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Mon 21 juillet 1969

Il y a 50 ans, je n’étais pas dans la lune mais bien ancré dans le réel. J’étais en Espagne, dans un camping aujourd’hui disparu avec mes parents et mes frères, à Alicante. L’été était chaud et nous vivions en maillot de bain. La plage, toute proche, nous accueillait l’après-midi mais nous partions parfois visiter le pays. Si je me souviens si bien, c’est que je tenais un journal intime, comme la plupart des adolescents un peu littéraires de cette époque sans Internet ni Facebook, ni téléphone mobile, et peu encore de chaînes télévisées.

Le 20 juillet, alors que le module lunaire alunit sur notre satellite, je regarde le manège des chevaux qui sont lavés en plein soleil dans le haras du camp, joyeux d’être mouillés et brossés. Je fais la connaissance d’un adolescent du Calvados qui loge dans une caravane pliante avec ses parents et qui monte à cheval vêtu en tout et pour tout d’un slip de bain à fleurs bleu marine. Il est un peu plus âgé que moi, nettement plus bronzé et le corps souple d’un sportif. Le lendemain il était parti, et j’ai dansé un slow sur Adieu jolie Candy avec la sœur aînée d’un copain de mon frère. Les relations humaines terre à terre, à la prime adolescence, comptent plus que l’événement historique qui se produit dans le ciel.

L’après-midi du 20 juillet, nous allons visiter en famille le parc municipal d’Elche, où j’admire les plantes exotiques et surtout la palmeraie unique en Europe. Nous poursuivons vers la cathédrale de Murcie dont je trouve les décors trop chargés pour mon goût. Pendant ce temps, les astronautes font leurs révolutions.

Le soir, à 21 heures et quelques, le Lunar module devait se poser sur la lune. Un satellite russe tournait en même temps que la capsule Apollo 11 et je me souviens que l’on parlait l’espionnage. Nous étions en pleine guerre froide malgré la canicule de l’été à la plage. Au dernier moment, l’ordinateur de bord du module a signalé une « erreur », due seulement à la saturation de la mémoire de bord qui ne comprenait alors que… 72 ko. Houston a dit aux astronautes de passer outre et Armstrong a lui-même piloté l’arrivée en manuel.

Le bar du camping a une télévision en noir et blanc et j’y vais par curiosité mais nous ne voyons rien et, à plus de 23 h, les astronautes se préparent encore longuement à l’intérieur du module ; aucune image n’est diffusée. Je préfère m’amuser dans la nuit jusqu’au coucher avec un copain nommé Jacques qui habite Foix avec ses deux frères, et un chien du camp nommé Bobby.

Ce n’est que le matin du lendemain, 21 juillet 1969, que nous entendons à la radio le succès de la mission Apollo. Neil Armstrong – Moonwalk One – avait marché sur la lune après avoir descendu les neufs barreaux de l’échelle puis tâté précautionneusement le sol lunaire de sa botte gauche. Il était 3 h du matin en Europe. Buzz Aldrin l’a suivi vingt minutes plus tard. Ils sont restés 2h30, ont fermé l’écoutille du Lunar module à 5h11 en Europe, alors que je dormais comme presque tout le camping, puis ont pris le chemin du retour.

Nous avons poursuivi notre vie d’adolescent au bord de la mer, dans la tranquillité. Deux jours plus tard, je découvrais le monde du silence avec la plongée au masque et tuba ; c’était plus important pour moi que l’exploit lunaire car c’était plus immédiat. Ce n’est qu’avec le temps que l’événement est devenu histoire, peut-être le moment le plus marquant de ma génération avec le premier satellite artificiel Spoutnik soviétique, la chute du mur de Berlin et les attentats du World Trade Center.

Mes grands-parents, à l’époque, n’en revenaient pas qu’un humain ait marché sur l’astre des nuits comme dans Jules Verne et Tintin ; ils croyaient que c’était un roman ou une bande dessinée alors que cela devenait réalité ! Ils avaient pourtant connu les premières automobiles et les premiers avions, l’invention de la radio (TSF), du téléphone et de la télévision, plus deux guerres mondiales et la bombe atomique : bien plus de bouleversements, durant leur génération, que dans la mienne. Mais pour moi, c’était comme « naturel », j’étais dans la modernité, selon mon âge.

