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Chercher des sous à Tahiti

Nouvelle de « l’hôpital » de Taravao : d’après le ministre de la santé Patrick Howell, le centre médical de Taravao aurait reçu l’appellation « hôpital » par les Anciens de la commune. Depuis ce nom est resté. Comme les Anciens sont tous morts… Il n’y aura pas de procès, mais c’est quand même leur faute à eux, les Anciens ! Le ministre indique qu’un véritable hôpital dispose de trois types de services : médecine, chirurgie et obstétrique. À Taravao il n’y a que le service médecine.

En juillet dernier, trois des quatre urgentistes de ce centre médical avaient démissionné. Aucune réponse de potentiels urgentistes à l’appel de recrutement – et pour cause ! Les candidats veulent aligner leur salaire sur celui des urgentistes du Taaone de Pirae. Or le ministre considère que Taravao n’est pas un hôpital donc pas d’égalité de traitement. Il précise même que les Urgences restent « un service d’accueil », on reçoit les patients et on les prépare… à éventuellement prendre la route, l’unique, longue de 60 km, surchargée, pour au grand minimum une heure toutes sirènes hurlantes ! Bah ! les cul-terreux de la presqu’île n’ont qu’à faire attention, et ne pas avoir d’accident, ni attraper de maladies.

gauguin nativite

Le musée Gauguin rouvrira ses portes en juin 2016, au plus tôt. Quelle bonne nouvelle ! Il avait été toiletté depuis 2007 par légères touches, puis fermé en 2013. Le pauvre musée est l’innocente victime des changements de gouvernements, des projets foireux, des désaccords sur les missions qu’il devrait assurer. Un espoir ? Peut-être. Là aussi on joue sur les mots à mon avis. Ce fut d’abord un mémorial, mais cela n’attirait pas les touristes. Alors va pour « le » Musée Gauguin. Un sérieux coup de pouce de la fondation Singer Solignac, une salle avec des œuvres originales qui s’ajoutait aux quatre espaces existants. Alors on ressort truelles et marteaux, pour la bonne cause, le tout accompagné de pépettes bien sûr (on parle de 92 millions de XPF) et en juin 2016, par ici les touristes ! Manava (mes entrailles), soyez les bienvenus ! Surtout que le Conseil des ministres a adopté un arrêté adaptant les conditions de la licence de transport touristique à l’exploitation des « petits trains routiers » pour des circuits en ville.

timbre tahiti

Le tarif postal local augmente en novembre. Pour une lettre de moins de 20 gr il faudra payer 80 XPF au lieu de 75 XPF. Évolution aussi du système de taxation des colis privés. Les importations non commerciales seront bientôt taxées en fonction du lieu d’achat à défaut de la présentation de la facture. Exemple : un sac fabriqué en France mais acheté par le voyageur aux USA sera taxé forfaitairement à 30%. Une tablette informatique achetée en France mais fabriquée dans un pays non originaire de l’UE sera taxée au taux de 20%. J’ai l’impression qu’on cherche des sous, non ?

Hiata de Tahiti

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Dragon, tortues, margouillats et autres roris de Tahiti

Un glaucus atlanticus ou dragon bleu ou Limace bleue s’est fait piéger dans un hoa de l’atoll de Raroia. C’est exceptionnel. Précision : un hoa est un bras de mer allant de l’océan au lagon en passant entre les motu. Il joue un rôle majeur pour le renouvellement de l’eau du lagon dans les atolls sans passe. Le passage des eaux de l’océan peut être épisodique ou permanent. Le hoa ne permet pas le passage de bateaux comme les passes. Ces passages sont en général peu profonds.

Ce nudibranche ne vit pas sous l’eau mais flotte ! Il possède une petite réserve de gaz dans son estomac qui lui permet une parfaite flottaison sur les océans, c’est à l’envers qu’il flotte. Ce magnifique gastéropode est toxique pour ses prédateurs. Son camouflage est de couleur bleu et gris il se confond avec l’océan et floue ainsi oiseaux et poissons qui sont ses prédateurs. Il n’est pas bien grand, à peine 4 cm, possède de nombreux « doigts » qui composent les rangées de ses ceratias. Il se laisse porter par les courants, s’il rencontre un obstacle il se contorsionne pour se retourner et suivre une direction qu’il choisit. Il est friand de physalies. Ses découvreurs l’ont transporté côté océan afin qu’il poursuive son voyage.

