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Hydrographie du site d’Angkor

Tom nous fournit quelques explications globales sur l’hydrographie d’Angkor. Le site comprend les ruines d’une dizaine de capitales royales qui se sont superposées et imbriquées dans un réseau hydraulique, aujourd’hui asséché. Ces villes datent toutes du IXe au XIIIe siècle. Chaque nouveau roi manifestait sa légitimité en recréant réservoirs, temples et palais, d’où la multiplication des capitales. Elles ont été progressivement abandonnées par le lent processus de transfert du royaume vers Phnom Penh et le delta du Mékong.

Le Cambodge est sujet à la mousson et l’eau est surabondante une saison avant de manquer à la suivante. Survivre exige donc de capter l’eau et de la gérer par un réseau de réservoirs ou baray et de canaux d’irrigation. Une aristocratie militaire a mis en place dès le IXe siècle ce système en branchant sur les rivières des réservoirs artificiels, les barays, surélevés par rapport au niveau des terres à irriguer par des digues. La distribution des eaux est alors assurée par la déclivité. Ce qui permet deux à trois récoltes par an. Et qui augmente la population, donc la puissance militaire et économique du pays, nécessaire aussi pour l’entretien : d’incessants travaux de curage et d’exhaussement des digues.

Au XIVe siècle, une succession de grandes sécheresses puis de moussons violentes ont déstabilisé le système, déjà fragilisé par l’érosion des sols due à la déforestation, pour pousser les élites à migrer vers le delta du Mékong, plus prospère économiquement. Le royaume d’Angkor chute en 1431, date jésuite tirée d’une chronique thaïlandaise, mais qui signale seulement qu’Angkor n’est plus capitale. Elle n’est pas pour autant abandonnée et demeure un centre monastique et religieux. Cependant, le passage au bouddhisme theravada rend les monuments plus impermanents, en bois principalement, qui n’ont pas laissé de traces sauf de grandes esplanades en pierres sur lesquels ils étaient peut-être montés. .

Jacques Népote, ancien chargé de recherche au CNRS et ex-directeur de la revue Péninsule explique : « Au centre de chaque terroir considéré s’érige un « temple-montagne » de type Bakong, Bakheng, Pre Rup, Takeo… qui représente le mont divin, au sommet duquel est érigé le symbole divinisé de la force royale, un linga. À cette « montagne » sont adjoints deux temples complémentaires dont la fonction est de légitimer le roi : celui dédié à ses ancêtres féminins, « maîtresses du Sol » – type Prah Ko – et celui dédié aux ancêtres masculins, vecteurs de la fonction royale – type Lolei. À l’aplomb et « au pied » de ce temple-montagne, est édifié le palais où réside le roi en tant qu’être vivant. Au cœur du palais, se trouve un bâtiment très particulier, dont le prototype est le Phiméanakas, où le roi vient rejouer tous les soirs le mythe de fondation du royaume en allant coucher avec l’une de ses concubines habillée en Serpente. »

Puis nous allons à l’hôtel car il est déjà plus de 16h30 et tous les sites ferment vers 17h30. L’hôtel est le Seam Siem Riep à quatre étoiles comme d’habitude. Il est de très bon standing avec une climatisation déjà mise dans la chambre grâce à une seconde carte d’accès. Un plateau de fruits est offert sur la table, que je dévore illico : trois petites bananes, une grappe de longanes et une goyave verte. Il faut toujours emporter un canif pour éplucher dans ses bagages de soute.

Le dîner a lieu à l’hôtel, à 20 heures. Demain, nous partons à sept heures avec un petit-déjeuner à partir de six heures, pour une très longue journée de visites. Le dîner est bon mais trop copieux : salade de mangue, plats aux trois spécialités, poisson à la tomate, bœuf sauté aux légumes, curry de légumes, riz au jasmin, et dessert de riz gluant bourratif. Le pétrole fête aujourd’hui ses 80 ans et offre l’apéritif à tout le monde, c’est une gentille attention. Le restaurant a préparé un gâteau avec une unique bougie, une génoise fourré d’une crème en conserve de couleur rose, au goût américain. Tous les réglages des éclairages et de l’alarme se font sur un tableau de bord posé sur la table de nuit. Mais qui enlève la clé de la chambre en sortant remet tous les réglages zéro, et il faut à nouveau rentrer l’heure qu’il est et l’heure de l’alarme pour le réveil.

