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Maoris entre bonne et mauvaises nouvelles

On célébrait il y a peu le 218ème anniversaire de l’arrivée de la Bonne nouvelle (Évangile) en Polynésie. Cela fait un jour férié de plus ! L’arrivée des missionnaires anglais à la Pointe Vénus à Mahina (nord de Tahiti) marque le début de l’évangélisation de la population, autrefois tournée vers d’autres cultes païens.

pointe venus mahina photo tahiti heritage

Dépôt de gerbes sur la tombe du pasteur Henry Nott, du roi Pomare II. Chacun des arrondissements de l’Église protestante ma’ohi avait organisé une journée de prière et de fête.

pasteur Henry Nott timbre

Comme le précise M. le Procureur de la République, les combats de coqs sont tolérés par la loi, en Polynésie comme dans le nord de la France où ils sont organisés dans des gallodromes. En Polynésie, cela existe depuis de nombreuses années, à Papara, à Punaauia, mais aussi dans les îles comme Moorea, Huahine, Raiatea, Bora Bora, Arutua, Rurutu et Tubuai. Un combat de coqs peut drainer jusqu’à un million de XPF, ils démarrent généralement à partir de 100 000 XPF à Papara, de 20 000 XPF à Hitia’a. Certains éleveurs de coqs de combat sont des passionnés qui dépensent des fortunes pour se constituer un cheptel, préparer les coqs à se battre, les entraîner. Tout autour de ce petit monde gravite des parieurs, mais aussi de l’alcool, du paka (drogue, cannabis), le kikiri (jeu de dés clandestin), et tout cela gêne le coqueleur.

combat de coqs tahiti

Sordide faits divers à Mahina où l’homme après avoir très grièvement blessé sa compagne au couteau a mis le feu à leur fare puis s’est suicidé… Un nouveau drame familial toujours à Mahina, un autre homme complètement ivre s’est disputé avec sa compagne, l’a aspergée de pétrole puis a mis le feu transformant cette dernière en torche humaine.

gamin muscle tahiti

Une histoire de ma’ohitude :

  • le lieu : une bringue sur les hauteurs de la Mission, Papeete.
  • dialogue entre un gamin et sa mère :

Sa, le petit Pa’umotu nerveux : – Maman, c’est quoi la zoophilie ?
Maman agacée : – Iiiiaaa, Mon Dieu ! Je t’ai dit de pas rester seulement avec tonton Charles, sauf si y’a un autre adulte avec toi !
Petit Pa’umotu nerveux : – A pai (en fait) ! On avait ho’i (aussi) papa avec moi !
Maman agacée : – Iiiiiiaaaaa ! Pas bon ça ! On va repartir ho’i (aussi) dans les îles !

Hiata de Tahiti

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A l’eau, Tahiti ?

Le conseil municipal est à l’œuvre à Mahina aussi car les habitants, comme ailleurs, veulent de l’eau, de l’eau propre voire de l’eau potable ! Alors, en faisant moult opérations, on devrait demander deux subventions à l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema) pour 125,4 millions de XPF. L’Onema est un établissement public national relevant du service public de l’environnement.
La commune de Teva I Uta réfléchit à une nouvelle fiscalité, un projet de taxe sur la mise en bouteille d’eau de source. Pour le moment il y a une société à Papeari qui met de l’eau en bouteilles, la société Vaimato. Une nouvelle entreprise va s’installer également à Papeari, la société Vainoa et devrait fonctionner en 2015 (donc bientôt) à partir d’un forage à 55 mètres de profondeur. Vai veut dire eau mais est peu usité ; Mato = falaise ; Noa = juste, seul.

FELURS DU PUA

L’ancienne mairesse lance une pétition et un recours contre la vente d’alcool à Teva i Uta. J’avais déjà évoqué ce problème il y a quelque temps, la mairesse n’avait pas été réélue… elle avait pris un arrêté d’interdiction de vente de l’alcool peu avant les élections. Le tribunal avait donné raison aux plaignants à savoir le gérant du magasin d’alimentation et la Brasserie de Tahiti. Mais que faut-il boire à Teva i Uta, nous n’avons pas d’eau qui coule au robinet, nous sommes privés d’alcool, que laisser glisser dans notre gosier alors ?

