enseignante lisent un livre, la Lyonnaise et la fille aînée de l’est bronzent en deux-pièces, les yeux fermés. Je regarde et j’écris. Les palmes sont à peine frissonnantes d’une brise minuscule.

Un bateau arrive droit de l’île, puis un autre, puis une dizaine se pointent depuis l’horizon, dont le nôtre. Tout le monde pique-nique au même endroit avant de repartir – en bateau pour la plupart. La plage est noire de monde. Hollandais, Français, hispanophones, chacun a son bateau, sa table et ses glacières de pique-nique, sa salade de pâtes au thon, sa salade verte, ses tomates, ses concombres, ses oignons, son jambon reconstitué, son fromage en tranches sous blister, son pain de mie américain, ses ananas locaux et ses jus multifruits en brick. Quelques tables et bancs ont été grossièrement aménagés mais ils sont insuffisants pour l’ensemble des groupes et la plupart s’installent directement sur le sable ou assis sur les troncs échoués. C’est à cet endroit il y a deux jours que nous avons pris l’apéritif, mais nous étions tout seul et la plage était calme. Les petits merles et les merlettes grappillent habilement des miettes en sautillant, comme prévu. Le chien mi-terrier mi-bouclé qui nous a accompagnés ce matin repart en bateau, empoigné par sa maîtresse au sourire automobile. Car, avant 14 heures, l’orage gronde à nouveau et la pluie ne tarde pas à suivre. Nous rentrons à pied, les adolescents des autres bateaux se rhabillent et remballent les serviettes ; les filles, les gros, les vieux et les vulgaires suivent.

Le groupe de 27 Hollandais assez jeunes font comité d’entreprise ou association sportive. Ils braillaient hier soir et fêtent un anniversaire aujourd’hui avec ce chant rythmé germanique fait pour souder le groupe. Ils préparent ce soir leurs valises sur la plage pour le départ. Lorsqu’ils sont partis, règne un grand calme dans les bungalows de la palmeraie. Pas un souffle de vent, une atmosphère gorgée d’humidité étouffe déjà, bien qu’elle garde un peu de la fraîcheur du remuement des atmosphères d’hier.

Je n’ai qu’un filet d’eau pour ma douche : ce sont les chambres du même bungalow qui doive tirer en même temps. Heureusement que l’eau est froide, ces dames de la chambre du bas restent peu sous le jet et je peux enfin profiter de ce répit pour obtenir un débit normal. Nous avons du ceviche au dîner, du poisson cru en petits morceaux marinés dans un citron vert, des oignons et de la coriandre fraîche. C’était la journée poisson.

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