Les deux tortues du jardin botanique sont arrivées à Papeari. Elles avaient été offertes à Charles Nordhoff en 1928 par le gouverneur de Pennsylvanie, Monsieur Pinchot. Elles font partie des plus grosses tortues vivantes. Elles pèsent aux alentours de 200kg, mesurent 1m50 et se déplacent à 3km/h. Elles possèdent un très bon odorat, sont herbivores, se nourrissent d’herbe, de feuillages  et de fruits. Elles sont à l’honneur sur un timbre qui vient d’être édité. Te ara tau est âgé de 180 ans et Te ara u’i, elle, a 150 printemps. Le timbre à 75F a été émis par l’OPT le 17 de ce mois d’octobre. Autre bonne nouvelle, le jardin botanique de Papeari devrait bientôt se doter d’un conservatoire du cocotier et d’un autre du tiare Tahiti.

Le margouillat de nos fare, il est représenté par les artistes, tatoueurs, peintres, sculpteurs, sur les tissus, paréos et tableaux, ce petit lézard. Gecko translucide au corps dodu, long d’une vingtaine de centimètres pour les plus grands est un animal nocturne qui vit dans nos foyers. Il se nourrit d’insectes, cafards, papillons nocturnes et de moustiques. Merci gecko ! Il joue le mort et au moment propice, d’un coup de langue avale sa proie. C’est un athlète, sprinteur sur les murs, plafonds. Il possède des pattes « velcro ». C’est l’as du camouflage, il s’héberge sur les cadres, derrière les meubles, visite la cuisine pour se régaler des bananes. Il pousse des petits cris audibles et marque ainsi son territoire, il lui arrive de perdre un bout de queue au cours d’une bagarre avec ses congénères.

En Polynésie, le poisson-globe ou poisson-lune plus connu sous le nom de « fugu » au Japon, appelé huehue (distendu, gonflé) est consommé dans l’archipel des Tuamotu. A consommer avec précaution ! Il faut savoir le préparer… Le tetraodon (tetra en grec quatre et odous, dents) appartient à la famille des Tetraodontitnae. La chair est non toxique mais les viscères (gonades, foie, intestins, peau) contiennent des niveaux de tétrodotoxine suffisamment élevés pour provoquer une mort rapide et violente. Il faut d’abord retirer la peau rugueuse qui servait autrefois à confectionner des semelles des chaussures des Paumotu car elle  résistait bien au récif tranchant ; les Paumotu les assemblaient avec du niau. Quand vous aurez attrapé ce poisson, enlever délicatement les organes empoisonnés, quand il ne reste que la tête et la chair, c’est prêt à consommer. Je vous souhaite bon appétit. Tama maitai !

L’Assemblée de Polynésie l’a décidé hier, la pêche aux rori c’est bien fini ! Adieu les holothuries, vive l’aquaculture ! Les représentants du peuple Mao’hi ont planché (ceux qui étaient présents) sur deux textes relatifs à l’exploitation de nos ressources marines. Une loi de pays qui vise à encourager –avec espèces trébuchantes- le développement de l’aquaculture, principalement celui du paraha peue, de la crevette et du bénitier. Et une délibération vise à protéger le rori surexploité ces dernières années en interdisant sa pêche et sa commercialisation. Le Japon et la Chine, ouste ! C’est le maire et son conseil municipal qui octroierons des autorisations de pêche aux rori si la population en fait une demande ! Et les exportateurs du rori, ben ils demanderont un agrément au Pays !

Ben voyons c’est simple tout cela ! Reportez-vous au JO de la Polynésie, c’est écrit noir sur blanc. Mais il faut d’abord envoyer des experts pour compter les holothuries. Les rori sont les femmes de ménage de nos lagons alors si elles sont expédiées dans les assiettes asiatiques : qui nettoiera les lagons ?

Hiata de Tahiti

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Tahiti du nouvel an

Les éternelles gabegies publiques, côtoient les investissements utiles et les histoires édifiantes.

Qu’en est-il de la gabegie publique ?

Le recrutement sur la mine (ou les accointances ?). Pour la trésorerie générale de la Polynésie française, annonce dans la presse d’un avis de recrutement SANS CONCOURS de 20 agents administratifs des finances publiques de 2ème classe du corps des fonctionnaires de l’État. Audition des candidats sélectionnés à compter du lundi 27 février 2012 à Papeete. Il faudrait faire acte de candidature avant le 17 janvier. Tous les détails sur recrutement-ceapf@dgfip.finances.gouv.fr Je n’ai pas d’autres précisions.

ATN (Air Tahiti Nui) a bobo alors Oscar Tane « demande à tout le monde de faire un effort » car il y a eu 14 milliards de francs pacifiques de pertes en 13 ans d’existence – soit plus d’1 milliard de francs par an. ATN est contrainte de diviser son capital par huit, d’où l’appel d’Oscar Tane. Faut-il prendre plus l’avion ? payer plus cher ? éliminer les passe-droits et billets privilégiés ?

