
L’été est l’occasion de voir (et surtout revoir, tant les rediffusions sont massives) des séries policières parues sur les chaînes du service public (la 2, France 3, Arte). Avec des agacements renouvelés depuis quelques années :
- les SMS filmés tout petits et laissés 10 secondes au regard du téléspectateur pour qu’il ne puisse absolument pas les lire
- le flou durant 15 ou 20 secondes avant qu’un personnage ou un premier plan net n’entre dans le champ
- la lampe dans la gueule quand la torche est tenue à la main, ou le contre-jour bien lourd avec le soleil
- la lampe torche allumée en plein jour, ou presque, pour faire explorateur, alors que ça ne fait qu’allumé
- la fliquesse qui dit « chut » et s’avance en faisant sonner les talons de ses bottes – comme si les bottes étaient adaptées aux missions de terrain !
- les gens qui téléphonent en voiture – n’est-ce pas strictement interdit ?
- les clopeurs invétérés, qui se la jouent, alors qu’ils empestent l’absence de savoir-jouer de tout bon acteur
- les papas niais qui appellent TOUS leur fifille « ma puce », ce terme idiot et surtout extrêmement convenu. Je serais l’une desdites « puces », je saurais que mon papa ne m’aime en rien, puisqu’il me sert un mot-valise ramassé n’importe où. D’autant que les garçons, au même âge, ne sont pas appelés par un diminutif, apparemment sexiste puisque diminuant.
- l’affectation de ne prendre qu’une gorgée de son café au petit-déjeuner, et de laisser tout en plan – de même l’affectation de s’abreuver de litres de (très mauvais) café de machine une fois au commissariat, et de ne nourrir que de pizzas, jouant les affairé(e)s de 6 h à 23 h.
- ne jamais fermer sa voiture, pourtant d’un seul geste de télécommande
- les débuts de film qui voient trop souvent courir une fille, queue de cheval et seins ballottant, et qui évidemment trébuche et tombe, puis crie, alors que « le » (forcément un mâle) tueur s’approche, et… C’est tellement banal.
- le fait que le coupable soit quasi SYSTÉMATIQUEMENT le personnage le plus sympathique de l’histoire, celui qu’on ne devrait pas soupçonner – sauf qu’à cause du procédé devenu systématique, on en vient tout de suite à savoir que c’est lui. Je ne donne pas les noms des séries pour ne pas gâcher le (pseudo) suspense.
Ces scories dans la façon de filmer sont devenus de véritables PROCÉDÉS, repris sans distance et avec la régularité d’un métronome. Comme si inventer un dialogue, une mise en scène ou une façon de tourner, était hors de portée des petits cerveaux d’aujourd’hui. Ceux qui produisent ces films en série sont devenus des bureaucrates, ancrés dans leurs ornières.
L’IA pourrait remplacer sans dommage ces robots, le spectateur ne verrait pas la différence.

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