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Mère pilules

Hier matin à la pharmacie, une mère de famille avant moi demandait un somnifère léger pour son garçon. « J’ai l’habitude de lui en donner tous les soirs avant de se coucher, il dort mieux », avoue-t-elle. Cette façon de faire, comme si c’était la norme, m’a sidéré.

Il semble que le garçon ait entre sept et dix ans mais pourquoi dort-il mal ? C’est ce que la maman ne veut pas savoir. Soit elle s’en fout, soit elle n’a même pas l’idée de s’en préoccuper, soit elle est plus tranquille avec des pilules. Elle a ainsi l’impression d’être une « bonne mère » et de « faire ce qu’il faut » en utilisant le savoir médical et le prestige de la science chimique « pour le bien » de son enfant.

Tout à fait comme les prescriptions absurdes du « manger cinq fruits et légumes par jour » des fonctionnaires de la santé qui savent mieux que vous ce qui est bon pour vous. Une seule groseille et un melon entier ? Un chou et un petit pois tout seul ?

Le sommeil est naturel et vient à son heure. Si l’enfant ne s’endort que difficilement, c’est qu’il est anxieux, qu’il n’a pas d’habitudes régulières et que son heure est perturbée ou qu’il n’a pas fait assez d’activités physiques la journée. Se poser la question est faire œuvre d’éducation, c’est être attentif à son enfant. Remplacer ce soin psychologique par des pilules chimiques est carrément une démission.

D’autant que les médicaments ne sont pas « bons pour la santé ». Ils soignent des pathologies précises, et notamment des maladies ; ils ne sont pas « de confort » sans danger, surtout au jeune âge. Les molécules synthétisées ne sont pas aux doses naturelles, même si leur effet est précis et destiné à une cause. Mais nulle étude ne se préoccupe jamais des interactions avec le reste de l’alimentation et rarement avec d’autres médicaments. L’enfant ne doit pas être un animal de laboratoire pour ses parents. Le moins possible de médicaments est requis, surtout sans prescription sur une durée limitée, ni sans surveillance médicale.

Le confort parental ne doit pas passer par la démission sur les pilules. Une pour dormir ? Et la journée une pour être attentif ? Et une pour l’appétit ? Pour le transit intestinal ? Pour être meilleur aux examens ? Pour réussir la course ? Mais où donc s’arrête une telle dérive ?

Evidemment le pharmacien n’a rien dit, il est aussi commerçant. Et un « somnifère léger » (qui est plutôt un hypnotique) ne peut pas vraiment faire de mal, n’est-ce pas ? Une fois de temps en temps, peut-être, mais s’il est pris régulièrement par un organisme très jeune ? Ne prépare-t-on pas la dépendance, plus tard, à l’alcool, au tabac et aux drogues diverses ? Saura-t-on passer le bac sans dopant, ou le permis de conduire sans adjuvant ? Pourra-t-on travailler normalement sans être « stressé » et se précipiter sur des pilules pour compenser ?

Je me demande si l’on peut, sans conséquences durables, soumettre couramment l’organisme aux molécules artificielles, dosées au-delà de leur présence naturelle dans les aliments, sans engendrer un déséquilibre général ?

Je ne suis ni pharmacien, ni médecin, mais je connais les enfants. Ce qu’il faudrait plutôt à cette maman, c’est un bon psy pour la désintoxiquer des pilules et la rendre attentive à sa progéniture.

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Jim Harrison, Wolf – mémoires fictifs

jim harrison bouquins laffont

L’écrivain sauvage Jim Harrison, né en 1937 dans le Michigan, a claqué au début de cette année comme un élastique trop tendu. Il a toujours vécu dans l’excès et la camarde l’a rattrapé d’une crise cardiaque à 78 ans le 26 mars 2016. Il faut dire que whisky, tabac, herbe et filles avaient composé le menu principal de ce grizzly aux grands-parents venus tout droit de Suède. Né dans un État sauvage, il a toujours eu la nostalgie des forêts et de la prédation : pêcher, chasser, cueillir des champignons, faire du bois…

« Partis vers l’Est, sans guide, avec mes cannes à pêche et de la nourriture séchée. Vivre en ermite. Deux kilos de tabac Bugler, du papier à rouler Zig-Zag, mais ni herbe ni whisky. Rencontrer fille indienne et niquiniquer… » p.142. Ces Mémoires fictifs des années 1956-1960 commencent en solitaire dans la forêt, au bord d’un lac, loin de toute vie civilisée. L’auteur se balade à poil ou presque, selon les heures des moustiques, il se baigne et boit l’eau pure, il lance des lignes à truites, il brûle du pin pour se chauffer, cuire et éloigner les insectes à coup de fumée de fougères.

