Polynésie

Par creux et vagues à Tahiti

Du 10 au 12 novembre était la 19ème édition de Hawaiki Nui. C’est une course va’a (pirogues) de 130 km en 3 étapes : Huahine-Raiatea, Raiatea-Taha’a, et Taha’a-Bora Bora. Course de notoriété internationale puisque cette année encore, elle a accueilli plusieurs équipes étrangères.

Le départ est donné à 7h30 à Fare, chef-lieu de Huahine. D’habitude petite ville tranquille, lors de Hawaiki Nui le front de mer s’anime, vibre aux rythmes du pesage des va’a et des préparatifs.

La première étape conduit les rameurs au port d’Uturoa, ville principale de Raiatea. Les jeunes (Taure’ a) et les femmes (Vahiné) concourent chacun sur un circuit de 24 km juste après l’arrivée des séniors.

La deuxième étape, départ 9h, direction Tahaa. A peine 26 km pour les rameurs, c’est un sprint entre va’a. Les rameurs longent la côte ouest de Tahaa faite de baies échancrées. L’arrivée se juge au port de Patio, sur le versant nord du volcan. Taha’a produit les plus exquises des vanilles du monde.

Mais pas le temps d’aller visiter les vanilleraies de Taha’a, les rameurs se concentrent pour la dernière étape, celle qui les mènera à Bora Bora.  Il faut mériter les eaux cristallines du lagon ! L’arrivée des va’a s’achève sur le turquoise, le long de la plage de Matira, entre une haie de spectateurs qui n’hésitent pas à se jeter à l’eau.

Tous ceux qui ont vécu cette course sont unanimes à dire que la fin de course est un instant magique. Si les rameurs n’ont guère le temps d’admirer le paysage, de festoyer et de s’amuser aux escales, il n’en est pas de même pour les suiveurs et les touristes. Puisque le tourisme en Polynésie est fort souffrant, pourquoi ne pas proposer de suivre cette course avec, aux escales, des visites : la tournée des marae à Huahine, l’escalade du plateau Te Mehani Rahi à Raiatea, le monde de la vanille à Taha’a et une plongée ou un « snorkelling » dans le lagon de Bora Bora ? J’oubliais, les vainqueurs, comme l’an passé, ce sont les gars de l’OPT (P et T polynésiens).

Les six piroguiers de Shell  Va’a remportent la course de Molokai pour la 5ème fois consécutive. Sept équipes tahitiennes se placent dans le top 13 des 120 équipages. La pirogue O Tahiti Nui Freedom affronte des vents de près de 200 km/h et une houle de 6 m du typhon « Chaba » au nord des Philippines.

A Tahiti, tournage du film de Mathieu Kassovitz « L’ordre et la morale » dans les rues de Papeete et dans l’ancien hôpital Vaiami transformé pour l’occasion en gendarmerie. La ministre M-Luce Penchard déclare à son départ de Papeete que les jeux des hommes politiques de Tahiti lui donnent « mal à la tête ». Bénédiction du nouvel hôpital du Taone lors d’une cérémonie œcuménique en l’absence de Gaston Flosse, « père du projet ».

Météo France évalue le risque de cyclone à 24% pour la saison chaude dans laquelle nous sommes entrés. Il pleut, il pleut bergère, rentre tes blancs moutons. Ah ! cela n’a rien à voir avec le crachin breton. C’est un déluge qui dure des jours et des nuits sans arrêt. Un exemple, dans la maison ce jour, 28°6C, 83% d’humidité tandis que les gouttes ont masqué la montagne, plombé le ciel, que les coqs se sont tus et que tombe la pluie. Presqu’un temps cyclonique. Et aïe, les douleurs articulaires.

Matari’ii ni’a sont le lever des Pléiades, signe d’abondance. Les arbres généreux ploient sous le poids des fruits. Les mangues pullulent en ce mois de novembre. Après les abiu, les pommes-étoiles, voici les mangues. Alors plutôt que de les laisser pourrir, cartons de fruits pour ceux qui se présentent à la porte, fruits au petit-déj, salade de fruits au déjeuner ou au dîner… Certains fruits chutent pour le plus grand plaisir des merles, poules et coqs. D’autres sont attaqués à même l’arbre. Les volatiles ont une technique pour consommer les fruits tombés. Ils consomment la pulpe et ne laissent que peau et graine (noyau), voyez le travail des artistes, virtuoses du bec.

Le manguier de V. n’en peut plus, ses branches ploient sous le poids des fruits. Alors, c’est mangues tout le jour, sous diverses formes : tanches de mangues, mangues en salade, mangues en jus. Je vais passer la fin de semaine chez E. J’emporte un carton de mangues ‘Ohure Pi’o’ (cul tourné).  Quand je débarque chez E. avec mes mangues, sa cuisine regorge de mangues ‘Atoni’, certes une autre race – mais quand même ce sont toujours des mangues !