À Taiarapu-ouest, pas de route. Alors les enfants qui habitent le Fenua Aihere (le fond de la presqu’île de Tahiti) prennent une navette maritime pour aller à l’école, au lycée, matin et soir. Ce ramassage scolaire est organisé par la mairie de Taiarapu-Ouest. Les enfants doivent se réveiller à 4h30, la navette quitte la marina à 5h15, le ramassage des élèves commence à 5h30, ils arrivent à 6h20, puis sont acheminés en bus vers leurs établissements respectifs. Pendant la traversée, un petit déjeuner est servi à bord.

teahupoo surfeur 14 ans

Vous avez entendu parler de la Billabong Pro, championnat de surf professionnel qui se déroule tous les ans à Teahupo’o ? Oui certainement, alors sachez que la route se termine là, mais que des habitations sont situées de l’autre côté de la rivière, qu’il n’y a plus de route et pas de pont, seule une passerelle pour piétons. Des familles habitent là, dans le Fenua Aihere.

Teahupoo spot de surf

Deux mots sur Teahupo’o. La vague est mondialement connue, elle est surnommée la Mâchoire, spot de surf jamais vu. Il y a quelques jours on annonçait un mur d’eau de 6 mètres de hauteur. Trop pour moi ! Les explications de la mécanique de Teahupo’o trouvées dans la Dépêche de Tahiti en passionneront certains je l’espère !

Hiata de Tahiti

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Chacun pour soi en Polynésie

Ici, la chasse continue, pas de trêve pour les pakaloculteurs, les dealers de paka (cannabis en français). L’État poursuit en hélicoptère tout ce qui pourrait ressembler à une culture outdoor, indoor ! Un tuyau d’arrosage sur un toit, un drum dans une cour, rien n’échappe aux yeux des militaires. Ceux de l’hélico préviennent ceux qui sont en bas et qui alors se précipitent dans les fare, les jardins. C’est rôdé. Les contrevenants pourront bientôt faire le tour de l’île en se tenant par la main.

vahine seins nus palme

Un thonier, retour de pêche, s’est échoué sur le récif de la Pointe Vénus à Mahina. Le remorqueur du port était venu le tirer de sa mauvaise position. Hélas ! La corde a cédé, il est resté avec sa cargaison sur le récif pendant trois jours. N’écoutant que leur « bon cœur » des habitants de Mahina (plusieurs dizaines) étaient venus prêter main forte aux professionnels, au cas où « ils auraient des affaires à débarquer ». Quel bon cœur ! Les cales étaient pleines, le thonier revenait d’une pêche. Un membre de l’équipage conclura : « les gens sont venus pour avoir du poisson (gratis !) et après, beaucoup sont partis ». Donc, pas de bon cœur mais intéressés ? Mince alors !

Une visite protocolaire pour respirer l’air de la Polynésie. Avec tous ces Chinois qui viennent faire des études, encore des études, pour le poisson, les routes, le port, la piste d’atterrissage, coucou, revoilà les Américains. Là aussi du beau monde avec l’amiral Harry B. Harris, commandant la Flotte du Pacifique. C’est bien normal, non ? Ce sont nos alliés et il vaut mieux que l’on voit de visu ce qui se passe à Tahiti. Dans le Pacifique, il y a beaucoup de Chinois, alors, allons faire une petite visite à Gaston Flosse et en passant saluons l’amiral Cullerre. Il s’agissait de renforcer la coopération militaire avec la France dans cette zone stratégique.

Le personnel navigant de la compagnie au tiare apprend le mandarin car l’on attend des milliers de visiteurs chinois ici au fenua, alors autant bien l’accueillir, non ? C’est un professeur de l’institut Confucius qui est venue spécialement enseigner quelques rudiments de mandarin au personnel commercial d’ATN. On a l’impression que chaque semaine débarque une kyrielle de Chinois pour des projets sino-polynésiens, cette clientèle est exigeante, très exigeante et il faudra être au top pour la servir. Zai jian.