Puis il se remémore moins son enfance, très peu évoquée, que ses années de jeunesse, surtout les bouteilles qu’il a descendues et les filles qu’il a baisées. En général dans les villes, là où elles travaillent, ce pourquoi cela n’a jamais accroché : lui voulait repartir dans la nature. Il a quand même récupéré Linda dans la vraie vie, avec qui il a eu deux filles, mais il la quitte à New York où il est de passage dans ce roman pour aller acheter du chinois à bouffer.

Wolf est son premier roman à 34 ans, après des années de poésies. Il s’y montre brut, en Hemingway mal dégrossi, peu soucieux du reste du monde. Un vrai nature writer américain. Ce sont moins les grands espaces qui le font bander que le retour sur l’intime. La tente, dans la forêt, est comme une mini-ferme où l’on est chez soi, seul avec ses pensées, la carabine chargée à portée de main à cause des énormes grizzlys qui n’hésitent pas à arracher la toile d’un coup de patte s’ils sentent à manger par-là, et la tête du campeur par la même occasion « comme il est arrivé à deux filles ».

michigan forest

Mais Harrison, qui se met en scène sous le nom du jeune Swanson, n’est pas un illettré. Il a beaucoup lu dans son isolement forestier enfant, où la famille élargie vivait en fermes rapprochées. Fenimore Cooper et la Bible, puis Rimbaud et Dostoïevski, Faulkner, Arthur Miller et Jack Kerouac ensuite. S’il a voulu se faire pasteur protestant à 15 ans, il a baisé une fille à 17 (qui en avait 14), puis de nombreuses autres filles. Cela l’a rattaché à la terre plutôt qu’au ciel, et aux proches plutôt qu’au prochain. Il est concret, Harrison, il aime toucher et expérimenter, l’abstraction ne lui sied pas.

D’où ce roman âpre et familier à l’écriture vigoureuse et crue comme un t-bone steak, il se pose en vagabond littéraire, travaillant ici ou là de ses muscles, sans le sou mais avec le ciel sur la tête. Une époque post-hippie et pré-écolo où le retour aux espaces vierges compte plus que la consommation urbaine, où les relations sont réduites à leur base : bouffer, baiser, dormir. Avec qui ? Là est la question.

Jim Harrison, Wolf – mémoires fictifs, 1971, Robert Laffont collection Pavillon, 1998, 265 pages, €21.50

Jim Harrison, Wolf – mémoires fictifs, avec 4 autres romans, Bouquins Robert Laffont 2010, 156 pages sur 770, €24.50

Le site Jim Harrison en français

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Mer amère à Tahiti

En février une tortue verte avait été découverte au large près d’un dispositif de concentration de poissons, la patte et la tête coincées dans du matériel de pêche. Le MRCC et la Diren l’avaient confié au docteur vétérinaire de la place, spécialisé en reptiles. Son foie et ses reins étaient abîmés, elle était maigre, déshydratée. La tortue baptisée Hope (Espérance) a été remise en forme avant de subir une opération. Intubée elle a été nourrie avec un mélange de soupe de légumes, de vitamines et de produits pour la soigner. Elle a été amputée sous anesthésie de la patte avant droite. L’opération a duré 5 heures. Elle se trouve actuellement en convalescence, ses soignants espèrent la relâcher d’ici 2 à 3 mois.

hope la tortue verte de tahiti photo ladepeche

Des nouvelles fraîches : Hope survivra sur trois pattes. Elle passe sa convalescence au centre des tortues du Méridien de Bora Bora. Elle est actuellement entre les mains des biologistes. Elle est en forme, a commencé à se nourrir seule. Pour le moment elle est seule dans son bac, sa cicatrice mettra 45 à 60 jours pour guérir. Elle nage sans aide. Ensuite elle ira dans un hoa vivre en semi-liberté et, si tout se passe bien, elle retrouvera le grand bleu en fin de convalescence.
L’Assemblée nationale a voté la création de l’Agence française de la biodiversité, 5 sièges du conseil d’administration sont réservés aux Ultramarins. Il faudrait faire vite, ici au fenua, car 61 espèces sont en danger critique d’extinction. La Polynésie française, c’est 88 espèces éteintes, 61 espèces en danger critique d’extinction, 87 espèces vulnérables et 21 en danger. Des chiffres encore ? La France compte 13 325 espèces endémiques ; 10% des récifs coralliens mondiaux sont « en France » (4e rang mondial) surtout en Nouvelle-Calédonie et Polynésie. La Nouvelle-Calédonie abrite à elle seule 3 000 plantes dont 2 423 sont endémiques. La Polynésie française compte plus de 550 plantes, 989 mollusques (sur terre et en mer) et 27 oiseaux endémiques. La Polynésie française compte à elle seule 20% des atolls de la planète.

