Michèle Makki, Pompéi : Le sang et la cendre

La Belle et la Bête dans le décor mythique de Pompéi enseveli sous le Vésuve, tel est le (premier) roman de Michèle Makki, prof férue d’histoire. Avec les qualités – et les défauts – du genre. Une histoire romanesque mais au rythme mal maîtrisé ; des personnages typés mais peu fouillés ; une longueur de page mais pas de longueur en bouche. Au total, vous ne vous ennuierez pas vraiment mais vous oublierez aussi vite. Aucun personnage ne vous fascinera, comme si l’écrivain avait tissé un scénario de série télé, laissant aux acteurs le soin d’incarner la psychologie de chaque caractère.

Vera est une jeune fille de 15 ans, fille d’un propriétaire veuf de la campagne pompéienne nanti d’une certaine aisance. Il veut marier sa fille pour lui assurer un avenir matériel, prérogative du pater familias dans une société mâle où – si la femme hérite et peut divorcer – seul l’homme de la famille commande et la femme reste sous sa tutelle juridique. Le prétendant choisi, Quintus, est un bel homme musclé à l’aube de la maturité mais, Vera le découvrira très vite, il n’aime que les garçons. Ce qui était rare à Rome, les hommes goûtaient souvent à la fois aux garçons pour le plaisir et aux femmes pour la descendance ; les garçons jeunes suscitaient le désir par leur côté féminin, leur « vénusté ». A noter que l’âge du mariage à Rome était à 12 ans pour les filles et 14 ans pour les garçons… ce qui incitait à allier patrimoine et plaisir. Toujours est-il que, bizarrement, Quintus a la décence de mourir brutalement d’on ne sait quoi. Vera se retrouve veuve à 16 ans. Peut-être est-ce parce que l’auteur est femme qu’elle pénètre mal la psychologie de l’homme ?

Elle campe bien mieux le désir vénal du commerçant parvenu Mercilius, qui veut réaliser une bonne affaire en gestion de patrimoine en mariant Vera à ses domaines. Sauf que la jeune fille ne veut pas du vieux barbon barbant et vulgaire. Elle préfère la jeunesse musculeuse – et quoi de mieux qu’un gladiateur pour ce faire ? Même si cela est socialement mal vu, le gladiateur étant à peine au-dessus de l’esclave, elle choisit Albanus, aperçu sur une charrette lorsqu’il est amené à Pompéi pour combattre au cirque. Il est grand, blond, musclé – tout ce qui convient à l’adolescente (le concept n’existait pas chez les Romains où l’on était enfant puis initié adulte d’un coup, à 16 ans).

Vera va visiter les cellules des gladiateurs et apporte des mets à Albanus qui ne voit pas pourquoi cette jeunette s’intéresse à lui. Il a été accouplé esclave et a eu trois petits, dispersés lors d’une vente, et il en garde la nostalgie. Baiser avec une pute ou une patricienne est dans ses cordes, mais d’amour, point. La relation va se poursuivre, ambiguë et mal décrite, des passages ardents succédant aux passages étales sans qu’une progression soit montrée. Vera est passive et sans idée, particulièrement inconsistante malgré ce qui nous est présenté comme son amour passion. Albanus tient-il à Vera autant qu’elle à lui ? Sans doute pas, et pourtant il éprouve un certain attachement pour elle. Il faut dire qu’il lui a ravi brutalement sa virginité à la troisième visite, croyant que c’était ce qu’elle voulait pour insister autant.

Quelques péripéties plus tard, dont un « enlèvement » grotesque sur quiproquo qui aboutira à un mariage de veufs ; quelques personnages plus tard dont un adolescent beau et infatué qui consume le magot confié pour acheter un âne pour se payer une pute – le Vésuve entre en éruption. Exit le jeune et tendre Métellus (17 ans ?), abattu d’une pierre ponce en pleine tête ; nous aurions aimé le voir devenir un homme. Nous sommes en 79 et la ville va être entièrement brûlée, ensevelie, éradiquée. Vera et ses amis se trouvent heureusement vers Misène et ils peuvent fuir, mais ils ont tout perdu. Ils sont ruinés, obligés de monter à Rome se faire inviter par des cousins ou relations. La tante Sexta (rien à voir avec le sexe) a emporté un sac d’or, beau caractère de matrone avisée, et se refait dans le commerce. Vera s’y consume d’ennui. Albanus, qui a sauvé le patricien Marcus, a été acheté et affranchi, engagé comme garde du corps mais Marcus a perdu sa femme et ses enfants et reste apathique (bien que ?) chrétien. Albanus va donc combattre en gladiateur libre pour se constituer un magot. Il ne rêve que d’aller retrouver sa femme et ses enfants, les racheter. Que peut Vera contre ce désir ?

