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Tahiti bêtes

Laissez venir à nous les tortues vertes. Entre octobre et mars, elles sont sous haute surveillance car elles viennent pondre leurs œufs. À Tetiaroa, c’est l’Association Te Mana o te Moana qui s’y colle. Quelques détails sur la ponte de la belle verte : la profondeur des nids est de 54 cm, le diamètre de la chambre d’incubation de 30 cm, le nombre moyen d’œufs par nids de 85, le temps moyen d’incubation entre la ponte et l’éclosion des œufs dure 73 jours. Elle est de plus en plus rare te honu (tortue) matie (verte). L’association en recense quelques-unes à Mopelia, Tetiaroa et Tupai. L’association a encouragé l’hôtel The Brando à s’adapter aux tortues pendant la saison de ponte : les lumières de l’hôtel sont équipées de filtres rouges, le niveau sonore est abaissé pendant la nuit et les clients et employés sont sensibilisés aux bons gestes pour ne pas déranger les reptiles aquatiques ! Mais ta honu matie rencontre d’autres dangers, comme la pollution.

tortue verte

En Nouvelle-Calédonie, le méconnu et menacé dugong est aussi sous étroite surveillance. Celui qu’on appelle la « vache marine » ou le « jardinier des mers » se nourrit exclusivement de plantes et de fleurs des herbiers marins ; il vit dans le lagon entre 2 et 20 m de profondeur. Il ne migre pas. Il a un ancêtre commun avec l’éléphant, pèse entre 300 et 400 kilos, possède des petites défenses plantées dans son museau moustachu. Il est discret, possède une queue échancrée comme les baleines et les dauphins mais ne plonge pas. Les femelles n’ont que 5 à 6 petits au cours de leurs 60 à 70 ans d’existence. Le dugong est menacé par les prises accidentelles dans les filets de pêche et surtout par le développement de la navigation de plaisance. Les collisions ou les coups d’hélice sont un risque tandis que les herbiers sont détruits par les ancrages.

dugong

C’est la pleine saison des Annonacées. Nous récoltons des totara (corossol Annona muricata).

corossol exterieurC’est un fruit originaire d’Amérique du Sud. Il ressemble à un gros cœur vert couvert de petits piquants souples. Pour le consommer il faut extirper la chair et ôter toutes les graines de son intérieur.

corossol interieur

On dit que la chair très crémeuse calmerait les anxieux, chasserait les angoisses et procurerait un sommeil réparateur. Normal : la teneur en sucre est élevée !

jacquier fruit tahiti

Une autre délicatesse est l’uru taratoni (jacque – fruit du jacquier -, Artocarpus heterophyllus de la famille des Moracées). Lui est originaire de l’Inde, c’est le plus fruit du monde puisque ses dimensions peuvent atteindre 1 m de longueur pour un poids de 50 kg. Il pousse à même le tronc de l’arbre. Les fruits sont composés de nombreuses carpelles liées entre elles par des tubes et des cordons de fibres. Ici, à Tahiti, ce sont les Chinois qui en sont friands – et moi. C’est un dessert succulent, mais sa dégustation passe après un temps certain à enlever les graines comme pour le totara. Les graines se mangent cuites ou grillées, leur goût rappelle celles des marrons sur la braise. L’appellation tahitienne uru taratoni signifie qu’il a été introduit en Polynésie depuis le Fenua taratoni (la Nouvelle-Calédonie). Le bois dur de l’arbre est utilisé pour la construction de bateaux, on peut également en faire des masques. Il fournit également le basanti, la couleur jaune permettant de teindre les vêtements des moines bouddhistes.

jacquier intérieur du fruit tahiti

Les scientifiques l’ont finalement prouvé car ils le soupçonnaient : la perle tourne pendant sa formation au sein de l’huître. C’est à l’Ifremer que l’on doit cette découverte. Vous savez tous que l’on introduit un nucléus dans les perles d’élevage, Pinctada margaritifera, l’espèce polynésienne. D’après les scientifiques « durant les 40 premiers jours, la perle est animée de mouvements chaotiques, interrompus régulièrement par des périodes d’immobilité. La perle met en moyenne 4h43 pour faire un tour complet dans l’huître. La rotation se poursuit pendant 12 à 18 mois durant le processus de formation de la perle. Cette rotation est associée à un certain nombre de défauts des perles. Les chercheurs ont introduit des nuclei magnétiques de 6,5 mm de diamètre dans plusieurs huîtres d’élevage (le nucleus est l’élément autour duquel se forme la perle). Les huîtres ont été suivies à l’aide d’un magnétomètre ultra-sensible, un dispositif d’étude novateur. L’étude a été publiée dans la revue Royal Society Open Science du 15 juillet 2015 ».