chanos chanos poisson lait

Dans la presqu’île Vairao, l’Ifremer étudie actuellement l’espèce Chanos chanos ou poisson-lait. Lors de mon séjour à Kauehi, j’avais déjà brièvement évoqué le chano, connu localement sous le nom de pati ou ava. Les scientifiques ont sélectionné 500 individus afin de poursuivre un élevage pilote. Ce petit poisson est intéressant pour les pêcheurs et les gourmets. Ce poisson herbivore est présent dans les eaux des Tuamotu et offre un ratio intéressant entre ses faibles besoins alimentaires et sa croissance. Les pêcheurs devraient également tendre l’oreille car le Chanos chanos pourrait remplacer la sardine achetée à grands frais (+ 2000 XPF le carton de 10 kg) pour servir d’appâts. Pour déguster le chano, nous attendrons encore un peu, priorité aux pêcheurs.

jeune marin torse nu

Un jeune marin-pêcheur avait disparu du Vini Vini 9. L’équipage le pensait tombé à la mer, avait averti le MRCC qui avait organisé une importante et coûteuse opération de recherche en engageant le Gardian de la flottille 25F de la Marine Nationale et l’hélicoptère inter-administrations Dauphin, ainsi que trois navires de pêche dont celui du disparu. Après près de 24 heures « d’absence » le disparu est réapparu – alors que les recherches venaient d’être arrêtées. Il s’est réveillé après un repos de presque 24 heures et est venu sur le pont, effarant tous ses collègues. Fatigué, c’était sa première campagne de pêche, il s’était trouvé un petit coin à l’avant du bateau pour dormir sans prévenir quiconque, enroulé dans une couverture, l’équipage le cherchait dans la partie vie du bateau à l’arrière. Tout est bien qui finit bien, mais combien de moni envolé encore une fois ?

Hiata de Tahiti

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Amour, sexe et pollution (diurne) à Paris

Ah, l’amour ! « Paris sera toujours Paris ». Sauf que le pont des amoureux est plein : la passerelle des Arts entre Louvre et Académie française regorge de cadenas pour la fidélité éternelle (hum !). Ils sont accrochés sur les grilles des garde-fous et sur les cadenas précédents eux-mêmes. Plus de place pour l’amour nouveau : allez voir ailleurs !

cadenas amoureux pont neuf

Les pauvres fidèles qui se « jurent » l’immortalité de leurs sentiments (hum !) sont forcés de se parachuter un pont plus loin. C’est ainsi que le Pont-Neuf se remplit, sous le regard égrillard du bon roi Henri IV, fort peu « genre ABCD » mais grand trousseur de poules : au pieu les poules, avant le pot ! Ce pourquoi on ne saurait plus apprendre l’histoire à l’école, trop politiquement incorrecte !

cadenas amoureux passerelle d orsay

La passerelle d’Orsay, qui relie le jardin des Tuileries au musée d’Orsay, commence elle aussi à aligner ses cadenas de fidélité. La mode n’existait pas il y a dix ans. Elle passera comme les passerelles – ainsi coule la Seine. Amour, toujours ? « Genre bonne blague », disent les ados.

fille et torse nu abercrombie paris tuileries

Le sexe est plus concret, on sait au moins ce que l’on s’offre, on peut toucher, évaluer, consommer – et passer à autre chose. Ou non, si l’on est bien ensemble. Une fan Abercrombie s’est payé un sac arborant un beau mâle torse nu, ce qui ne l’empêche pas de dormir. Chaque chose en son temps, mais ici et maintenant, pas dans l’éternité éphémère – et surtout sans menottes ni cadenas !

lion paris tuileries

L’amour à mort (cette éternité de l’humain) est une prison. Léviathan Hâmour vous engloutit un couple d’un coup de crocs, le fusionnel étouffe et infantilise. Aux cadenas, je préfère les pinces, à l’éternité l’instant, à la fidélité jurée l’adhésion consentie.