Une nouvelle académie pour préserver les savoirs traditionnels polynésiens. Belle idée, mais sera-t-elle suivie d’effets ou est-ce simplement encore une de ces idées creuses qui germe régulièrement et s’évanouisse aussitôt ? Il faut conserver, valoriser les savoirs ancestraux mais pas pour la période des élections seulement mais sur le long terme avec des gens capables.

Aux jardins d’eau de Vaipahi à Mataiea, un adolescent fait une chute mortelle en cueillant des ramboutans. Ce jardin est un site touristique géré par le service du tourisme. Des ados en mal d’occupation viennent y traîner leur mal être, à vélo bien que défendu, s’attaquent aux arbres fruitiers, ça aussi défendu, mais que leur importe les avertissements, les mises en garde jusqu’à ce malheureux accident. Incivisme quand tu nous tiens.

La vallée de la Punaruu est défigurée par les déchets, là encore incivisme. Des individus viennent la nuit se débarrasser d’ordures, de déchets car dans certaines communes il n’y a pas de solutions au traitement de ceux-ci alors, on vient déposer là on l’on trouve de la place ! Ni vu, ni connu.

Au fond de la presqu’île, après Teahupoo plus de route mais une passerelle pour rallier le Fenua Aihere. Les voitures franchissent un « gué » quand la rivière le permet sinon c’est le pont des piétons. En période d’élection le sujet est à nouveau sur la table : pont ou pas pont automobile ? Ca occupe les langues. Certains proposent de demeurer avec la passerelle. D’autres voudraient un pont automobile mais réservé aux seuls habitants du Fenua Aihere et aux touristes ! Là encore on attendra… mais on attendra quoi ?

Hiata de Tahiti

A Paris, le Bureau du Sénat a examiné le 2 avril 2014 la demande de levée de l’immunité parlementaire du sénateur Gaston Flosse. Il a décidé par 12 voix pour, les 9 autres membres présents ne prenant pas part au vote, d’accéder à la demande de Mme Christiane Taubira, Garde des sceaux, Ministre de la justice, portant sur la possibilité d’un placement en garde à vue et, dans l’hypothèse d’une mise en examen du sénateur, sur une mesure de contrôle judiciaire. – Argoul

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Exorcisme, lèpre et dents de Gauguin

Monseigneur Coppenrath traiterait de quatre à cinq cas « d’oppression diabolique »  chaque année. Il les soulage par des « prières de libération » spectaculaires pour certaines. C’est une charge confiée par le Vatican. Il se définit lui-même : « je suis un véritable exorciste ». En septembre 1987, l’atoll de Faaite avait été le théâtre d’une tragédie après la venue de « trois prétendues prêtresses » du « Renouveau charismatique ». Cela s’était traduit par des scènes d’hystérie collectives et la mort de six personnes jetées vivantes dans les flammes d’un bûcher. Récemment, en 2005, une sexagénaire avait été torturée lors d’un exorcisme familial à Paea (Tahiti). Suite à l’interview de Monseigneur, P’tit Louis a réagi à sa manière.

exorcisme ptit louis

On a fêté les cent ans d’Orofara, le village des lépreux. C’est en 1914 que le village avait ouvert ses portes. Les autorités de l’époque faisaient face au nombre croissant de lèpre en Polynésie en regroupant les malades à l’écart de la population. Elles choisirent Mahina qui ne comptait alors que peu d’habitants. Les lépreux y vécurent en vase clos, isolés des autres habitants. Il ne demeure aujourd’hui que neuf malades à Orofara. Le maire de Mahina souhaite inscrire Orofara au patrimoine de l’Unesco.

paul gauguin autoportrait 1903

Les dents de Paul Gauguin ont été restituées à la commune de Hiva Oa. Elles avaient été trouvées dans une bouteille dans un puits comblé de la maison du peintre. Elles ont été authentifiées par des tests ADN avec une probabilité de 90% d’avoir appartenues à Paul Gauguin. Arrachées par qui ? On ne sait pas ! Elles ont été remises lors de l’escale du Paul Gauguin au maire de Hiva Oa Etienne Tehaamoana par Catherine Boyle-Turner.