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Saïgon, quartier colonial

Nous visitons le quartier colonial avec la poste, la cathédrale sous échafaudages, l’opéra vu de loin. Comme à Londres, certaines rues portent des noms de défaites telle la rue Dien-Bien-Phu. La cathédrale Notre-Dame de l’architecte Jules Bourard a été terminée en 1880, bâtie en briques de Toulouse et en tuiles de Marseille ; on ajoute en 1895 deux clochers de 57 m de haut. Elle est fermée pour travaux lorsque nous passons. Sous échafaud, comme disait un mien gamin.

La poste centrale date de 1891 et est due à l’architecte français Auguste-Henri Vildieu qui l’a dotée d’une armature en fer de Gustave Eiffel. Nous visitons la rue des libraires tout à côté. Elle offre des reproductions d’anciennes gravures et de vieux plans, mais très peu de livres en français, la plupart sont en globish. On y trouve même Le Petit Prince de Saint-Exupéry traduit en vietnamien, au titre Hoàng Tit Bé. La rue Catinat reste aujourd’hui un quartier chaud : il y fait plus de 30° !

Le guide local Té, qui ne parle pas français et s’exprime peu en anglais, ne sert pas à grand-chose sinon comme truchement avec le chauffeur ou les acheteuses de timbres pour les envois compulsifs de cartes postales aux guichets de la célèbre Poste centrale.

Le musée national d’histoire du Vietnam, construit en style indochinois par l’architecte français Ernest Hébrard, était au programme – mais il est « fermé le premier lundi de chaque mois ». C’est indiqué clairement sur son site et je ne comprends pas pourquoi l’agence de Paris à programmé les musées exprès les jours de fermeture. Est-ce ignorance ou stupidité bureaucratique de qui croit savoir et se fie à ses habitudes ?

Nous déjeunons au restaurant Chuo Ming Nam Moi où la bière 333 coûte 50 000 dongs soit deux dollars.

Nous allons visiter le temple de la Dame Céleste Thien Tau qui date de la fin du XVIIIe siècle. Il est dédié à la protectrice des marins. La cour nous accueille avec deux lions en pierre. La salle antérieure a deux autels, l’un dédié au génie Phuc Duc Chanh Thân (Bonheur-Vertu) à droite, l’autre à gauche au Môn Quan Vuong (génie gardien de l’entrée), et une stèle de pierre sur laquelle est gravée la légende de la Dame céleste. Selon le site Vietnam illustré, sa légende est la suivante : « La légende veut que Thiên Hâu Thanh Mâu soit née en 1044 à Fou Kiên, en Chine, sous la dynastie des Sông, avec comme nom de naissance Mi Châu. Un jour, son père et ses deux frères, qui mènent un bateau transportant du sel pour Jiangxi, rencontrent une grosse tempête. Mi Châu est à la maison avec sa mère sur le métier à tisser. Elle sort et essaye de sauver son père et ses deux frères, mais ne peut extirper des vagues déchaînées que les deux premiers. C’est ainsi qu’elle est devenue la déesse en robe rouge, errant sur les mers pour aider les navigateurs en perdition. Les équipages de bateaux de pêche hauturiers ont l’habitude de prier pour elle. En 1110, elle a reçu le titre de « Thiên Hâu Thanh Mâu » (Matsu, ou grand-mère) par la dynastie des Sông. » Dans la salle principale trône une statue de Matsu d’un mètre de haut. Deux sous-salles sont dédiées à Quan Thanh, Ksitigarbha et Caishen (Dieu de la richesse). De petits papiers mauves des dons avec le nom des donateurs sont empilées sur les murs et des cônes d’encens en spirales tombent du plafond.

Tom en profite pour nous parler du taoïsme. Le Tao est la Voie, un ensemble de pratiques nées au troisième siècle avant notre ère sous la dynastie Han. Il est fondé sur les textes, le Dao de jing de Lao Tseu, le Lie Tseu et le Zhuāngzǐ de Tchouang Tseu. Le but est l’édification des individus, au contraire du confucianisme qui avait un but plus social. Le Tao incite à s’intégrer, à l’harmonie avec le monde, et il a influencé par exemple beaucoup la médecine chinoise des humeurs. Le panthéon taoïste est né au cinquième siècle avec les immortels et des entités supérieures en plus des ancêtres. L’idée est que ce que vous faites et ce que vous mangez définissent qui vous êtes. Il est juste de profiter du monde, mais de participer à l’équilibre de la nature. En retournant à l’authenticité primordiale et naturelle, l’homme peut se libérer des contraintes et son esprit peut « chevaucher les nuages ». Il s’agit selon Marcel Granet d’une sorte de quiétisme naturaliste. C’est un idéal d’insouciance, de spontanéité, de liberté individuelle, de refus des rigueurs de la vie sociale et de communion extatique avec les forces cosmiques.