Hiata de Tahiti

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Mer amère à Tahiti

En février une tortue verte avait été découverte au large près d’un dispositif de concentration de poissons, la patte et la tête coincées dans du matériel de pêche. Le MRCC et la Diren l’avaient confié au docteur vétérinaire de la place, spécialisé en reptiles. Son foie et ses reins étaient abîmés, elle était maigre, déshydratée. La tortue baptisée Hope (Espérance) a été remise en forme avant de subir une opération. Intubée elle a été nourrie avec un mélange de soupe de légumes, de vitamines et de produits pour la soigner. Elle a été amputée sous anesthésie de la patte avant droite. L’opération a duré 5 heures. Elle se trouve actuellement en convalescence, ses soignants espèrent la relâcher d’ici 2 à 3 mois.

hope la tortue verte de tahiti photo ladepeche

Des nouvelles fraîches : Hope survivra sur trois pattes. Elle passe sa convalescence au centre des tortues du Méridien de Bora Bora. Elle est actuellement entre les mains des biologistes. Elle est en forme, a commencé à se nourrir seule. Pour le moment elle est seule dans son bac, sa cicatrice mettra 45 à 60 jours pour guérir. Elle nage sans aide. Ensuite elle ira dans un hoa vivre en semi-liberté et, si tout se passe bien, elle retrouvera le grand bleu en fin de convalescence.
L’Assemblée nationale a voté la création de l’Agence française de la biodiversité, 5 sièges du conseil d’administration sont réservés aux Ultramarins. Il faudrait faire vite, ici au fenua, car 61 espèces sont en danger critique d’extinction. La Polynésie française, c’est 88 espèces éteintes, 61 espèces en danger critique d’extinction, 87 espèces vulnérables et 21 en danger. Des chiffres encore ? La France compte 13 325 espèces endémiques ; 10% des récifs coralliens mondiaux sont « en France » (4e rang mondial) surtout en Nouvelle-Calédonie et Polynésie. La Nouvelle-Calédonie abrite à elle seule 3 000 plantes dont 2 423 sont endémiques. La Polynésie française compte plus de 550 plantes, 989 mollusques (sur terre et en mer) et 27 oiseaux endémiques. La Polynésie française compte à elle seule 20% des atolls de la planète.

chanos chanos poisson lait

Dans la presqu’île Vairao, l’Ifremer étudie actuellement l’espèce Chanos chanos ou poisson-lait. Lors de mon séjour à Kauehi, j’avais déjà brièvement évoqué le chano, connu localement sous le nom de pati ou ava. Les scientifiques ont sélectionné 500 individus afin de poursuivre un élevage pilote. Ce petit poisson est intéressant pour les pêcheurs et les gourmets. Ce poisson herbivore est présent dans les eaux des Tuamotu et offre un ratio intéressant entre ses faibles besoins alimentaires et sa croissance. Les pêcheurs devraient également tendre l’oreille car le Chanos chanos pourrait remplacer la sardine achetée à grands frais (+ 2000 XPF le carton de 10 kg) pour servir d’appâts. Pour déguster le chano, nous attendrons encore un peu, priorité aux pêcheurs.

jeune marin torse nu

Un jeune marin-pêcheur avait disparu du Vini Vini 9. L’équipage le pensait tombé à la mer, avait averti le MRCC qui avait organisé une importante et coûteuse opération de recherche en engageant le Gardian de la flottille 25F de la Marine Nationale et l’hélicoptère inter-administrations Dauphin, ainsi que trois navires de pêche dont celui du disparu. Après près de 24 heures « d’absence » le disparu est réapparu – alors que les recherches venaient d’être arrêtées. Il s’est réveillé après un repos de presque 24 heures et est venu sur le pont, effarant tous ses collègues. Fatigué, c’était sa première campagne de pêche, il s’était trouvé un petit coin à l’avant du bateau pour dormir sans prévenir quiconque, enroulé dans une couverture, l’équipage le cherchait dans la partie vie du bateau à l’arrière. Tout est bien qui finit bien, mais combien de moni envolé encore une fois ?

Hiata de Tahiti

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Tahiti se dépeuple

Le déficit migratoire est confirmé à la hausse. Quelques chiffres 2012 intéressants : au premier janvier 2013 : 269 mille habitants en Polynésie Française et 63,6 millions en France… La croissance de la population 2012 est de 0,6 % en P.F. et 0,5 % en France. Pour les naissances, l’indice conjoncturel de fécondité est le même : 2,0. Le taux de mortalité infantile est de 7,5 % en P.F. et 3,5 % en F. L’âge moyen des mères : 27,7 en P.F. et 30,1 en F. Pour les décès : l’espérance de vie d’un homme est de 73,3 années en P.F. et 78,5 en F. Pour les femmes 78,2 années en P.F. et 84,8 en F. Question mariage, le taux de nuptialité est de 5,4% en P.F. et de 4,0 % en F. L’âge moyen du premier mariage est pour l’époux de 35,9 en P.F. contre 32,0 en F ; celui de la femme de 32,5 ans en P.F. et 30,2 en F.

gamin torse nu

Les touristes ont encore boudé la Polynésie en décembre 2013, encore 4 585 visiteurs en moins par rapport à 2012. Cela se répercute sur la fréquentation hôtelière. L’Amérique du Nord est le seul marché émetteur en hausse sur le dernier mois de l’année. Le nombre de touristes venant de France  enregistre le plus fort recul (-23,7%). C’est depuis janvier 2013 un recul de 2,7% par rapport à 2012.

