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Daniel Cole, L’Appât

L’auteur anglais deRagdoll récidive avec son inspectrice phare, Emily Baxter, devenue inspecteur-principal Chief-inspector (les titres de fonction anglais ne font pas d’hystérie féministe et n’ont pas de distinction de genre). Cette fois, le psychopathe est riche, blessé à mort par la perte de sa femme et de ses enfants dans l’attentat du métro de Londres en juillet 2005 (52 morts), et veut se venger de toute la société. Pas des islamistes, probablement parce que ce serait « politiquement incorrect » et non-woke – une limite agaçante de ce thriller. L’auteur reprend le thème de la tuerie d’Andres Brevik à Utoya, qui a voulu punir les collabos de sa race, et pas les vrais coupables. Une sorte de suicide génocidaire. Un vrai gibier de psy.

Les psy sont d’ailleurs les véhicules et les instruments de la manipulation terroriste dans cette histoire. Ils sont chargés d’embrigader des « marionnettes » et de séduire des « appâts » pour attirer les forces de police en un endroit phare avec les cadavres appâts, puis de les massacrer autant que faire se peut par les torturés marionnettes. Chacun ou chacune a, gravée au couteau sur sa poitrine nue, son rôle. Ce sont des gens paumés, au bord du suicide, que la parole magnétique de son psy va pousser vers une fraternité où ils se sentent reconnus, unis, sous la houlette d’un gourou qui leur dit comment il faut vivre et ce qu’il faut faire. Le parfait « abêtissement » du troupeau humain sous la houlette d’egos surdimensionnés qui adorent la Puissance.

Nous sommes en hiver et la température reste glacée partout, autant à Londres qu’à New York, car les crimes se manifestent alternativement des deux côtés de l’Atlantique, comme en miroir. Le reste du monde est oublié, éradiqué, surtout les pays d’origine des attentats de Londres. Ce côté « entre-soi » anglo-saxon est bizarre pour un ex-ambulancier, sauveteur en mer et ami des animaux comme se dit l’auteur. On penserait plutôt à un nationaliste pro-Farage.

Baxter doit enquêter avec un agent de la CIA et une inspectrice du FBI ; elle est constamment « épuisée », se nourrissant n’importe quand et n’importe comment, ne dormant qu’au hasard. Elle a mauvais caractère et rembarre jusqu’à sa patronne, qui fait de la com. Elle flique son petit ami Thomas pour savoir s’il est sérieux. En bref, la parfaite asociale peu sympathique dont le seul talent est celui du pitbull : ne jamais lâcher sa proie.

Plusieurs centaines de morts plus tard, dont une bonne pesée de flics, enfin le psychopathe est arraisonné. Ce n’est pas sans frissons, ni choix « draconiens » à la Churchill : faut-il évacuer une ligne de métro au risque d’alerter les terroristes, ou les laisser faire pour les prendre sur le fait ? Un wagon ensanglanté plus tard, on a la réponse – pas très humaine ni vraiment sensée.

C’est donc un thriller qui captive, écrit sec, aux courts chapitres addictifs, mais on n’aime ni l’histoire, ni les personnages, ni la surenchère permanente dans la torture des corps, la manipulation des âmes et le massacre permanent. Mais c’est un trait d’époque : ce qui n’effare pas n’est pas « vu », dans le flux permanent, et seule l’horreur toujours plus horrible attire les néo-lectrices (les hommes lisent de moins en moins).

Prix Bête noire des libraires 2018

Daniel Cole, L’Appât(Hangman), 2018, Pocket thriller 2019, 509 pages, €9, 30, e-book Kindle €10,99

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Mer amère à Tahiti

En février une tortue verte avait été découverte au large près d’un dispositif de concentration de poissons, la patte et la tête coincées dans du matériel de pêche. Le MRCC et la Diren l’avaient confié au docteur vétérinaire de la place, spécialisé en reptiles. Son foie et ses reins étaient abîmés, elle était maigre, déshydratée. La tortue baptisée Hope (Espérance) a été remise en forme avant de subir une opération. Intubée elle a été nourrie avec un mélange de soupe de légumes, de vitamines et de produits pour la soigner. Elle a été amputée sous anesthésie de la patte avant droite. L’opération a duré 5 heures. Elle se trouve actuellement en convalescence, ses soignants espèrent la relâcher d’ici 2 à 3 mois.

hope la tortue verte de tahiti photo ladepeche

Des nouvelles fraîches : Hope survivra sur trois pattes. Elle passe sa convalescence au centre des tortues du Méridien de Bora Bora. Elle est actuellement entre les mains des biologistes. Elle est en forme, a commencé à se nourrir seule. Pour le moment elle est seule dans son bac, sa cicatrice mettra 45 à 60 jours pour guérir. Elle nage sans aide. Ensuite elle ira dans un hoa vivre en semi-liberté et, si tout se passe bien, elle retrouvera le grand bleu en fin de convalescence.
L’Assemblée nationale a voté la création de l’Agence française de la biodiversité, 5 sièges du conseil d’administration sont réservés aux Ultramarins. Il faudrait faire vite, ici au fenua, car 61 espèces sont en danger critique d’extinction. La Polynésie française, c’est 88 espèces éteintes, 61 espèces en danger critique d’extinction, 87 espèces vulnérables et 21 en danger. Des chiffres encore ? La France compte 13 325 espèces endémiques ; 10% des récifs coralliens mondiaux sont « en France » (4e rang mondial) surtout en Nouvelle-Calédonie et Polynésie. La Nouvelle-Calédonie abrite à elle seule 3 000 plantes dont 2 423 sont endémiques. La Polynésie française compte plus de 550 plantes, 989 mollusques (sur terre et en mer) et 27 oiseaux endémiques. La Polynésie française compte à elle seule 20% des atolls de la planète.

chanos chanos poisson lait

Dans la presqu’île Vairao, l’Ifremer étudie actuellement l’espèce Chanos chanos ou poisson-lait. Lors de mon séjour à Kauehi, j’avais déjà brièvement évoqué le chano, connu localement sous le nom de pati ou ava. Les scientifiques ont sélectionné 500 individus afin de poursuivre un élevage pilote. Ce petit poisson est intéressant pour les pêcheurs et les gourmets. Ce poisson herbivore est présent dans les eaux des Tuamotu et offre un ratio intéressant entre ses faibles besoins alimentaires et sa croissance. Les pêcheurs devraient également tendre l’oreille car le Chanos chanos pourrait remplacer la sardine achetée à grands frais (+ 2000 XPF le carton de 10 kg) pour servir d’appâts. Pour déguster le chano, nous attendrons encore un peu, priorité aux pêcheurs.

jeune marin torse nu

Un jeune marin-pêcheur avait disparu du Vini Vini 9. L’équipage le pensait tombé à la mer, avait averti le MRCC qui avait organisé une importante et coûteuse opération de recherche en engageant le Gardian de la flottille 25F de la Marine Nationale et l’hélicoptère inter-administrations Dauphin, ainsi que trois navires de pêche dont celui du disparu. Après près de 24 heures « d’absence » le disparu est réapparu – alors que les recherches venaient d’être arrêtées. Il s’est réveillé après un repos de presque 24 heures et est venu sur le pont, effarant tous ses collègues. Fatigué, c’était sa première campagne de pêche, il s’était trouvé un petit coin à l’avant du bateau pour dormir sans prévenir quiconque, enroulé dans une couverture, l’équipage le cherchait dans la partie vie du bateau à l’arrière. Tout est bien qui finit bien, mais combien de moni envolé encore une fois ?

Hiata de Tahiti

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