Hiata de Tahiti

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Tourisme possible à Tahiti

Mahina possède des atouts pour retenir les touristes. En plus de la Pointe Vénus (revoir mes quelques lignes et photos des lieux), du phare, de la baie de Matavai, certaines vallées pourraient devenir des lieux de randonnée comme celle de Tuauru. Jusqu’à ce jour la vallée est restée ignorée des zones industrielles, des entreprises de concassage qui dégradent beaucoup d’autres vallées. Il faut remonter les rives de la rivière Vaipatu et passer de nombreux gués. Mais ouvrir ses beautés à tous en créant des sentiers de randonnées, c’est aussi ouvrir grande la porte aux dégradations. On sait que cette vallée a été habitée malgré les difficultés d’accès jusqu’ au XIXe siècle. Il s’agit également pour les services de la Culture et du Patrimoine de localiser les vestiges de son occupation pré-européenne : marae (lieu de culte), pae pae (plate-forme), terrasses horticoles, habitations.

Cette vallée possède également des orgues basaltiques exceptionnelles sur 80m de long et une quarantaine de mètres de haut. Ces structures minérales étonnantes se sont formées par le refroidissement des laves accumulées dans le couloir qu’offrait le canyon de la rivière Vaipatu, à l’époque des éruptions volcaniques, qui ont donné naissance à l’île de Tahiti.

orgues basaltiques tahiti

Charles Darwin (1809-1882), jeune naturaliste frais émoulu de l’université de Cambridge, avant de devenir le célèbre généticien, était à bord du navire de guerre britannique, le Beagle, qui jeta l’ancre en baie de Matavai le 15 novembre 1835. Accompagné de guides tahitiens, il part à la découverte de l’intérieur de l’île « caractérisé par des montagnes boisées, truffées de précipices, d’impressionnants ravins et d’imposantes cascades. » Il y découvre le kava ou ava, plante enivrante que les missionnaires ont éradiquée des zones habitées. De sa visite dans la vallée de la Tuauru, il indique s’être arrêté « pour dîner à l’ombre d’une saillie de rochers au-dessous d’une muraille de laves disposées en colonnes » avant de diner de petits poissons et de chevrettes, puis de continuer son périple dans la haute vallée où il a passé la nuit.

Dumont d’Urville (1790-1842) dans Voyage pittoresque autour du Monde décrit son excursion de « marcheur ardent et infatigable » jusqu’à la muraille des prismes basaltiques qu’il appelle te piha (la chambre) et que M. de Sainson (1801-1887) dessinateur sur l’Astrolabe a croqué dans ses carnets.

Dans son ouvrage, il écrit page 531 : « Après un déjeuner frugal pris en chemin, nous arrivâmes, vers les dix heures, à un endroit où le torrent, encaissé entre deux rochers, se précipite de 60 à 80 pieds de hauteur verticale. Comme son volume n’était pas alors bien considérable, une partie de l’eau, fouettée par le vent, s’éparpillait en gouttes menues, et retombait en pluie fine ; le reste serpentait en écumant le long des rigoles creusées dans le roc. Plus loin l’aspect du lieu était plus imposant encore. La rive gauche du torrent s’élargissait et offrait du terrain à un vaste bocage, tandis qu’à droite la muraille verticale se dressait à cent pieds de hauteur, en formant des prismes basaltiques comme ceux de la chaussée des Géants. Tous ces prismes, qui ont de quatre à six pouces de diamètre, affectent une direction exactement perpendiculaire, excepté dans leur partie inférieure, à dix ou douze pieds de hauteur, où ils se dévient sous un angle de 45° environ en dehors du plan général. Sur la partie extérieure, une nappe d’eau divisée dès le sommet tombe en rosée dans le torrent. Au-delà, une colonne d’eau volumineuse se précipite avec fracas d’une élévation immense, et le bruit de sa chute est tel, qu’il domine et annule la voix humaine la plus sonore. Les naturels ont donné à cette belle et retentissante cascade le nom de Piha, et une foule de leurs superstitions primitives se rattachent à ce lieu. ».

Hiata de Tahiti

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Maladies à Tahiti

Dimanche 27 janvier était la 60ème Journée mondiale des lépreux. A cette occasion Orofara, l’ancienne léproserie sise sur la commune de Mahina (Tahiti) a été le centre des manifestations contre la lèpre. C’est une vallée, assez méconnue, autrefois réservée à l’accueil des lépreux polynésiens, en ce jour une visite guidée, et du chalala (blablabla). L’an prochain on fêtera le centenaire de cette léproserie.

