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Jean Lartéguy, Les centurions

Un roman de journaliste sur le terrain qui a été militaire, comme ceux qu’il décrit. Roman de génération, des adolescents qui ont fait de la Résistance, se sont engagés par patriotisme dans l’armée de Leclerc, puis sont partis défendre l’empire contre le communisme en Indochine, avant de se retrouver piégés en Algérie, département français, où ils ont moins fait « la guerre » que participé à une « opération spéciale » que les politiciens n’ont jamais eu la volonté de gagner.

Le roman se divise en trois parties. La première au Vietnam, où les parachutistes sont confrontés au travail de fourmi du communisme, qui robotise les corps après avoir lavé les esprits. Ils subissent l’humiliante défaite de la cuvette de Dien Bien Phu, une position stratégique indéfendable, que les états-majors en chambre n’auraient jamais dû penser à occuper. Mais, comme en 40, les badernes qui gouvernent ne connaissent pas le terrain. Une fois prisonniers dans les camps de Ho Chi Minh, les officiers sont « rééduqués » par la propagande, et se convertissent fictivement au communisme pour obtenir des avantages, sans en penser pas moins.

Ils découvrent surtout la force du Vietminh : être dans la population comme un poisson dans l’eau. C’est moins « le matériel » (les profs diraient les moyens) que la force morale qui compte. Pour gagner une guerre, il faut faire adhérer la population à ce qu’on défend. Par exemple la perspective du développement, des libertés, voire l’indépendance. Impensable pour les politiciens de la IVe République, soumis aux lobbies coloniaux ou à la corruption du trafic de piastres. Les combattants qui croyaient à leur mission sont abandonnés à leur mouscaille, les familles locales qui leur avaient fait confiance laissées à leur sort maudit. De quoi être amer.

Lorsqu’ils rentrent d’Indochine, une fois la paix signée à Genève, ces officiers ne se reconnaissent pas dans la France consumériste, politicienne et affairiste de la fin des années cinquante. Ces mercenaires de retour d’Indochine et qui vont être envoyés pour rien en Algérie, sont des Réprouvés, comme ceux d’Ernst von Salomon après la défaite allemande de 1918, suivie du nihilisme politique. Raspéguy les décrit, ces camarades : « Je les sais maintenant naïfs et pitoyables, voulant être aimés et se complaisant dans le mépris de leur pays, capables d’énergie, de ténacité, de courage, mais aussi disposés à tout abandonner pour le sourire d’une fille ou la promesse d’une belle aventure. Ils se sont montrés à moi sous leur vrai jour : vaniteux et désintéressés, assoiffés de comprendre et répugnant à s’instruire, malades à en crever de ne pouvoir suivre un grand chef injuste et généreux et d’être obligé de chercher, parmi des théories politiques et économiques, une raison de combattre… qui remplaçât ce chef qu’ils n’ont pu trouver » III.5. Dans la France des années cinquante, les filles ne pensent qu’à jouir, les garçons qu’à faire la fête, et les adultes qu’à gagner toujours plus d’argent – au prix de toutes les compromissions.

Comme celles de soutenir le FLN en sous-main, pour garder des « intérêts » en Algérie quoi qu’il s’y passe, ou aider par idéal niaiseux des terroristes « cultivés », qui résistent eux aussi à l’occupation étrangère en massacrant, dans des affres sexuelles, femmes et enfants blancs. Le propos de l’auteur est anti-communiste, anti-colonialiste, anti-politicien, ces faux-culs qui promettent de garder l’Algérie à la France tout en négociant secrètement avec les massacreurs. Les personnages sont inventés, mais s’inspirent de personnages réels, tels Aussaresses ou Bigeard. Hypocrisie des politiciens de la IVe : en Algérie, le préfet Serge Barret signe le 7 janvier 1957, sur ordre du ministre résident Robert Lacoste, une délégation de pouvoir au général Massu, disposant que « sur le territoire du département d’Alger, la responsabilité du maintien de l’ordre passe, à dater de la publication du présent arrêté, à l’autorité militaire qui exercera les pouvoirs de police normalement impartis à l’autorité civile ». C’était reconnaître l’état de guerre, donc suspendre le droit du temps de paix. Mais « la morale » à Paris était contre, les juges contre la torture, d’où le sentiment d’être une fois de plus abandonnés et piégés, d’où l’OAS.