Désolée de ne pas vous en apporter, mais vous habitez un peu trop loin.

Nana, au plaisir.
Hiata

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Hiata de Tahiti

Le changement de dizaine déclenche un changement de prénom. A partir de maintenant mes élucubrations polynésiennes seront signées de mon nouveau nom de baptême : Hiata.

Voilà, c’est fait ! J’ai une dizaine de plus !

Pour fêter l’évènement, j’ai invité 25 personnes et 24 sont venues. Heureusement, mes amis proches m’ont beaucoup aidée. L’un a préparé une lessiveuse de poisson cru (7 kilos). Un autre a fabriqué un gâteau à 3 étages aux ananas du plateau. Deux autres se sont métamorphosés en rôtisseurs du veau à la broche et des 50 cuisses de poulet au barbecue. Une est allée récolter du cresson dans le ruisseau d’une connaissance. Une est allée piller le fa’apu du cousin emplissant une touque de 150 citrons verts, un sac de mandarines et des corossols. Un ami a débarqué 30 gros ananas sur mon pas de porte !

J’ai préparé 6 énormes plats de gratins, 3 de pommes de terre et 3 de choux-fleurs et brocolis. Les autres ? Ils ont ingurgité tout ce qui leur était proposé ! Chez les Tahitiens on ne mange pas, on s’empiffre, on se gave, on bâfre, on se bourre.

Le menu :

• poisson cru à la Tahitienne avec riz blanc (3 kg de riz sec),

• veau à la broche avec bouquets de cresson,

• cuisses de poulets,

• une marmite de haricots blancs (3 kg de fayots secs),

• du riz au maïs,

• les 6 gratins de pommes de terre et de choux-fleurs,

• un très gros gâteau au chocolat pour supporter le poids des bougies,

• le gâteau trois étages à l’ananas,

• cinq ananas coupés en rondelles,

• un grand plat de konjac au coco et un autre à l’ananas,

• du jus à volonté, de l’eau fraîche

• …et une amuseuse publique pour faire rire la galerie.

Ce qu’ils avaient oublié de manger, ils ont demandé des doggy-bag et ils pouvaient se servir parmi les fruits qui ornaient les umete : mangues, pommes-étoiles, bananes, mandarines, citrons verts, ananas, abiu. Leurs sacs n’étant pas assez vastes, il m’a fallu leur fournir des pochettes en plastique.

Heureusement ces festivités n’ont lieu que tous les 10 ans ! Pour le prochain, c’est loin d’être sûr !

Lors des travaux de restauration chez V. j’étais déjà effarée par la quantité de nourriture qu’il me fallait préparer pour l’équipe des travailleurs. Un midi, je débarquais avec les plats, un ouvrier tenait l’échelle sur laquelle était perché son collègue, les deux autres étaient occupés à charger et transporter une brouette. Me voyant arriver, les trois se précipitent, se servent copieusement tandis que l’autre n’ose trop bouger sur son échelle instable ! Les trois se gavent et sitôt mangé quittent le chantier. Enfin descendu de son échelle, le dernier constate qu’il ne lui reste que du riz, trois haricots, une lamelle de viande et un morceau de pain ! J’ai compris la leçon, le lendemain chaque travailleur prendra son assiette sur laquelle j’ai tout disposé : poisson, légumes, riz et pain et dessert.

Ce sont souvent des jeunes hommes, pères de famille, n’ayant aucun formation donc pas de travail assuré. Ils boivent, se droguent avec l’argent des allocations ou des larcins. Ceux qui sont chargés de famille obtiennent parfois un contrat de 8 mois rémunéré 80 000 CFP pour cinq heures de travail journalier. Certaines associations tentent d’aider ces personnes et de leur apprendre quelques rudiments de maçonnerie ou autre. Normalement, ils ne sont pas nourris mais mon amie avait pitié d’eux !

Nana, au plaisir.

Hiata

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Paul-Émile Lafontaine, Campagne des mers du sud

Madame Dominique Delord a retrouvé chez une amie les cahiers de mer de son grand-père, lieutenant de vaisseau de la marine française. Il appareille pour une longue campagne dans le Pacifique, depuis Toulon, en décembre 1875. La République troisième est à peine installée et, bientôt, le maréchal Mac Mahon fera parler de lui en tentant l’autoritarisme. Il devra bientôt se démettre, faute de se soumettre. Le croiseur Seignelay est à voile et à vapeur, il sillonnera la côte sud-américaine de la Terre de feu à Vancouver, et assurera la présence de la France dans les îles par millier du Pacifique dont le statut est encore incertain. Le XIXe siècle optimiste, scientifique et missionnaire, désirait apporter aux « sauvages » les bienfaits de la civilisation, tout en confortant la gloire de leur nation.