Mais les Français ne sont plus raisonnables. La gauche adore faire du « libéralisme » américain le diable – mais elle adore servilement en même temps les modes américaines, se distinguer intellectuellement par les théories américaines, faire du genre à l’américaine. Comment ? n’aurait-elle pas lu Marx – pourtant à la mode durant deux générations ? ou n’a-t-elle rien compris à ce qu’elle aurait vaguement lu du barbu ? Si « l’infrastructure conditionne la superstructure » (en bon jargon philo-germain), alors c’est bien l’ultralibéralisme américain qui permet aux théories de fleurir, l’un conditionnant l’autre : new age, écolo-globalité, féminisme du genre et autres cooleries. Si l’on refuse l’ultralibéralisme, comment peut-on – sans rire – adopter toutes ses productions intellectuelles conséquentes ? Si l’on a libéré Voltaire, on vient de barbeler Descartes, sur la façade sud du Louvre…

descartes paris louvre

Le moutonnisme bobo se voit encore dans ces files de voitures, un lundi vers 15 h, sur les quais. La grande migration du tous pareils, les Héritiers assurant leur Distinction par Imitation de caste : Bourdieu, mais c’est bien sûr !

quai des tuileries paris

Le vulgaire, lui, continue de taguer les murs de Paris. Régression sadique-anale, disait Freud, autre barbu de langue germanique. La Municipalité peut ainsi « créer des emplois » de détagueurs ; on appelle cela un « service public » – et les Français en sont très fiers… surtout si ce sont les autres qui payent.

tags effaces paris

Louis XIV, l’homme de l’Etat-c’est-moi, montre l’exemple en caracolant vers l’ouest. Il semble fuir vers le Nouveau monde, comme tous ces jeunes Français qui veulent créer une entreprise, faire de la recherche ou gagner de l’argent.

bassin louvre statue louis 14

Même la Seine coule vers l’ouest ; il n’y a guère que le bassin Mitterrand, au palais du Louvre, qui ait pour seule ambition de stagner autour des éternelles pyramides.

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Les bienfaits du rêve

Vous êtes ou vous allez partir en vacances, vivre libre, bien manger, dormir tout votre saoul, rêver peut-être ?

Un numéro spécial de la revue de vulgarisation scientifique La Recherche actualise ce que les savants ont appris sur le sommeil et sur le rêve. Que du bien ! Tirez-en profit. Le savoir a avancé depuis les travaux pionniers de Freud sur l’interprétation des rêves et de Michel Jouvet sur le sommeil.

Désormais, ce que l’on sait sur les rêves :

  • le rêve dure longtemps et pas seulement en fin de nuit,
  • il est éminemment utile pour apprendre, en répétant les acquis de la journée,
  • il n’est pas réalisation imaginaire de désirs refoulés ou fantasmes interdits comme Freud, obsédé sexuel, le croyait mais simulation des menaces émotionnelles possibles, créant des hypothèses sur les possibles (c’est ainsi que l’on traite les cauchemars traumatiques).

Quant au sommeil, il est vital :

  • il doit se déployer en « sommeil lent » puis en « sommeil paradoxal » pour consolider la mémoire et procéder à l’oubli des informations inutiles, d’où l’intérêt de dormir suffisamment, les micro-réveils (comme dans le cas des apnées du sommeil) fatiguent, angoissent et abrutissent,
  • la plupart des humains ont besoin de 6 à 9 h de sommeil par nuit, la mortalité constatée augmente pour les petits et les gros dormeurs,
  • l’insomnie favorise irritabilité et obésité comme maladies cardiovasculaires, les adolescents qui dorment le moins sont aussi les plus déprimés,
  • les gens sont génétiquement inégaux devant les effets du café sur le sommeil,
  • les enfants grandissent s’ils dorment plus, soit la nuit soit par sieste, les parents peuvent les aider à dormir par des horaires adaptés et un rituel du coucher.

Avec quelques indications de sites Internet et de livres pour les parents et les curieux, voici un numéro utile au savoir, à lire surtout… avant le coucher !

La Recherche, revue en kiosque, n°454 juillet-août 2011, 116 pages, €6.50

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