L’homme est libre et la femme attachée. A lui l’aventure et le combat, à elle la maison et l’enfant. Une fois Albanus embarqué sur un bateau pour le sud, Vera se découvrira enceinte – de lui. Elle accouchera d’une petite fille et oubliera (trop vite ?) son père. La fin du roman apparaît d’autant plus précipitée que le début est lent.

L’introduction cachée du christianisme est évoquée mais sans en faire un quelconque ressort de l’histoire, alors que l’égalité homme-femme du message chrétien aurait pu favoriser la vie en commun de Vera et d’Albanus, une forme de renaissance à une société nouvelle après les drames du temps : explosion du Vésuve, incendie de Rome, peste, mort de l’empereur. J’ai cependant un doute historique sur le Notre père, récité par Faustina, l’épouse de Marcus. Le roman est censé se passer en 79, or la prière du Notre père ne figure pour la première fois que dans les évangiles de Matthieu (VI) et de Luc (XI), écrits après 70 et avant 85, plus probablement sur la fin de la période – et diffusés surtout au Proche-Orient. Faustina paraît bien en avance sur la théologie pour réciter une prière chrétienne avant même qu’elle ne se répande ; une invocation juive aurait été plus proche de la réalité, le christianisme étant resté une secte juive assez longtemps sous l’égide de Jacques, frère de Jésus, à Jérusalem, avant de diverger notamment avec Paul.

Petit détail qui fait désordre : pourquoi écrire « singesse » pour la femelle du singe p.196, alors qu’il existe le très français « guenon » ? [Note : il en existe une occurrence chez Huysmans (En rade), amateur de mots rares et précieux. C’est un dépréciatif très peu usité]. Quant à la déesse Vénus, pourquoi toujours publier son nom sans accent sur le é comme on écrit « venus » ?

Des trois ingrédients du roman, l’histoire, les caractères, le style, la première prime ici sans conteste. Pour l’ensemble, Steven Saylor, sur la période romaine, a mieux réussi. Mais c’est un premier roman documenté qu’il convient d’encourager, il en apprendra beaucoup aux non-historiens sur le monde romain du 1er siècle.

Michèle Makki, Pompéi : Le sang et la cendre, 2019, éditions Baudelaire, 598 pages, 22€

Attachée de presse BALUSTRADE : Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com

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7 réflexions sur “Michèle Makki, Pompéi : Le sang et la cendre

  1. Michèle Makki

    Encore un mea culpa. Lorsque je dis que mes amis m’ont demandé d’écrire à leur place, j’ai manqué de précision. Je n’ai rien écrit, j’ai envoyé leur texte, qu’ils ont eux-mêmes rédigé.
    Merci de votre patience.

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  2. Michèle Makki

    C’est encore moi. C’est vrai que je peux lire rapidement. Là vous avez raison. Merci pour vos encouragements.
    Michèle Makki

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  3. Michèle Makki

    Critique 2
    Monsieur,
    Tout d’abord, les commentaires à mon sujet sont le fait de gens réels qui m’ont demandé d’écrire à leur place. Ils existent, sont domiciliés à Genève et ont aimé mon livre. Vous avez leurs adresses, écrivez-leur pour vérifier. J’ai eu le tort d’être naïve. J’en suis désolée pour vous comme pour moi. J’ignore comment fonctionnent les falsificateurs. Si vous passez par Genève, je vous présente ces personnes, pour prouver ma bonne foi, munies de leur papiers d’identité. On peut se rencontrer devant un avocat, un notaire ou à l’Etat civil si vous le souhaitez. Je vous prie donc de retirer le terme de gangster s’il vous plaît.

