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Corniglia

Dès le matin, vers 9h, nous prenons le train environ une demi-heure jusqu’à Corniglia. C’est le seul village des Cinque Terre à être perché. Depuis la ligne de chemin de fer, à peine au niveau de la mer, il faut donc monter la lardarina, un escalier de plusieurs centaines de marches (377 ou 382, dit-on, tous ceux qui ont compté ne trouvent pas le même chiffre). Cela sur une centaine de mètres de hauteur pour parvenir au village. C’est assez rude, juste après le petit-déjeuner.

corniglia ruelle

La rue principale est la via Fieschi, qui prend sur une place où trône une église, celle de San Pietro, la mairie et un épicier. Maisons étroites et basses, bien au-dessus de la mer, serrées sur le rocher, donnant d’un côté sur la rue et de l’autre sur le large dont la terrasse panoramique Santa Maria – qui finit la via – nous permet d’avoir une idée. La république de Gênes acquiert le village en 1276 et construit un château, aujourd’hui disparu. Le village est mentionné dans le Décaméron de Boccace pour son vin blanc issu des vignes en terrasse alentour.

corniglia san pietro rosace gothique

L’église San Pietro, construite au 14ème, arbore sur sa façade une rosace gothique en marbre blanc que nous retrouverons peu ou prou sur les autres églises paroissiales des Cinque Terre.

corniglia san pietro

Sur le chemin, San Bernardino, étape du sentier des cinq sanctuaires. La Vierge Marie est toujours à l’honneur, maternante en Italie, contrairement à l’Espagne où c’est le Christ de douleurs qui est célébré un brin sadiquement. Le plafond voit Dieu le Père en majesté, entouré d’anges aux longues robes couleur de ciel ou de nuées.

corniglia vue du sentier

Du sentier qui s’élève parmi les pins et les vignes, le village apparaît comme un assemblage de cubes amoncelés sur son roc. Les bateaux, sur la mer d’un bleu profond, tracent un sillage étincelant – comme tranchant les eaux au scalpel. De longs rails métalliques à crémaillère, perpendiculaires au sentier, servent à véhiculer les paniers remplis du raisin de la vendange. C’est une particularité du lieu.

corniglia rails pour vendanges

Les grappes, transparentes au soleil sous les feuilles, ne sont pas encore mûres. Élevés sur des treilles, les ceps sont faciles à vendanger par en-dessous. C’était autrefois le travail des femmes et des enfants les plus grands ; c’est aujourd’hui le travail des hommes.

corniglia raisins du sentier

J’aperçois pour la première fois de ma vie des kiwis vivants, sur leur arbre. La Vox populi des ménagères de plus de 50 ans me dit que c’est courant, mais je n’en avais jamais vu. Nous traversons – parce que le sentier le traverse – le jardin privé d’une maison de campagne où les habitants sont en train de préparer le déjeuner. C’est un peu gênant, mais le jardin est bien vert et très fleuri. Volubilis, pétunias, bougainvillées rivalisent d’éclat au soleil et dans l’ombre. Un brin m’as-tu-vu, les Italiens aiment qu’on admire leurs œuvres ; ceux qui ont acheté ici en étaient probablement conscients.

corniglia jardin prive

Nous observons aussi la passiflore, dont Eva nous explique qu’elle contient tous les instruments de la Passion du Christ : la croix, le marteau, les clous, la couronne d’épine… C’est une liane venue des Amériques que les missionnaires jésuites utilisaient pour expliquer la Crucifixion aux Indiens.

passiflore instruments de la passion du christ

L’étagement des terrasses de vignes qui strie la montagne et descend presque jusqu’à la mer dessine un paysage soigneusement maîtrisé, aménagé sur des siècles, qui s’arrête au village sur la mer de Manarola au loin. C’est dans ce village au bord de l’eau que sont exposées de grandes photos noir et blanc de la récolte à la main des raisins au début du siècle dernier. Femmes en fichu et hommes torse nu rivalisent d’efforts pour porter sur la tête et les épaules les lourds paniers d’osier emplis des grappes de vendange.

manarola vendanges tradi

Nous croisons des groupes de touristes en balade comme nous ; ils sont allemands, américains, japonais et français, tous vêtus légers, chaussés fort et portant un petit sac à dos empli d’eau et de nourriture.

corniglia sentier dans les vignes

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Dernières élucubrations polynésiennes de mai

Depuis avril, le temps passe à grande vitesse. Il a plu pendant des jours et des nuits sans discontinuer, même Grisette (la chatte) n’a pas pu rentrer à la maison.

Tragique fait divers il y a quelques semaines aux Marquises. Une touriste métropolitaine a été tuée par la chute d’une noix de coco sur la tête !

Stupéfaction à Tahiti, une ado championne de taekwondo à 14 ans, aurait succombé à un arrêt cardiaque après un shoot mortel… au déodorant. L’autopsie confirmerait à 95% cette hypothèse. Après les accidents dus au jeu du foulard, après la consommation de paka (cannabis) et d’alcool, voici donc maintenant un autre jeu mortel pour les collégiens et lycéens !

