Alexander Kent, Le sabre d’honneur

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Richard Bolitho, devenu amiral, fatigue. Revenu des côtes américaines où la guerre s’éternise, il est envoyé – une fois encore – en Méditerranée. Napoléon 1er a abdiqué après sa défaite en Russie et se trouve exilé par les alliés à l’île d’Elbe.

Leurs Seigneuries veulent-elles honorer ou éloigner leur amiral aussi glorieux que Nelson ? Car Bolitho n’en fait socialement qu’à sa tête. Discipliné et aimé de ses hommes dans la marine, il est inapte social à terre : il vit en concubinage avec une maîtresse, veuve Lady Catherine, tandis que son épouse légitime le snobe et monte leur fille contre lui. Ce n’est guère apprécié dans la société qui gravite autour du Régent à Londres.

La série, déjà longue, s’essouffle. L’auteur nous fait suivre en parallèle les destins de Richard, de son neveu Adam et de sa maîtresse Catherine. Avec toujours autant d’humanité, celle de Richard qui reste simple vis-à-vis des hommes malgré sa position, celle d’Adam qui voit en son mousse celui qu’il était à cet âge, celle de Catherine toujours amoureuse de son « amiral d’Angleterre ». C’est pour ce côté très humain que nous aimons ces livres ; l’aventure ne serait rien sans les autres hommes. Un côté scout, un côté peuple, un côté profondément démocratique – au fond le meilleur de nous-mêmes, Occidentaux.

Adam est capitaine de vaisseau et poursuit, sous les ordres d’un autre amiral, le blocus des côtes des Etats-Unis. Un projet fou, pour venger une défaite, est de bombarder Washington en remontant le Potomac. Mais une batterie côtière récemment entretenue et ravitaillée, bloque l’accès. Le nouvel amiral est indécis sur l’action à mener et frileux sur les conséquences pour sa carrière. Il s’en tient aux ordres. Adam va-t-il réussir à le convaincre de ne pas échouer faute d’oser ? Lors d’une bataille navale avec des frégates américaines fortement armées le mousse d’Adam, John, 13 ans, tombe, fauché d’un coup par un éclis de bois dans la moelle épinière. Il ne sera jamais aspirant… mais offre de belles pages d’émotion contenue.

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Catherine est seule à Londres, où elle effectue les visites obligatoires auprès de ses rares amis pour rappeler Richard et promouvoir Adam. Mais la bonne société se rit d’elle, à mépris ouvert ; et elle manque de se faire violer par un capitaine aigri aux derniers stades de la folie syphilitique, dont Richard a pris la suite pour le plus grand bien de l’équipage.

Richard croise entre Malte et la Sicile. Des pirates barbaresques et des corsaires du dey d’Alger profitent de la paix revenue, donc du désarmement de la flotte anglaise, pour rançonner les navires marchands et embarquer des cargaisons d’esclaves chrétiens. Ils les torturent allègrement s’ils résistent et n’hésitent pas à les crucifier comme l’état islamique le fera sans vergogne (ce roman, écrit en 1997, ne connaissait pas encore Daech, mais bel et bien les sources historiques du temps).

Un mystérieux capitaine Martinez, d’origine espagnole et renégat, conseille le dey d’Alger qui abrite, en son port bien défendu par des batteries côtières, deux frégates sans marque. Elles menacent la navigation et se révèlent appartenir à la flotte française, prêtes au retour en France de l’empereur Napoléon 1er. Elles attaquent et prennent une frégate anglaise, diminuant ainsi l’escadre – trop faible parce que Leurs Seigneuries se préoccupent plus de leur apparence à la Cour que de vision géopolitique.

Lors d’un engagement des deux frégates avec le vaisseau amiral, le 1er  mars 1815 – le jour même où Napoléon remet le pied sur le sol français à Cannes – sir Richard Bolitho tombe. C’est la fin en quelques lignes. Emotion d’une vie bien remplie et du devoir accompli, dans l’amitié de ses compagnons proches et de tout l’équipage.

Mais la série n’est pas terminée : le « dernier des Bolitho », Adam, rentre dans la vieille maison de Falmouth et la guerre a repris avec l’Ogre corse…

« – Vous l’admirez, sir Richard, n’est-ce pas ?

Admirer ? Le mot est trop fort. Il s’agit d’un ennemi – il le prit par le bras, changeant de ton : Mais si j’étais français, je le suivrai » p.383. Le fair-play est un mot anglais.

Alexander Kent, Le sabre d’honneur (Sword of Honour), 1997, Phébus Libretto 2016, 402 pages, €10.80

e-book format Kindle, €9.49

La série des aventures de Richard et Adam Bolitho chroniquée sur ce blog

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Une réflexion sur “Alexander Kent, Le sabre d’honneur

  1. Très intéressant

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