Vahine Tahiti

Celle-ci fut créée pour organiser l’isolement obligatoire des personnes susceptibles de transmettre la maladie et l’internement de tout malade ayant besoin de soins. L’endroit comportait un magasin, un lavoir-séchoir, une infirmerie, deux réfectoires, des logements, un parloir, une église. Ces personnes recevaient tous les jours une gamelle de nourriture, matin, midi et soir. La léproserie en tant que telle n’existe plus depuis 1976. L’infirmerie a été rasée. Il demeure 6 anciens malades qui y résident toujours. Le plus ancien est arrivé en 1948 en provenance de Raiatea (Iles sous le Vent), deux doyens un homme de 80 ans et une femme de 79 ans.

Aujourd’hui, la vallée comporte une trentaine  de familles, la plupart composées de descendants des lépreux qui se sont succédé à Orofara. Quel avenir pour ces bâtiments, pour ce village, installés sur un terrain domanial ? La mairie de Mahina souhaiterait y installer un dépotoir – après avoir éradiqué des déchets verts et la petite fourmi de feu. La lèpre, elle, n’est pas totalement éradiquée en Polynésie mais elle est aujourd’hui très faible. Sa prévalence est de 5 à 10 malades par an. La lèpre est transmise par le biais d’une bactérie ; sur 100 malades infectés, 10 seulement développeront des symptômes. Les malades reçoivent des soins très efficaces actuellement et n’ont plus besoin d’être isolés.

Le Caillou (Nouvelle-Calédonie) subit une épidémie de dengue, la Polynésie est épargnée… pour le moment. Déjà 646 cas de dengue sur le Caillou pour le seul mois de janvier et zéro ici. L’épidémie a démarré tôt et, depuis  le 1er septembre dernier, 1119 personnes malades ont été déclarées. Nouméa détient le record, suivie par Le Mont-Dore, Dumbéa. La vigilance reste de mise.

etoile de mer sur ventre nu

Les conseils sont toujours les mêmes : se protéger la peau avec du répulsif et toutes les semaines faire la chasse aux gîtes larvaires dans jardin et maison.

Il y a pourtant beaucoup d’échanges de voyageurs aériens entre Papeete et Nouméa. En 2001 et 2007, le virus de type 1 avait frappé la Polynésie, et si c’était tous les 6 ans ? Mais la principale inquiétude du bureau de veille sanitaire concerne la leptospirose. C’est le risque épidémique actuel avec des épisodes pluvieux importants depuis décembre 2012 et tout ce mois de janvier 2013. Un décès en fin 2012 et, au 13 janvier, quatre cas confirmés.

La meilleure prévention est d’éviter les eaux boueuses ou sales si l’on présente des blessures. Le responsable de la dengue ici est l’Aedes poynesiensis, celui du Caillou l’Aedes aegypti. Deux cousins, certes mais qui ne se fréquenteraient pas.

Euh, portez-vous bien !

Hiata de Tahiti

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Belles et bêtes à Tahiti

Ouf ! Grâce à la campagne de piégeage des espèces envahissantes à l’entrée des trois vallées Papehue, Maruapo et Tiapa, le Monarque jouit d’une bouffée d’oxygène. Il a beaucoup de prédateurs, le bel oiseau en danger d’extinction. Les merles des Moluques et les bulbuls à ventre rouge, espèces introduites qui attaquent les nids et qui sont également des calamités agricoles car destructeurs de fruits. Ces deux espèces introduites sont classées parmi les 100 espèces les plus envahissantes de la planète et parmi celles menaçant la biodiversité en Polynésie française. Les rats noirs, les busards de Gould, les chèvres, le miconia, le tulipier du Gabon sont les autres prédateurs du Monarque. La population a été mise à contribution. 60 personnes sur 215 ont effectivement participé au piégeage. Pendant 6 mois, ils ont positionné des pièges avec des oiseaux leurres dans les jardins. Ainsi 1500 merles des Moluques et 1200 bulbuls ont été éliminés de ces zones à la grande satisfaction de la Société d’ornithologie de Polynésie et des Monarques ! Le résultat ? Sept nouveaux territoires, 4 nouveaux couples se sont fixés dans les vallées et 8 jeunes s’envolaient durant la période de reproduction.