Faire le possum est un nouveau jeu qui inquiète les autorités de Nouvelle-Zélande. Jeu très prisé par les étudiants qui consiste à s’assoir dans un arbre et à se saouler jusqu’à en tomber raide. L’opossum à queue en brosse est un marsupial vivant dans les arbres, que l’on trouve souvent dans les parcs de ce pays…

L’exode des Kiwis se poursuit. Ils désertent la Nouvelle-Zélande pour l’eldorado australien. Rappelons que les Kiwis ne sont pas seulement des fruits ni des oiseaux mais aussi les habitants de la NZ. Les opportunités de carrière sont alléchantes. Pour les Australiens, la main d’œuvre kiwi qualifiée est une aubaine. Pourquoi s’exilent – ils ? Le climat au pays des kangourous est beaucoup plus clément. La majeure partie des expatriés choisissent de s’installer dans le Queensland où les températures varient entre 10°c en hiver et 29°c en été. Pas besoin de permis de travail ou de visa pour les citoyens et les résidents permanents néo-zélandais qui s’installent en Australie. Aujourd’hui plus de 400 000 Néo-zélandais y vivent. Les salaires sont souvent le double, alors… La crise économique et les tremblements de terre de Christchurch expliquent aussi cet engouement pour le départ.

Nana la Tapageuse : après 23 ans de bons et loyaux services, elle dépose les armes. Après le départ de la Railleuse, c’est au tour de la Tapageuse de quitter Papeete. Le 14 mai elle a mis le cap sur Brest pour y être démantelée. L’arrivée est prévue pour le 30 juillet après 52 jours de mer et un long périple. Ce patrouilleur avait été construit en 1987 à Cherbourg et livré à Tahiti en 1989. Il sera, à Brest, désarmé, puis démantelé ou revendu. L’Arago a succédé à la Railleuse, la Tapageuse n’aura un remplaçant qu’à l’horizon 2014. Outre ses missions de sauvetage, ses opérations de police de la pêche, en juin 2000 la Tapageuse était venue mouiller dans le lagon de Huahine pour 3 jours de figuration dans le film d’Alain Corneau, Le prince du Pacifique.

Et si la Bounty était ramenée à Tahiti ? Un Suisse travaillant et vivant à Tahiti a vu sur internet que la Bounty était à vendre. Cette réplique construite en 1961 pour y tourner le film ‘Les révoltés du Bounty avec Marlon Brando, a ensuite fait carrière dans ‘Pirates des Caraïbes‘. Actuellement elle est une attraction touristique à Porto Rico, en attendant d’être vendue 4,5 millions de dollars US (500 millions de FCP). Le citoyen de la confédération helvétique souhaite réunir des investisseurs privés, motivés. Souhaiteriez-vous contribuer à cet achat ? Voici les tarifs des contributions : donateur « tiare » don entre 1000 et 100 000 FCP ; bienfaiteur « honu » don entre 100 001 et 1 million FCP ; bienfaiteur « poerava » don supérieur à 1 million FCP. A vos tirelires !

En attendant, il n’y a plus de vaccins pour bébé. Il semble que, pour des raisons de crédit, la pharmacie générale de la Polynésie française n’a plus été en mesure de délivrer le Prévenar, vaccin indiqué pour la méningite à pneumocoques et destiné aux bébés. Pourquoi cette rupture ? En métropole, une dose coûte 6 700 FCP, au fenua 10 000 FCP, il faut faire 3 injections, et la CPS (SS locale) ne rembourse pas.

Mais plus de 400 millions FCP de primes ont été versées aux fonctionnaires en 2011, principalement aux services des finances et des impôts, les eldorados de l’administration en Polynésie française. Certains services tels ceux liés aux finances publiques concentrent une grande partie des indemnités et sont donc très prisés par les agents qui disposent ainsi de l’équivalent d’un 14e mois, voire d’un 15e mois de rémunération. Certaines voix s’élèvent contre ces avantages décidés en période de vaches grasses alors qu’actuellement le pei est en crise ! Et les vaches n’ont plus que la peau et les os, enfin pas toutes.

Candidats a la députation : 45 pour 3 places, qui dit mieux ? Un répond à la journaliste : « ça va me changer un peu parce que je suis les actualités à la télé, ce qui se passe au palais Bourbon… à Paris… J’aimerai essayer un peu de rentrer là-dedans et savoir comment ça marche et qu’est-ce que ça va rapporter » (sic !). Et d’ajouter : «… euh… je sais pas encore… j’ai pas encore réfléchi, mais j’aimerais bien savoir quand je serai là-bas dans quelle branche je me pointerai. » Ce monsieur avait l’air sincère. Il y a aussi les « has been », les Don Corléonne du clan des « siziliens » et d’autres du même acabit. J’espère que les fauteuils du palais Bourbon peuvent se transformer en transats pour la sieste les jours où ils viendront assister aux séances.

Hiata de Tahiti prend congé.

Nana les amis. Next time better comme on dit en Tahitien moderne.

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