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L’Emmerdeur d’Édouard Molinaro

Que se passe-t-il lorsqu’on est trop gentil avec les autres, ou qu’on se soumet aux conventions sociales qui exigent qu’on aide les autres ? Une catastrophe. C’est ce qui arrive à un honnête tueur à gage, Ralf Milan (Lino Ventura), chargé d’exécuter un témoin gênant, Louis Randoni (Xavier Depraz), depuis la fenêtre de sa chambre d’hôtel devant le palais de justice de Montpellier.

Milan est un pro, il prépare minutieusement son affaire. Mais voilà une inondation ! C’est le minable occupant de la chambre voisine qui cherche à se pendre à la tuyauterie de la salle de bain. François Pignon (Jacques Brel) est un représentant en chemises que sa femme (Caroline Cellier) cocufie avec son psy, le docteur Fuchs (Jean-Pierre Darras). Pignon a tout de l’émotionnel non maîtrisé, l’opposé du froid et rationnel Milan. Un contraste propice aux étincelles, et à une bonne histoire.

Le tueur professionnel paye le garçon d’étage (Nino Castelnuovo) pour qu’il mette un couvercle sur cette « malheureuse » tentative de suicide de Français moyen. Il persuade Pignon qu’il va s’occuper de lui. Il s’est lui-même lié les mains, délaissant a mission pour jouer au Bon Samaritain. Pignon le colle comme le sparadrap du capitaine Haddock, jusqu’à la case prison, où les deux se retrouvent, l’un continuant d’emmerder l’autre jusqu’au trognon. On comprend pourquoi sa femme l’a quitté…

Un emmerdeur est quelqu’un qui gêne, qui vous casse les pieds (ou les couilles, selon votre sexe), qui vous gâche l’existence, comme une merde dans laquelle vous marchez et qui vous colle aux semelles. Dès lors, l’empathie, l’entraide humaine, la charité, sont mises à rude épreuve. La seule façon de ne plus être emmerdé est de confier l’emmerdeur à un autre, ou de le planter là. Milan ne le fait pas, poussé par le socialement correct d’époque (la génération née vers 1950), et un reste de morale catholique. Dommage pour lui – il est parfois des moments où il faut rompre avec les conventions.

L’histoire est bien menée, issue du théâtre où tout doit s’enchaîner (la pièce Le Contrat de Francis Veber en 1971). Le duo contrasté des acteurs garde l’attention. Tout au plus ressent-on dans la durée une certaine lassitude de voir toujours Milan le pro céder à Pignon le loser, au lieu de le confier au garçon d’étage, aux pompiers, aux flics. A se disperser ainsi, on rate sa mission.

DVD L’Emmerdeur, Édouard Molinaro, 1973, avec Lino Ventura, Jacques Brel, Caroline Cellier, Jean-Pierre Darras, Nino Castelnuovo, Seven7 – Studio TF1 Cinéma 2006, 1h20, €19,99, Blu-ray et 4K 2026, €29,99

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Aranui 5 inauguré

C’est fait ! Et bien fait ! Le voyage inaugural du cargo mixte Aranui 5 s’est merveilleusement bien passé. Satisfaction générale. Le 13 décembre était le jour tant attendu. La famille Wong, propriétaire du nouveau bébé, était au grand complet pour ce départ avec 220 personnes à bord contre 150 pour l’Aranui 3, afin de permettre aux croisiéristes de se rendre au festival des arts des îles Marquises se déroulant à Hiva Oa du 16 au 19 décembre. Le nouveau commandant s’appelle Vatea Sitjar, il est âgé de 36 ans.

aranui 5

Première escale à Takapoto où les passagers sont débarqués sur des barges à fond plat.

Puis Nuku Hiva, chef-lieu administratif des Marquises 387 km2, 3 000 habitants, Taiohae, la cathédrale (1973) où officiait Monseigneur Le Cléac’h le traducteur de la Bible en marquisien, celui qui a permis de remettre à l’honneur les traditions ancestrales des Marquises et de créer le premier festival des arts des Iles Marquises à Ua Pou en 1987. Le site des pétroglyphes de Kamuihei, la danse des cochons, kaikai (repas) chez Mamy Yvonne. Au cinquième jour Ua Pou, ses pitons rocheux, ses pierres fleuries. Tout le peuple se presse pour voir le nouvel Aranui.

takapoto

Ensuite Hiva Oa pour le Matavaa (festival des Marquises). Hiva Oa c’est aussi Gauguin et Jacques Brel.

Fatu Hiva, 600 habitants, c’est la Baie des Vierges (il n’y en a plus), l’une des plus belles baies au monde, le tapa et le monarque, ce petit oiseau en voie d’extinction.

Puis Tahuata. C’est le jour de la messe, et ceux qui croient au ciel, et ceux qui n’y croient pas garderont un inoubliable souvenir des voix marquisiennes résonnant sous les voûtes de l’église.

Ua Huka, la belle, avec ses quatre musées, son jardin d’Eden qui regorge de pamplemousses au goût sucré, le santal et les explications de Léon Litchlé.

Le retour s’effectue par l’atoll de Rangiroa aux Tuamotu et enfin la perle du Pacifique Bora Bora.

Je n’en dis pas plus car la personne qui fera cet été la croisière sur l’Aranui 5 vous en « mettra plein les yeux ».

C’est vraiment le voyage d’une vie, incomparable, inoubliable, mais pour ceux qui peuvent y consacrer quelques liasses de billets…

Kaoha (Bienvenue en marquisien).

Hiata de Tahiti

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