    Je vois que vous écrivez encore à mon sujet : J’en suis flattée. Peut-être nos échanges deviendront-ils intéressants. Ils me font penser à certains séminaires de philo dont la thématique était :  » Kant contre Hegel » ou  » Aristote contre Platon « . Nous pourrions ouvrir une controverse au sujet du roman. Qu’est-il ? Que représente-t-il ? A qui est-il destiné ?
    En effet, je n’ai pas envie de prendre un crayon rouge et de souligner, ce qui, dans vos propos, me semble discutable. Je n’envisage pas de me lancer dans une carrière de donneuse de leçons. Encore moins de faire bailler les gens qui suivent votre site. Tout au plus, pourrais-je vous inciter à écrire un roman historique. Quand vous écrivez : « L’introduction cachée du christianisme est évoquée mais sans en faire un quelconque ressort de l’histoire, alors que l’égalité homme-femme du message chrétien aurait pu favoriser la vie en commun de Vera et d’Albanus, une forme de renaissance à une société nouvelle après les drames du temps ».
     » Pourquoi n’écrivez-vous pas vous-même un roman sur ce thème ? Peut-être en avez-vous le désir latent lorsque vous me suggérez d’écrire quelque chose qui n’est pas mon propos. On peut toujours conseiller à un auteur d’écrire autre chose . Qu’est-ce que cela prouve ?
    Et encore, lorsque vous me reprochez de ne pas bien saisir la psychologie masculine, je peux vous retourner la réflexion. Etes- vous sûr de bien comprendre la psychologie féminine ?
    J’avoue que les lecteurs qui ont présidé à la rédaction de « Pompéi,  » et qui l’ont aimé, étaient en majorité des lectrices, latinistes de surcroît.
    Comment apprécier un roman ?
    Cela dépend du lecteur, de son histoire personnelle, de sa formation. On a dit de Balzac qu’il a une idée par phrase. Un exemple simple. Dans les « Illusions perdues », Balzac qualifie un avocat, Petit-Claud, de « vipère gelée ». Cette formulation est un concentré d’intelligence et de talent. Cependant, certains demanderont : Pourquoi vipère ? Pourquoi gelée ? Ils regretteront que l’auteur n’ait pas approfondi ce passage alors que tout est dit en deux mots. Pour certains, Balzac est un génie, pour d’autres, il est incompréhensible et ennuyeux.
    Un lecteur peut apprécier un style sujet- verbe-complément. D’autres, plus littéraires, seront déçus par une formulation qu’ils qualifieront de simpliste.
    Il y a autant de romans que de lecteurs. En toute objectivité, j’espère ne pas me tromper, je n’ai pas écrit un roman parfait mais un roman généreux accompagné d’une certaine qualité d’écriture. Je ne veux ni me lancer des fleurs ni me passer au laminoir d’une critique acidulée. Vous n’avez pas apprécié ? Et alors ? Ni vous ni moi n’allons changer l’histoire du monde. Quoique… en ce qui vous concerne….
    Michèle Makki

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  4. Lire trop vite : puis-je vous renvoyer le compliment ? J’écris en effet, mais sur la fin, vous avez peut-être déjà zappé : « c’est un premier roman documenté qu’il convient d’encourager ».
    Mais encouragement ne vaut pas avalanche de compliments. Ce n’est pas aider un auteur que de le couvrir de fleurs ; ce n’est pas opérer l’activité (bénévole en ce qui me concerne) de « critique » – or je prends cette fonction au sérieux. Je dis donc ce qui me surprend, ce qui me séduit et ce que je pense de ce qui peut être amélioré. Après, vous en faites comme créatrice ce que vous en voulez. Il n’est jamais agréable, je le conçois fort bien, de voir passer au crible l’oeuvre que l’on a longtemps portée – mais telle est la loi du genre. Si vous n’acceptez aucune critique, ne cherchez pas des lecteurs.
    J’ai exposé en 2016 comment je procède pour la critique d’une oeuvre : https://wp.me/p1cxNX-5P7
    Sur la psychologie des personnages, je ne retire rien : Vera est insignifiante et Quintus à peine tracé (sa sexualité aurait pu le rendre sujet original) ; les personnages secondaires sont mieux réussis.
    A propos de l’enlèvement, c’est du romanesque plutôt amusant et le mot « grotesque » n’est pas une injure : il signifie « qui suscite le rire par son extravagance ».
    Sur le Notre Père, vous êtes en droit de croire que la prière telle qu’elle existe dans l’évangile de Matthieu existait déjà – mais ce n’est pas l’avis des spécialistes. Ce n’est pas grave, nous sommes dans le roman – mais en ce cas, ne laissez pas vanter ses qualités « historiques » irréprochables.
    A ce titre, les petits copains (ou vous-même ?) qui postent des commentaires repris directement de l’argumentaire de vente, sous votre propre et unique adresse IP, avec un mél fantaisiste et un nom d’emprunt ne sont évidemment pas publiés ici : il s’agit de spam (et d’une méthodes de gangsters). Je n’ai laissé que celui de votre co-auteur Oleg, partial, mais il en a le droit légitime.
    Si vous dites être « dans une société où la superficialité prime », ce n’est pas le cas de mon blog, j’en suis désolé pour vous. D’autant qu’il ne semble pas exister beaucoup de recensions de votre livre pour le moment sur la toile : il semble bien que je sois le premier.
    Je vous souhaite donc d’excellentes ventes « dans le littérairement correct, si communément répandu, vendu et apprécié » comme vous le dites non sans un certain cynisme.