Aéroport de Tahiti a annoncé son programme de grands travaux ; rénovation de la piste qui permettra d’accueillir des Boeing 777-300, l’Airbus 380, l’Airbus 340-600. Une arrivée internationale repensée, de nouveaux carrousels  à bagages, et dès l’arrivée les voyageurs internationaux seront plongés dans l’ambiance polynésienne grâce à la collaboration du Centre des métiers d’art et du Musée de Tahiti et des îles. Pourvu qu’ils ne plongent pas trop profond… et qu’ils puissent ressortir !

Vahines nues Tahiti

Il y a ceux qui quittent le Peï, il y a ceux qui arrivent au Peï, d’après l’ISPF (L’Institut de la statistique de la Polynésie Française) l’exode est sans précédent. Rappel : entre 2007 et 2012 18 350 personnes ont quitté la Polynésie ; sur la même période 10 650 venus de l’étranger ou de métropole se sont installés au fenua ; soit un déficit de 7 550 âmes en 5 ans. Qui part ? Pourquoi part-on ? Difficile de le dire avoue le statisticien puisqu’on ne les interroge pas ! Par contre on remarque que toutes les tranches d’âges sont touchées. Pour les jeunes à la recherche d’un emploi, la Nouvelle-Calédonie apparaît comme un nouvel eldorado. D’autres, tel ce commerçant de 40 ans s’envolera sous peu pour Singapour. Tel retraité trouve que les gens sont de moins en moins sympas et préfère partir ! L’autre, métier du bois, préfère faire ses valises car il a des problèmes de stock et table sur de nouvelles techniques de travail en Europe ; il et regrette le vase clos où il vit ici. L’histoire de la Polynésie est faite ainsi mais demain ?

L’Académie des sciences patrimoniales est créée. Elle sera la gardienne des savoirs traditionnels polynésiens. Elle aura pour mission « de faire dialoguer les savoirs endogènes et scientifiques dans un cadre protégé qui permettra de sauvegarder, pour les générations futures, notre savoir traditionnel, issu de notre patrimoine culturel et intellectuel ».

Hiata de Tahiti

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Tout Tahiti vient de la mer… même les vahinés

La mer monte, c’est une menace réelle. Les scientifiques ont travaillé sur des hypothèses de hausse de 1 à 3 m du niveau de la mer. Entre 6% et 12%  des îles françaises sont menacées d’être totalement submergées. La Nouvelle-Calédonie abrite 30% des îles menacées, la Polynésie française également 30% et la Méditerranée 10%. Les espèces endémiques déjà répertoriées en danger seraient les plus vulnérables. La biodiversité des îles est de manière générale, particulièrement riche.

Treize ans après avoir capturé, marqué et relâché un thon obèse dans le cadre d’une expérience scientifique, ce thon a été repêché ! Le thon qui pesait 100 kilos a été capturé à 1000 km à l’est de Fidji, la marque envoyée au Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) service de recherche halieutique à Nouméa. Selon les spécialistes, cette période de 13 ans est très proche du record enregistré à ce jour dans le cadre du programme de marquage des thonidés lancé par la CPS dans les années 1970. Les scientifiques précisent que la recapture de ce thon, âgé d’au moins 15 ans, donne de précieuses indications sur la longévité des thons obèses.

vahine 2014

Présents dans les océans depuis environ 420 millions d’années, les requins ont évolué avec le temps et sont encore aujourd’hui en haut de la chaîne alimentaire de leur élément. 465 espèces de requins dans le monde, 35 familles et 8 ordres. De nombreuses espèces sont menacées y compris en Polynésie française. Deux ordres, les squaliformes et les carcharhiniformes. Les œufs de requins sont fécondés à l’intérieur du corps de la femelle. Certains requins sont ovipares (donnant naissance à des œufs), d’autres vivipares (donnant directement naissance à des petits), d’autres encore ovovivipares (donnant naissance à des petits provenant d’œufs éclos dans l’utérus).

Les requins des lagons de Polynésie sont de nature discrète, mais curieuse ; ils semblent moins agressifs que leurs cousins pélagiques. En Polynésie, ce sont des espèces protégées. Le ma’o mauri (requin à pointe noire) est présent dans tous les lagons, il est le plus répandu. C’est le nettoyeur des lagons. La couleur de son dos varie du brun à gris et son ventre est blanc. Il mesure de 1m50 à 1m80. L’extrémité de ses nageoires et de ses ailerons est noire. Il est vivipare et peut vivre en groupe. Il est de nature timide et craintive. Il ne représente pas un danger pour l’homme. On peut le voir évoluer dans très peu d’eau.