La contre-insurrection, ou « guerre révolutionnaire » en référence à Mao son théoricien, consiste à faire la guerre autrement. Fini « l’honneur » et le matériel, place à l’efficacité et à la psychologie. Il s’agit moins de gagner du terrain que de gagner les cœurs et les esprits. Fini l’esprit bovin de 14-18 où l’on exécutait les ordres, chargé de barda. Le capitaine Raspéguy : « Moi, je veux des types qui espèrent, qui veulent gagner parce qu’ils sont les plus agiles, les mieux entraînés, les plus malins, et qu’ils tiennent à leur peau. Oui, je veux des soldats qui aient peur, qui ne s’en foutent pas de vivre ou de mourir. Les délires collectifs, très peu pour moi, c’était peut être ça, Verdun ? » II.3.

Les actions militaires doivent s’accompagner d’actions civiles pour rallier la population et la séparer de la guérilla, le renseignement est crucial et non accessoire (y compris le syndrome de la « bombe à retardement »), la guerre psychologique use de la propagande pour donner une perspective sociale aux actions, et pour contrer la propagande adverse, le quadrillage du territoire permet de garder le terrain sous contrôle économique et moral. Le colonel Roger Trinquier en fait un manuel en 1961 (réédité en 2008 avec une préface de François Géré) : La Guerre moderne, mais le roman de Lartéguy donne l’essentiel.

Si les Américains, en Irak et en Afghanistan, avaient appliqué ces méthodes, qui les ont longtemps intéressés, ils ne seraient pas partis la queue entre les jambes après avoir dépensé en vain des millions de dollars (la seule chose qui compte à leurs yeux). Si les Français sous Hollande avaient allié la politique des tribus à l’opération Barkhane contre les islamistes, ils n’auraient pas échoué aussi lamentablement…

Prix Eve Delacroix de l’Académie française 1960

Deux suites aux Centurions : Les Mercenaires 1960, Les Prétoriens 1961 (chroniqués sur ce blog).

Le film américain tiré du roman est nul et ne comprend rien ni à l’Histoire, ni au propos moral de l’auteur.

Jean Lartéguy, Les centurions, 1960, Presses de la Cité 2011, 588 pages, €25,00

Jean Lartéguy, Les Mercenaires – Les Centurions – Les Prétoriens – Le Mal jaune – Les Tambours de bronze, Omnibus 1989, 1200 pages, €74,83

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Jean Lartéguy, Les mercenaires

Jean Lartéguy est né Lucien Pierre Jean Osty en 1920 et mort en 2011 à 90 ans. Il passe son enfance en Lozère, comme son héros, Pierre Lirelou ; comme lui il a un oncle prêtre, le chanoine Osty. Mais, au lieu de se faire curé, il passe sa licence d’histoire à Toulouse et s’engage à 19 ans en 1939 pour faire la « drôle de guerre » et de s’évader en 1942 pour devenir commando d’Afrique. Son Pierre envoie le froc aux orties à 17 ans pour baiser une gitane à qui il laisse « un fils » et partir s’engager chez les anti-franquistes en Espagne avant de faire le maquis et de s’engager dans l’armée Leclerc. C’est dire combien Les mercenaires sont inspirés de ce qu’a vécu l’auteur ou des personnages qu’il a rencontrés. Il est la réédition remaniée de son premier roman, Du sang sur les collines, passé inaperçu parce qu’il évoquait la guerre de Corée. Après le succès des Centurions, l’auteur a décliné les thèmes des Prétoriens puis des Mercenaires.