timbre petrel de tahiti

Le noha (rien à voir avec le tennisman, mais porte l’autre nom de Pseudobulweria rostrada) est un oiseau marin protégé par une règlementation territoriale. L’espèce est considérée « quasi » menacée par l’Union internationale. Les plateaux Temehani Rahi et Temehani Uteute à Raiatea accueillent la population la plus importante de Pétrels de Tahiti et de la Polynésie française. Les actions menées pour la sauvegarde de l’espèce sont le suivi des populations, l’identification des menaces et la protection des nids.

La famille des cypraeidae, les porcelaines, (pas celles de Limoges), sont magnifiques, elles sont connues également sous les noms cauri (ou cowry). Les eaux polynésiennes en regorgent. Leurs coquilles sont brillantes. Elles ont un aspect lisse qui attire l’œil. Dans les Tuamotu elles sont utilisées pour confectionner de magnifiques parures, des colliers ; les pêcheurs confectionnent des leurres à poulpe ; on pouvait les utiliser pour remplacer l’économe (le couteau éplucheur) et ôter ainsi la peau épaisse du fruit de l’arbre à pain. Ce sont des animaux nocturnes, herbivores. Ce sont les mamas qui les ramassent sur le récif à marée basse, cachées dans les anfractuosités des coraux. Aux Tuamotu, on les consomme encore aujourd’hui, crus ou cuits, marinées dans le citron ou cuites agrémentées de lait de coco.

porcelaine cypraeidae

A Moorea et à Tahiti, le Criobe, alerté par des plongeurs est en mission. Dans certain cas, on a observé 50 vanas (oursins) morts pour un vivant. Il s’agit des oursins de la famille des diadema (oursin noir ou marron aux longues épines). Deux hypothèses envisagées à ce jour : une cause naturelle provoquée par un changement de paramètres physiques, chimiques, par un changement de la température de l’eau ou du taux de salinité – ou une cause humaine ayant entraîné une forte pollution des eaux. Le site de Temae à Moorea est le plus touché par cette mortalité, inexpliquée à ce jour.

Il était une petite fourmi qui met le « feu » à Mahina. Wasmannia auropunctata ou petite fourmi de feu, invasive, a largement proliféré à Tahiti et particulièrement sur les hauteurs de Mahina. La bestiole est originaire d’Amazonie, elle est présente sur le territoire depuis 2004. Elle est classée parmi les 10 plus néfastes au monde. Elle a plus que triplé son territoire entre 2005 et 2009, et a officiellement contaminé 650 hectares à ce jour. Elle possède la particularité d’occasionner des piqûres très douloureuses et de rendre aveugles chiens et chats. Mais plus de sous dans la cassette alors depuis 2009. On attend, quoi ? Sûrement l’indépendance ! La commune est mise en quarantaine pour ce qui concerne l’évacuation de ses encombrants et de ses déchets verts s’ils ne sont pas traités. Pour le moment, la municipalité accumule encombrants et déchets verts sur le site du futur cimetière d’Orofara, en attendant mieux.

fourmi auropunctata

La Polynésie s’enorgueillit de posséder les stocks sauvages de bénitiers les plus denses au monde [rien à voir avec l’église]. La production actuelle s’écoule sur le marché local. Un développement du marché international pourrait être profitable, consommation et aquariophilie. Encore faudrait-il évaluer les perspectives le plus rigoureusement avant de se lancer. Un développement pour la chair, séchée, fumée, ou encore vivant pour le marché de l’aquariophilie. Évaluez, évaluez ! L’Asie, les États-Unis et l’Europe attendent les conclusions d’une étude qui devraient sortir en juin.

Hiata de Tahiti

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Incivisme polynésien

Dernier recensement : 268 270 habitants. Vous rajouterez 1, car j’étais en Chine pendant le recensement.