Le mamaru (requin à pointe blanche du lagon) est très répandu dans nos archipels. C’est un nocturne, on a donc peu de chance de l’observer, il est peu craintif, moins timide que son cousin ma’o mauri ; il mesure environ de 1m60 à 2m, de couleur grise ponctuée de taches plus sombres, son ventre est blanc et la partie supérieure de sa première nageoire dorsale et de sa caudale est blanche. Il est vivipare.

Le ma’o arava (requin citron) est plus rare dans le lagon. Il est de couleur jaune, mesure plus de 3m50, a une forme massive. Pas timide, il ne recherche pas le contact, mais est craint des pêcheurs pour son mauvais caractère. Et les rencontres avec le requin-tigre se multiplient autour de Tahiti, cela devient un nouvel atout touristique. Il suffit de se balader du côté de la passe d’Arue ou de la vallée blanche de Faa’a. Il parait qu’on peut les observer en pleine journée alors les touristes sont avides de cette nouvelle offre de frissons garantis.

Ouverture de la pêche aux trocas exceptionnelle dans les Iles sous le Vent le 7 octobre. Le quota sera de 280 tonnes pour la campagne 2013. La clôture interviendra le 8 novembre. La pêche aux trocas est communautaire et doit surtout profiter aux personnes sans ressources fixes. Mais attention de ne pas pêcher tout et n’importe quoi comme il y a cinq ans. On doit donc installer des comités de surveillance afin de pallier à ces «incivilités ». Les coquilles doivent être  présentées vides de chair et propre. Le tire-bouchon «  paumotu » pour extraire la chair crue du troca a fortement intéressé les pêcheurs. Il est ainsi possible de nettoyer cinq trocas à la minute avec cet outil. Toutefois, c’est la nacre qui est recherchée dans cette pêche. Il faudra respecter la taille requise des coquilles entre 8 et 11 cm d’un troca âgé de 4 à 7 ans avec une coquille neuve et non piquée. Pour se faire il est question de réaliser des gabarits en bois avec les mesures demandées sinon… Si tout se passe bien, on pourrait envisager de renouveler cette pêche tous les trois ans.

blobfish

Le blobfisch (poisson-tache ou poisson-goutte) a été élu l’animal le plus laid du monde. C’est un poisson du Pacifique avec un visage de vieillard, aux traits déformés, qui vit entre 600 et 1200m de profondeur au large des côtes australiennes et qui menacé risque de disparaître, qui ressemble à une lotte bouffie et affublée d’un gros nez mou. Si cela vous intéresse c’est ici.

Hiata de Tahiti

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Social à Tahiti

Quinze ans de réclusion criminelle pour le père incestueux qui avait fait signer un pacte à sa fille l’autorisant à la violer. La victime a aujourd’hui 14 ans et le père incestueux avait sévi alors que la petite n’avait que cinq ans. Huit ans de réclusion pour le père incestueux qui déclarait à la Cour que violer sa fille est moins grave que d’avoir une maîtresse. Douze ans fermes pour le père incestueux, du sursis simple pour son épouse complice alors que leur fille n’était qu’une enfant. Les faits remontent au milieu des années 1990.

vahine nue etendue

Les pilotes des deux-roues paient un lourd tribut aux routes polynésiennes. Les chirurgiens de l’hôpital et des cliniques ne sont pas au chômage avec ces blessés, souvent jeunes, polytraumatisés. C’est d’abord le non-respect des règles de conduite, le défaut de maîtrise, et enfin l’alcool. On songe même dans les sphères gouvernementales à refondre le code de la route polynésien afin de renforcer l’apprentissage des règles de conduite des futurs conducteurs. Si les accidents des deux-roues s’accompagnent de leur lot de décès, ils traînent dans leur sillage des vivants « abîmés ». Sur leur deux-roues, les cyclomotoristes ne portent que peu de blousons, de gants, de chaussures renforcées. Il fait chaud en Polynésie alors ils sont en short, en tee-shirt, avec des savates (tongs), le plus souvent avec un casque qui n’est pas forcément homologué… alors en cas de chute : bobo ! Des fractures ouvertes, des jambes, des pieds avec des plaies spectaculaires qui faisaient dire à un chirurgien des plaies de guerre. Mais aussi des traumatismes crâniens, thoraciques, des dégâts à la conne vertébrale, des cas classiques certes mais qui aboutissent à l’amputation ou à la paralysie. Mais ici, au fenua, il y a une espèce de fatalisme, une inconscience du danger. L’an dernier 36 personnes ont perdu la vie.

velo gamin torse nu

Ils seraient 6800 ressortissants de Polynésie française en… Nouvelle-Calédonie. Qui sont ceux qui posent le pied sur le tarmac de la Tontouta (aéroport de Nouméa). Ils ont tous l’espoir de trouver un travail, d’être mieux payé, de s’éloigner des conditions de travail déplorables de Tahiti. Ils sautent donc le pas, pressés d’en finir avec le marasme économique qui ronge Tahiti depuis quelques années. Chaque semaine, de nouveaux départs vers l’eldorado néo. Ils partent en famille. Souvent ils ont un parent qui est déjà installé ; ils veulent réussir. Ils changent de travail, peu importe pourvu que le salaire suive. Sur les 67 200 personnes provenant des communautés polynésiennes installées en Nouvelle-Calédonie, les 6 800 Tahitiens présents sur le territoire Néo représentent  près de 10,1% de ces  67 200 personnes en quête d’eldorado.

