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Villas Monastero et Cipressi

Sous la pluie encore, nous prenons des billets pour les deux villas contiguës Monastero et Cipressi dont seuls les jardins se visitent. Monastero tient son nom du couvent des sœurs cisterciennes dont on dit qu’il fut construit en 1208. Il fut transformé en villa par la famille Mornico en 1576. C’est aujourd’hui une propriété de l’Etat italien, d’où l’autorisation de visiter – contre dû paiement. Des savants de tous pays s’y rencontrent régulièrement et on l’appelle le « cénacle des prix Nobel ».

En plein été, dans la chaleur, les jardins d’arbres exotiques en bord de lac et la vue de l’eau dans l’étendue doivent être enchanteurs. J’avoue que, sous le ciel bas et la pluie persistante qui pénètre par toutes les fentes des vêtements et fait frissonner, le panorama perd de son charme, même avec ses doux dégradés de brume… Malgré les statues d’éphèbes riants, j’en ai vite assez. Les rares femmes ou filles que nous croisons sont embarrassées de plastique informe qui cachent leur éventuelle beauté.

Nous parcourons religieusement toutes les allées, de crainte de « manquer » ce qui ferait après tout « le charme » de la villa, mais en vain. Nous accueille près de l’entrée une rangée de cyprès sempervirents. Vers le lac sont plantées des haies de laurier communs, des myrtes, des arbousiers, de la viorne et des buis. Les murs de l’allée sont couverts de ficus repens. Un palmier à feuilles argentées fait tout à fait incongru dans ce paysage de brumes norvégiennes ! Et la pluie qui s’étend doucement sur le torse puissant d’un jeune Dionysos ne doit pas le réjouir, tout ivre qu’il soit depuis l’éternité. En revanche, les orangers de toutes sortes, en fleurs car il semble que nous soyons tout de même au printemps, embaument de délicate façon. D’autres essences méditerranéennes nous signalent que nous ne sommes pas dans un fjord : des palmiers (ils se multiplient à mesure que l’on avance dans le jardin), des agaves, un yucca, des lauriers roses, du myrte, un prunus, un magnolia, des acanthes, des cyprès et des dragonniers aux feuilles vert foncé.

La villa Cipressi, construite en 1700, a les mêmes jardins pleureurs dégoulinant d’eau glacée, voilés de la même brume. Ils comprennent à leur entrée une fontaine où un fanciullo presse d’amour sur son corps nu un long poisson gluant. C’est mignon, mais sous la pluie…

La première église, saint Georges, commencée au 14ème siècle, est célèbre pour son campanile et ses fragments de fresques. Mais nous déboulons en pleine messe – l’après-midi… Une douzaine de femmes aux cheveux gris et seulement deux hommes de la même tranche d’âge écoutent religieusement le jeune homme de chœur (il n’est plus un enfant). Il lit un passage de l’Evangile d’une belle voix grave. Comme la langue italienne est belle, récitée ainsi en prenant plaisir à en détacher les syllabes, et comme les sonorités résonnent, rebondissant sur les vieilles pierres !

En face se dresse une chapelle dont la porte est ornée d’appliques en bronze. Une boutique s’ouvre, sur la place San Giorgio. Son enseigne indique Antiche sapori. Elle ne vend pas de « savons » (traduction littérale de Marie-Christine) mais de l’alimentation fine. On pourrait traduire l’enseigne par « saveurs traditionnelles ». Apposée sur une porte, une pancarte avertit non pas « attention au chien » mais attenti al gatto – attention au chat !

Je ne pense pas qu’il doive mordre, mais on informe plutôt le visiteur d’éviter de faire sortir le chat… De nombreuses bouteilles en plastiques, à demi pleines d’eau, sont posées au bas des portes comme des bouteilles de lait au matin en Angleterre. Il ne s’agit pas de livraison ni de poubelles, mais de « repoussoir à chats pisseurs ». C’est du moins ce que nous a dit le guide dès le premier jour. Est-ce vraiment efficace ? Et pourquoi ? Parce que les minets ont l’habitude de se faire arroser par ces bouteilles s’ils pissent où il ne faut pas ? Enigmatique coutume.

Nous errons un temps parmi les ruelles pittoresques aux façades colorées qui se succèdent. Les couleurs s’enfilent, gris, ocre, rose, orangé, se perdant sous les arches. C’est assez joli, donnant une gaieté à l’ombre des hautes maisons. Nous redescendons vers le lac où un minuscule port recueille quelques barcasses et toute une portée de canards, certains à peine sortis de l’œuf. Nous longeons le lac dans un étroit passage piétonnier vers l’embarcadère des ferries.

Là, humides et las, nous nous humectons le gosier avec quelque feu liquide. La terrasse d’un hôtel nous accueille opportunément pour commander un Martini blanc sec (surtout « sec » sous cette pluie !), avant de reprendre un ferry direct pour Bellagio.

Dame Andrée est revenue au bercail, rapatriée à l’hôtel en taxi en plein après-midi, au grand dam de la patronne car personne (ni mari, ni guide) n’était là pour l’accueillir et l’aider à regagner sa chambre. Au dîner, d’ailleurs, chacun ironise sur le trio. Les deux hommes, qui ont dans les 70 ans, se sont connus au lycée. Ont-ils sacrifié aux amitiés « particulières » dont l’époque était friande ? L’ami est tunisien. Andrée, ex-institutrice, n’est pas de leur niveau intellectuel à tous les deux et ils voyagent en la laissant la plupart du temps de côté, en pleine discussion. Ce soir, le mari ne trouvait pas « utile » de descendre sa femme clouée dans sa chambre par sa fracture de péroné. « Elle dînera là-haut, descendre ne l’intéresse pas. » Le guide est quand même allé lui demander : au contraire, elle était ravie de descendre et d’avoir de la compagnie !

