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Elisabeth George, Une chose à cacher

Une bonne enquête (la 21ème) du trio bien connu Thomas Lynley, commissaire par intérim, et son équipe, les sergents Barbara Havers (grosse, laide et mal fagotée) et Winston Nkata (l’ex-racaille devenu flic et bien sapé). La série ronronne, sans aspérité, laissant les personnages figés dans leur caricature. Le lecteur n’apprend en effet rien de nouveau sur aucun d’entre eux – ils restent plus vrais que nature. Trop même, ce qui agace un brin, comme s’ils restaient dans l’ornière, gardant le même âge et la même vie.

Mais l’enquête est intéressante, plongeant à pieds joints dans le choc des cultures et le politiquement correct. Nous sommes à Londres, ce qui permet à l’autrice américaine d’oser son propos en l’attribuant à l’exotisme européen. Manière de ne pas froisser les susceptibilités exacerbées par les réseaux des Noirs woke en butte aux lois et aux mœurs des Blancs.

Car il s’agit d’un meurtre d’une policière noire, Téo Bontempi, d’origine nigériane, dont l’autopsie révèle qu’elle a été excisée dans son enfance. Une brigade spéciale de la Met, la police de Londres, a été créée pour endiguer ce fléau contraire aux Droits de l’Homme et à l’égalité entre homme et femme. Mais les coutumes ancestrales ont la vie dure et l’immigration s’en moque. Ce n’est qu’à la troisième génération, peut-être, que la raison et le droit peuvent l’emporter. L’intégration dans la communauté nationale plutôt que dans la communauté tribale est à ce prix.

Il est curieux d’ailleurs que les Offensés, qui s’effarouchent de tout manque de « respect » pour les coutumes particulières ou ethniques, combattent quand même le machisme africain et les mutilations génitales des femmes. Ne devraient-ils pas, dans leur théorie, respecter ces façons de vivre non-blanches ? Pourquoi les Blancs leur feraient-ils la morale ? Elisabeth George n’évoque pas ce dilemme, se contentant d’affirmer la loi et l’égalité au-dessus de tout.

Ce qui ne va pas de soi, évidemment. Abeo, le macho nigérien aux deux familles pour avoir le plus d’enfants possibles, signe selon lui de sa virilité, soumet sa femme Monifa et la roue de coups si elle n’obéit pas. Celle-ci, malgré les aides sociales qui lui permettraient d’échapper à son sort, est contente comme ça, pour ne pas mécontenter ni la coutume ni sa mère. Ce qui fait bouillir le fils, Tani, tout frais émoulu de ses 18 ans, qui veut protéger mère et petite sœur. Car son père veut « préparer » Simi, 8 ans, pour la marier à un Nigérian au pays, ce qui veut dire excision du clitoris au rasoir dans une arrière-cuisine, jambes et bras tenus par des tantes, et infibulation du vagin sans anesthésie pour l’empêcher d’avoir des relations avant mariage.

Tani va se battre avec son père, obliger sa mère, entraîner sa copine noire comme lui mais « évoluée », s’adjoindre la force de la police, pour sauver Simi de la mutilation afin de lui permettre d’avoir du plaisir plus tard. Quant à la victime, Teo, le traumatisme de la mutilation a été à l’origine de sa vocation. Elle a fait la connaissance d’une association de lutte qui aide les femmes nigériane et somaliennes à éviter l’excision. Est-ce pour cela qu’elle a été tuée ?

L’enquête est longue et tordue, bien menée, longuement pour faire durer le plaisir (notamment en voyage), les coupables potentiels multiples, et la fin n’est pas devinée.

Le dernier roman policier de l’Américaine, tout à fait dans l’air du temps.