Cholon est le quartier chinois et nous visitons le plus ancien centre communautaire dont les bâtiments datent de 1830. La communauté est la cellule sociale de base au Vietnam. Duong Thu Huong, la romancière contemporaine, l’a très bien décrit dans son roman Terre des oublis. Tout le monde surveille et juge tout le monde, il est difficile de s’en dépêtrer.

Encore un marché ! Le marché de Bin Te ou Binh Tay. Il a été construit en 1928 par un riche homme d’affaires chinois Quach Dam qui en fit don à la ville contre la possibilité d’extension de son commerce. Son style est chinois malgré une horloge à quatre façades nettement française. C’est un marché de gros, même si les clients sont minces ; il est organisé en production autour d’une cour centrale. Les touristes y sont gênants pour les vendeurs car s’ils achètent, c’est très peu. Ce marché contient de tout, en plus grand, de la vaisselle, des vêtements, des champignons et des poissons séchés. Je n’y passe qu’un quart d’heure, je n’ai pas le même intérêt que les serial-consommateurs. Le J fait des photos, sa femme cherche un savon pour une voisine « maniaque » ; une drôle d’idée que d’offrir un savon chimique sous prétexte qu’il vient d’un pays exotique…

Nous n’avons rien d’autre à voir à Hô-Chi-Minh-Ville. Au fond, la cité s’est développée grâce aux Français, puis comme un champignon après la guerre avec les Américains, et enfin avec le commerce chinois. Elle a submergé l’ancienne ville coloniale, a poussé tout autour ses grands immeubles d’affaires et d’habitation dans une conurbation de plus de 14 millions d’habitants. Si, contrairement aux hommes dont certains vont torse nu (une idée pour la canicule), les femmes sont très habillées en scooter et portent souvent un masque, c’est pour protéger leur teint du soleil, nous dit Té sur une question du groupe. Est-ce la pollution ? Nous éternuons plus.

Je suis fatigué par la chaleur lourde, et même les locaux le sont. On peut voir quelques hommes torse nu au marché et sur le pas des boutiques. Notre nuit ayant été courte, je reste à lire dans ma chambre, à reposer mes yeux, au calme. Une oasis climatisées à 25° et avec douche bienfaisante. Si l’on sort, nous dit Tom et que l’on est contrôlé par la police, il faut donner son nom, sa date de naissance et le nom de l’hôtel. Ainsi, toutes les informations sont recoupées et le Renseignement est content. Nous sommes en effet dans un pays où le Parti veut tout savoir et tout contrôler.

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Retour en Égypte

Il y a vingt ans, j’effectuais une croisière sur le Nil de Louxor à Assouan sur des felouques. Aujourd’hui, je désire effectuer la seconde partie du parcours, d’Assouan à Abou-Simbel, en dahabieh. Tout commence à Roissy, terminal 3, pour Louxor via la compagnie de charter égyptienne Nile Air. Dans la queue, beaucoup de vieux, un couple de papis avec une petite fille de 10 ou 11 ans blonde et bouclée, tout en rose, délurée. Très peu d’Égyptiens qui rentrent au pays mais beaucoup de Français qui partent en vacances pour la fameuse croisière sur le Nil via Fram et TUI, le nouveau nom de Nouvelles frontières. L’Airbus A320–200 est plein comme un œuf. Bien que ce soit un charter, un repas nous est servi à l’égyptienne avec trois olives en entrée, un plat de bœuf au riz très épicé. Tout ce qui est sucré est immonde, le jus de pomme chimique comme la génoise molle aromatisée.

Nous parvenons au Lotus hôtel vers minuit, un quatre étoiles offrant deux piscines, une vue sur le Nil et les collines au-dessus de la vallée des rois. La pollution de la ville me prend à la gorge. La ville a bien changé depuis vingt ans et s’est fort développée ; sa population a augmenté de plus de cent mille personnes. L’hôtel est situé sur la rive est, rue Khaled ibn el Waleed. Il est bien trop luxueux pour les quelques heures de nuit que nous allons y passer. Nous devons nous lever à 5h30 pour un rendez-vous à six heures.