Cet esprit tourné vers l’avenir est revigorant pour nos vieilles mentalités confites dans le quant à soi. Le voyage est l’occasion non de juger en morale (sauf une répugnance marquée pour le cannibalisme), mais d’observer. Le « pittoresque » (ce qui peut se peindre comme le dit parfois l’auteur) est privilégié. Ces gens des antipodes ne sont certes pas « comme nous », mais pas moins dignes pour cela. Ils sont en général beaux, vigoureux, sensuels. Les femmes y sont parfois reines, comme Pomaré IV, reine de Tahiti, que l’auteur aura l’occasion de rencontrer plusieurs fois. Les missionnaires chrétiens ne sont pas en odeur de sainteté parmi les républicains convaincus du bateau, mais l’auteur distingue les catholiques, épris d’autorité voire de tyrannie, et les protestants qui sont parfois très près de leurs affaires, mais laissent les indigènes plus libres d’initiatives. Il blâme cependant ceux qui veulent à tout prix voiler la « pudeur » des femmes ou des jeunes gens, les mettant à l’amende pour montrer leurs seins. Un pêcheur adolescent s’est vu contraint de payer parce qu’il avait enlevé sa chemise pour entrer dans l’eau ! Comme quoi l’intégrisme ne date pas d’hier, ni ne vient forcément de pays plus barbares que nous…

Il faut dire que l’équipage du Seigneulay, bateau de guerre, a 21 ans de moyenne d’âge et comprend 35 mousses (de plus de 15 ans). Les officiers eux-mêmes ont 35 ans d’âge moyen. Cette disponibilité du regard et cet optimisme foncier font qu’ils voient autrement l’exotisme que les littéraires rassis restés à Paris. Les anecdotes ne manquent pas, cocasses ou cruelles, en tout cas véridiques. Le navire prend parfois des passagers, comme cette excentrique anglaise Constance Gordon Cumming ou cet archéologue explorateur français Alphonse Pinart.

Les quatre cahiers détaillent les excursions des officiers lors des relâches, surtout des chasses homériques dont on revient souvent bredouille, mais qui donnent du piquant aux expéditions. Ce XIXe siècle est en effet prédateur, avide de rapporter du gibier, du poisson, des échantillons de roches, de plantes ou de crânes humains pour les cabinets de curiosité. Le Musée de l’homme (désormais Arts premiers) a été formé par cet esprit encyclopédique du siècle qui voulait rassembler tout ce que le monde compte de diversité pour mieux l’étudier et le comprendre. Vu d’aujourd’hui, nous sommes presque dans un autre monde, celui, disparu, de Jules Verne…

Dès la page 153 apparaît Tahiti, où l’auteur reviendra plusieurs fois en mission. Il ira également aux Marquises, à l’île Juan Fernandez rendue célèbre par Robinson Crusoé, à l’île de Pâques où il mesurera les statues géantes, aux Tuamotou, aux Fidji, à Wallis & Futuna, aux Tonga et à Samoa. A l’époque (1877), « la ville de Papeete comprend environ deux cents maisons européennes » (p.155). Dans le village de Piré, situé à deux kilomètres de Papeete, « nous y allions quelquefois le soir entendre les hyménés ou chœurs, formés de jeunes gens des deux sexes, qui se réunissaient le soir, dans la salle de la maison commune nommée Faréo, pour y chanter des aires canaques. Autrefois on y dansait ! Aujourd’hui, cela est défendu par les ordres de MM. les gouverneurs. Ah ! la réglementation, quelle belle chose ! » (p.156).

Le lecteur sera surpris de la qualité d’écriture de ce jeune officier marinier. Il est vrai que l’époque privilégiait les classiques et qu’écrire une pièce de théâtre était un jeu (le lieutenant l’a fait pour égayer les marins et flatter le public sud-américain). Chacun sait qu’on n’observe d’autant mieux qu’on a les mots pour le décrire, et qu’on juge d’autant moins en morale qu’on a la profondeur d’un esprit cultivé. Je ne sais ce que donnerait la génération Internet sur ce genre de campagne, mais je crains que l’humanité n’ait régressé en un siècle… Il est fort plaisant et jamais ennuyeux de lire ces cahiers exhumés du XIXe. Ils nous donnent à voir un monde encore neuf qui a disparu de façon accélérée.