8674 habitants en plus qu’en 2007 soit une augmentation de 3,4%. Faa’a demeure la commune la plus peuplée (c’est celle du Président-Ministre), suivie par Punaauia qui dépasse la capitale Papeete. Les Marquises et les Australes affichent une forte croissance, et l’on note un net ralentissement sur les Iles du Vent, les Tuamotu et les Iles sous le Vent. Quelques chiffres : Faa’a Iles du Vent = 29 687 hab ; Bora-Bora Iles sous le Vent = 9 610 hab ; Nuku Hiva Marquises = 2 966 hab ; Rurutu Australes = 2 325 hab ; Rangiroa Tuamotu Gambier = 3 281 hab.

vahines 2013La population de plus en plus urbaine est concentrée sur une zone coincée entre lagon et montagne sur environ 40 km de long entre Mahina et Punaauia. Les promoteurs construisent  tout et partout sans tenir compte des endroits à risque. Cela donne des embouteillages permanents, des plages rares, une promiscuité générant toutes sortes d’incidents. L’urbanisation laissée sans surveillance a montré ses limites : nombreux bidonvilles situés dans les zones les plus dangereuses, en bordure des rivières, de la mer, du lagon, sur des terrains instables.

Tetiaora

C’est la guerre entre Mahina et Arue. Mahina revendique à Arue l’atoll de Tetiaroa et des terrains au pied du col du Tahara’a. « Récupérer les terres de nos ancêtres dit le maire de Mahina ». Ça sent le fric à Tetiaroa où la construction du Brando hôtel se termine alors « c’était à ma famille »… Qui a raison ? Qui a tort ? On voit fleurir des boutiques « pour aider les Tahitiens a récupérer leurs terres » le plus souvent en lorgnant un coquet avantage. Un tel, sans diplômes, s’arroge le titre de « arpenteur-géomètre », possèderait des compétences en droit, en mathématiques. Quand on lit ses lignes, c’est bourré de fautes d’orthographe, cela n’a ni queue ni tête. Bon nombre de Tahitiens se font piéger par ces marchands de droits, de cadastrage car ils se sont, les faiseurs de diplômes, trouvés au bon endroit au bon moment. Il suffit de se rendre au fare fenua, d’écouter, de proposer ses services, d’annoncer ces titres qui bien souvent n’existent pas et le tour est joué. On est parti pour plusieurs années de démarches, de procès… et donc de fric envolé.

Encore et toujours des affaires de terre. Certains  ont compris qu’en allant au fare fenua (la maison des affaires de terre), en laissant traîner ses oreilles, en rendant service aux moins malins, on pouvait se faire du fric. Tiens, un pigeon. Un grand nombre de Polynésiens sont ignares face à l’Administration. Encouragés par une gentille mais intéressée personne, on se confie, on se libère de ses soucis. L’Autre va m’aider ! Quelle erreur. L’Autre va très vite se rendre compte si l’affaire vaut la peine ou pas. Si oui, elle va déployer tout son charme, parler de ses diplômes même si elle n’en a aucun. Elle prendra même une patente auprès des Impôts pour faire plus vrai. Elle sera conseil juridique, elle sera arpenteur-géomètre, elle sera mathématicienne, elle sera secrétaire trilingue… Et les factures arrivent. Le pigeon doit payer, encore et encore. L’affaire se montre juteuse pour l’Aidant. Elle doit aller rencontrer le ministre. Elle doit consulter un VRAI géomètre, elle doit prendre conseil auprès d’un VRAI avocat. Tout cela coûte et l’affaire n’avance pas mais le compte en banque du pigeon se vide, se vide, se vide.

fleurs de tahiti PETITS COEURS D ANNIE

La Polynésie est riche, riche, riche. Vous autres Métropolitains êtes étonnés de voir les ministres, président, X ou Y, venir taparu (mendier) à Paris. Et pourtant la Polynésie vit sur des tonnes d’or ! Par exemple le phosphate de Makatea. Déjà exploitée, par le CFOP. Depuis l’atoll de Makatea s’était dépeuplé et vivotait. Les Australiens, des amis d’Oscar Tane peut-être, voudraient revenir sur Makatea pour extraire des phosphates. La décision appartient maintenant au gouvernement. Les Australiens s’engagent à réhabiliter les sites d’où seraient extraits les phosphates. En Australie ils le font, contraints et forcés mais ici au pays du laisser-faire ? La population de Makatea ? 25% favorables et 75% contre car la nappe phréatique est importante et les engins australiens pourraient faire plus de dégâts que les pelles et les pioches d’antan. Je ne sais pas si j’ai rêvé, à mon âge s’est permis, mais le ministre de l’environnement pourrait avoir rallongé son titre de « et des mines ». De toutes les façons je suis sûre que vous me pardonnerez si j’ai extrapolé ! Merci !