Notre guide s’appelle Mo, il parle bien français, mais avec un accent prononcé ; il a surtout un mal fou à distinguer le P du B, ce qui donne des quiproquos de sens assez curieux. Évidemment marié, il a trois enfants très espacés, en fonction de l’élévation très progressive de son niveau de vie. L’aîné est en études de médecine, la seconde en troisième et la dernière en CE1. Le petit-déjeuner est un buffet de viennoiseries froides et fades sous film, de fruits coupés et, en plat chaud, du porridge anglais, des tomates et saucisses au cumin, de l’omelette faite sur demande. Le café n’est servi qu’en poudre et le thé en sachet ; pour un quatre étoiles, c’est plutôt minable. Le jus d’orange est reconstitué mais la boisson à l’hibiscus, rouge sang, est un accueil matinal très égyptien.

Dès sept heures, nous engouffrons dans un taxi brinquebalant pour la gare. Louxor est une ville peuplée, populeuse, bruyante. C’est la vie orientale telle que nous pouvons la fantasmer. Des écolières passent en uniforme, les plus grandes portent un voile sur les cheveux. Les garçons sont en polo ou chemise, le col peu ouvert, sauf un gavroche de 12 ans plutôt noir dont les trois boutons du haut ont sauté – mais il porte un débardeur dessous pour la pudeur. Il est étonnant de voir combien les corps se sont rhabillés depuis deux décennies.

Le train Louxor–Assouan a des premières classes et Mo nous explique qu’il y a au moins trois sortes de classes dans les trains égyptiens, la nôtre étant proche de la plus haute. Les fauteuils sont larges pour les gros culs des poussahs du pays et peuvent s’incliner suffisamment pour dormir. Selon la Banque mondiale, le coefficient de Gini, mesure des inégalités, est de 31,5 en 2017. 32,5 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. L’agence n’a pas pris de billet ni de réservation à l’avance car les trains ne sont jamais à l’heure ; il est recommandé de prendre le premier qui se présente, quitte à payer l’amende une fois à l’intérieur.

Notre groupe est très restreint, quatre personnes seulement plus Mo. Nous passons trois heures dans le train (pour 300 km) à écouter Prof qui parle beaucoup, du genre mettez une pièce et écoutez la chanson. Il a appris l’arabe égyptien mais n’ose pas le parler, bien qu’il connaisse nombre d’expressions et compulse sans cesse un dictionnaire spécialisé publié par l’École française d’archéologie au Caire. La climatisation dans le train de luxe est féroce, jusqu’à 20,5° centigrades alors qu’il fait plus de 30° dehors. Le grand luxe des nantis du tiers-monde est de gaspiller. Peu de passagers dans le wagon, le billet est cher en fonction du niveau de vie. Mo nous dit que 400 € par mois peut faire vivre une famille avec deux enfants.

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Herradura

Nous pouvons observer deux aras au petit-déjeuner, aussi gros qu’hier.

Sous un pont du rio Tarcoles des dizaines de crocodiles se prélassent dans l’eau chaude ; des touristes et des locaux les observent de haut.

Un crocodile rampe sur le ventre hors de l’eau… près d’une botte unique échouée sur la rive. Est-ce le dernier que le croco a bouffé ?

Quand il fait chaud, les crocodiles montent sur la plage pour lézarder au soleil. Le crocodile américain peut vivre en rivière et en mer ; l’eau salée ne le gêne pas. Raflés par Steve Erwin, Australien, les crocodiles qu’il a volontairement mis en mer sont tous revenus dans leur rivière.

De l’autre côté du pont, la police à l’arrêt cueille des citrons sauvages sur le bord de la route.

Nous nous arrêtons à Herradura, à 2 km de la plage, dans un auto-market différent des supermarchés de l’intérieur. Voué au tourisme, le magasin affiche un panneau d’interdiction d’entrer torse nu, pieds nus ou en maillot de bain. Il faut dire que la pudeur puritaine du gros voisin du nord n’est pas la seule raison : la climatisation est forte. Autour du supermarché, un centre commercial étale ses boutiques de surf, de mode, de chaussures, de lunettes solaires, de glaces. Nous sommes dans le tourisme pour les Américains. Adrian achète pour le pique-nique du midi des sandwiches Subway tout faits au poulet à 2750 colones (la monnaie du pays) pour 30 cm de long.