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  5. Michèle Makki

    Monsieur,
    J’ai découvert, à mon grand étonnement, sur votre site, un article au sujet mon livre « Pompéi, le sang et la cendre. »
    Vous me concèderez certainement un droit de réponse car une mise au point, même limitée, me semble souhaitable.
    Tout d’abord, est-il possible réciter le Notre Père en 79 après J-C. ? Pourquoi pas ?
    A Rome, la persécution des chrétiens par Néron a eu lieu en 64 après J-C. On les distinguait déjà des juifs puisqu’on les nommait chrétiens et qu’on les a persécutés en tant que tels. La communauté juive n’a pas été inquiétée par Néron. Les juifs «dégusteront » plus tard, sous Vespasien et Titus.
    L’apôtre Pierre a péri au cours de ces persécutions de 64. L’apôtre Paul s’est rendu lui aussi à Rome et y a été décapité en 67 ou 68 ou même en 64, selon les sources. On peut légitimement penser que Pierre et Paul récitaient le Notre Père, qu’ils connaissaient par tradition orale, avec leurs fidèles, dans leurs communautés qui regroupaient des chrétiens qui n’étaient pas issus du judaïsme. En ne fréquentant pas la synagogue, ils n’avaient aucune raison de réciter des prières juives mais la prière qui les définissait comme chrétiens.
    Dans mon livre, Faustina récite le Notre Père en 79 après J-C. Elle a eu le temps de le connaître.
    A propos d’une autre de vos remarques :
    Je me réfère au passage de l’enlèvement que vous qualifiez de « grotesque suivi d’un quiproquo ». Sachez que les situations « grotesques », rocambolesques et paradoxales, sont la marque du roman qui échappe à la contrainte de la réalité, les plus grands auteurs en usent et en abusent. Je n’ai fait que modestement m’inscrire dans une tradition éprouvée. Je résiste à la tentation de vous assommer d’exemples.
    En ce qui concerne Quintus, le mari de Vera qui meurt brutalement, vous me reprochez, dans une phrase peu claire, de manquer de psychologie. Quelle psychologie tient face à la mort ? A l’époque, on se préoccupait peu de savoir la cause d’une mort. C’est une problématique contemporaine que j’ai préféré éviter.
    Quant à mes personnages peu fouillés, merci du compliment ! Nous sommes dans une société où la superficialité prime, je suis ainsi dans le littérairement correct, si communément répandu, vendu et apprécié … Et si mon texte ressemble à un scénario de série télé, quelle chance ! Je vais peut-être intéresser un producteur.
    Mais n’avez-vous pas lu trop vite ?
    Un roman historique n’est pas nécessairement un roman à thèse.
    En littérature, la réflexion, ainsi que le caractère des personnages se cachent souvent dans la métaphore, qui est leur réceptacle, pas uniquement dans les développements. Nous sommes invités à pénétrer le sens du roman par le style, il nous laisse deviner les métaphores et les comprendre, avant de les « mettre en bouche ».

    Michèle Makki

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  6. Vos remarques seraient incomparablement plus intéressantes si vous quittiez le registre des affirmations gratuites pour préciser QUELLES sont les « assertions rocambolesques » auxquelles vous faites allusion.
    Le fait que vous soyez « professeur » ne vous donne pas le savoir. Non seulement vous n’êtes pas le seul à avoir fait des études, mais vous enseignez le politiquement correct des manuels pour collège, pas l’histoire scientifique.
    Sur, par exemple, la prière du Notre Père, l’âge du mariage ou la sexualité romaine, je vous incite à lire tout simplement… Wikipedia (où le mot pedia signifie qu’il s’adresse à la jeunesse). Vous y trouverez d’utiles renseignements précis sur ces sujets.
    La critique est libre et chacun peut se faire son idée en achetant ce roman dont l’éditeur, le prix et le lien sont clairement indiqués par mes soins.
    Pour le reste, « commenter » ne signifie pas systématiquement râler ni lancer des accusations sans preuve.

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  7. Oleg Kochtchouk

    Concerne : le roman « Pompéi, le sang et la cendre »

    Monsieur,

    Je suis trouvé à lire votre site par hasard en cherchant de la littérature traitant de la Rome antique. Professeur d’histoire, je suis surpris de vos assertions rocambolesques concernant l’histoire de Rome. Vos demi-savoirs basés probablement sur une lecture assidue d’Astérix ne vous donnent pas le droit d’affirmer des certitudes boiteuses et d’autant plus d’émettre une critique nerveuse d’un roman.
    L’intérêt de votre article est de me donner l’envie d’acheter ce livre.
    Meilleures salutations.

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