Elisabeth George, Une chose à cacher (Something to Hide), 2022, Pocket 2023, 863 pages, €10,80,e-book Kindle €13,99 (liens sponsorisés Amazon partenaire)

Les romans policiers d’Elisabeth George déjà chroniqués sur ce blog

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Tête de nœud à Tahiti

Voilà qu’une résolution votée en Europe sonne la colère des associations religieuses et culturelles : la circoncision, mutilation génitale ou rite culturel assumé ? Après le mariage pour tous ! En fait la pratique de la circoncision (piritome) n’existait pas dans la tradition polynésienne mais la supercision (tehe) oui. L’église catholique de Polynésie « n’a pas d’avis sur le sujet de la circoncision ». Le président de l’église protestante ma’ohi déclare : « Une interdiction serait une atteinte aux droits des peuples de vivre culturellement selon leur tradition ». Le docteur Gérard Garnier, médecin et thérapeute familial, auteur du livre Te piritome ma’ohi déclare : « Cela touche à l’identité d’un peuple ». Le professeur Patrice Houdelette, chirurgien urologue dit : « C’est une mutilation génitale comme l’excision chez les filles. Ici, c’est fait vers 10-12 ans, chez les Juifs en néonatal et chez les Arabes vers 8 ans ». Encore un sujet de discussion !

Et P’tit Louis : « T’en penses quoi, de la circoncision ? – Ça dépend, si par exemple tu me présentes une tête de nœud, alors là, je suis pour ! »

circoncision

A l’heure où les maires de France marient deux personnes de même sexe, ici on se trouve face au Pacs, quoi faire ? Les têtes bien faites ou responsables se sont penchées sur la question. Une conférence-débat a été tenue dans les murs de l’Assemblée à laquelle ont participé de nombreuses personnalités des mondes politique, social et religieux. Le sujet était « La Polynésie face à la question du Pacte civil de solidarité ». Deux intervenantes : Irène Théry, enseignante, agrégée de lettres, chercheur et Véronique Margron, sœur dominicaine, docteur en théologie, professeur, ont animé cette conférence avant de débattre avec le public et certainement de clarifier ce qu’est le Pacs et de balayer les idées reçues.

Ainsi le Père Christophe, vicaire de la cathédrale de Papeete constate que les résidents polynésiens ne peuvent pas se pacser sur le territoire tandis que pour les personnes pacsées en métropole, leur Pacs est reconnu ici ! John Doom, responsable d’église, membre de l’Académie tahitienne déclare « Un couple est constitué de deux personnes de sexe différents. On ne dit pas un couple de lunettes ou un couple de chaussures. On dit une paire de lunettes ou une paire de chaussures. Il faut expliquer aux Polynésiens que le mariage veut dire procréation et qu’un couple, ce n’est pas deux hommes ou deux femmes. Dans ce cas, c’est une paire d’hommes ou une paire de femmes ». Et le maire de Mahina, Patrice Jamet, « Il est important d’informer les élus sur les réalités du Pacs et ses implications ».

L’actu vue par P’tit Louis [dans La Dépêche de Tahiti] fait dire au Maigre à chapeau « Au sujet du Pacs Doom a dit « On ne dit pas un couple, mais une paire, » concernant les homosexuels ! Et le Gros de répliquer « Dans ce cas on devrait alors dire deux paires ! »

mosquee de tahiti

Ouverture à Papeete du premier lieu de culte musulman. Le jeune imam du Centre islamique de Tahiti déclarait « Il ne reste plus un seul endroit au monde où l’on ne trouve pas une mosquée. Pourquoi pas ici ? ». Depuis lors le Centre qui se trouvait être dans un immeuble de bureau n’a pu apporter les certificats demandés par la mairie – il est fermé.

footeux de tikitoa

L’Ordre de Tahiti Nui revient au goût du jour. C’est quoi ? « La Légion d’honneur de la Polynésie française ». Le Président Flosse a élevé les Tiki Toa (les membres de l’équipe de Beach Soccer qui avaient terminé quatrièmes du tournoi) au rang de « chevaliers ». La distinction récompense « les mérites distingués acquis soit dans une fonction publique, soit dans l’exercice d’une activité privée ».

Hiata de Tahiti

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