En suivant la « carretera national » Pacifico Hernandez, nous longeons des plantations de teck destinées au travail du bois. Mais comme il est trop dur, il est envoyé aux États-Unis et réimporté 20 $ le mètre carré de parquet. Nous longeons également des palmiers à huile plantés à la place d’anciens pâturages. Il faut trois ans pour produire de l’huile, le palmier dure quinze ans mais ne nécessite aucun entretien. Sur les terres inaptes à la culture après le passage des vaches, c’est un investissement qui se justifie selon Adrian, malgré les hululements effarouchés des écologistes de bureau loin des réalités des pays en développement. Le palmier produit un régime de fruits tous les 15 jours, et 8 ha font 800 $ à la vente ce qui permet de rentabiliser à partir de trois ans l’investissement. Mel Gibson et Gérard Depardieu ont acheté des terrains et payé 80 $ par an et par hectare pour ne rien faire : ni construire, ni planter – simplement pour assurer un poumon à la planète.

Nous passons devant la plage Hermosa, endroit huppé des surfeurs, éclairée même la nuit. Comme nous sommes samedi, l’animation du week-end commence.

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Où habiter à Tahiti ?

En Polynésie, ils sont nombreux ceux qui ont choisi de vivre sur leur voilier, par amour de la mer ou pour des raisons financières. Par exemple à la Marina Taina (Punaauia), 70 bateaux sont habités et se trouvent au mouillage dans le lagon ou à quai. Pour un anneau dans la Marina ce sera 40 000 XPF par mois (335,20€) contre 20 000 XPF (167,20 €) au mouillage. Tous ne sont pas des marginaux, il y a là des professions libérales, des fonctionnaires, des retraités. Plusieurs catégories d’individus viennent ici sur leur bateau : il y a ceux qui ne bougent jamais et qu’on appelle les ventouses, ceux qui sortent régulièrement, enfin ceux de passage qui font le tour du monde.

gamins en bateau

L’hôtel Brando à Tetiaroa qui sera ouvert en juillet se veut écolo, et toujours plus écolo. L’électricité sera produite à moitié par des panneaux solaires photovoltaïques et moitié par le générateur à l’huile de coprah produite par l’huilerie de Tahiti. L’accord a été signé début avril. Rappel, pour une nuit à l’hôtel The Brando vous devrez déboursez 3 000 €. La climatisation utilise la technologie « Sea Water Air Conditioning » ou SWAC : l’eau de mer est pompée à plus de 900 mètres de profondeur pour rafraîchir l’air de l’hôtel, l’eau chaude étant fournie bien sûr par les panneaux solaires.

Tetiaroa, l’atoll des rois est composé de 12 îlots et tiennent une place particulière dans la tradition et l’histoire polynésienne. Les premiers habitants considéraient l’atoll comme un lieu sacré visité par les dieux. Les familles des dynasties Pomare en firent leur lieu de villégiature préféré. L’acteur Marlon Brando était tombé amoureux de l’île privée lors du tournage des Révoltés de la Bounty en 1960.

vahine seins nus sur plage

Depuis le 16 avril, un jeune dauphin à long bec est coincé dans le lagon de Punaauia. Les grosses têtes se penchent sur la méthode appropriée afin de guider ce jeune cétacé vers le large. Il a été baptisé Matatia du nom d’une vallée de Punaauia dont la rivière se jette dans le lagon. Le mammifère est séparé de son groupe et il est fortement question qu’il fasse appel à L’ONU pour devenir indépendant. A suivre.

Hiata de Tahiti

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Économie de Tahiti

Depuis 2007, la santé de l’économie polynésienne subit un fort ralentissement dans tous les domaines. Les effectifs salariés ont augmenté de 17,9% entre 2001 et 2007 et reculent depuis de façon ininterrompue, de -9,9% entre 2007 et 2011. Le nombre de demandeurs d’emploi a plus que doublé passant de 3800 en 2001 à 8255 en 2011. Le déficit du commerce extérieur demeure important entre 125 et 150 milliards FCP par an. L’économie polynésienne est dominée par les services soit 81% de la valeur ajoutée marchande en 2007 et 82% des effectifs salariés au 31 décembre 2011. Le BTP est en constant recul, de 7% par an en moyenne entre 2007 et 2011. La baisse de la fréquentation touristique, -30,5% entre 2006 et 2010, est liée à la contraction de l’offre de transport aérien -40%. La capacité d’hébergement terrestre a tardé à s’ajuster, ne baissant  que sur l’année 2010 (-9,3%). Les recettes sont en baisse dans la perliculture à cause d’une surproduction liée à la baisse des qualités produites, d’une concurrence d’autres pays producteurs…