En Nouvelle-Calédonie, des mauvaises langues parleraient de balances (pour personnes) avertissant : « une personne à la fois ». C’est que 54% des Calédoniens adultes sont en surcharge pondérale et 27% sont obèses. Les enfants calédoniens sont dans une situation préoccupante : 42% d’entre eux sont en surcharge pondérable dès 12 ans. « Mange mieux et bouge »…

Hiata de Tahiti

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Bestialité Pacifique

Un tueur en série fonce sur le Kimberley ! Ce crapaud-buffle, petit, costaud et venimeux avait  été introduit en 1935 dans les plantations de canne à sucre du Queensland. En 76 ans, ce crapaud, à raison de 50 km par an est arrivé aux portes de cette région du nord-ouest de l’Australie, réservoir de biodiversité. Déjà les scientifiques comptent les espèces rares qui disparaîtront comme une espèce d’opossum à la queue couverte d’écailles, trois espèces d’iguanes, deux espèces de tortues, une espèce de grenouille arboricole, le quoll du nord, marsupial carnivore. Certains scientifiques préconisent pour pallier l’arrivée de l’éco-terroriste toxique, de créer l’Arche du Kimberley, une banque de gènes des espèces pouvant être éradiquées par le crapaud-buffle.

crapaud buffle australie

Originaire de Tasmanie, il a été introduit dans les années 1937-1939. C’est un oiseau de petite taille vert-olive, poitrine et dos gris, ventre clair, il porte des lunettes (un cercle blanc marque le pourtour de ses yeux). Il vit dans les jardins des zones habitées et les sites boisés. Omnivore, il trouve tout pour ses repas des insectes, des pommes-cannelles, des papayes mûres. Il s’est répandu par ses propres moyens dans les autres îles. Quand l’île est trop éloigné il voyage clandestinement dans les soutes des goélettes. Il est soupçonné de propager les graines du Miconia calvescens, plante introduite et envahissante.

L’Australie compte 140 types de serpents dont 8 dont partie des plus dangereux au monde et 10 000 espèces d’araignées ! Parmi les espèces mortelles de serpents : le brown snake, le taïpan, le tiger snake, le death adder, le red bellied… quelques exemples de serials-mordeurs ! Pour les araignées, la red-back et la Sydney Funnel web, la plus dangereuse se trouve dans un rayon de 200 km autour de Sydney. 424 personnes ont fait appels aux services des paramédicaux durant les 6 derniers mois ; 288 recensés pour des morsures d’araignées et 136 pour les serpents !

C’est en Australie aussi que 400 boat-people sont arrivés en moins de six jours. Les centres de rétention australiens sont complètement saturés.

serpent brown snake australie

Il est un requin baleine qui intrigue scientifiques et médias du monde entier. Christophe Ciccullo a pris des clichés, en s’approchant à moins d’un mètre d’un jeune requin, âgé d’une dizaine d’années, et découvert cette particularité douloureuse : un cordage barde ses nageoires pectorales». « Nous avons constaté qu’il était ceinturé par un bout, une corde de 8 à 10 mm d’épaisseur recouverte de coquillages. Il l’avait depuis assez longtemps pour que la plaie se soit refermée sur ses nageoires cisaillées et ait emprisonné le cordage. » Ce seraient les séquelles d’une rencontre avec un objet, à ce jour inconnu, dispositif de concentration de poisson, chapelets de station perlière ou filets dérivants. Il pourrait s’agir d’un DCP d’un autre pays ou d’un filet dérivant. « Les requins baleines sont des requins pélagiques qui effectuent des migrations énormes sur plusieurs milliers de kilomètres ».

L’épidémie de dengue poursuit inexorablement son périple, fin mars 34 cas à Tahiti et Moorea.  Les virus (dengues 1 et 3) sont arrivés de Nouvelle-Calédonie et de Guyane. Le nombre de cas devrait continuer à augmenter dans les prochaines semaines à moins que les virus n’attendent la fin des élections territoriales ! C’est pire en Nouvelle-Calédonie, 6378 cas de dengue depuis septembre 2012 !

Et voilà qu’arrive un nouveau fléau, 10 cas confirmés de chikungunya enregistrés.

C’était une ingestion aviaire. Lors de la phase d’atterrissage du vol Air France 076 en provenance de Paris via Lax, l’appareil est entré en collision avec des volatiles sur l’aéroport international de Tahiti-Faa’a. Il a fallu inspecter l’appareil, ce qui a conduit Air France a annulé le vol AF 077 pour 300 passagers et à le reprogrammer pour le lendemain au grand dam des voyageurs. Une journée de galère vu le manque d’organisation au sol pour loger, nourrir, les voyageurs privés de moyen de transport.