Paul-Émile Lafontaine, Campagne des mers du sud 1875-1879, Mercure de France Le temps retrouvé poche, 2006, 456 pages, 8.08€

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L’automne est le printemps à Tahiti

Une histoire d’ici. Il fut un temps où les prénoms français étaient à la mode ; ensuite vinrent les prénoms des acteurs de film ou de feuilleton ; actuellement ce serait plutôt les prénoms tahitiens qui seraient en vogue. Du temps des prénoms à la française, le cantonnier du coin avait doté ses nombreux enfants de prénoms tels que Georges, Gabin, Violetta, Florence, Denis, Edmée, Marcel, etc. Le hic est que l’alphabet tahitien est différent du français, la prononciation varie donc ! A la sauce tahitienne Georges s’est métamorphosé en Tihoti (dire Tchoti), Gabin en Tope (Topé), Violetta en Eta, Florence en Lolo, Denis en Teni (Téni), Edmée en Ponu (Ponou), Marcel en Mate (Maté). Essayez-vous à la prononciation !

Star est un vieux monsieur, droit comme un I, qui jardine en plein soleil torse nu, porte de lourdes  brouettes, etc. Une force de la nature, quoi ! L’autre jour à Taravao, il s’arrête chez le Chinois (le magasin) pour acheter une baguette et la Dépêche. Panique, à la sortie du magasin, sa voiture a disparu. Les mutoi farani (gendarmes) sont appelés. Le Chef envoie un gendarme à Tautira, un autre à Teahupoo, aux deux extrémités de la presqu’île. Pas de trace de la voiture de Star. Arrive  chez le Chinois une commère : 

  • « Alors, Star, les mutoi farani t’ont enfin arrêté, sacré garnement !
  • « On m’a volé ma voiture !
  • « Quelle voiture ?
    « Ma BM grise.
  • « Star, t’aurais pas bu une ou deux Hinano (bières) au réveil, parce que ta Peugeot noire elle est devant toi et on ne t’a rien volé !
    « Et moi qui croyais que j’avais pris la BM
  • Le mutoi farani (gendarme français) : « vous avez quel âge Monsieur ?
  • Star : « 86 ans.
  • « Cela peut arriver à tout le monde d’oublier quelle voiture il a sorti du garage ce matin. Bonne journée Monsieur, soyez prudent sur la route.
  • La commère : « Sacré Star, tu feras encore et toujours des farces ! T’as pas honte à ton âge ! »

Des nouvelles de la reconstruction du château de V. Il n’a plus rien à voir avec le fare dont le toit s’était envolé dans les bras du cyclone Oli en février. Tout est api (nouveau) : api les tôles du toit, api les carrelages, api les fenêtres, enfin tout ou presque sera api lors de l’inauguration en grande pompe qui ne devrait plus tarder maintenant, trois semaines au maximum. Api birthday ! Sonnez trompettes, résonnez tambours, et que nous puissions enfin nous réjouir d’entrer dans ce fare api.

Le ridicule ne tue pas. Sur proposition du parti de Gaston Flosse, l’Assemblée de Polynésie (57 représentants pour 260 000 habitants !) s’est réunie pour voter et adopter la résolution de T. S. qui demande à l’Etat de veiller à ce que ses fonctionnaires envoyés en Polynésie respectent leur droit de réserve (c’est le titre de ‘Tahiti Presse’ du 5 octobre) ! Devoir ou droit, les deux commencent par un D. Les réactions des lecteurs n’ont pas tardé. Quand il s’agit de fonctionnaires c’est un DEVOIR de réserve et non d’un droit de réserve !

Succédant à la Toussaint où l’Eglise catholique honore tous ses saints, est le rite de la bénédiction des tombes illuminées des disparus (turamara’a). Il est effectué par le prêtre après l’office dans le cimetière, au milieu des tombes illuminées par les bougies ou chandelles. Il clôturait la journée de communion des vivants avec l’âme des défunts. Chez les autres religions la tombe, nettoyée quelques jours auparavant à grand coup de pinceau, balai, râteau, pelle ou même souffleur, est abondamment fleurie. Un instant de recueillement, une prière et l’on rentre chez soi, le devoir accompli.

Certaines personnes restent plusieurs heures dans le cimetière, d’autres installent un auvent pour se protéger du soleil brûlant actuellement. Dans ce bout du monde où j’habite, il y a deux cimetières. Dans l’ancien, le manque de place est criant, les maisons des vivants enserrent les tombes. Les habitants côtoient les morts ; les arbres grignotent les vieilles tombes, d’autres sont fleuries de vraies fleurs aux couleurs chatoyantes, mais aussi de composition florales en plastique made in China. C’est un festival de couleurs. Le nouveau cimetière est situé en hauteur face à l’océan. Les morts n’ont pas les pieds dans l’eau comme dans le précédent, ils jouissent d’une vue magnifique et ne sont pas importunés par les habitants des fare. Ils sont seuls. Bien que parfois des gamins irrespectueux viennent faire hurler leur musique à la nuit tombée, sachant pertinemment que ces calmes locataires  n’iront pas déposer plainte auprès des mutoi farani.

Portez-vous bien les amis.

Hiata de Tahiti

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