Oscar Tane, président et maire de Faa’a a reçu des Indiens du Canada afin de préparer le jumelage de sa ville. Imaginez Oscar en paréo, Maohi exige, assis en tailleur entrain de boire le kava avec ses hôtes. Avant le départ des Canadiens, il a été coiffé du couvre-chef idoine de la tribu. Un peu grand, vraiment on ne lui voyait plus le front… C’est seulement à la voix que nous l’avons reconnu.

Il y a quand même de bonnes nouvelles !

L’ouverture prévue en février de la gare maritime, un bâtiment de 4000 m² avec 70 petites places de parking à 2,4 milliards… Par gare maritime comprenez la gare des bateaux et ferries qui relient Papeete à l’île sœur de Moorea, la gare des personnes qui habitent Moorea et qui viennent travailler ainsi que les lycéens et étudiants qui font chaque jour le trajet, et aussi les touristes et ceux qui vont à Moorea pour le week-end et les fêtes. On sera prié de laisser sa voiture à la maison parce que 70 places de parking c’est vraiment peu pour tout ce monde !

Hip, hip, hip, le Prairial de la Marine Nationale est rentré de mission début décembre. Rassurez-vous, pas d’infraction constatée pour les bâtiments de pêche dans la ZEE (Zone Économique Exclusive) de la Polynésie française. On a même fait coucou aux marines chilienne, péruvienne, mexicaine et équatorienne. Rien d’anormal non plus autour de Clipperton, l’îlot désert aux centaines de milles d’eaux en zone économique exclusive tout autour. C’est qu’on n’exploite rien, mais on ne sait jamais !

Dernier timbre de collection sorti cette année, celui sur la légende polynésienne Ta’aroa, qui est le Dieu créateur des Polynésiens. Il est gravé d’après une peinture de Bobby Holcomb, mort en 1991. « Pour sortir de la nuit, du vide, du silence, pour que le monde soit, il brise sa coquille Rumia, fabrique avec elle la terre, la pierre, le sable. De ses larmes, il couvre la terre de la mer ; de ses ongles, il couvre d’écailles les créatures de l’océan ; avec son sang, il compose l’arc-en-ciel. Les arbres sont sa couronne. Le berceau de la vie est prêt à accueillir l’homme, la femme, et les autres animaux de sa création. » C’est ce qu’on peut lire sur Tahiti-philatélie, le site.

Et des histoires édifiantes…

Encore un monarque autoproclamé. Rencontrez-le sur le site ‘À la croisée des chemins’. D’après ce « roi » qui vient d’inaugurer son tribunal maohi dans Papeete, en face du Kikiriri (pour ceux qui connaissent), « tout a été fait dans les règles, avec l’aval de l’ONU » (hum !). Il a 12 000 adhérents ou sujets et il va régler en priorité les affaires de terres accompagné de sa police royale. Après quelques échanges verbaux, la police nationale a décidé d’user des grands moyens et de passer aux actes : panneaux démontés, voiture de ‘police’ enlevée, 18 personnes interpellées parmi lesquelles le roi, le procureur, les juges et les policiers – tous autoproclamés. Certains ont été placés en garde à vue… Ainsi va la vie des monarques, car il y en a déjà plusieurs, en Polynésie. Celui-ci venait de Maupiti où il avait été intronisé sur le marae familial. En ces temps de morosité, il est bon de sourire même si les rides se font plus profondes.

Stupéfiants quand tu nous tiens : fumeur à 12 ans, planteur à 13 ans (et pas de maïs…), il a été dénoncé par sa maman avant de devenir accro. Hiata n’a pas de commentaire.

Histoire vraie : deux mamies de 92 et 95 ans aiment bien le visti (whisky). Mais pas n’importe lequel. Quand elles savent que leur petite-fille et petite nièce va venir leur rendre visite, elles lui précisent pas de « tuty cart » (Cutty Sark) seulement du « tivas » (Chivas). « L’autre, ça sent le cafard ». Précisons que les cafards de Polynésie ont une taille honorable, cinq ou six centimètres de long et plus encore. En Europe on dit que le whisky blended (mélangé) sent la punaise, mais ici le cafard est plus fort.

Je vous souhaite une excellente année 2012.

Mauruuru roa d’avoir lu mes lignes, de les avoir commentées. Nous sommes déjà l’année prochaine, portez-vous bien.

Hiata de Papeete

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