carrefour taravao tahitiCarrefour fait le plein de clients et visiteurs pour son inauguration. Ce nouvel hypermarché situé à l’entrée de Taravao en arrivant de Papeari a été inauguré ce vendredi à 9h. 3000 m2 d’espace de vente dont 300 m2 dédié au multimédia, tel est l’antre de la consommation de la presqu’île qui ouvre ses bras au consommateur. Une quinzaine de boutiques de sports, restauration, habillement, salon de coiffure, téléphone tenteront les acheteurs. Je n’y ai pas encore mis les pieds, seulement subi les files d’attente sur la route le premier jour. Je me pose seulement la question de la défiscalisation – comme pour les hôtels de Tahiti et des îles. Ils ferment les uns après les autres dès la fin de la période de défiscalisation…

Le rideau est tombé ce vendredi 30 novembre 2012 à minuit sur l’hôtel Sofitel Tahiti connu sous le nom de « Maeva Beach », après plus de 40 ans de services. Sur la centaine d’employés de l’établissement, 12 partiront en retraite, les autres… Fermeture également des activités annexes notamment sportives, ludiques, festives et économiques.

hotel maeva beach tahitiLe recensement de 2012 fait apparaître une augmentation de la population de 10,39% (956 habitants en plus) depuis 2007 dans quatre communes associées de Tahiti. La commune de Hitia’a o te Ra comprend les communes associées de Papenoo  (3765 hab), Tiarei (2770 hab), Mahaena (1106 hab) et Hitia’a (1944 hab). C’est la plus vaste commune de Tahiti, 218 km2. C’est l’une des moins peuplées mais affiche la plus forte croissance relevée à Tahiti ces cinq dernières années. Ces chiffres peuvent paraître ridicules aux Popa’a farani que vous êtes mais ils détermineront la dotation que recevra la commune via le FIP (Fonds intercommunal de péréquation), le nombre de conseillers municipaux, le seuil du mode de scrutin, le montant des indemnités des élus, le seuil du mode de scrutin. La population est plutôt rurale, pas de zone industrielle, les activités de services quasi nulles. Les autres résidents travaillent dans les communes limitrophes comme Mahina, Taravao, voire Papeete. Elle accueille un collège intercommunal, des touristes grâce à sa côte sauvage, ses vallées, ses plages de surf, mais cela devrait être mis en valeur. Le potentiel est là, mais…

Signature d’une joint-venture entre le Pays et la société chinoise « Jinghim Investments » de 150 milliards de FCP avec 10 000 emplois à la clé sur 15 ans. Non, non, vous ne rêvez pas. C’est le Pérésident Oscar lui-même qui l’a signée. Bientôt les élections territoriales alors on se presse de se montrer avec ses plus beaux atours ! Cette société ferait essentiellement de l’aquaculture. On cherche l’emplacement, l’île… Mais les produits seraient exclusivement réservés à une clientèle haut de gamme. Et les phrases de cette semaine reviennent à Oscar Tane : « Je ne brade pas la Polynésie, je ne suis pas venu à la rencontre de la délégation chinoise avec une main tendue, mais avec une main travailleuse ». « Ce n’est plus la peine d’apprendre à parler le français, il faut apprendre à parler anglais et surtout le chinois, mais pas le hakka, le vrai chinois, le mandarin ! »

Après six ans d’expérience à Bora Bora, la technologie Swac s’exporterait. La climatisation à l’eau naturellement froide (ou Seawater Air Conditioning) puisée au fond de l’océan se préparerait un bel avenir. Les entreprises innovantes dans ce secteur ont fait le point sur le chantier « clim » de Tetiaroa ; elles ont aussi grande envie d’exporter cette technologie qui a fait ses preuves depuis 2006 à Bora Bora. Aujourd’hui à Tetiaroa (Hôtel Marlon Brando) elle pourrait assurer la climatisation de l’hôpital du Taaone.

Hiata de Tahiti

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