Enfin, ici on a toujours une réponse toute prête ou presque ! Un expert des « périls animaliers » est arrivé au fenua. Hourrah ! Il existe des dispositifs pour chasser ces gêneurs MAIS – car il y a un mais – ils ne sont pas T R O P I C A L I S E S. Et si l’université de Polynésie créait un super diplôme pour épouvanter les minuscules vinis (petits oiseaux) ?

lapin jeannot

Mon jardin suspendu fait des jaloux : mes salades, mes radis, mes tomates-cerises, mes gombos, mes plantains pour Jeannot lapin – tout est jalousé. Grisette la chatte s’installe sur mes plantations pour prendre le soleil, allez ouste ! Poussin devenu un beau coq chante tous les matins sous ma fenêtre pour quémander ses repas. J’avais dû l’élever avec son frère et ses deux sœurs après que leur mère eut été tuée par les chiens errants. Qui a dit que je n’avais pas de famille ?

Hiata de Tahiti

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Maladies à Tahiti

Dimanche 27 janvier était la 60ème Journée mondiale des lépreux. A cette occasion Orofara, l’ancienne léproserie sise sur la commune de Mahina (Tahiti) a été le centre des manifestations contre la lèpre. C’est une vallée, assez méconnue, autrefois réservée à l’accueil des lépreux polynésiens, en ce jour une visite guidée, et du chalala (blablabla). L’an prochain on fêtera le centenaire de cette léproserie.

Vahine Tahiti

Celle-ci fut créée pour organiser l’isolement obligatoire des personnes susceptibles de transmettre la maladie et l’internement de tout malade ayant besoin de soins. L’endroit comportait un magasin, un lavoir-séchoir, une infirmerie, deux réfectoires, des logements, un parloir, une église. Ces personnes recevaient tous les jours une gamelle de nourriture, matin, midi et soir. La léproserie en tant que telle n’existe plus depuis 1976. L’infirmerie a été rasée. Il demeure 6 anciens malades qui y résident toujours. Le plus ancien est arrivé en 1948 en provenance de Raiatea (Iles sous le Vent), deux doyens un homme de 80 ans et une femme de 79 ans.

Aujourd’hui, la vallée comporte une trentaine  de familles, la plupart composées de descendants des lépreux qui se sont succédé à Orofara. Quel avenir pour ces bâtiments, pour ce village, installés sur un terrain domanial ? La mairie de Mahina souhaiterait y installer un dépotoir – après avoir éradiqué des déchets verts et la petite fourmi de feu. La lèpre, elle, n’est pas totalement éradiquée en Polynésie mais elle est aujourd’hui très faible. Sa prévalence est de 5 à 10 malades par an. La lèpre est transmise par le biais d’une bactérie ; sur 100 malades infectés, 10 seulement développeront des symptômes. Les malades reçoivent des soins très efficaces actuellement et n’ont plus besoin d’être isolés.

Le Caillou (Nouvelle-Calédonie) subit une épidémie de dengue, la Polynésie est épargnée… pour le moment. Déjà 646 cas de dengue sur le Caillou pour le seul mois de janvier et zéro ici. L’épidémie a démarré tôt et, depuis  le 1er septembre dernier, 1119 personnes malades ont été déclarées. Nouméa détient le record, suivie par Le Mont-Dore, Dumbéa. La vigilance reste de mise.

etoile de mer sur ventre nu

Les conseils sont toujours les mêmes : se protéger la peau avec du répulsif et toutes les semaines faire la chasse aux gîtes larvaires dans jardin et maison.

Il y a pourtant beaucoup d’échanges de voyageurs aériens entre Papeete et Nouméa. En 2001 et 2007, le virus de type 1 avait frappé la Polynésie, et si c’était tous les 6 ans ? Mais la principale inquiétude du bureau de veille sanitaire concerne la leptospirose. C’est le risque épidémique actuel avec des épisodes pluvieux importants depuis décembre 2012 et tout ce mois de janvier 2013. Un décès en fin 2012 et, au 13 janvier, quatre cas confirmés.

La meilleure prévention est d’éviter les eaux boueuses ou sales si l’on présente des blessures. Le responsable de la dengue ici est l’Aedes poynesiensis, celui du Caillou l’Aedes aegypti. Deux cousins, certes mais qui ne se fréquenteraient pas.

Euh, portez-vous bien !

Hiata de Tahiti

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Plein d’idées de tourisme en Polynésie

Le président-ministre du tourisme du gouvernement de la Polynésie française a lancé une idée fabuleuse. Encore une me direz-vous ? Attendez de lire la suite. Il a pour objectif 500 000 touristes mais seulement 165 000 touristes ont visité le fenua en 2011. « Oscar Temaru, Mayor of Faa’a, welcomes you to Tahiti Nui! Haere mai i te fare ! Bienvenue à la maison!”. Cela fait sensation. Cette idée géniale de l’hébergement chez l’habitant à titre gratuit des touristes venant au fenua… plairait certainement aux étrangers mais fait déjà grincer les dents les hôteliers, les pensions de famille.