Ce ne sont pas des vendus au plus offrant ni des avides de gloire, à cette époque, mais des romantiques égarés dans le siècle. Imaginez une France frileuse, pacifiste après la Grande guerre (la plus con, celle de 14), sa démographie en berne à cause des classes creuses, le moral au plus bas face aux pouvoirs autoritaires qui l’entourent de plus en plus (Mussolini, Hitler, Staline, Franco), et empêtrée dans son parlementarisme de petits intérêts de petits partis, sans chef qui s’impose, ni projet politique. Tiens ! Cela vous dit quelque chose de notre époque ? Eh oui, si l’histoire ne se répète jamais, elle bégaie. Reviennent les idées des années 30…

Ces jeunes hommes écœurés de leur patrie, trop vieille et rassie,« combattent de 20 à 30 ans pour refaire le monde », dit l’auteur, avant de se ranger et de faire des enfants, s’ils ne sont pas tués. Lartéguy aura deux filles, Ariane et Diane. Pierre aura deux enfants, d’une juive israélienne qui bâtit son pays, et d’une congaï vietnamienne qui tente de construire un régime non colonial et non communiste. Mais, engagé dans le Bataillon français de Corée, il semble qu’il n’y survivra pas. C’est que la France a connu la guerre, sans interruption, de 1939 à 1962 avec la Défaite, la Résistance, l’Allemagne, l’Indochine, la Corée, l’Algérie. Ce pourquoi les années 60 enfin de paix retrouvée ont semblé un âge d’or, avec un chef légitime (de Gaulle), un plan économique, une monnaie stabilisée, une croissance forte (jusqu’à 7 % par an). Cet optimisme s’est manifesté par la natalité et l’ascension sociale. Jusqu’à ce que les crises du pétrole (1973 et 1979), puis les illusions de la gauche (trois dévaluations du franc de 1981 à 1983) cassent l’optimisme. Depuis, les Français vivent « en crise » permanente, d’où leur pessimisme, leur déclinisme, leur repli. Une atmosphère d’année 1940.

L’intérêt de relire Les mercenaires est de retrouver cette énergie de jeunesse, ces garçons qui partent combattre à 17 ans, ces lieutenants de 22 ans qui prennent avec leur section une ville entière, comme « M. » pour Lirelou, ces commandos entraîneurs d’hommes parce qu’ils les aiment. Si tous les personnages sont imaginaires dans ce roman, ils sont tous « vrais », car ce sont des types d’homme que l’on peut reconnaître dans la réalité. Tous différents, tous attirés par la guerre comme aventure, poursuite d’un rêve, surtout de camaraderie virile. Le médecin-capitaine Martin-Janet qui a quitté le confort de sa bibliothèque et de son cabinet parisien prospère pour faire ce qu’on n’appelle pas encore de « l’humanitaire », mais du soin aux blessés de toutes nations. Le capitaine Sabatier et le seconde classe « l’ignoble Bertagna ». Le capitaine Lirelou, après des « affaires » en Iran pour le lobby du pétrole, passé en Indochine où il a pacifié la plaine des Joncs avec le pirate Nguyen van Ty. Le lieutenant Dimitriev, fils de Russe blanc émigré en France, qui a trahi sans le savoir des résistants avant de tuer l’indicateur collabo et de s’engager dans l’armée d’Afrique. Le lieutenant Rebuffal, réserviste rengagé, aspirant débandé par la défaite de 40, blessé et soigné par la Wehrmacht. Le lieutenant Ruquerolles, Normale Sup, débandé lui aussi en 40 : « Tout un pays qui foutait le camp avec ses généraux, ses pompiers, ses ministres et ses catins. Une journée entière, je les ai regardés passer ; j’en étais soufflé. » Le sergent-chef Andreani, un Corse à l’oncle dans le Milieu marseillais, amoureux de sa femme Maria, à qui il dédie son héroïsme : il veut une médaille américaine pour pouvoir y émigrer. Et puis il y a le seconde classe Maurel, en réalité le lieutenant Jacques de Morfault, engagé dans la LVF (Légion des volontaires français contre le bolchevisme) après l’amère défaite de 40. « À cause de son nom, celui d’une des plus grandes familles huguenotes de France, de sa beauté, on en fit un officier après un stage rapide. La revueSignal publia la photo du nouvel archange de la collaboration sous le casque d’acier. »