Hiata de Tahiti

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Maladies et maux sociaux à Tahiti

Atation ! (attention en prononciation locale), la leptospirose guette en ce début d’année très pluvieuse. Chaque année, cette maladie fait entre 2 et 5 morts en Polynésie. Transmise par l’urine animale, cette bactérie vit dans l’eau stagnante et la boue. La maladie débute comme une grippe avec une forte fièvre, mal à la tête et douleurs musculaires font penser à la dengue. Pas soigné, le microbe peut s’attaquer au foie, aux reins, d’autres complications apparaissent (jaunisse, insuffisance rénale, signes oculaires, cardiaques ou pulmonaires, hémorragies). Alors attention, sinon… « Aiiia Madame, moi sais pas marcher avec sossures… »

En 1914, on a ouvert une léproserie dans la vallée d’Orofara, sur la côte Est de Tahiti, commune de Mahina. Les malades étaient soignés par des diaconesses protestantes. Le village comprenait une église, un temple, un magasin, deux réfectoires, une cuisine commune, un lavoir-séchoir, une infirmerie, une école et son institutrice. Tous les services étaient tenus par les lépreux. La salle de soins était tenue par du personnel métropolitain venu en mission. Les logements de 7 m sur 3 comportaient 2 chambres et un WC. Ils étaient désinfectés régulièrement. Au fond de la vallée, le cimetière des lépreux, aujourd’hui abandonné. Dame Nature offrait mangues, uru, bananiers, tubercules. En 1920, Orofara comptait 83 pensionnaires, en 1933, 133, en 1939, 90. Au milieu des années 1950, la maladie était en voie de régression, voire de disparition. La lèpre, une maladie infectieuse peu contagieuse, mais très mutilante.

Hausse modérée de la délinquance 2011 : +1,3%. A la hausse : les escroqueries, infractions économiques et financières (+40%), les vols à l’étalage (+40%), les coups et blessures volontaires (+10%), les violences sexuelles (+4,6%) les infractions à la législation sur les stups (+20,3%). Mais le pakalolo (lait de cannabis) reste au cœur des crimes malgré la destruction de 63 642 pieds de paka. On cambriole un fare, on s’empare d’un ordinateur et on l’échange contre une boîte de quelques grammes de paka ! Inquiétante tendance, le nombre de mineurs interpellés pour usage de stupéfiants en 2011 est en hausse de 66%. L’an passé, un enfant d’une dizaine d’années avait été trouvé porteur de pakalolo qu’il revendait pour le compte de ses parents.

Toujours plus d’habitants dans le bassin de Taravao. Au moins un quart, voire plus, de la population de Tahiti habite ici mais l’offre de santé de suit pas. Le gros problème c’est l’hôpital. Il est vétuste, manque de personnel. Pas de maternité. Il est courant que les sages-femmes assurent seules des accouchements « bord de route ». L’hôpital ne serait pas vraiment un hôpital, il aurait un statut bâtard et doté de moyens insuffisants.

Une page de la nuit se tourne à Papeete. Le Piano bar de la rue des Écoles, ouvert dans les années 60 par des légionnaires, avait gagné ses lettres de noblesse nocturnes à l’heure du CEP. Il change de concept. Indiqué dans tous les guides de voyage il tenait surtout au fait que le lieu de plaisir fut rapidement investi par les travestis, puis les raerae plus tard. Les militaires étaient là, l’argent aussi, les contrôles routiers absents, la fête battait son plein jusqu’au milieu des années 2000. Les travestis devenus pour la plupart transsexuels ont participé à la notoriété de l’établissement. Chaque année avait lieu l’élection de Miss Piano bar. Les shows des raerae sont finis, place aux sons de DJs.

Hiata de Tahiti

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