D’après Oscar Tane, les touristes fortunés continueraient d’aller dans les hôtels, certains pourraient même aller dans des pensions. Imaginez quel échange culturel. Et les autres ? Ben ils iront dans les favelas d’Outumaoro. D’après le président-ministre du tourisme, c’est une idée formidable pour le brassage culturel, la culture accessible pour tous et donc GRATUITE. Un bémol peut-être pour le remboursement du billet d’avion, le ministre réfléchit encore. Encore et toujours plus d’idées novatrices et miraculeuses du golf (faire partie du circuit mondial) et le semi-marathon (comme à Hawaï)… arrêtez !  Je n’ai plus de place pour mes ragots. Et pourtant la mère cancans, c’est moi !

Longtemps, l’activité économique de nombreux atolls des Tuamotu a reposé sur l’exploitation des cocoteraies et la culture du coprah. Les insulaires pouvaient vivre grâce aux cocotiers qui leur fournissaient un revenu. Cela a duré pendant de longues années. Puis l’activité perlicole  a supplanté cette unique source de revenus. Aujourd’hui, on manque de bras pour entretenir les cocoteraies, c’est trop dur, il est nécessaire d’avoir un bateau pour entretenir les cocoteraies des motu, alors on exploite seulement les cocotiers du village et puis  il est plus facile d’aller à Tahiti vivre auprès de la famille et planter du pakalolo (cannabis). Un grand nombre de fermes perlières ont fermé, l’activité dans les cocoteraies a repris. Il ne faut pas qu’elle disparaisse, que les îliens ne viennent pas s’entasser dans les favelas de Faa’a. Mais qui prendra la décision de se saisir de ce problème à bras le corps. Qui trouvera ou tentera de trouver des solutions ? Pas de réglementation, manque de formation, de valorisation, d’accompagnement des générations futures.

Notre président–ministre fourmille d’idées certes, mais celle-ci vient de Nouvelle-Calédonie : « L’agro-tourisme ». Les représentants calédoniens de « Bienvenue à la ferme » sont venus en Polynésie à l’invitation de la Chambre d’agriculture. Ils ont identifié un « fort potentiel » qui devrait inspirer la création d’un réseau polynésien similaire avec des spécificités, comme par exemple la pêche lagonaire. Mais attendez un peu que les volontaires aient fini de nettoyer le lagon. Pardon ? Mais que croyez-vous que fassent ces volontaires, ils retirent tout le fatras  que les Polynésiens ont jeté dans « leur garde-manger » : pneus, frigos, roues de voitures, machines à laver, jouets d’enfants, ferraille, remorques, etc, etc. Cela fait à chaque fois plusieurs tonnes de déchets. Si en Nouvelle-Calédonie, cette expérience est une réussite, qu’en sera-t-il ici malgré le dévouement d’Henri Tauraa, le Président de la CAPL. Les conseils des Néo-Calédoniens ont été « regroupez-vous ». Moi, la langue de vipère, je me demande si le terme « se regrouper » appartient au vocabulaire polynésien. Vous reconnaitrez que je ne suis pas polyglotte, et avec l’âge, cela empire ! Pardon Henri.

Comment faire face à l’incivisme ? Dix ans déjà que la Polynésie est classée sanctuaire des baleines. Des règles sont édictées, sont-elles connues, sont-elles appliquées ? Il faudrait que très rapidement la justice et les forces de l’ordre passent à la vitesse supérieure. On a édité des brochures pour informer les « voyeurs «  de baleines. Où se placer par rapport à l’animal et à son petit, règlementation des sonars, tout est simple. Et pourtant ! Le 7 octobre certains n’ont pas hésité à monter à califourchon sur des baleines. Qu’attend-on pour sévir, attaquer le portefeuille des contrevenants, ça c’est parlant. Les baleines viennent mettre bas dans les eaux polynésiennes, les baleines viennent se reproduire dans les eaux polynésiennes. Ne sont-elles pas des cadeaux ?

Hiata de Tahiti

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Environnement polynésien français

Les gouvernements, pour éviter l’exode des populations des Tuamotu, ont toujours maintenu les populations en atolls. Les temps ont changé, les gens ont préféré venir s’entasser, sans travail, dans le fare d’un membre de la famille plutôt que de rester dans les cocoteraies. Le coprah a bénéficié d’un soutien financier non négligeable sous formes d’aides. L’huilerie de Tahiti, par convention, est contrainte d’acheter la totalité du coprah qui lui est livrée, moyennant un prix fixé par le gouvernement en fonction de la qualité du coprah. Le coprah donne une huile brute exportée vers l’Europe.

Pour produire le monoï une faible partie est raffinée sur place. Les tourteaux servent à l’alimentation animale. L’huile de coco est alimentaire et permet la fabrication de margarine et graisses végétales. La production est en déclin depuis les années 50. Elle subit une forte concurrence de la Thaïlande, des Philippines et de l’Inde. Un cocotier vit environ un siècle mais sa durée de vie économique ne dépasse pas 50 à 80 ans. L’entretien des cocoteraies nécessite une grande rigueur, mais dans le dictionnaire tahitien, on ne trouve pas le mot rigueur. Peu d’habitants d’un atoll vivent exclusivement du coprah.

