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The Undead de Roger Corman

Malgré la couverture racoleuse à tête de mort, il ne s’agit pas d’un film de zombies. L’histoire est tirée d’un fait divers réel survenu en 1952 aux Etats-Unis : un hypnotiseur amateur a plongé son épouse en transe et elle s’est retrouvée un siècle auparavant incarnée en Irlandaise nommée Bridey Murphy.

Roger Corman transforme le XIXe siècle en siècle du roi Mark, dans la Cornouaille médiévale de Tristan et Yseut. Un soir de brume intense à Londres, un psychiatre qui revient de longues années d’initiation au Tibet vient trouver son ancien professeur à l’Institut de psychologie américaine. Il tient une jeune femme à la main, pas frileuse car elle est décolletée comme si de rien n’était.

Parce qu’elle a plusieurs vies, sinon une vie éternelle en plusieurs corps. C’est ce que veut démontrer le psy. Il joue pour cela à l’apprenti sorcier en hypnotisant Diana pour la faire régresser dans ses vies antérieures. Avec ce qu’il a appris au Tibet et au Népal, il veut fusionner son esprit avec elle et donc explorer l’époque où elle reviendra de mémoire.

Ce qui est fait. Diana se révèle être Hélène, accusée d’être sorcière en ces temps où le christianisme peinait encore à s’imposer ; il fallait frapper par la terreur, comme Lénine le fit pour imposer la croyance communiste. Hélène est donc enfermée dans la tour de la mort et sera exécutée à l’aube. Pendragon, qui l’aime, veut la sauver mais ne sait trop comment faire. Il est poursuivi par une Diana ophidienne qui ondule de la croupe par lascivité et qui veut à tout prix le baiser. Lui refuse ; Diana est une véritable sorcière maléfique dont la mère a scellé un pacte avec le Diable. La jeune femme, pour parvenir à ses fins, propose alors à Pendragon de sauver Hélène s’il consent à vendre son âme au Diable.

Nous sommes évidemment dans la nuit du sabbat et le Prince des enfers apparaît à minuit juste dans le cimetière du lieu. Tous les exploités, les nullards, les bancroches, viennent signer pour accéder à une vie normale et Pendragon se laisse faire. Jusqu’à ce qu’un chevalier en armure – qui est le psy dont l’esprit a réussi à suivre sa patiente hypnotisée – l’en dissuade.

Nous avons jusque là une histoire de sorcières classique où les filles se transforment en chattes noires ou en chauve-souris et où Meg Maud, sorcière bénéfique vouée à soigner, amuse par sa laideur, sa canne torte et son gros bon sens paysan. Le film est tourné en noir et blanc dans une brume campagnarde édifiante, avec des cottages typiques et un croque-mort sentencieux qui se croit ensorcelé – peut-être parce qu’il dit la vérité ? Mais l’hypnotisme a changé le cours de l’histoire d’Hélène et de Diana dans le temps. Si Hélène est sauvée, sa vie s’achèvera à son terme et sans plus ; si elle meurt à l’aube comme prévu, elle aura des vies sans fin et sauvera Diana la sorcière.

Ce dilemme shakespearien fait tout le sel du film. D’autant que le deus ex machina, le psy revenu du Tibet, voit son orgueil puni de s’être pris pour Dieu. Et le Diable en rit encore.

DVD double The Undead, Roger Corman, 1957, avec Pamela Duncan, Richard Garlan, Allison Hayes, Richard Devon, 1h10 (+ bonus La cité des morts, John Moxey, 1960, 1h16), Pinnacle 2003, €15.98

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