Jean Lartéguy, laissé de côté par la mode intello parce qu’il était anticommuniste (donc du côté du « diable »), a été apprécié depuis sa mort par les généraux américains : son expérience de l’Indochine puis de l’Algérie a inspiré les techniques de contre-insurrection. Elles auraient permis de pacifier l’Irak si elles avaient été appliquées… mais voilà : l’arrogance yankee n’a que faire de la façon humaine de voir des Européens. A la psychologie et à la politique, elle préfère la technique, l’industrie ; les soldats ne sont pour eux que des robots efficaces, sans état d’âme. Dans le roman, le général US Crandall, en Corée, est de ceux-là : il n’hésite pas à sacrifier 1500 hommes pour prendre aux Chinois une série de collines qui l’ont séduites par sa beauté, les White Hills – pour rien. Ce n’était ni stratégique, ni nécessaire.

« Je crois même que je n’aime pas du tout la guerre » dit Lirelou à Dimitriev. « Mais elle crée parfois un certain climat dans lequel tout ce qui paraissait impossible devient soudain réalisable. Elle seule arrive parfois à ressembler un peu à ces rêves que l’on porte en soi depuis l’enfance : l’île déserte, la conquête d’un royaume. (…)Le mercenaire, c’est peut-être un type qui se bat pour un rêve qui l’a fait étant gosse ou qu’il a déniché dans quelque vieux roman d’aventure »

Jean Lartéguy, Les mercenaires (réédition remaniée 1960 Du sang sur les collines paru en 1954), Presses de la Cité 2012, 442 pages, occasion vintage hors de prix pour fana mili…

Jean Lértéguy, Les Mercenaires, Les Centurions, Les Prétoriens, Le Mal jaune, Les Tambours de bronze, Omnibus 2004, 1411 pages, €69,90

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Jean Lartéguy, Enquête sur un crucifié

Notre époque a oublié la précédente, pourtant fertile en bouleversements du monde. La Seconde guerre mondiale et la Résistance, la décolonisation, les combats contre le communisme en Asie, contre les révolutions en Amérique latine, le journalisme d’investigation. Lucien Osty dit Jean Lartéguy, neveu du chanoine Osty qui traduisit la Bible qu’on lit encore, a vécu tout ce siècle. Né en 1920, il a été militaire, évadé, capitaine décoré, correspondant de guerre, écrivain, papa de deux filles. Il a écrit des récits, mais aussi des romans à propos de ce qu’il a vécu.

Enquête sur un crucifié évoque le Vietnam en 1970, envahi par une armée américaine de drogués et de hippies qui se reposait sur la grosse technologie du bombardement à haute altitude. Des guerriers, les Yankees ? De pauvres loques, manipulées par l’idéologie à la mode dans les campus, et par des stratèges en chambre au Pentagone. Où s’est-elle enlisée, la Mission de sauver le monde de la dictature froide des nouveaux curés rouges ? Dans l’héroïne, les putes à quelques piastres et les gamins orphelins qui se vendent avec plaisir pour survivre… L’époque de libération sexuelle semble littéralement obsédée par baiser les très jeunes ; l’auteur le relate, un brin dégoûté. Il faudra attendre quarante ans pour que cela devienne un délit moral et un crime puni par la loi.

L’auteur met en scène trois « jeunes hommes déboussolés qui se jettent dans les guerres en les haïssant, dans les dangers en les redoutant. Et, un jour, meurent où disparaissent sans que personne, même pas eux, ait connu les raisons qui les avaient poussés à se conduire de la sorte. » C’est le Christ, Ron Clark, flanqué de ses deux larrons, le drogué Jockey et le mercenaire Max. A trente ans, ils seront tous les trois exécutés par les Vietcongs, au Cambodge, dans l’affolement d’une retraite précipitée sous la poussée sud-vietnamienne.