C’est un travail de force qui rapporte peu. Il faut d’abord ramasser les cocos à l’aide d’un pic en fer et d’un bâton pour éviter de se baisser, les casser à la force des bras avec une hache, faire des tas pour les sécher. L’albumen séché est décollé de la coquille à l’aide d’un petit outil. Il faut les mettre en sac puis les ramener au village, les entreposer dans le hangar à coprah, les peser et les étiqueter avant d’être vendus sur la goélette.

Pour remplir un sac de 50 kilos, il faut 250 noix pour un gain de 7000 FCP. Pour obtenir un SMIG mensuel il faudrait récolter 20 sacs de 50 kilos de coprah de première qualité soit plus de 5000 noix de cocos. Ça vous dit ?

Certes, vous savez déjà que Tahiti compte plusieurs rois auto-déclarés, mais celui dont je vais vous entretenir brièvement est un petit oiseau en danger d’extinction. Le Monarque de Tahiti (Pomarea nigra) ou O’mamao est un petit oiseau que l’on ne rencontre plus que dans 4 vallées de Tahiti qui, depuis 1998 fait l’objet d’un programme de sauvetage. La société d’ornithologie de Polynésie « Manu » dératise les sites de reproduction, capture les prédateurs tels les merles des Moluques et suit de près les individus connus pendant la période de reproduction (juillet à décembre) pour connaître le succès des nichées. Les « sauveteurs » espèrent 8 jeunes monarques pour la saison de reproduction 2012-2013. L’association a dénombré 12 couples à protéger dans les vallées, dont 6 dans les zones hautes qui ne peuvent être atteintes qu’après avoir franchi 5 cascades de 20 à 40 mètres de haut, et parmi eux 10 couples ont construit un nid. Les sponsors sont EDT (EDF polynésien), OPT (PTT) Vini (Téléphone portable).

Le Tere ou tour de l’île Rurutu (Australes) a lieu chaque année, en général 8 à 10 jours après le 1er janvier. Cette manifestation culturelle appartient au patrimoine de Rurutu. C’est une manifestation païenne qui se maintient. Cette manifestation demande une grande préparation tant par la recherche des sites à visiter que par la confection du repas qui célèbre les nouveaux champions. Chaque village est partagé en 2 sections « nia » (Est, d’où vient le vent) et « raro » (Ouest, vers où va le vent). Le cortège des voitures suit un itinéraire bien précis, en tête celle du conteur, puis celle des « hommes forts », le maire, le pasteur puis les autres !

On commence le circuit par le lever de pierre chez Temana V. Un homme de l’organisation du Tere doit soulever et porter à l’épaule « Paororo » pesant 130 kg. L’orateur rappelle l’histoire de la pierre, le pasteur dit une prière. La population sait qu’un porteur de chaque village doit réussir à lever toutes les pierres… sinon mauvais signe pour le village. Le geste de porter une pierre n’est pas un acte léger, il doit être accompli dans le respect des conventions établies par les anciens. Au cours du Tere, les hommes doivent se mesurer à cinq pierres. A la mairie de Hauti c’est « Rono 2 » 143 kg qui doit être levé. A Moerai c’est « Rono 1 » 148 kg. Tout c’est bien déroulé. A l’année prochaine.

Après le départ de La Railleuse, c’est L’Arago qui veille sur la Zone Économique Exclusive. Il a en même temps apporté son soutien logistique au Festival des Marquises en décembre dernier. RAS, aucun pêcheur en infraction. Tout va très bien, Madame la Marquise !

En Nouvelle-Calédonie, le cagou et la roussette sont en voie de disparition, sauvons-les. Deux images symboliques du Caillou. Le cagou est un oiseau qui ne vole pas et qui « aboie ». Il reste moins de 1500 cagous en NC. Le cagou vit sur terre, déploie sa huppe pour tenter d’impressionner l’ennemi ou lors de sa parade nuptiale. Il se nourrit de larves, d’escargots, de vers, il a donc « oublié » de voler. Les cochons, les chiens, les chats sauvages et la disparition progressive de la forêt primaire menacent sa survie. La roussette est une chauve-souris autre emblème de la NC. Les Néos en raffolent. Il faut sauver le cagou et la roussette.

La campagne océanographique « Pakaihi i te moana » aux Marquises s’est achevée et l’on attend avec intérêt les résultats des chercheurs. Ils ont exploré neuf cavités pour la première fois et ont trouvé une microfaune abondante, beaucoup de vie, des organismes intéressants notamment de la famille des éponges ; des poissons côtiers dont le taux d’endémisme atteint 15%. On attendra que ces scientifiques aient analysé leurs trouvailles afin d’en faire profiter un maximum d’habitants des Marquises et les autres.

Hiata de Tahiti prend congé, portez-vous bien

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