Articles tagués : ho chi minh ville

Saïgon, pagode de l’empereur de Jade

Ho-Chi-Minh-Ville n’a gardé le nom de Saïgon que pour son quartier central ; la conurbation est désormais nommée internationalement par son nom communiste. Albert Morice a connu le Saïgon de 1872, ancien village de pêcheurs khmers proche du delta du Mékong devenue petite ville de cases sur pilotis des marchands viets et chinois venus par le grand fleuve. Mais il observe qu’« au milieu de ces vices des races privées de liberté, (…) des qualités qui permettent d’espérer beaucoup : une gaieté touchant trop souvent au persiflage, une aptitude puissante à apprendre et à comprendre et, chose singulière, un certain orgueil de race, du moins chez quelques-uns » p.27. Autrement dit, tout n’est pas perdu, l’éducation et l’hygiène vont civiliser ces mœurs encore sauvages. L’observation naturaliste se veut neutre d’idéologie, et le sentiment de fierté blanche se met en retrait face aux réalités des gens. Il aime lui aussi les enfants. Comme son modèle parisien d’enfant-moineau, « le gamin de Saïgon est un être hybride : c’est un enfant de Paris enté sur un lazzarone, et transporté sous le soleil de l’Orient » p.31. A moitié nu ou en loques, il sert de porteur dans les villes, de guide et de ramasseur de gibier lors des chasses, de protecteur contre les buffles agressifs qu’il connaît bien, de tuteur aux Blancs inhabiles à marcher sur les minces talus des rizières alors que lui-même plonge « avec insouciance ses jambes dans l’horrible boue chaude » p.32.

Je suis réveillé à 6h45 après avoir dormi moins de quatre heures. Il est vrai que j’ai somnolé assis dans l’avion durant 1h30 de vol. Dans l’hôtel, quelques Blancs dont je ne comprends pas la langue, peut-être du hongrois ou du turc, et tout un banc de Yankees avec un adolescent doré de 12 ans aux cheveux noués en toupet sur le sommet du crâne ; il fait trop chaud ici pour porter la coiffure sur les oreilles.

Nous ne partons qu’à 10h30 pour ceux qui veulent dormir, mais le petit-déjeuner ferme après 9h30. Il offre du chinois, du japonais, de l’anglo-saxon, du thaï, et même du français. Je prends un peu de tout, des rouleaux japonais aux algues, des nems frits, du curry thaï, des œufs sur le plat, un yaourt maison, de la pastèque, un croissant, deux cafés, et un jus d’eau au citron vert appelé par la branchitude « détox ». Ce n’est que de l’eau aromatisée. Quand je reviens à la chambre, la soubrette est déjà en train de la faire. Comme quoi, sans être paranoïaque, il faut toujours cacher le plus précieux pour éviter la moindre tentation.

Nous allons voir la pagode de l’empereur de Jade. Elle a été construite en 1909 ou en 1982 par la communauté chinoise ; le président Obama l’a visitée en 2006. Le toit est couvert de tuiles yin et yang, décorés avec des bords de toit, et des coins aux statues en céramique colorées. Parmi les quelques trois cents statues, certaines sont en papier mâché. Outre les divinités habituelles, le juge des enfers avec les plaques des dix supplices de l’enfer, une partie dédiée à la femme et la fertilité, et une dernière aux morts. La foule est compacte, venue faire ses dévotions. Dans un bassin extérieur évoluent des poissons-chats à grandes moustaches. Pas de carpe diem.

Pour savoir où est l’escalier qui permet de monter à l’étage, je parle à un Canadien qui porte un sweat à capuche et un masque de visage dans le style du compromis « raisonnable » avec les fanatiques islamiques. Du grand n’importe quoi. D’ailleurs, il ne sait pas où est l’escalier, ce wokiste tellement soucieux de ne pas offenser qu’il s’est effacé du monde.