Le juriste banquier neutre Hans Julien Brücker, est chargé par sa banque suisse de prouver que Ron est mort ou vivant. Il a pour le moment simplement « disparu » comme journaliste cameraman de la CBS, avec ses deux compagnons. Sa femme Andrea, comtessa italienne de pacotille, qui adore baiser avec n’importe qui et si possible avec deux éphèbes à la fois, voudrait bien qu’il soit déclaré mort pour toucher le pactole de sa fortune, alors qu’ils étaient en instance de divorce. Mais Ron n’a rien signé et la banque suisse, qui tient à garder les millions dans ses coffres, fait tout pour rechercher une preuve qu’il est encore vivant. Brücker est envoyé à la recherche d’une preuve.

C’est une véritable enquête de personnalité, qui le conduit tout d’abord aux États-Unis pour y rencontrer le père de Ron, un acteur américain célèbre, Edwin Clark, le double d’Errol Flynn dont l’auteur s’est inspiré (le Fletcher Christian du film Bounty de Charles Chauvel en 1933). Errol Flynn, comme Edwin Clark, était un homme à femmes, surtout mineures, à fêtes et à cuites. Pour les 18 ans de son fils Ron, Edwin Clark lui offre une pute de 15 ans sur un plateau, s’attendant à ce qu’il la prenne sur le champ, devant tous, comme c’était l’usage. A peine sorti de son collège suisse, l’adolescent est écœuré, mais June s’accroche à lui et le dissuade de mettre fin à ses jours. Ron a une demi-sœur, Sabrina, tout aussi paumée que lui, qui le recueille à Londres. Il va la quitter lorsqu’il rencontrera Andrea, trop belle pour lui, qui s’attachera comme une sangsue, profitant des dollars pour assouvir ses passions comme celle de son frère pédé et de son ami, fort amateur de petits garçons de Madère. Les années soixante avaient tellement désorienté les Yankees qu’ils avaient jeté toute morale et tout simple bon sens aux orties, contaminant le reste du monde occidental de leur argent et de leur tout-est-permis. Ron, élevé en Europe selon des principes calvinistes, en est révulsé.

Il n’aura de cesse de se plonger dans les aventures les plus extrêmes pour se prouver que l’argent qu’il a ne fait pas tout, qu’il existe en tant qu’homme, et qu’il peut témoigner des horreurs de la guerre. Les massacres à la bombe, mais aussi les trahisons, la drogue, les trafics, la prostitution. Cette mission personnelle lui sera fatale, lui qui rêvait, comme le Christ, de changer le monde. L’auteur se délecte à calquer la vie de Ron sur celle de Jésus, avec son faux père Erwin, June en Marie-Madeleine, Sabrina en sœur de Lazare, et les deux larrons. Manquent cependant son saint Jean et ses disciples.

Dans ce monde des années soixante où tous trichent et trahissent, où les religions et la morale ont disparu dans les petits intérêts commerciaux et doctrinaux, la vertu personnelle est la seule qui vaille. De même que Ron, le fils d’Edwin Clarck, Sean, le fils d’Errol Flynn, a lui aussi été porté disparu le 6 avril 1970, capturé par l’Armée populaire vietnamienne alors qu’il circulait sur les pistes du Cambodge en moto Honda. Et exécuté sans délai ; on relate aussi deux prêtres crucifiés comme leur Christ par les athées adeptes du petit Livre rouge.

Un beau roman d’aventure sous couvert d’une enquête quasi policière, qui fait se ressouvenir de cette époque tragique du jeu des puissances et de la tectonique des plaques idéologiques, au moment où un noveau mouvement des plaques se propage. Un livre introuvable sauf en recueil Omnibus, mais qui replace la grande histoire dans les esprits humains.

Jean Lartéguy, Enquête sur un crucifié, 1973, Flammarion, 507 pages, occasion €3,99

Jean Lartéguy, Le mal d’Indochine : Enquête sur un crucifié, L’adieu à Saïgon, Les naufragés du soleil, Le Gaur de la Rivière noire, Le cheval de feu, Le baron céleste, Omnibus 1976, €10,74

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