Le dîner était composé de tortellini en primo, suivies de truites en papillote et de strudel aux pommes.

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Maladies du paradis

Après la dengue 1, après la dengue 2, voici la dengue 3 qui elle nous vient de Guyane grâce à une voyageuse arrivée récemment de là-bas. Alors, quoi, vous n’avez pas encore éliminé tous les gîtes à moustique ? Ceux qui ont chopé la dengue, habiteraient à Moorea (quartier Haapiti) et Tahiti (Punaauia, Tipaerui et Mahina). On n’est plus chez soi, quoi ! La dengue se porte bien, merci pour elle, elle poursuit sa progression, quinze cas déclarés et toujours deux sérotypes sur le territoire et deux décès en Nouvelle-Calédonie.

La grippe est présente également – ça tousse, mouche, nez qui coule, les voies aériennes sont encombrées. Quelques six cas de grippe A (H3N2) confirmés sur les onze prélèvements.

Nous avons reçu et pris devant témoins (les POD) les comprimés de Notézine (diethylcarbamazine) et le Zentel (albendazole) afin de lutter contre la filariose. L’an passé 80,6% de la population avaient avalé les pilules. On espère faire mieux cette année.

poissons sur assiette

La ciguatera communément appelée gratte contamine certaines espèces de poissons malgré tout consommés. Tous les archipels sont touchés. Quatre espèces de poissons présentent un risque important d’intoxication : barracuda, baliste, carangue, poisson perroquet. Le risque est grand alors si vous consommez, par hasard, la murène ou tavere ; le poisson Napoléon ou mara ; le mérou ou kito ; la loche saumonée ou tonu ; les carangues surtout les grosses ou paihere ; le bec de cane ou meko ; la dorade tropicale ou mù ; le poisson perroquet ou tegatega ; le barracuda ou ono ; le baliste ou o’iri. Détournez votre regard et allez chez Picard, cela vaudra mieux pour vous les Popa’a !

Heureusement les Paumotu (habitants des Tuamotu) fabriquent et utilisent des ra’au tahiti (médicaments) pour conjurer cette gratte. Je vous indique quelques recettes ? OK alors ! comme le jus de la bourre d’un jeune coco vert au stade nia qui vous fera vomir et éliminer le poisson poison ; ou encore le fruit et les feuilles de la pomme Cythère avec de l’eau de coco verte ; une décoction de papaye verte ; des fruits verts et mûrs de nono avec de l’eau de coco.  Vous avez les recettes pour guérir de cette intoxication mais le mieux serait de ne pas consommer les poissons cités plus haut.

En attendant le décollage de votre avion pour Paris, vous prendrez bien un p’tit kawa ? C’est la mésaventure qui est arrivée à un jeune couple de métropolitains de Saint-Rémi de Provence après de merveilleuses vacances au fenua et qui ont relaté leur mésaventure dans la Dépêche de Tahiti. Le « petit noir » du bar de l’aéroport international coûte cinq (5) fois plus cher que dans les aéroports de métropole !

J’ajoute, pour la bouteille d’eau itou, même tarif. Alors qu’en Australie, en Chine, on vous fait vider le contenu de votre bouteille, et dès que vous avez satisfait aux contrôles pour pouvez remplir GRATUITEMENT votre bouteille vide dans des appareils distribuant de l’eau dans les salles d’embarquement.

Encore une petite information, au départ de Paris, sur Air Tahiti Nui, la période la moins onéreuse pour un billet se situe du 1er novembre au 31 mars. Avis aux amateurs !

Plus de 600 pieds de papayers ont été saccagés par une bande de six  jeunes. Laissés à terre, les fruits arrivaient à maturité, deux ans de travail anéantis pour deux jeunes agriculteurs de 20 et 23 ans. Ils avaient prévu de fournir 300 à 400 kg de papayes par semaine jouant sur les différents niveaux de maturité des plans. Un vandalisme gratuit. Quel contre-exemple alors que le gouvernement voudrait favoriser l’installation de jeunes dans les métiers de l’agriculture ! Trois ados ont été interpellés, ils sont originaires des quartiers environnants. Le préjudice est estimé à 600 000 CFP.

Vahine nue Tahiti

A Taha’a, un jeune homme de 24 ans écroué pour meurtre. La victime l’avait sommé d’arrêter de le frapper, il l’a achevée d’un coup de pied au visage et a continué à s’acharner sur elle au sol. Aux Assises, 25 ans de réclusion pour J.Y., reconnu coupable d’avoir assassiné sa fille. Cet homme n’était pas que le meurtrier de cette femme de 45 ans, il était aussi son amant. En Correctionnelle, le directeur d’une garderie a été condamné à 5 ans de prison ferme pour agressions sexuelles sur des enfants.

Le cambrioleur a été pris en chasse puis arrêté par ses victimes. En comparution immédiate il a été condamné à trois ans de prison dont un avec sursis. L’intervention des particuliers a été musclée. A la barre, le prévenu s’était plaint de cette situation et estimé que ses poursuivants « n’avaient pas le droit de le taper ». Les magistrats mi-amusés, mi-sidérés lui ont répondu : « ça, ce sont les risques du métier de voleur, Monsieur. Ce n’est pas un métier de tout repos. Vous n’allez quand même pas vous plaindre que les gens vous aient frappé ? » Et le procureur d’ajouter : « Vous avez eu ce que vous méritiez Monsieur. La loi donne le droit à toute personne de procéder à l’interpellation de l’auteur d’un flagrant délit. On a donc le droit d’interpeller un voleur avec la force ».

Hiata de Tahiti

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