Le climat est tropical et l’humidité sature l’atmosphère. La ville est en effet articulée autour du delta du Mékong et n’a été longtemps qu’une bourgade de pêcheurs. Prise par les seigneurs Nguyen en 1672, elle a été dotée d’une place forte, Gia Dinh. Ce sont les Français qui, après la prise de la Cochinchine en 1859, en ont fait une grande ville de style européen en aménageant un port actif. Saïgon reste aujourd’hui la principale métropole du pays.

Catégories : Vietnam, Voyages | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire

Saïgon et le delta

Royaume du Champa : entre le IIe et le XVIIe siècle, le royaume de Champa ou Tchampa était un État hindouiste, de langue du groupe malayo-polynésienne de la famille austronésiennes, installé dans la zone centrale du Vietnam. Le voyageur chinois Faxian, de retour d’Inde et se dirigeant vers la Chine au début du 5e siècle y fait escale et note le fort nez droit et les cheveux noirs bouclés de ses habitants, des pratiques funéraires telle la crémation au son des tambours, pas de bœuf sur leur table, leur langage écrit basé sur le sanscrit. Aujourd’hui, forte d’une population de 80 000 personnes, l’ethnie cham a conservé sa culture et sa langue, mais un tiers de ses membres pratiquent l’islam. Nous sommes dans le sud maintenant et foulons le sol d’Ho Chi Minh Ville.

VIETNAM ATTENTION CANARDS

Saïgon, ou Ho Chi Minh Ville, est surpeuplée, bruyante. Personnellement je n’ai que peu appréciée ! Du shopping ! Des scooters ! Certainement aussi, c’est la fin du voyage, la fatigue s’est installée. Le grand hôtel au style suranné, c’était parfait pour les p’tits déjeuners. Des pagodes, encore des pagodes, j’en avais ras le bol !

VIETNAM

Le delta du Mékong : après la ville étouffante, de l’air, de l’eau, de la végétation ! Ce grand fleuve d’Asie du Sud-Est, d’une longueur de 4 350 à 4 909 km, né dans l’Himalaya, irrigue la Chine (le Yunan), borde le Laos à la frontière birmane puis thaïlandaise avant de couler au Laos, traverser le Cambodge, où naissent les premiers bras de son delta, puis le Vietnam. On le nomme ici « le fleuve des neuf dragons. La marée haute en mer de Chine méridionale est souvent plus haute que la marée basse sur le Mékong au Cambodge, ainsi donc le courant s’inverse presque à chaque cycle de marée. ».

VIETNAM LE DELTA

Le delta couvre 55 000 km2 où vivent 18 millions d’habitants. C’est un riche pôle d’activité et de production agricole, en particulier rizicole, très fertile, c’est le grenier à riz du Vietnam. En pratique, le delta comporte quatre grands cours d’eau : le Bassac (Hâu Giang ou deuxième fleuve), le Tien Giang (Tièn Giang ou premier fleuve), le fleuve Co Chien à la ville de Vinh Long, le fleuve Ham Luong qui traverse la province de Ben Tre, le fleuve My Tho. Il aurait également 18 autres delta encore inconnus aujourd’hui mais découverts par les scientifiques en 1996 ! L’amplitude des marées est très importante dans le delta qui a une faible pente.

VIETNAM HANOI MARCHAND DE SUCRE

Personnellement, j’ai été « déçue » par ma visite au Viêt-Nam. Vu le nombre d’étrangers mâles rencontrés, j’en ai déduit – c’est un avis tout à fait personnel – que c’était un pays pour les hommes, que les jolies jeunes filles habillées de longs pantalons et tuniques blanches chevauchant leurs bicyclettes captaient les regards des hommes fussent-ils Américains, Européens, ou Asiatiques… et que peut-être, le syndicat d’initiative de leur ville requérait leur service pour faire la promotion du Viêt-Nam ? J’ai beaucoup plus apprécié le Cambodge, la Thaïlande, la Birmanie, l’Inde, la Chine…

FIN du voyage

Hiata de Tahiti

Catégories : Vietnam, Voyages | Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , ,